La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre - Winston Churchill

 

La Bataille de Lorraine est une des batailles les plus méconnues de la Seconde Guerre Mondiale. Pourtant elle est l’une des plus importantes et des plus meurtrières…

Eminuit autem inter humilia supergressa iam impotentia fines mediocrium delictorum nefanda Clematii cuiusdam Alexandrini nobilis mors repentina; cuius socrus cum misceri sibi generum, flagrans eius amore, non impetraret, ut ferebatur, per palatii pseudothyrum introducta, oblato pretioso reginae monili id adsecuta est, ut ad Honoratum tum comitem orientis formula missa letali omnino scelere nullo contactus idem Clematius nec hiscere nec loqui permissus occideretur.




 

Libération d'Azerailles

Azerailles

Récit de M Pierre CERUTTI

 Un vent de changements souffle...

Vendredi 1er  septembre 1944.

L'ennemi commence à devenir arrogant et hargneux. A côté de l'armée allemande et de la Gestapo, la milice française s'en mêle. Ce jour là, réquisition de tous les chevaux encore valides et voitures, 13 hommes partent en convoi et ne rentrent que 7 jours après, sans rien. Ensuite réquisition, foin, paille, nourriture, poste de TSF et autres, tout est bon pour les occupants, cela jusqu'au 15 septembre 1944.

 

Jeudi 14 septembre 1944.

13h00 : Le pont de Flin saute ainsi que le pont de Glonville. Fermeture de l’usine Cartier Bresson.

 

Vendredi 15 septembre 1944.

Arrivée à 16h15, d'une patrouille américaine du 2e de Cavalerie se dirigeant vers Hablainville, 2 jeeps, 1 Half-track et un char léger, à leur retour accrochage en bas de la rue de la Gare avec un SDKFZ allemand qui arrive de Ménil-Flin et se dirige vers Baccarat. Résultat de cet accrochage un half-track : radiateur percé, abandonné près de la fontaine, en bas de la rue de la Gare, 2 Jeeps ont basculées dans le fossé existant à cette époque côté droit en allant à la Gare, le char léger s'en tire non s'en s'être défendu, prévenu par radio par les véhicules le précédant. Les américains ont fait un prisonnier allemand dans la basse de Marnoël, profitant de cet accrochage, le prisonnier se sauve et rejoint les allemands dans le SDKFZ, l'escalier extérieur de la maison Balle porte encore la trace de l'impact de l'obus tiré par le char.

 

Samedi 16 septembre 1944.

A 9h00, une patrouille américaine traverse Azerailles et se rend à Gélacourt. Dans le courant de l'après-midi, 2 chars allemands traversent Azerailles et se dirigent vers Flin, à leur retour ils feront prisonniers Ernest Berscht et Fernand Cherrier. M. Berscht est porteur de grenades, ils sont torturés au siège de la Gestapo à Baccarat et fusillés en forêt de Bertrichamps.

 

Lundi 18 septembre 1944.

Au petit jour, par un épais brouillard, passage dans le village d'importants éléments de la 111e Panzer Brigade se dirigeant vers Lunéville. Ce même jour à 12h00, les Allemands font sauter les passerelles du "Breuil" et du barrage de l'usine sur la Meurthe.

 

Mercredi 20 septembre 1944.

5h30 : Occupation du quartier de l'usine, et de l'usine en particulier, par une section d’infanterie. Suite à l'occupation des villages à gauche de la Meurthe, bombardement accru, occupation du quartier de l'usine en particulier par une section d'infanterie allemande. Pendant cette période, un jeune FFI René Grelot est arrêté et après un interrogatoire sévère est relâché par la Gestapo.

 

 

Une pluie d'obus

Jeudi 21 septembre 1944.

Début des bombardements américains. Les Spahis de la 2e DB, se sont emparés des premiers villages en aval de Baccarat, c'est à dire Fontenoy la Joûte et Glonville.

 

Vendredi 22 septembre 1944.

A 14h00, le colonel Rouvillois pousse à Flin des éléments légers sur la rive droite de la Meurthe, sous un feu dense...Les éléments du 1er RMT traversent la Meurthe, livrent un violent combat à Ménil-Flin, et s'emparent de la crête aux lisières de la forêt. Ils n'entrent pas à Azerailles, à l'Ouest ils sont arrêtés à Glonville à 500 mètres des premières maisons d'Azerailles. Ils n'iront pas plus loin.

Leur avance est stoppée, il faut préparer des fronts et attendre matériel et munitions. Azerailles est sacrifié de jour comme de nuit le village et ses environs sont bombardés.

A 15h30, il y a des combats de patrouilles sur la Meurthe, les Allemands tirent trop court, et tuent leur capitaine et leur sergent. Les habitants côté Flin sont repliés vers le centre du village.

Les jeunes gens sont réquisitionnés par l'armée allemande pour aménager un emplacement pour un canon de 88 près du blockhaus Serrière, qui heureusement ne servira pas à cet endroit.

 

Samedi 23 septembre 1944.

Les Allemands font sauter le 1er et le 3e pont sur le canal, juste à minuit. A la suite de la destruction de ces ponts et de violents bombardements,  Mme Malo Courtois est grièvement blessée par un obus tombant dans la cuisine "maison Guillère"

 

Dimanche 24 septembre 1944.

A 17h00, gros bombardements dans le quartier de l'usine, la dernière cité est atteinte.

 

Mardi 26 septembre 1944.

Dans la nuit, un nouveau bombardement mais les tirs trop courts des Allemands.

 

Mercredi 27 septembre 1944.

A 00h30, les Allemands font sauter les deux dernières passerelles sur le canal.

 

Jeudi 28 septembre 1944.

A 16h00, violent bombardement et incendie de la maison Guérin. A 20h30, de nombreux obus tombent dans le bas du pays.

 

Samedi 30 septembre 1944.

Bombardement visant le quartier de l'usine. La vitesse de progression des colonnes alliées entraîne un temps d'arrêt nécessaire au regroupement des forces, à l'arrivée de renfort et à l'approvisionnement en carburant et munitions.

Ce temps d'arrêt de plus d'un mois est mis à profit pour améliorer les bases de départ de la prochaine offensive.

La farine commence à manquer, un jeune du village s'occupe alors de moudre du blé à l'usine Cartier Bresson, en se servant du canal pour fournir de l'électricité. Toute la population vit dans les caves ou les abris, car l'artillerie est souvent en action.

 

Une évacuation forcée

Mardi 03 octobre 1944.

A 10h00, la population est avisée par voix publique que le village doit être évacué totalement pour 18h00 y compris les malades et grabataires.

Dès le début de l'après-midi, résignés, silencieux, les larmes aux yeux, sans gestes et paroles inutiles, les habitants s'en vont à travers le village meurtris par les bombardements incessants. Les chariots partent attelés de boeufs et de vaches, de rares chevaux réformés par l'armée allemande, des charrettes de toutes formes, et de toutes dimensions, des poussettes, tous ces gens se dirigent vers Baccarat et sont reçus au centre d'accueil. Seul le Maire reste à la ferme de Marnoël ainsi que les habitants de la ferme de Mazelures, ou quelques familles surprises par la nuit qui ne peuvent aller plus loin. L'accueil de Baccarat est digne de tous éloges, d'autres se rendent à Bertrichamps, Raon-l'étape, Laneuveville, Vacqueville, Celles sur Plaine.

Le jour de l'évacuation, André Pétronin et les deux frères Pierre et Jean-Marie Cérutti passent la rivière en crue et gagne Glonville, de même qu'un couple M. et Mme Abderrahmane et sa belle mère Mme Grelot arrivent à passer par la passerelle de la vanne. Tous sont reçus à Glonville par M.Perrin qui forme un centre d'accueil. Dès l'arrivée des jeunes recueillis par les Spahis de la 2e DB, ils donnent les renseignements sur ce qui se passe, cela par ordre de la résistance.

L'armée ne comprenant pas un tel convoi couvert de drap et de linge blanc, ces renseignements sont aussitôt communiqués à l'état major, et sur les ordres du Général Leclerc, aucun obus n’est tiré ce jour-là, de plus des ordres sont donnés aux sentinelles de faire attention au cas où il y aurait d'autre passage sur la Meurthe.

 

Jeudi 05 octobre 1944.

L'occupant donne l'ordre d'envoyer à Azerailles, 17 personnes qui soignent les animaux laissés à l'abandon. Les hommes sont occupés à Baccarat aux tranchées ou au ravitaillement.

 

Dans la nuit du 15 au 16 octobre 1944.

M. Moitrier quitte sa ferme de Marnoël avec sa famille et se dirige sur Bertrambois.

 

Lundi 16 octobre 1944.

Les 3 familles qui restent à Azerailles sont expulsées et doivent partir dans une heure et ce par l'incendie qui redouble au village. Les Allemands mettent le feu à la main, à tous les écarts, côtés Baccarat, sous prétexte que ces maisons servent d'abris aux terroristes qui traversent journellement les lignes.

 

Mardi 17 octobre 1944.

Au cours d'une patrouille au bord de la Meurthe, territoire de Glonville, au lieu dit " La lunette " un  FFI du village, André  Pétronin est tué.

La ferme de Mazelures reçoit l'ordre d'évacuation, également l'ordre d'évacuation de Baccarat, les réfugiés d'Azerailles reprennent à nouveau le chemin de l'exil, les uns se dirigeant vers Badonviller et Cirey. La plus grande partie va à Petitmont par un temps effroyable, les quelques hardes emportées sont percées par une pluie diluvienne.

 

Le combat final pour libérer le village

Lundi 30 octobre 1944.

Par une journée de brouillard qui masque à souhait les vues et les bruits, le gros de la division se met en place sur la rive droite de la  Meurthe. Le débouché a lieu à partir des lisières Est de la forêt de Mondon. La dernière portion du parcours est aménagée par le Génie avant le déplacement du 31 octobre 1944 au matin, par 3 itinéraires à travers la forêt, pour réserver le maximum de surprise.

A cet effet, la laie forestière Ouest Est débouchant à Hablainville est l’objet d'un renforcement indispensable.

A partir du 20 octobre 1944, un régiment de génie américain, avec 120 camions bennes, GMC et tous ses engins, rasent littéralement les ruines d’un village incendié par les Allemands en représailles d’une action FFI à Rehaincourt  près de Châtel.

Une chaussée de 4 km est empierrée en 4 jours. La noria des camions tourne nuit et jour sans éveiller l'attention de l'adversaire: la surprise étant un élément essentiel au succès. Après ce travail passé inaperçu et pratiquement ignoré par la division, il ne reste plus que 20 GMC en état de rouler.

La 3e section du Génie est chargée de relever de jour et de nuit les mines placées au début du mois par elle-même, en couverture Est de Ménil-Flin vers Azerailles.

 

Mardi 31 octobre 1944.

Alors que le matin s'ouvre froid et ensoleillé, les voies sont libres, les Allemands qui se trouvent dans Baccarat vont maintenant avoir affaire à la division.

Bientôt le matin s'emplit des tirs d'artillerie qui commencent au moment du débouché. Tout est subordonné à la surprise et les lisières de la forêt se garnissent soudainement de chars.

Le groupement tactique DIO, avec la 13/2 sont chargés de s'emparer d'Azerailles et de s'installer dans le triangle : Gélacourt, Brouville, Merviller, puis de là, ils doivent pousser de fortes reconnaissances offensives vers Baccarat.

 

A 8h30, sortant à l'improviste des Hauts Bois, le groupement Quilichini, avec qui marchent les 1er et 2e sections de la 13/2, va sans autre façon aborder Azerailles.

La 2e section au complet qui, sortie du bois de Mondon par la ferme "du Haut de la Garde" derrière le peloton de chars moyens, arrive par la route d' Hablainville. La première section s'est scindée en 2 groupes.

Le 1er suit la voie ferrée Ménil-Flin, Azerailles puis contourne un champ de mines à 200 mètres avant la gare d'Azerailles.

Le 2e emprunte la RN 59 de Ménil Flin à Azerailles. Il enlève les branches et un abattis au passage à niveau, formé de 2 troncs d'arbres piégés et reliés à 2 pétards de 2 et 3 kg. Il fait alors 13 prisonniers parmi les Allemands qui fuient le village. En effet, la garnison est sortie par paquets dès l'arrivée du groupement Quilichini, et une partie de ses effectifs collabore au déblayage.

Azerailles n’est pas occupé sans peine et pour son premier combat Quilichini, qui a remplacé Farret à la tête du 1er RMT dans le groupement Dio, a affaire à forte partie.

L'avant veille, un déserteur russe a traversé les lignes et les renseignements qu'il a donnés indiquent que le village est le second point fort ennemi après Hablainville. A peine le premier char M 1 de reconnaissance s'est  présenté sur la crête, qu'il est détruit par un coup au but. Le M 1, c'est le "Treadway Bridge", un pont spécial qui permet d'assurer le passage de tous les véhicules et blindé de la division.

           

Quilichini donne des ordres au Lieutenant Bonnet, commandant l’escadron des tanks Destroyer du GTD. Il lance le "Fantasque" en lui donnant des consignes précises. Il progresse lentement et arrive derrière le char détruit, avance encore de quelques mètres, soudain se produit un choc terrible à l’avant, suivi d’une explosion : le 88 a encore frappé. Immobilisé, "le Fantasque" n'a plus qu’à attendre le coup de grâce. L'obus touche en plein sur le renforcement avant, seule partie sérieusement blindée.

Le tireur reçoit l'embout de lunette dans l'oeil, il pleure mais il continue à pointer. Soudain à l'intersection des fils, il voit les ennemis qui approvisionnent le canon. Il appuie sur la détente: une intense lueur d'un blanc éblouissant puis un amas de branchages se disperse. Des hommes tombent ou s'enfuient.

La route d'Azerailles est ouverte.

 

L'après libération ...

Après la libération d’Azerailles, la 2e DB continue son avance vers Baccarat.

Après cette 1ère attaque couronnée de succès, malgré l'attaque à travers bois et champs détrempés, il y a plusieurs chars et half-tracks embourbés. Il y a à nouveau une période d'attente mais à partir du 15 novembre 1944, les opérations reprennent.

 

Samedi 18 novembre 1944.

A 16h00, les chars et les TD réduisent les résistances de Parux au canon. A la même heure, Morel Deville liquide les défenses antichars de Cirey sur Vezouze et libère la ville.

La Vezouze est franchie et la défense allemande est consommée. Le lendemain c’est la libération des pays où les habitants du village ont évacué. La population d'Azerailles n’est libérée en partie que vers le dimanche 19 novembre 1944 et ne rentre que vers le jeudi 23 novembre 1944.

 

A leur retour, ils trouvent un village détruit : 47 maisons brûlées totalement, en plus des 28 de Juin 1940. Les autres maisons ont reçu plusieurs obus : il n'y a plus de vitres aux fenêtres, les tuiles sont dispersées voir inexistantes.

 

L'église est brûlée de même que les bâtiments communaux. Au retour au pays, certains civils sont victimes des mines. Plusieurs personnes sont mortes, ou blessées lors d'attaques ou suite aux bombardements :

M Camille MARCHAL, blessé à la jambe, il décédera à l'hôpital de Baccarat;

Mme MALO COURTOIS, blessée au bras et à l'épaule décédera également à l'hôpital de Baccarat

Le 30 septembre 1944, M Léon SCHAEFFER est blessé par une mine, intransportable il meurt le 2 octobre.

Emile  HERBE est tué par un éclat d’obus à Fenneviller.

André SITT est également tué par un éclat d’obus, à Petitmont.

Georges MELLE est blessé à Bertrichamps.

Maurice MANGIN est blessé à Petitmont.

M et Mme BURTIN sont victimes de mines.

André PETRONIN ne rentre pas au village, tué au cours d'une patrouille, au bord de la Meurthe, territoire de Glonville au lieu dit "La Lunette", le 17 octobre 1944.

Madame Henri COLLIGNON est tuée dans l'église de Baccarat au cours du bombardement du 7 octobre 1944.

 

62 familles sont démunies de tout, 190 personnes sans abri, plus de fourrage pour les bêtes rescapées et certains propriétaires sont sinistrés une seconde fois.

 

Le 31 octobre 1944, les hommes du Général  Leclerc libèrent Azerailles, vide de ses habitants. La division Leclerc, qui fait partie de la 7e Armée américaine, s’impatiente de pouvoir foncer vers l'Est.

                       

                                                                                 

Libération d'Herbéviller

23 juin 1944.

Mr Crouzier Georges est nommé maire d’Herbéviller.

Lors de la libération du village, 3 chars Français seront détruits à l'Est du village, ici le GASCOGNELa résistance du secteur de Blâmont comprend Blâmont, Baccarat, Badonviller et Cirey sur Vezouze. L’abbé Stutzmann (curé de Domêvre), dit capitaine Lafforge, en est le chef.

La sœur de l’abbé et un jeune prêtre du lieu sont arrêtés par les allemands et fusillés en forêt de Merviller.

 

4 septembre 1944.

Affaire de la ferme de Viombois

Les Alliés se rapprochent du village.

 

9 septembre 1944.

Les troupes allemandes en retraite sont attaquées par les avions alliés sur la RN 4, à découvert en direction de Domêvre, le bilan est inconnu, mais sans doute lourd.Un peu plus loin le MEDOC, ces 3 chars sont situés à proximité du terrain d'aviation

 

16 septembre 1944.

Une reconnaissance de chars alliés traverse la commune. L’espoir renaît et l’on fraternise avec les soldats. Cette colonne quitte malheureusement très vite le village, lors de la contre-attaque de la 113e Panzer Brigade, le 18 septembre 1944.

6 semaines de combats se déroulent dans la région, surtout en duel d’artillerie. La 708e Division d’Infanterie allemande tient le territoire et la population est réquisitionnée pour creuser des tranchées et des abris.

 

30 octobre 1944.

Les allemands  décident d’évacuer le village. La population part pour Blâmont.

 

10 novembre 1944.Le FRANCHE COMTE à également été détruit par un canon antichar allemand

L’ennemi est rejeté de Mignéville.

 

13 novembre 1944.

Le sergent-chef Fortas du 3e Bataillon de Marche du Tchad est tué à 26 ans, lors des combats pour la libération du village.

 

18 novembre 1944.

La ville de Blâmont est libérée

 

 

 

           

Libération de Valhey

 

Deux mois et demi après avoir débarqué, les alliés libèrent Paris le 25 août 1944. Ils se donnent encore deux mois et demi pour finir la guerre et se voient déjà à Berlin pour Noël.

La résistance allemande, malgré des forces inférieures, est opiniâtre. Si la bataille des Ardennes est bien connue, celle de Lorraine l’est moins et, au sein de cette dernière, la bataille de chars d’Arracourt n’est  connue que de rares spécialistes.

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Libération de Sainte-Pôle

La guerre à Sainte-Pôle (1939 - 1945)

Écrit par Monsieur le Maire de Sainte-Pôle en 1994

Au début de la deuxième Guerre mondiale, une vingtaine d'hommes de Sainte-Pôle sont mobilisés et combattent sur les différents fronts. Si la plupart d'entre eux peuvent regagner leurs foyers après la défaite de 1940 comme : Georges Colin (instituteur), Louis Fleurence, Marcel Georges, Amédé Hovasse, Paul Humbert,  Raymond Humbert, Paul Mangin, Albert Oldriot, Marcel Oldriot, Raymond Perrin, Georges Poirot, Jean Scher, Aimé Thouvenin.

Il n'en est pas de même pour cinq d'entre eux, René Evrard, René Frésard, Jean Haffner, André Gigout, Georges Michel,  qui subissent la captivité en Allemagne pendant 5 ans.

 

Pendant ce temps, les familles restées au village sont soumises aux vexations et à la terreur des nazis, ainsi qu'à la perte des libertés et aux cartes de rationnement. Cependant, la population ne perd pas l'espoir et des hommes courageux se joignent aux résistants Français, après le débarquement allié en Normandie en juin 1944.

L'un d'entre eux, Paul Bientz est dénoncé aux nazis et arrêté parla Gestapo. Ilest fusillé aussitôt.

Les anciens se souviennent de la déportation, le 25 août 1944, de 80 hommes de Pexonne qui sont emmenés par les nazis dans les camps de concentration, 17 d'entre eux seulement sont rentrés, les autres étant morts là-bas.

Le 4 septembre 1944, un groupe de résistants de la région, caché dans la ferme de Viombois, est attaqué par les Allemands. On entend crépiter les mitrailleuses depuis Sainte-Pôle.

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En septembre 1944, les Allemands réquisitionnent les cultivateurs de Sainte-Pôle avec leurs attelages et leurs chariots pour transporter leur matériel. Ils vont jusqu'en Alsace d'où ils se sont évadés et rentrent à Sainte-Pôle à pied en abandonnant leurs chevaux. Pendant ce temps, les autres hommes ainsi que les femmes de 18 à 40 ans sont mobilisés pour creuser des tranchées, mais les troupes alliées approchent du village.

 

Rafle du 7 novembre 1944 :

Le 7 novembre 1944, les Allemands rassemblent les hommes de 15 à 45 ans de Sainte-Pôle et des communes environnantes.

Après différentes étapes, ils les emmènent à Heidelberg et après un tri les répartissent pour travailler dans cette région dans l'agriculture, la forêt ou l'industrie.

Parmi eux, on trouve : Alfred Burger, Raymond Coster, Louis Fleurence, Daniel Freismuth, Marcel GEORGES, Raymond Gigout, Pierre Gardin, Paul et Raymond Humbert, André Ledoux, Gaston et Sépharin Locatelli, Marcel et Raymond Mangin, Albert et Gaston Oldriot, Raymond Perrin, Jean Scher et bien d'autres qui se réfugient à Sainte-Pôle.

Après 5 mois de travaux et de brimades, ils sont libérés par les Alliés en avril 1945. 

Pendant ce temps, les bombardements sur le village continuent. 

La plupart des maisons sont démolies. Les gens se terrent dans les caves. Parmi la population civile, six personnes sont tuées par les bombardements :

Sainte-Pôle a subi également les bombardements

Les bombardements cessent après l'arrivée des Alliés le 15 novembre 1944. Mais les habitants restés au village sont évacués sur Lunéville par les troupes alliées; seuls quelques hommes restent pour soigner le bétail encore vivant et enterrer les cadavres dans les fossés antichars. Bernard Humbert, Adrien Michel, Mme Receveur née Duix Marie, Eugène Tref, Emile Urbain, Jules Villaume, Mme Christophe de Mignéville, Mlle Marlier de Reclonville, M. Troche d'Ancerviller. Sans compter d'autres personnes réfugiées à Sainte-Pôle.

Au retour de Lunéville, les personnes valides s'emploient à relever les ruines pour pouvoir vivre provisoirement en attendant la reconstruction. 

 

Sainte-Pôle et Saint-Maurice aux Forges

 

D'après le témoignage de M. Vouaux de Saint Maurice aux Forges et

tiré du livre de Monsieur Jean Mohler "La bataille de Blamont"

Né en janvier 1924, j’ai donc 20 ans en octobre 1944 lorsque je suis réquisitionné par les Allemands pour aller creuser des tranchées, dont le fossé antichar deLa Forge, à la sortie Ouest de ce hameau, en regardant Saint Pôle.

Je me souviens également d’un canon antichar calibre88 mm, longtemps embusqué dans le bois avoisinant et faisant également face à l’Ouest.

Je ne connais pas la libération car je suis déporté avec 10 autres hommes du village dont mon frère et mon beau-frère. Notre longue marche prend fin à Heidelberg, en Allemagne, où nous restons comme travailleurs de force jusqu’à l’armistice.

Mais revenons à l’histoire de mon village.

Le petit état major allemand, installé au château de La Forge, décide de faire évacuer femmes et enfants de La Forgeet de St Maurice le 10 novembre 1944. Le point de recueil étant le village de Neuviller, situé à 2 Kms plus à l’Est. De retour au pays, j’apprends que l’un de mes proches parents, M. Dufour, est tué pendant le bombardement du 15 novembre 1944 précédant la libération de mon village. Mme Danichert deLa Forge se souvient : son témoignage étant confirmé par sa fille, et  par des évacués en transit vers Angomont.

 

7 novembre 1944 :

Les hommes de 15 à 60 ans de St Maurice et de Sainte Pôle sont réquisitionnés par les allemands pour aller creuser des tranchées à La Forge, puis déportés comme travailleurs de force jusqu’à Heidelberg (Allemagne).

Au cours de la même semaine, 40 pionniers allemands repérables par leurs uniformes et leur sigle (PI-ZUG-BOL) posent des mines anti-chars à la sortie ouest deLa Forge.

 

10 novembre 1944 :

L’état major allemand, logé au château deLa Forge, ordonne l’évacuation des femmes et des enfants deLa Forgeet de St Maurice vers Neuviller les Badonviller. D’autres réfugiés sont transités par Ste Pôle les jours précédents, venant de Merviller, Baccarat (au total, il y avait 40 personnes civiles dans les caves).

 

11 novembre 1944 :

Bombardement de Sainte-Pôle par les américains (environ 100 obus, 6 civils tués).

 

13 novembre 1944 :

L’état major local quitte Sainte-Pôle. Vers 14h00, des français de la 2e DB viennent en reconnaissance à Ste-Pôle puis repartent. Un nouveau tir de barrage tombe sur le village.

 

14 novembre 1944 :

Au soir, repli des combattants allemands ramenant 10 blessés graves avec eux. Un char de couverture ferme la marche.

 

15 novembre 1944 :

Les Américains attaquent et libèrent Sainte-Pôle. Une de leurs patrouilles offensives descend dans les caves et les inspecte… puis repart…. Mais ils reviennent en force le même soir, Sainte-Pôle étant cette fois définitivement libéré. Les Américains évacuent vers Lunéville des civils malades ou blessés.

 

Après la libération de La Forge, on découvre un stock de mines anti-chars de type Tellermine (mine « assiette ») entreposé à St Maurice, qui sont détruit ultérieurement. On découvre de même un radar entre Sainte-Pôle et Vacqueville, qui a fait l’objet de quelques attaques par des chasseurs bombardiers US en octobre.

La 15e Panzergrenadier Division

Créée en Sicile après la campagne de Tunisie avec des éléments rescapés de L’Afrika Korps, la 15e Panzer Grenadier Division[1] est commandée par le Général Lieutenant Rodt. Elle est transférée sur le front occidental après dix mois de campagne ininterrompus et particulièrement difficiles en Italie, où elle essuie de lourdes pertes [2]. Après des attaques incessantes de l'aviation alliée sur les voies ferrées, la 15e Panzer Division arrive en Lorraine par petits détachements en piètre état.15 panzer grenadier symbol - Source Wikipedia en

Théoriquement, la division doit être mise en réserve dans la zone de la 1ère Armée, au Sud-Est de Metz. Sa capacité opérationnelle est réduite de moitié et son bataillon de chars est encore en route. Elle ne dispose en tout et pour tout que de 17 chars et canons d’assaut. Bien qu’amoindrie, cette unité est pourtant classée par le haut commandement allié “offensivement valable”.

Mais en ce début septembre 1944, le général Knobelsdorff, commandant la 1ère Armée allemande, est confronté à une grave crise d’effectifs pour faire face à la menace américaine sur la Moselle. Le 12 septembre 1944 dans la matinée, la 80e DI US établit une solide tête de pont à Dieulouard et le 13 septembre 1944, au matin, une colonne blindée de la 4e DB US fonce vers l’Est. Malheureusement pour le General, la 15e est déjà hypothéquée par Hitler en personne pour participer à la formation de la 5e Armée Blindée que le général Hasso Von Manteuffel est en train de rassembler quelque part plus au Sud.

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