La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre - Winston Churchill

 

La Bataille de Lorraine est une des batailles les plus méconnues de la Seconde Guerre Mondiale. Pourtant elle est l’une des plus importantes et des plus meurtrières…

Eminuit autem inter humilia supergressa iam impotentia fines mediocrium delictorum nefanda Clematii cuiusdam Alexandrini nobilis mors repentina; cuius socrus cum misceri sibi generum, flagrans eius amore, non impetraret, ut ferebatur, per palatii pseudothyrum introducta, oblato pretioso reginae monili id adsecuta est, ut ad Honoratum tum comitem orientis formula missa letali omnino scelere nullo contactus idem Clematius nec hiscere nec loqui permissus occideretur.




 

Dombasle sur Meurthe: la Libération

texte de M. J.P. Seichepine, 
Souvenir Français de Lunéville, 
d'après le récit de Monsieur Robert Coésard: 16 ans à l'époque

Emplacement: Dombasle sur Meurthe 

Monument de l'élève gendarme Escuras à DombasleLe lundi 28 août 1944 vers 7h40, une sirène annonce une alerte aérienne. Plusieurs vagues d'avions américains se dirigent vers l'Allemagne. Vingt minutes plus tard, l'escadrille américaine est de retour.

C'est alors que trois de ces avions prennent en chasse un train allemand stationné à la gare de Rosières aux Salines et chargé de véhicules blindés et de camions. Les Américains font tout d'abord deux passages pour mitrailler le convoi. Au cours du troisième passage, un jeune homme de Dombasle, Paul Gobelet, est tué sous le pont de Rosières. À ce moment-là, un des trois avions prend dans sa ligne de mire un convoi allemand qui circule sur la route de Lunéville. En descendant trop bas, le pilote touche avec son aile un platane. Déséquilibré, l'avion s’écrase dans les champs à trois cents mètres du bois St-Don. Le pilote, un Américain qui s'appelle Ferris Suttle, est éjecté de l'appareil. Il est retrouvé mort, enroulé dans son parachute.

Son corps sera inhumé au cimetière de Dombasle jusqu'à la fin des hostilités puis rapatrié dans son pays.

A Serres, le 3 septembre, un habitant de Dombasle, Charles Schiela, FFI, meurt pour la libération.

Le 14 septembre 1944 au matin, l'infanterie allemande semble vouloir résister autour de la ville. Mais vers quatorze heures, l'artillerie américaine envoie une salve à proximité du Stand et les Allemands se replient en direction du Rambettant et de Sommerviller.

Ce même jour, à quinze heures trente, le premier char américain apparaît sur la route nationale. Mais ce blindé est détruit par une pièce antichar allemande au lieu dit "l'arbre de cent ans". Aussitôt, les FFI portent secours aux victimes. Bilan de cette action: deux Américains tués et plusieurs blessés. Sans attendre l'arrivée des troupes américaines, les FFI de la localité entament une action directe contre les Allemands présents dans la ville. Presque sans armes, ils se lancent dans de violents combats de rues. Deux Allemands sont tués et 32 faits prisonniers.

A dix-sept heures trente, les premiers soldats américains font leur entrée dans la ville.

Vers dix-huit heures, FFI et soldats prennent position près du pont de la maison Aubert. C'est là que l'élève gendarme Pierre Escuras, un homme courageux, est tué quelques instants plus tard par une rafale allemande.

Dans la nuit du 14 au 15 septembre 1944, des postes de surveillance sont mis en place. 

Le 15 septembre à l'aube, l'infanterie américaine arrive en force.

Dès huit heures quinze, la bataille fait rage : Américains et FFI harcèlent les derniers Allemands retranchés dans les caves des maisons bordant le canal, cachés dans l’usine Solvay aux générateurs, sur les fours à chaux, dans les cabines des péniches détruites  ou dans les abris situés au bord du canal.

Voyant la situation se dégrader, les Allemands battent en retraite. Les FFI procèdent alors au nettoyage de l'usine et récupèrent un abondant matériel. Vers midi, le calme est revenu dans la ville. Les chars américains partent à l'assaut de la côte surplombant Dombasle et connue sous le nom de Rambetant. En accord avec les Américains, six résistants de Dombasle veulent aider au nettoyage. Ils seront tous blessés au cours de cette opération. 

Dans l'avenue De Lattre de Tassigny, soumise à d’intenses bombardements un bon nombre de victimes civiles seront à déplorer.

Au cours de ces deux jours deux soldats américains et l'élève gendarme Pierre Escuras seront tués et plusieurs FFI seront sérieusement blessés. Tel est le prix à payer pour que Dombasle soit libre. 


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Fenneviller: Les Trois Sauveux

15 jeunes résistants sont fusillés par la Gestapo, le 5 septembre 1944

d'après le témoignage de M. JB Diedler,
maire de Badonviller et chargé d’écrire un rapport sur les prisonniers.

Emplacement: entre Badonviller et Fenneviller 

Fenneviller les Trois Sauveux

Le vallon des Trois Sauveux se trouve au sud de Badonviller et à l’est de Fenneviller. L'espace boisé est propice aux activités clandestine, il se situe à proximité de Pexonne et Viombois.

Ces villages sont déjà touchés par de massives rafles qui s’intensifient avec le recul de l’armée allemande depuis le débarquement allié en Normandie.

Le 5 septembre 1944, quatorze personnes sont emmenées dans ce vallon pour y être fusillées. Originaires essentiellement de Badonviller et de Celles sur Plaine, ce groupe revient de la ferme de Viombois encerclée la veille. La Gestapo, installée dans la maison de M. Chiaravalli au sud de Badonviller, les embarquent afin de les interroger.

 

Les prisonniers sont relativement jeunes pour la plupart. Ce sont de jeunes gens mal entraînés et souvent désarmés qui ne peuvent pas résister aux forces allemandes.

Ils sont assis à même le sol dans toutes les pièces et se font interroger en groupes dans le bureau principal. N’étant considérés que comme des « terroristes » et non des prisonniers de guerre, ils sont interrogés et jugés sommairement :

Vers 15h00, le maire est prévenu par un membre de la Gestapo qu’un premier groupe de neuf personnes a été exécuté. Le maire a pour mission de les identifier et de les enterrer dans l’heure qui suit. Avec quelques employés de mairie, il se rend sur place pour découvrir neuf cadavres transpercés par une rafale de mitraillette et défigurés par un coup de pistolet dans la nuque. Une liste des objets personnels est soigneusement établie et les corps sont inhumés sur place.

Vers 20h00 environ, un deuxième groupe de cinq personnes est fusillé au même endroit, dont le lieutenant Pierson, blessé au combat de Viombois. 

Le maire ira les enterrer le lendemain matin.

 
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Baccarat: un intermède

Le Monument aux morts à l’effigie du général Leclerc, commandant de la 2e Divion Blindée

 

Texte d'Audrey Brunias,
d'après les travaux de recherche de l'Adjudant-chef Sugg
 

 

Monument à l'effigie du Général Leclerc

Depuis le Tchad et les premières opérations en territoire français, les cades de la 2e DB ont acquis une bonne expérience du combat. Le général Leclerc forme ses commandants de groupements pour des manœuvres audacieuses et synchronisées, qui deviennent en quelque sorte la signature de la division.

 

Encore une fois la reprise de Baccarat ne fait pas partie des plans alliés dans sa route vers l’Allemagne. Cependant l’avancée rapide des forces américaines les oblige à stopper la reconquête afin d’assurer le réapprovisionnement et d’attendre l’arrivée des renforts. Le général Leclerc dispose alors d’un mois pour reprendre la ville et ses alentours.

 

Aidé par les résistants français, les commandos anglais, ainsi que par les prisonniers allemands qui fournissent des renseignements sur les positions ennemis, il échafaude une stratégie :  

La 2e DB est divisée en multiple sous-groupements qui se dispersent dans les différents villages alentours (Buriville, Pettonville, Reherrey …) afin de prendre à revers la ville. Cependant, en face se dresse la 21e Panzer appuyée par son bataillon anti-char à la tête d’une vingtaine de canons 88. Le général Von Manteuffel, s’attendant à une offensive de char, à préparer le terrain avec de multiples champs de mines, des trous individuels et des fossés antichars, des positions fortifiées (notamment au Nord de Baccarat) et un rideau d’infanterie au niveau de Montigny. Les forces allemandes étaient donc prêtes à affronter la 2e DB.

Les sous-groupements placés aux alentours faisant diversion, ils permettent une entrée surprise dans le Nord de Baccarat le 31 octobre 1944. La 2e DB s’empare du pont de la Meurthe grâce à l’action du lieutenant Mac Clenahan (qui a donné son nom au pont) avant que les Allemands puissent le détruire. La ville est libérée et le nœud routier est dégagé, permettant ainsi un meilleur déplacement des troupes.

 

Le 3  novembre 1944, le général Leclerc, ses officiers et la municipalité de Baccarat savourent, avec la FFI locale et son chef l’abbé Stutzmann, un champagne dans des coupes de cristal commandées par Goering aux célèbres cristalleries.

 

Le 4 novembre, le général adresse à la 2e DB son ordre n°69 dressant le bilan de ces deux journées d’opérations et du succès magistral remporté sur les armées allemandes. Il s’incline devant les 45 tués de la division. 

  


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Carte interactive


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Badonviller: la Libération

Le char « Mort Homme », l’emblème de la 2e Division Blindée

 

 texte d'Audrey Brunias, 
d'après les travaux de recherche de l'adjudant-chef Philippe Sugg

 

Le char Mort-Homme de la 2e DBEntouré de 4 marronniers, ce char, proche du château d’eau, est au carrefour de la rue du Colonel de la Horie(D8) et de la rue du 8 mai (D20).

 

Le char de type M4 Sherman de 32 tonnes porte le nom de « Mort Homme » en mémoire des combats d’août 1917 qui se sont déroulés à l’endroit portant le même nom en Meuse.

Il compose l’une des divisions blindées les plus réputées : la 2e DB du général Leclerc, qui libérera notamment Paris.

Celle-ci se bat aux côtés des forces américaines, commandées en partie par le général Haislip, dont le but est d’arriver le plus vite possible à la frontière allemande. Cependant, le général Leclerc tient à inclure dans les plans alliés, la libération de Strasbourg, à l’instar de celle de Paris.

 

Face aux difficultés rencontrées par la 79e DI dans son avancée, le général Leclerc peut envoyer La Horie vers Badonviller, à partir du 17 novembre 1944. Celui-ci part à la tête d’une avant-garde composée d’un peloton de chars légers (lieutenant Davreux), une section de Sherman et de quelques Hafl-tracks d’infanterie, ainsi que sa compagnie et les fantassins de la 10 et 3e RMT.

En tête de ce convoi, le char « Usküb » mené par Dubouch éventre les barrages ennemis en quelques minutes. Les Allemands pris par surprise ne peuvent que se rendre. Il y aura plus de 300 prisonniers. 

Le char du caporal Champion est néanmoins stoppé par 2 coups de bazooka le 17 novembre 1944. Son équipage réussit à s’extraire mais son conducteur, le caporal Champion, grièvement brûlé au visage et aux mains, restera défiguré. Le char, quant à lui, se situe à l’endroit où les soldats allemands l’ont arrêté.

 

Le commandant de La Horie rentrera triomphalement dans Badonviller mais sera mortellement blessé le 18 novembre, par un éclat d’obus en plein cœur. Le général Leclerc saluera son camarade de promotion à la mairie, où le corps est déposé.

 


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