La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre - Winston Churchill

 

La Bataille de Lorraine est une des batailles les plus méconnues de la Seconde Guerre Mondiale. Pourtant elle est l’une des plus importantes et des plus meurtrières…

Eminuit autem inter humilia supergressa iam impotentia fines mediocrium delictorum nefanda Clematii cuiusdam Alexandrini nobilis mors repentina; cuius socrus cum misceri sibi generum, flagrans eius amore, non impetraret, ut ferebatur, per palatii pseudothyrum introducta, oblato pretioso reginae monili id adsecuta est, ut ad Honoratum tum comitem orientis formula missa letali omnino scelere nullo contactus idem Clematius nec hiscere nec loqui permissus occideretur.




 

Lunéville: en mémoire du Colonel Bill Alston Bailey

Plaque en mémoire du Colonel Bill Alston Bailey, mort le 19 septembre 1944

texte d'Audrey Brunias,
d'après les travaux de recherche de l'adjudant-chef Philippe Sugg

Emplacement: Lunéville 

Lunéville - plaque en mémoire du Colonel A. BaileyEn septembre 1944, la bataille de Lorraine commence. Les Américains avancent rapidement et arrivent sur Lunéville.

Le 704th Bataillon de chars Destroyer, accompagné du 37th  Bataillon de chars, font face aux panzers allemands. Contrairement aux Allemands, les unités américaines de chars n’ont pas l’habitude de se battre en zone urbaine…

 Les forces ennemies se placent derrière la ligne de chemin de fer face au carrefour pour couvrir toutes les routes. Soudain, à 12h00, une Jeep arrive au bas de la rue de Viller, avec à son bord le colonel Bailey, commandant du 704th TDB, et son sergent. Il conduit très vite à travers l’intersection en plein champ de tirs ennemis.

Il tourne alors à droite en face de l’endroit où les blindés américains sont positionnés. Le colonel lève alors la main et tend le doigt pour donner des ordres au capitaine Tanner, qui commande une des compagnies du 704th.

A ce même moment un obus de mortier explose. Si son sergent survit, le colonel Bailey meurt en recevant un éclat d’obus.     


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Dombasle: le maquis GL42

d'après le texte de M. J.P. Seichepine,
Souvenir Français de Lunéville

 

Emplacement: Dombasle

Dombasle - square GL42Dès 1940, la résistance s’organise en Lorraine. Les actions ont pour but de permettre l’évasion des prisonniers, de récupérer et cacher les armes abandonnées après les derniers combats de 1940 et enfin, la création de faux papiers et de journaux. Le maquis Lorraine 42 est créé en 1942 à Blainville sur l’Eau par Frédéric Rémélius. Il regroupe des jeunes de la classe 42, menacés par le STO (service de travail obligatoire). Ils viennent des secteurs de Blainville, Vézelise, Haroué, Bayon, St Nicolas de Port, Gerbéviller et Charmes. Frédéric Rémélius, connu sous le pseudonyme "Commandant Noël", est à leur tête.

Installé dans le secteur de Sion puis dans la forêt de Charmes, les activités des résistants sont diverses. Si les sabotages des voies ferrées et fluviales mais aussi des lignes électriques et téléphoniques sont nombreux, ils doivent aussi assurer l'accueil et le transfert des évadés d'Allemagne. Le maquis reçoit les ordres de Londres par le biais du Colonel Granval. Après le débarquement des Alliés, le 6 juin 1944, le nombre d'engagés volontaires s'envole.

Le maquis compte bientôt plusieurs centaines de personnes. Un deuxième maquis doit même être créé pour suivre cette augmentation soudaine. Les actes de sabotages s'intensifient... Cependant l'augmentation des maquisards pose la question de l'armement de ces nouveaux soldats de la FFI. Les résistants sont, en effet, pour la plupart du temps dépendants des parachutages d'armes alliés. Un premier arrive près de Leménil-Mitry. Néanmoins, devant l'imminence d'une attaque allemande, tout le maquis doit quitter la forêt de Charmes pour s'installer au château de Leménil-Mitry. Les Allemands finissent par attaquer le groupe Lorraine 42 à la ferme de Purimont, le 30 juin 1944, à Diarville, le 15 août puis à Sion, le 16. Ces attaques n'empêchent en rien les engagements. À la fin de ce mois d'août, on compte huit cents personnes dans le GL 42. Le groupe obtient l'appui de Londres qui parachute une mission de renseignements anglaise avec un important matériel, destiné au maquis. Une grosse somme d'argent est aussi débloquée pour aider l'ensemble de la région Est.

Le 1er septembre 1944, les Allemands incendient la brasserie de Tantonville. Les maquisards répondent à cette attaque en barrant la route de Crantenoy... Des pertes sont enregistrées des deux côtés.

Le 2 septembre 1944, l'occupant lance une offensive avec ses blindés sur Goviller puis, le lendemain, sur Leménil-Mitry, causant ainsi des pertes importantes de part et d'autre.

Le 3 septembre 1944, le GL 42 a pour mission de tenir les ponts de la Moselle afin de permettre le passage des troupes américaines. Il tient jusqu'au 12 septembre contre un adversaire supérieur en nombre et surtout en arme. Le maquis connaît de lourdes pertes et de nombreux habitants sont déportés pendant que la ville brûle.

Le 6 septembre 1944, une liaison est établie avec les forces américaines. Bientôt le Général Patton rend visite au maquis et le félicite pour son action. Les jours suivants, il participe à la libération des villes et villages entre Bayon et Lunéville, puis à la défense de cette dernière suite à la contre-attaque allemande. Le GL 42 deviendra le 5e Bataillon de Marche du 150e RI, en 1945. Il s'illustrera, notamment, dans la libération de Royan.


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Leintrey: libération par le 2th RC US B-Troop 2th Squadron

La libération de Leintrey menée par le lieutenant Robert S. Langley

 

 texte d'Audrey Brunias,
d'après les travaux de recherche de l'adjudant-chef Philippe Sugg

 Emplacement: Leintrey

Leintrey: hommage aux éclaireurs du 2th RCLeintrey est un  petit village constitué d’une soixantaine de fermes, qui se situe en extrême bordure de la Lorraine demeurée française.

Le sol  est un véritable champ de bataille ayant traversé les différentes guerres. On y voit encore les traces des tranchées et des entonnoirs, fantômes de la fureur de 14-18.

Les Américains profitent du repli des forces allemandes pour avancer assez rapidement. Début septembre, on peut observer de nombreux mouvements de troupes qui entrent et sortent des villages, sans aucune résistance de son adversaire. Ainsi Leintrey accueille ses premiers soldats américains dès le 16 septembre. L’escadron B du 2e groupe du 2e régiment de cavalerie US, commandé par le capitaine Robert S. Langley, feront parti de ses soldats passants.

Malheureusement, la libération est de courte durée. Le 18 septembre 1944, les Allemands lancent une grande contre-offensive sous les traits de la 113e Panzer Brigade, appartenant au 58e Panzer Korps du général Krueger. La 113e avait débarqué alors de la région de Sarrebourg afin de repousser les Alliés vers Lunéville. Le 2e Régiment de Cavalerie freine l'avance allemande pour laisser le temps à la 4e Division Blindée US de s'installer dans Lunéville.

Comme beaucoup de villages lorrains, Leintrey connait plusieurs libérations, tout aussi rapides que de courtes durées. La commune et ses environs finiront par être libérés définitivement le 13 novembre 1944 par le 3e bataillon du 71e Régiment de la 44e Division d'infanterie US.

Le capitaine Robert S. Langley, aujourd’hui décédé, reviendra tous les ans à Lunéville pour assister aux cérémonies commémoratives.


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Lagarde: la 1re Division de grenadiers polonais

d'après le texte de M. J.P. Seichepine, 
Souvenir Français de Lunéville

Emplacement: Lagarde

Lagarde, monument des polonaisLa première division polonaise est formée officiellement en France le 13 novembre 1939. C’est au camp de Coetquidan que sont entrainés et équipés les divers régiments de cette division. Composée de près de 80% d’immigrés, elle compte également plusieurs milliers de combattants évadés de Pologne après les combats de 1939.

En mai 1940, les forces polonaises stationnées en France comptent plus de 84 000 hommes. Après leur formation en Bretagne, deux divisions dont l’instruction est loin d’être terminée sont envoyées au front :

- la 1ère DGP est transportée en Lorraine comme réserve pour le 4e corps d’armée du général Requin. Les trois régiments reçoivent leurs drapeaux les 25, 26 et 27 mai 1940.

- la 2ème division de chasseur à pied stationne dans le secteur de Belfort et une demi-brigade ainsi que quelques escadrilles de chasse combattent sur plusieurs points du front.

Ces unités sont équipées en matériel français, mais sa qualité et sa quantité sont loin d’être satisfaisantes.

Après des premiers combats victorieux dans le secteur de Holving, arrive l’ordre de repli vers le canal de la Marne au Rhin. Toute la division doit être repliée sur le canal pour le 18 juin, et participer à sa défense. Le secteur dévolu à la 1ère DGP se situe entre Xures et Moussey, soit une largeur d’environ 12km. La retraite est jalonnée de combats meurtriers, notamment dans le secteur de Dieuze, Marimont, Azoudange et Bourdonnay.

Malgré la présence du canal, la configuration du terrain est très défavorable pour les Polonais, car la rive Nord, bien desservie par le réseau routier, est boisée en partie et surplombe la rive Sud, très plate et en partie marécageuse.

Placé en première ligne le 17 juin, le 2e bataillon du 2e RGP est anéanti dans la défense de Lagarde. Dans le village, des combats retardateurs provoquent de nombreuses pertes de part et d’autre. Le génie fait sauter les ponts vers midi et les survivants des détachements d’arrière garde doivent traverser le canal à la nage sous le feu allemand. Aidés par un violent tir de mortier et d’artillerie, les troupes allemandes réussissent à établir une tête de pont sur la rive Sud du canal. Toute l’après-midi du 17, malgré de nombreuses contre attaques, les allemands gardent le terrain conquis. Ce n’est qu’en soirée qu’une dernière tentative, avec l’aide d’une compagnie de chars français, repousse les Allemands de l’autre côté du canal. Le lieu de départ de cette contre-attaque se situe à l’emplacement du monument situé sur la route Lagarde-Vaucourt.

Le 18 juin, les Allemands, sous le couvert d’un violent feu d’artillerie et de mortier, tentent à nouveau de traverser le canal. Dans l’après-midi, des combats très  violents se déroulent dans le bois de Vaucourt. Sur toute la zone du canal, les Allemands réalisent de nombreuses têtes de pont et les unités qui combattent encore sont menacées d’encerclement. Aussi, n’ayant plus la possibilité de rétablir la situation, le commandement français donne l’ordre de repli. Ce n’est dans la nuit que les Polonais peuvent quitter la zone du canal.

La division ne bénéficiera pas longtemps d’une mise au repos méritée. Les 1er et 2e RGP ayant subi de lourdes pertes en hommes et en matériel lors de la bataille du canal, c’est le 3e RGP qui reprendra le combat dès le 20 juin dans le secteur de Gélacourt.

Le 21 juin vers 8h00, le général Duch donne l’ordre 4444, signifiant la dispersion des troupes polonaises et la formation de petits groupes afin de passer au travers de l’encerclement allemand ou gagner la Suisse sans tomber aux mains des Allemands.

La bataille du canal de la Marne au Rhin est le plus dur combat subi par la division. Les pertes sont extrêmement lourdes. Elles seront estimées à 250 tués, 700 blessés et 150 disparus dans le seul secteur de Lagarde-Vaucourt. Dans le secteur de Moussey, les pertes du seul 1er RGP seront de 150 tués ou blessés. Il sera reconnu que les combats ont été tellement violents que de nombreux blessés et prisonniers ont été exécutés, le simple fait de lever les bras ne garantissant pas la vie sauve.

Au cours de sa brève existence, la 1ère DGP perdra environ 900 tués, 2 800 blessés et environ 1 500 disparus.



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Dombasle sur Meurthe: la Libération

texte de M. J.P. Seichepine, 
Souvenir Français de Lunéville, 
d'après le récit de Monsieur Robert Coésard: 16 ans à l'époque

Emplacement: Dombasle sur Meurthe 

Monument de l'élève gendarme Escuras à DombasleLe lundi 28 août 1944 vers 7h40, une sirène annonce une alerte aérienne. Plusieurs vagues d'avions américains se dirigent vers l'Allemagne. Vingt minutes plus tard, l'escadrille américaine est de retour.

C'est alors que trois de ces avions prennent en chasse un train allemand stationné à la gare de Rosières aux Salines et chargé de véhicules blindés et de camions. Les Américains font tout d'abord deux passages pour mitrailler le convoi. Au cours du troisième passage, un jeune homme de Dombasle, Paul Gobelet, est tué sous le pont de Rosières. À ce moment-là, un des trois avions prend dans sa ligne de mire un convoi allemand qui circule sur la route de Lunéville. En descendant trop bas, le pilote touche avec son aile un platane. Déséquilibré, l'avion s’écrase dans les champs à trois cents mètres du bois St-Don. Le pilote, un Américain qui s'appelle Ferris Suttle, est éjecté de l'appareil. Il est retrouvé mort, enroulé dans son parachute.

Son corps sera inhumé au cimetière de Dombasle jusqu'à la fin des hostilités puis rapatrié dans son pays.

A Serres, le 3 septembre, un habitant de Dombasle, Charles Schiela, FFI, meurt pour la libération.

Le 14 septembre 1944 au matin, l'infanterie allemande semble vouloir résister autour de la ville. Mais vers quatorze heures, l'artillerie américaine envoie une salve à proximité du Stand et les Allemands se replient en direction du Rambettant et de Sommerviller.

Ce même jour, à quinze heures trente, le premier char américain apparaît sur la route nationale. Mais ce blindé est détruit par une pièce antichar allemande au lieu dit "l'arbre de cent ans". Aussitôt, les FFI portent secours aux victimes. Bilan de cette action: deux Américains tués et plusieurs blessés. Sans attendre l'arrivée des troupes américaines, les FFI de la localité entament une action directe contre les Allemands présents dans la ville. Presque sans armes, ils se lancent dans de violents combats de rues. Deux Allemands sont tués et 32 faits prisonniers.

A dix-sept heures trente, les premiers soldats américains font leur entrée dans la ville.

Vers dix-huit heures, FFI et soldats prennent position près du pont de la maison Aubert. C'est là que l'élève gendarme Pierre Escuras, un homme courageux, est tué quelques instants plus tard par une rafale allemande.

Dans la nuit du 14 au 15 septembre 1944, des postes de surveillance sont mis en place. 

Le 15 septembre à l'aube, l'infanterie américaine arrive en force.

Dès huit heures quinze, la bataille fait rage : Américains et FFI harcèlent les derniers Allemands retranchés dans les caves des maisons bordant le canal, cachés dans l’usine Solvay aux générateurs, sur les fours à chaux, dans les cabines des péniches détruites  ou dans les abris situés au bord du canal.

Voyant la situation se dégrader, les Allemands battent en retraite. Les FFI procèdent alors au nettoyage de l'usine et récupèrent un abondant matériel. Vers midi, le calme est revenu dans la ville. Les chars américains partent à l'assaut de la côte surplombant Dombasle et connue sous le nom de Rambetant. En accord avec les Américains, six résistants de Dombasle veulent aider au nettoyage. Ils seront tous blessés au cours de cette opération. 

Dans l'avenue De Lattre de Tassigny, soumise à d’intenses bombardements un bon nombre de victimes civiles seront à déplorer.

Au cours de ces deux jours deux soldats américains et l'élève gendarme Pierre Escuras seront tués et plusieurs FFI seront sérieusement blessés. Tel est le prix à payer pour que Dombasle soit libre. 


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