La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre - Winston Churchill

 

La Bataille de Lorraine est une des batailles les plus méconnues de la Seconde Guerre Mondiale. Pourtant elle est l’une des plus importantes et des plus meurtrières…

Eminuit autem inter humilia supergressa iam impotentia fines mediocrium delictorum nefanda Clematii cuiusdam Alexandrini nobilis mors repentina; cuius socrus cum misceri sibi generum, flagrans eius amore, non impetraret, ut ferebatur, per palatii pseudothyrum introducta, oblato pretioso reginae monili id adsecuta est, ut ad Honoratum tum comitem orientis formula missa letali omnino scelere nullo contactus idem Clematius nec hiscere nec loqui permissus occideretur.




 

Valhey: la mort du Sergent Sadowski

Un héros parmi d'autres pendant la campagne de Lorraine

d'après le texte de M. J.P Seichepine, 
Président du Souvenir Français de Lunéville

Emplacement: Valhey

Monument en mémoire du Sergent Sadowski

Deux mois et demi après le débarquement du 6 juin 1944, les alliés percent le front allemand et foncent vers l’est. Le général Leclerc libère Paris le 25 août 1944 et début septembre, les premiers éléments motorisés des 12e et 20e Corps de la 3e Armée américaine arrivent sur les berges de la Moselle, de Toul à Thionville.

Le 13 septembre 1944, le CCA de la 4e DB US traverse la Moselle  à Dieulouard, capture le village de Sainte-Geneviève et fonce vers Château-Salins et Fresne en Saulnois où il s’installe pour la nuit. Le lendemain, il fonce vers Arracourt et capture le village après un bref combat.

Les compagnies A et B du 37e Tank Destroyer Batallion, fer de lance de la 4e Division Blindée, poursuivent leur route vers Einville afin de capturer si possible un pont intact sur le canal.

Arrivées à l’entrée de Valhey le 14 septembre 1944, un canon allemand de 88 mm tire sur le char de tête. Celui-ci, déchenillé, s’arrête au niveau du cimetière. Les autres chars contournent l’obstacle en passant à travers champs et jardins pour investir  le village par la route de Bauzemont au sud-est. Le canon a, lui aussi, changé de place et se met en batterie à l’angle d’une rue perpendiculaire à la départementale, son axe de tir étant dirigé vers le carrefour au centre du village.

Dès que le premier Sherman apparaît, le canon de 88 mm fait feu et touche le char. Très vite, le sergent Sadowski fait mettre à l’abri son équipage. Cependant, il s’aperçoit que son tireur de tête, le soldat Russel J. Hay est resté dans le char en flammes. Aussitôt, sans se soucier des balles, il entreprend de lui porter secours. C’est à ce moment là qu’il est atteint par une rafale de mitrailleuse et retombe mort sur le sol.

Pendant ce temps le canon allemand tente aussi d’atteindre le second char, mais celui-ci ajuste mieux son tir et le détruit. Le combat cesse bientôt et les américains repartent vers Arracourt, laissant aux habitants de Valhey le soin de s’occuper des morts.

Le sergent Joseph J. Sadowski et le soldat Hay sont enterrés, ainsi que les combattants allemands, par les villageois le dimanche 17 septembre 1944. Le dimanche d’après ils sont exhumés par les services américains afin d’être rapatriés aux USA. Malgré la pluie, toute la population est présente afin d’honorer une dernière fois ceux qui sont venu mourir pour la libération de leur village.

Quelques années plus tard, le 21 avril 1945, la famille du sergent Sadowski reçoit à titre posthume la médaille d’honneur du congrès pour acte de bravoure et de dévouement.

Un monument, situé à l’endroit exact où le sergent a donné sa vie est érigé en sa mémoire le 18 septembre 1999. Il est inauguré par le général James H Leach, président de l’association des anciens de la 4e DB US. 


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Pexonne: la Rafle

texte d'Audrey Brunias,
d'après le témoignage de Raymond F. Da Silva,
jeune engagé volontaire dans la résistance GMA Vosges
et engagé dans la 2e DB


Emplacement:
Pexonne 

Monument de Pexonne

Les anciens se souviennent de la déportation, le 27 août 1944, de 80 hommes de Pexonne qui sont emmenés par les Nazis dans les camps de concentration. Seulement 17 d'entre eux rentreront, les autres étant morts là-bas. 

Pexonne appartient au GMA, un maquis très hétéroclite, composé de locaux, d'Alsaciens et même de prisonniers russes évadés d'Allemagne. Les résistants travaillent avec des anglais parachutés sans jamais se fondre dans un même groupe armé. 

Aux aurores de ce 27 août 1944, un convoi de camions allemands passe par Neufmaisons, en direction de Pexonne. Les camions transportent des soldats armés mais personne ne peut encore prévoir la tragédie à venir.

Dès 6h30, la Gestapo encercle le village. Aidée par quelques habitants dont deux jeunes filles de Pexonne même, elle arrête tous les hommes du village. Regroupés sur la place de l'église, ils montent un par un dans les camions. Après cette rafle, le convoi roule vers Baccarat. Les prisonniers seront menés au camp du Struthof. Certains seront fusillés pendant que d’autres seront déportés vers les camps allemands.

 Dès le 31 août 1944, le reste des résistants se regroupe à la ferme de Viombois, abandonnée par la famille Léonard dont le fils aîné fait partie de la résistance et est à l’origine de cette initiative. Il seront près de huit cents maquisards dont les deux tiers ne seront pas armés …

 

 

 



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Grammont: les résistants

d'après le témoignage de Georges Arnould,
neveu de René Arnould,
fusillé dans la forêt de Grammont.

Emplacement: forêt de Grammont 

Monument de Grammont

En septembre 1944, en forêt de Grammont, près de Merviller, neuf hommes et deux femmes sont fusillés sur ordre de la Gestapo.

Avec l’arrivée des Alliés et le début de la campagne de Lorraine, les activités de résistance s’intensifient dans la région. Néanmoins les représailles de l’armée allemande et de la Gestapo ne faiblissent pas. Des centaines de personnes, résistantes ou non, paient le prix de la liberté.

Des jeunes gens sont raflés comme le jeune prêtre René Arnould devant l’église de Domèvre. Son crime ? Avoir prononcé une messe en ce matin du 29 août 1944, alors qu’il avait pris ses fonctions dans cette paroisse la veille. Les prisonniers sont emmenés à Baccarat pour être interrogés et subir la torture pendant plusieurs jours…

Après un procès sommaire, un groupe d’une dizaine de personnes sont menées dans la forêt de Grammont au soir du vendredi 1er septembre 1944. Elles y seront toutes fusillées.

Une stèle  s’élève pour ces neuf hommes fusillés, sans distinction entre les combattants de la résistance ou les simples victimes d’une rafle hasardeuse.

 Un peu plus loin, une plaque est placée en l’honneur des deux femmes, elles aussi exécutées par l’occupant.



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Mitrailleuse Calibre 30 M1919 A4

 

Nationalité: USA

Fonctionnement: automatique

Calibre: .30 (7,62 mm)

Vitesse initiale: 834 m/s

Cadence de tir: 400 à 550 coups par minute

Capacité: bande de 250 cartouches

Poids: 18,5 kg avec trépied

Longueur: 104,1 cm

Portée efficace: 1000 m

 

 

Description :

Avant 14-18, l’US Ordnance Department s’aperçoit que les mitrailleuses (refroidies par eau) prennent trop de place dans les chars.

Par conséquent, la mitrailleuse M1917 qu’on refroidit initialement par eau, est modifiée. Un cache perforé vient entourer son canon, ce qui permet un refroidissement par air.

 

A l’approche de 1939, l’Ordnance Department cherche à développer une mitrailleuse refroidie par air pour l’infanterie : la M 1919 A4.

Avec ses 18,5 kg (trépied compris), elle est bien plus légère que la M 1917 A1.

 

Bien qu’elle soit incapable de rivaliser en tir continu avec une M 1917 A1, la M 1919 A4 est  l’une des armes les plus utilisées par l’infanterie US.

 

Les Panzer Brigades

Un des derniers espoirs pour la défense du Reich ?

 

Texte d’Audrey Brunias,

D’après les travaux de recherche de l’Adjudant-chef Sugg

 

A partir de juin 1944, l’armée allemande essuie une vraie débâcle. Des dizaines de divisions disparaissent dans les plaines glacées de Biélorussie et d’Ukraine, ou sont saignées à blanc dans la compagne normande. La Wehrmacht est donc en position de repli sur tous les fronts.

De plus, les réserves ne peuvent plus faire face aux terribles pertes : des mesures doivent être prises pour stabiliser la situation.

 

 

La naissance des Panzer Brigades

Deux nouveaux types d’unités voient alors le jour durant l’été 1944 : les « Volksgrenadier Divisions »  pour l’infanterie et les « Panzer Brigades » pour les chars.

Ces dernières ne sont pas réellement une nouveauté dans l’armée allemande puisque les Panzer Brigades sont présentes et opérationnelles depuis 1939, notamment pour des missions ad hoc.

Début 1944, l’unité du commandant Franz Bäke se fait ovationner pour son intervention en Ukraine et pour sa tactique, « Kampfgruppen », qui lui a permis de détruire une centaine de chars russes en ne perdant seulement que cinq Panzer. C’est cette unité qui inspire Hitler pour la création d’unités de chars dans chaque régiment, le 24 juillet 1944. Sans surprise, Bäke est l’un des premiers commandants à être affecté à la Panzer Brigade.

 

Dix brigades sont prévues par Hitler malgré l’avis de Heinz Guderian, inspecteur de la force blindée allemande. Celui-ci pense que la création des Panzer Brigades entrave le remplacement des pertes ou pour l’entretien des panzers divisions, qui a besoin de nouveaux chars ou simplement de nouvelles pièces.

En effet, la priorité donnée aux nouvelles brigades pour son approvisionnement en hommes et en matériel mènera à un affaiblissement des Panzers Divisions. Par exemple, la moitié de la production de chars Panther du mois d’août, est donnée aux Panzer brigades.

 

La Panzer Brigade était presque exclusivement un projet de la Heer. On notera la formation d’un seul Waffen SS pour la brigade, pourtant ils représentent un quart des forces blindées allemandes en 1944.

 

Sa production : un nouvel élan mis en difficulté

La production de chars allemands atteint son apogée durant l’été 1944 mais la pénurie en équipage pose de nombreuses difficultés pour leur mise en service.

Cela a pour conséquence la subdivision des Panzer brigades :

La première vague de chars, numérotée de 101 à 110, est composée de chars et d’un bataillon d’infanterie mobile, entièrement motorisé. On y trouve des Panther Mark V (chars moyens), Panzer IV/70 et Flakpanzer (char antiaérien).The infantry was fully motorised and equipped with armoured carriers.

La deuxième génération, numérotée de 111 à 113, compte deux bataillons de chars et un bataillon d’infanterie mobile

 

Cependant ces unités de chars se reposent sur leur supériorité. Elles ne sont pas accompagnées de toute l’armada d’artillerie qu’on retrouve auprès des Panzers Divisions et qui a fait leur réputation sanglante. Elles ne bénéficient pas d’unité de reconnaissance et ne se soucis pas forcément assez de l’entretien de son matériel.

 

La plupart des équipages est constitué du reste des divisions massacrées sur le front russe et de jeunes réservistes inexpérimentés.

L’exemple le plus connu est la 105e Brigade formée avec 950 survivants de la 18e Panzer Grenadier Division.  Après un mois de formation sur des chars Panther, l’unité en reçoit 50, ainsi que 11 Panzer IV/70 et environ 100 véhicules blindés pour le transport de personnel.

 

Leur arrivée sur le terrain

Si ces brigades sont initialement prévues pour stabiliser le front Est, où les Russes sont aux portes de Varsovie et menacent donc directement la patrie allemande, elles sont surtout envoyées à l’Ouest pour tenter de stopper l’avancée alliée. En effet après la chute de Paris, le 25 août 1944, une déferlante alliée refoule les armées allemandes jusqu’en Lorraine. La situation est identique en Hollande, après l'offensive de Montgomery vers Arnhem en septembre 1944.

    

Malgré l’espoir suscité par la création de ces Panzer Brigades, leur formation à la hâte et le manque de matériel comme d’expérience ne permettent pas aux équipages d’obtenir les résultats escomptés.

Beaucoup sont détruites ou faites prisonniers et n’empêchent pas l’avancée des Alliés vers l’Allemagne.