La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

Lunéville: FFI dans la rue de Lorraine

Organisation de la Résistance

d'après le texte de M. J.P Seichepine,
Souvenir Français de Lunéville

 Emplacement: Lunéville

Monument pour les FFI

Dès 1940, la Meurthe et Moselle fait partie de la zone interdite. Aussi, plus qu’ailleurs, la présence militaire allemande est importante ; 20 000 hommes stationnent dans les principales villes du département : Nancy, Briey et Lunéville. Si au début de l’occupation la population adopte une position attentiste et prudente, les réquisitions, les restrictions puis les premières condamnations provoquent les premières actions de résistance : lacération d’affiches allemandes, distribution de tracts, aide aux évadés.

Durant les premières années d’occupation les résistants agissent individuellement mais très vite la résistance s’organise et se structure, surtout à partir de novembre 1942, date de création du STO (service de travail obligatoire). De nombreux jeunes gens prennent le maquis pour éviter d’aller en Allemagne. C’est aussi à cette date que les allemands connaissent leurs premiers revers en Afrique du Nord et en Russie. La fin du mythe d’invincibilité de la Wehrmacht donne des ailes à la résistance.

Dans l’organisation de la résistance, la Meurthe et Moselle fait partie de la région C qui regroupe huit départements du nord-est : Ardennes, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Marne, Meurthe et Moselle, Meuse, Moselle et Vosges. Le chef en est le colonel Grandval.

Le département est lui-même découpé en huit secteurs (Blainville, Blamont, Briey, Lunéville, Moncel, Nancy, Pont à Mousson et Toul). Ces secteurs dépendent d’un état-major départemental, installé à Nancy, et dirigé par le colonel de Préval qui communique directement avec les responsables du BRCA (bureau central de renseignements et d’action) à Londres.

Plusieurs maquis voient le jour dans le lunévillois : celui de Raville, de Ranzey, de Sainte Libaire, de Badonviller, Pexonne, Viombois (GMA Vosges) ainsi que l’un des plus importants du secteur, le maquis Lorraine 42 fondé en 1942 par Frédéric Remelius à Blainville sur l’Eau. Ce maquis livrera de durs combats à Crantenois, Charmes, le Ménil-Mitry et fournira l’effectif d’un bataillon à la libération.

Plus tard, le capitaine Debrosse chef de la résistance de Lunéville, cherchera à rapprocher les divers groupes de résistance du secteur. C’est une tâche difficile, car la méfiance règne entre les différents groupes en raison des tendances politiques différentes et du risque de dénonciation. En novembre 1942, ce regroupement autour de Lunéville prend le nom de “secteur 416”.

Afin de limiter les risques en cas de dénonciation ou d’aveux obtenus sous la torture, le cloisonnement est impératif : les secteurs sont divisés en sous-secteurs; le secteur 416 n’échappe pas à la règle, il est divisé en trois : 416 A, B et C.

Le 416 A est celui de Manonviller avec 122 hommes environ.

Le 416 B est celui d’Einville avec 169 hommes environ.

Le secteur C de Lunéville compte 466 hommes environ.

Pour la seule année 1944, 488 hommes rejoindront la résistance, dont près de 300 à partir du 6 juin 1944. C’est cette même année que la résistance française est baptisée F.F.I (forces françaises de l’intérieur) et est placée en mars sous l'autorité du général Kœnig, commandant suprême des forces françaises en Grande-Bretagne. Il envoie un réseau de délégués militaires chargés d'encadrer les F.F.I., de leur transmettre les directives du commandement allié, de leur faire parvenir armes et argent, tout en restant sous l'autorité de l'état-major national.

L’activité principale de ces groupes de résistance est d’abord le renseignement, l’aide aux personnes évadées, la récupération des armes abandonnées provenant des avions abattus parla DCA allemande, puis, plus tard, le sabotage des voies de communications. Au printemps de 1942, deux Lunévillois, Charles Magnus et Alphonse Legrand, accusés de détention d’armes et d’explosifs sont fusillés. Ce sont les premiers du secteur.

Le 5 juin 1944, à la veille du débarquement en Normandie et malgré une réticence devant une résistance armée intérieure, les Alliés lance le message “Bruissez feuillages, croissez roseaux” qui donne le signal de déclenchement du plan vert (sabotage des voies ferroviaires), puis du plan jaune (sabotage des autres voies de communications : eau, route), suivis du plan violet (transmissions télégraphiques et téléphoniques). Il s’agit de perturber au maximum l’envoi de renforts en hommes et en matériel vers les plages du débarquement. À partir de ce moment, les opérations de sabotage sont quasi journalières. Les écluses du canal de la Marne au Rhin, les voies ferrées plastiquées, les routes sont parsemées de “crève-pneus”, les lignes téléphoniques, les poteaux électriques ou les transformateurs régulièrement détruits. Les sabotages ont un retentissement particulier en 1944 : 10 mai : sabotage du déversoir de l’étang de Parroy; 27 mai : sabotage du transformateur d’Hériménil; 6 juillet : destruction de tracteurs d’artillerie Famos, dans l’usine Lorraine-Dietrich, à Lunéville.

Toujours le 5 juin 1944, la BBC transmet également le message “Nous porterons l’églantine” qui donne l’ordre de déclencher la guérilla partout en France. Cet ordre est annulé peu de temps après, car les armes et les munitions font cruellement défaut dans les maquis et les parachutages promis ne sont pas toujours au rendez-vous. Cependant, plusieurs maquis se dévoilent, notamment dans les Vosges, et subissent des pertes importantes telles les maquis de Corcieux, de la Piquante Pierre ou de Viombois.

A partir du 6 juin 1944, la lutte s’intensifie et les maquis n’hésitent plus à attaquer directement les soldats allemands. La répression sera à la mesure de ces attaques.


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