La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

La 112e Panzer Brigade

Une brigade de secours mal préparée

 Texte d’Audrey Brunias, d’après les travaux de recherches de l’Adjudant-chef Sugg

 

 La Panzer Brigade 112 est formée le 4 septembre 1944 et est commandée par le Generalmajor Heinrich-Walter Bronsart von Schellendorf et le Generalmajor Theodor Bohlmann-Combrinck.

Elle appartient donc à la deuxième génération de brigades, censée être la meilleure. Cependant ses équipages sont rassemblés à la hâte après une semaine de formation à Grafenwöhr en Bavière.

En septembre, ses soldats inexpérimentés sont déjà en route vers la Lorraine.


La brigade se compose d’un bataillon du 1er Panzer Régiment 29, armé de chars Panther et du 2112e  Bataillon de Panzer, armé de chars Mark IV,. Les chars sont accompagnés d’unités de supports, toutes numérotées en 2112.

 A la base, la 112e Brigade est prévue pour la contre attaque en direction de Reims, qu’Hitler planifie depuis le mois d'août. Toutefois, lorsque la 16e Division de Volks Grenadiers se fait encercler par la 2e DB au Sud de Nancy, tout le front allemand situé au niveau de la ville est menacé. Le Colonel général Blaskowitz, du Groupe d’Armée G  ordonne alors une riposte pour sauver la division et tenter de stabiliser le front. La brigade est relevée de la réserve et envoyer en Lorraine, appuyée par des éléments de la 21e Panzer Division.

 Elle s’avance donc vers le Sud de la Lorraine et arrive à Dompaire, le 13 septembre 1944, un village situé dans une dépression entourée de collines boisées.

Arrivés dans la soirée, les Allemands s’installent pour la nuit. Cependant, ils ne procèdent à aucunes missions de reconnaissance malgré la présence avérée de forces alliées dans les environs. Ils préfèrent restés dans le bas du village, exposés aux tirs que de s’installer dans les bois environnant afin de dissimuler leurs chars.

 Pendant ce temps, les villageois mettent en garde les troupes françaises de la présence allemande. Le commandant Langlade décide alors d’intervenir à l’aide de l’artillerie et de l’aviation le lendemain matin.

Les Français bloquent donc les routes à l’Est et au Sud du village. A l’aube des chasseurs bombardiers américains P-47 commencent à pilonner Dompaire. Après le passage de l’aviation, les blindés français s’avancent dans le village et attaquent  les Allemands, pris par surprise. Beaucoup de chars allemands sont mis hors d’action ou simplement abandonnés par des équipages effrayés.

L’action alliée est rapide et facilitée par le terrain découvert : les Allemands sont dans la ligne de mire directe des forces françaises et américaines.

 Ils tentent d’appeler leurs camarades de la 106e positionnés plus à l’Est mais encore une fois, les civils ont prévenus la 2e DB qui met en place des barrages routiers avec quelques jeeps, des mitrailleuses et des chars Destroyers. Normalement cette défense ne devrait pas tenir face à des Panzers mais encore une fois, l’inexpérience des troupes allemandes les empêche de percer.

Les combats durent jusqu’à la fin de la journée et les pertes pour la 112e Brigades sont dramatiques : 350 morts, 1000 blessés et 21 chars seulement sont encore en état sur 90 au départ.

 Ainsi, la première bataille de la 112e Panzer Brigade sera la seule qu'elle mènera malgré sa supériorité numérique. Le 23 septembre 1944, le reste de la brigade est dissout pour alimenter la 21e Division. Le 1er Bataillon du 29e Panzer Régiment est rééquipé et reforme la 103e Panzer Brigade en janvier 45.