La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

Raville, le maquis: les Martyrs

récit d’après les discours de F. Peyre et P. Banzet,
ainsi que les comptes-rendus de la police
aux armées allemandes

Emplacement: Raville 

Monument aux martyrs du maquis de Raville

À la suite du débarquement de Normandie et de la libération de Paris, les Forces Françaises de l'Intérieur manquent d’explosifs et de munitions pour leurs opérations de sabotage. Ils se réfugient donc dans les maquis.

Près de la commune de Raville existe un groupe commandé par Jean Valot, un des créateurs du secteur 416, surnommé « Lieutenant Boulay ». À ses côtés, se trouvent Jean-Claude et François Peyre, Paul Banzet et Jean-Pierre Hertz. Contrairement à de nombreux jeunes gens, ils ne se sont pas engagés dans le maquis pour fuir le STO, quatre d’entre eux n’y étant pas astreints, mais bien pour appuyer l’avancée des Alliés. Ils se sont donc regroupés dans une sape de 1914-1918, située près de la ferme du « Moulin de l’Étang ».

 La vie au maquis, malgré les images bucoliques qu’en ont certains, n’est pas de tout repos : récupération, répartition et entretien du matériel de guerre, transport d’armes, préparation au soulèvement général …. Telles sont leurs missions. C’est une vie de clandestinité et de traque continuelle, loin de ses proches, que seul  l’espoir de voir la France libérée fait tenir les hommes.

Cependant le risque d’indiscrétion, voire de trahison, est bien réel. C’est ainsi que le groupe de 5 maquisards se retrouve encerclé par 200 Allemands, appartenant au 11e Régiment d’artillerie parachutiste, le 16 août 1944, aux alentours de midi.  

Un capitaine allemand, avec un groupe de quelques hommes, s’approche de la sape des résistants mais Valot le fait fuir et finit par l’abattre.

La situation semble désespérée : les cinq hommes sont en face d’une armée de deux cent soldats équipés, alors qu’ils n’ont qu’un pistolet-mitrailleur et un revolver à leur disposition.

Valot ordonne alors le décrochage vers Crion. Sous les feux de l’ennemi, les maquisards courent au travers des bosquets. Ils tuent trois soldats et un sous-officier qui a abattu J.C. Peyre d’une balle dans le ventre et une dans la tête.

Jean Valot blessé à la cuisse décide de ne pas ralentir ses camarades et part de son côté, pendant que F. Peyre se cache dans le maître autel de l’église de Crion (aidé du curé) et que P. Banzet se réfugie à Croismare avec J.P. Hertz.

Les Allemands perquisitionnent tout le village et questionnent les habitants d’Einville, Crion et Raville, qui gardent le silence.

Pendant ce temps Valot est capturé, ainsi que Jules Chrétien lorsqu’il vient en aide au groupe poursuivi. Il réussit tout de même à abattre trois soldats ennemis. Ils sont tous les deux torturés par la Gestapo pendant près de 17 heures mais ne donnent aucune information compromettante.

Valot et Chrétien sont assassinés au bois de Saurupt et seront retrouvés par leurs camarades huit jours après. Une stèle sera érigée en leur mémoire.

Les cadres du secteur devront prendre des mesures de prudence, devant le mystère de la mort et des révélations faites par Valot et Chrétien. Certaines personnes seront déplacées… comme Banzet et Hertz.


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