La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre - Winston Churchill

 

La Bataille de Lorraine est une des batailles les plus méconnues de la Seconde Guerre Mondiale. Pourtant elle est l’une des plus importantes et des plus meurtrières…

Eminuit autem inter humilia supergressa iam impotentia fines mediocrium delictorum nefanda Clematii cuiusdam Alexandrini nobilis mors repentina; cuius socrus cum misceri sibi generum, flagrans eius amore, non impetraret, ut ferebatur, per palatii pseudothyrum introducta, oblato pretioso reginae monili id adsecuta est, ut ad Honoratum tum comitem orientis formula missa letali omnino scelere nullo contactus idem Clematius nec hiscere nec loqui permissus occideretur.




 

Lunéville: la 79e DI libère la ville

Plaque à la mémoire des soldats et officiers de la 79e DI US 
qui ont libéré Lunéville le 23 septembre* 1944

texte d'Audrey Brunias,
d'après les travaux de recherche de l'adjudant-chef Philippe Sugg

Emplacement: Lunéville

Plaque à la mémoire de la 79e Division d'Infanterie USLa 79e Division d’Infanterie américaine est créée en août 1917 et se démarque par son insigne représentant une croix de Lorraine d’argent sur un écu de France bleu brodé d’argent, en souvenir de sa campagne de Lorraine en 1918.

Réactivée en 1942, la division « Croix de Lorraine », connue surtout pour ses 313e, 314e, et 315e Régiments d'Infanterie, se compose de différentes compagnies et bataillons. Tous les Corps sont représentés : du génie aux transmissions, en passant par les chars.... En tout, la division compte 15 600 hommes, dont 880 officiers.

La division subit un entraînement de haut niveau avant d’être débarquée sur Utah Beach le 14 juin 1944.

À partir de cette date, la 79e Division d'Infanterie va se faire remarquer en tant que meilleure division de l’armée américaine, même par l’armée allemande : elle connaît un avancement spectaculaire et des succès retentissants. Dès septembre, elle sera présente sur le sol lorrain, sous le commandement du général Wyche.

Après la prise de Neufchâteau, le franchissement de la Moselle à Charmes et la bataille de la Meurthe, l’objectif de la division est Lunéville. Libérée le 20 septembre 1944 sans grandes difficultés par le 313e RI, les forces allemandes se battent avec ténacité pour tenir leurs positions aux alentours de la ville.

Le 21 septembre 1944, le 314e RI est positionné au niveau de Gerbéviller pendant que le 313e attaque en direction du sud-est vers Moncel les Lunéville afin de rejoindre la tête de pont sur la Meurthe du 314e RI. Le combat dure près de six heures et les deux côtés essuient de lourdes pertes. Malgré la forte contre-attaque allemande aux lisières de la forêt de Mondon, le 313e RI continue sa dure avancée.

Le 23 septembre 1944, le 313e rejoint enfin le 314e RI au niveau de la ferme Saint Georges, dans la forêt de Mondon. Cela marque la fin d’un des plus difficiles combats de la 79e DI, qui continue son offensive vers la forêt de Parroy.

Au cours de la seconde Guerre mondiale, six unités de la 79e DI obtiennent une Distinguished Unit Citation, certains de ses officiers la médaille d’honneur du Congrès. Le gouvernement français décerne la citation à l’ordre de l’armée, en récompense des exceptionnelles qualités de cette « unité remarquable » .

*Les derniers combats pour la libération de Lunéville ont eu lieu le 23 septembre 1944 dans la partie est de Lunéville.


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Lunéville: le Général Patch dans la ville

Plaque commémorant le passage et la préparation de la campagne d’Allemagne
du général Patch, avec les généraux Eisenhower, Devers et Patton.

texte d'Audrey Brunias,
d'après les travaux de recherche de l'adjudant-chef Philippe Sugg

Emplacement: Lunéville

Monument en l'honneur du Général Patch

Né dans une famille d’officier de l’Arizona en 1889, Alexander Mac Carrell Patch s’engage naturellement dans l’infanterie en 1913. Il sort capitaine de la guerre 1914 - 1918 et poursuit sa carrière d’officier.

Instructeur dans plusieurs académies militaires, il est diplômé de l’Army War College de Washington en 1932. Il bénéficie d’une excellente réputation avant même la seconde Guerre Mondiale. Brigadier Général à titre provisoire en 1941, il est promu Major Général l’année suivante.

D’abord envoyé en Nouvelle-Calédonie pour faire le lien avec les FFL, il prend le commandement des forces américaines à Guadalcanal et chasse les derniers défenseurs japonais en février 1943. De retour aux USA en mai 1943, il prend la tête du 4e Corps d'Armée et est nommé Général Marshall avec l’accord du lieutenant-colonel Devers.

À partir de mars 1944,  il prend la direction de la Force 163, l’état-major chargé de la planification du Débarquement en Provence (connu par la suite sous le nom de l’état-major opérationnel de la 7e Armée). Promu Lieutenant-général, Patch commande la 7e Armée en Provence, dans la vallée du Rhône et les Vosges, en Alsace et enfin en Allemagne. Tout au long du conflit, il combattra aux côtés des français, notamment la 1re Armée française commandée par le général de Lattre de Tassigny.

De janvier à mars 1945, il habitera à Lunéville et préparera l’invasion de l’Allemagne avec les généraux Eisenhower, Devers et Patton.

En juin 1945, il cèdera son commandement au Major-général Haislip pour rentrer aux USA et prendre la présidence d’une commission chargée d’évaluer les effectifs et les besoins de l’armée d’après-guerre.

Il sera récompensé tout au long de sa carrière par des distinctions telles que les "Distinguished Service Cross" de l’armée et de la Marine pour « services méritoires exceptionnels » et sera reconnu comme l’un des généraux les plus expérimentés de l’armée américaine. 


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Raville, le maquis: les Martyrs

récit d’après les discours de F. Peyre et P. Banzet,
ainsi que les comptes-rendus de la police
aux armées allemandes

Emplacement: Raville 

Monument aux martyrs du maquis de Raville

À la suite du débarquement de Normandie et de la libération de Paris, les Forces Françaises de l'Intérieur manquent d’explosifs et de munitions pour leurs opérations de sabotage. Ils se réfugient donc dans les maquis.

Près de la commune de Raville existe un groupe commandé par Jean Valot, un des créateurs du secteur 416, surnommé « Lieutenant Boulay ». À ses côtés, se trouvent Jean-Claude et François Peyre, Paul Banzet et Jean-Pierre Hertz. Contrairement à de nombreux jeunes gens, ils ne se sont pas engagés dans le maquis pour fuir le STO, quatre d’entre eux n’y étant pas astreints, mais bien pour appuyer l’avancée des Alliés. Ils se sont donc regroupés dans une sape de 1914-1918, située près de la ferme du « Moulin de l’Étang ».

 La vie au maquis, malgré les images bucoliques qu’en ont certains, n’est pas de tout repos : récupération, répartition et entretien du matériel de guerre, transport d’armes, préparation au soulèvement général …. Telles sont leurs missions. C’est une vie de clandestinité et de traque continuelle, loin de ses proches, que seul  l’espoir de voir la France libérée fait tenir les hommes.

Cependant le risque d’indiscrétion, voire de trahison, est bien réel. C’est ainsi que le groupe de 5 maquisards se retrouve encerclé par 200 Allemands, appartenant au 11e Régiment d’artillerie parachutiste, le 16 août 1944, aux alentours de midi.  

Un capitaine allemand, avec un groupe de quelques hommes, s’approche de la sape des résistants mais Valot le fait fuir et finit par l’abattre.

La situation semble désespérée : les cinq hommes sont en face d’une armée de deux cent soldats équipés, alors qu’ils n’ont qu’un pistolet-mitrailleur et un revolver à leur disposition.

Valot ordonne alors le décrochage vers Crion. Sous les feux de l’ennemi, les maquisards courent au travers des bosquets. Ils tuent trois soldats et un sous-officier qui a abattu J.C. Peyre d’une balle dans le ventre et une dans la tête.

Jean Valot blessé à la cuisse décide de ne pas ralentir ses camarades et part de son côté, pendant que F. Peyre se cache dans le maître autel de l’église de Crion (aidé du curé) et que P. Banzet se réfugie à Croismare avec J.P. Hertz.

Les Allemands perquisitionnent tout le village et questionnent les habitants d’Einville, Crion et Raville, qui gardent le silence.

Pendant ce temps Valot est capturé, ainsi que Jules Chrétien lorsqu’il vient en aide au groupe poursuivi. Il réussit tout de même à abattre trois soldats ennemis. Ils sont tous les deux torturés par la Gestapo pendant près de 17 heures mais ne donnent aucune information compromettante.

Valot et Chrétien sont assassinés au bois de Saurupt et seront retrouvés par leurs camarades huit jours après. Une stèle sera érigée en leur mémoire.

Les cadres du secteur devront prendre des mesures de prudence, devant le mystère de la mort et des révélations faites par Valot et Chrétien. Certaines personnes seront déplacées… comme Banzet et Hertz.


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Lunéville: FFI dans la rue de Lorraine

Organisation de la Résistance

d'après le texte de M. J.P Seichepine,
Souvenir Français de Lunéville

 Emplacement: Lunéville

Monument pour les FFI

Dès 1940, la Meurthe et Moselle fait partie de la zone interdite. Aussi, plus qu’ailleurs, la présence militaire allemande est importante ; 20 000 hommes stationnent dans les principales villes du département : Nancy, Briey et Lunéville. Si au début de l’occupation la population adopte une position attentiste et prudente, les réquisitions, les restrictions puis les premières condamnations provoquent les premières actions de résistance : lacération d’affiches allemandes, distribution de tracts, aide aux évadés.

Durant les premières années d’occupation les résistants agissent individuellement mais très vite la résistance s’organise et se structure, surtout à partir de novembre 1942, date de création du STO (service de travail obligatoire). De nombreux jeunes gens prennent le maquis pour éviter d’aller en Allemagne. C’est aussi à cette date que les allemands connaissent leurs premiers revers en Afrique du Nord et en Russie. La fin du mythe d’invincibilité de la Wehrmacht donne des ailes à la résistance.

Dans l’organisation de la résistance, la Meurthe et Moselle fait partie de la région C qui regroupe huit départements du nord-est : Ardennes, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Marne, Meurthe et Moselle, Meuse, Moselle et Vosges. Le chef en est le colonel Grandval.

Le département est lui-même découpé en huit secteurs (Blainville, Blamont, Briey, Lunéville, Moncel, Nancy, Pont à Mousson et Toul). Ces secteurs dépendent d’un état-major départemental, installé à Nancy, et dirigé par le colonel de Préval qui communique directement avec les responsables du BRCA (bureau central de renseignements et d’action) à Londres.

Plusieurs maquis voient le jour dans le lunévillois : celui de Raville, de Ranzey, de Sainte Libaire, de Badonviller, Pexonne, Viombois (GMA Vosges) ainsi que l’un des plus importants du secteur, le maquis Lorraine 42 fondé en 1942 par Frédéric Remelius à Blainville sur l’Eau. Ce maquis livrera de durs combats à Crantenois, Charmes, le Ménil-Mitry et fournira l’effectif d’un bataillon à la libération.

Plus tard, le capitaine Debrosse chef de la résistance de Lunéville, cherchera à rapprocher les divers groupes de résistance du secteur. C’est une tâche difficile, car la méfiance règne entre les différents groupes en raison des tendances politiques différentes et du risque de dénonciation. En novembre 1942, ce regroupement autour de Lunéville prend le nom de “secteur 416”.

Afin de limiter les risques en cas de dénonciation ou d’aveux obtenus sous la torture, le cloisonnement est impératif : les secteurs sont divisés en sous-secteurs; le secteur 416 n’échappe pas à la règle, il est divisé en trois : 416 A, B et C.

Le 416 A est celui de Manonviller avec 122 hommes environ.

Le 416 B est celui d’Einville avec 169 hommes environ.

Le secteur C de Lunéville compte 466 hommes environ.

Pour la seule année 1944, 488 hommes rejoindront la résistance, dont près de 300 à partir du 6 juin 1944. C’est cette même année que la résistance française est baptisée F.F.I (forces françaises de l’intérieur) et est placée en mars sous l'autorité du général Kœnig, commandant suprême des forces françaises en Grande-Bretagne. Il envoie un réseau de délégués militaires chargés d'encadrer les F.F.I., de leur transmettre les directives du commandement allié, de leur faire parvenir armes et argent, tout en restant sous l'autorité de l'état-major national.

L’activité principale de ces groupes de résistance est d’abord le renseignement, l’aide aux personnes évadées, la récupération des armes abandonnées provenant des avions abattus parla DCA allemande, puis, plus tard, le sabotage des voies de communications. Au printemps de 1942, deux Lunévillois, Charles Magnus et Alphonse Legrand, accusés de détention d’armes et d’explosifs sont fusillés. Ce sont les premiers du secteur.

Le 5 juin 1944, à la veille du débarquement en Normandie et malgré une réticence devant une résistance armée intérieure, les Alliés lance le message “Bruissez feuillages, croissez roseaux” qui donne le signal de déclenchement du plan vert (sabotage des voies ferroviaires), puis du plan jaune (sabotage des autres voies de communications : eau, route), suivis du plan violet (transmissions télégraphiques et téléphoniques). Il s’agit de perturber au maximum l’envoi de renforts en hommes et en matériel vers les plages du débarquement. À partir de ce moment, les opérations de sabotage sont quasi journalières. Les écluses du canal de la Marne au Rhin, les voies ferrées plastiquées, les routes sont parsemées de “crève-pneus”, les lignes téléphoniques, les poteaux électriques ou les transformateurs régulièrement détruits. Les sabotages ont un retentissement particulier en 1944 : 10 mai : sabotage du déversoir de l’étang de Parroy; 27 mai : sabotage du transformateur d’Hériménil; 6 juillet : destruction de tracteurs d’artillerie Famos, dans l’usine Lorraine-Dietrich, à Lunéville.

Toujours le 5 juin 1944, la BBC transmet également le message “Nous porterons l’églantine” qui donne l’ordre de déclencher la guérilla partout en France. Cet ordre est annulé peu de temps après, car les armes et les munitions font cruellement défaut dans les maquis et les parachutages promis ne sont pas toujours au rendez-vous. Cependant, plusieurs maquis se dévoilent, notamment dans les Vosges, et subissent des pertes importantes telles les maquis de Corcieux, de la Piquante Pierre ou de Viombois.

A partir du 6 juin 1944, la lutte s’intensifie et les maquis n’hésitent plus à attaquer directement les soldats allemands. La répression sera à la mesure de ces attaques.


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Viombois: Mémorial de la ferme

texte de Sophia Lahik

Emplacement: Viombois 

Mémorial de la ferme de Viombois

Les vestiges de cette ferme se trouvent entre Vacqueville et Neufmaisons, à proximité de la D168.

Elle est le théâtre de sanglants combats entre huit cents maquisards du GMA (Groupe Mobile d'Alsace) - Vosges, créé par d'Ornant et Marceau, et les forces allemandes, le 4 septembre 1944.

Les maquisards sont regroupés dans la forêt afin d'attaquer le camps du Struthof. C'est là qu'une dizaine des leurs ont été massacrés dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944 et que d'autres sont déportés en direction des camps allemands.

Ils attendent à la ferme de Viombois un parachutage d'armes prévu pour la nuit suivante. Mais les allemands les encerclent très vite.

Sous le commandement de René Ricatte, alias le Lieutenant Jean Serge, ils font face à l'ennemi. Ils sont inférieurs en nombre, mal équipés, mal entraînés face à une armée solidement armée et expérimentée. Cependant ils réussissent quand même à rompre l'encerclement et l'armée allemande doit se résigner à battre en retraite.

Dans la  bataille, cinquante-sept maquisards sont tombés pour la liberté de la France. La région connaîtra de dures représailles de la part, notamment, de la Gestapo après la bataille de Viombois.

Les ruines de la ferme sont aménagées en mémorial. Plusieurs plaques ainsi qu'un obélisque sont là pour rappeler cet évènement tragique.

 


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