La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

Dombasle sur Meurthe: la Libération

texte de M. J.P. Seichepine, 
Souvenir Français de Lunéville, 
d'après le récit de Monsieur Robert Coésard: 16 ans à l'époque

Emplacement: Dombasle sur Meurthe 

Monument de l'élève gendarme Escuras à DombasleLe lundi 28 août 1944 vers 7h40, une sirène annonce une alerte aérienne. Plusieurs vagues d'avions américains se dirigent vers l'Allemagne. Vingt minutes plus tard, l'escadrille américaine est de retour.

C'est alors que trois de ces avions prennent en chasse un train allemand stationné à la gare de Rosières aux Salines et chargé de véhicules blindés et de camions. Les Américains font tout d'abord deux passages pour mitrailler le convoi. Au cours du troisième passage, un jeune homme de Dombasle, Paul Gobelet, est tué sous le pont de Rosières. À ce moment-là, un des trois avions prend dans sa ligne de mire un convoi allemand qui circule sur la route de Lunéville. En descendant trop bas, le pilote touche avec son aile un platane. Déséquilibré, l'avion s’écrase dans les champs à trois cents mètres du bois St-Don. Le pilote, un Américain qui s'appelle Ferris Suttle, est éjecté de l'appareil. Il est retrouvé mort, enroulé dans son parachute.

Son corps sera inhumé au cimetière de Dombasle jusqu'à la fin des hostilités puis rapatrié dans son pays.

A Serres, le 3 septembre, un habitant de Dombasle, Charles Schiela, FFI, meurt pour la libération.

Le 14 septembre 1944 au matin, l'infanterie allemande semble vouloir résister autour de la ville. Mais vers quatorze heures, l'artillerie américaine envoie une salve à proximité du Stand et les Allemands se replient en direction du Rambettant et de Sommerviller.

Ce même jour, à quinze heures trente, le premier char américain apparaît sur la route nationale. Mais ce blindé est détruit par une pièce antichar allemande au lieu dit "l'arbre de cent ans". Aussitôt, les FFI portent secours aux victimes. Bilan de cette action: deux Américains tués et plusieurs blessés. Sans attendre l'arrivée des troupes américaines, les FFI de la localité entament une action directe contre les Allemands présents dans la ville. Presque sans armes, ils se lancent dans de violents combats de rues. Deux Allemands sont tués et 32 faits prisonniers.

A dix-sept heures trente, les premiers soldats américains font leur entrée dans la ville.

Vers dix-huit heures, FFI et soldats prennent position près du pont de la maison Aubert. C'est là que l'élève gendarme Pierre Escuras, un homme courageux, est tué quelques instants plus tard par une rafale allemande.

Dans la nuit du 14 au 15 septembre 1944, des postes de surveillance sont mis en place. 

Le 15 septembre à l'aube, l'infanterie américaine arrive en force.

Dès huit heures quinze, la bataille fait rage : Américains et FFI harcèlent les derniers Allemands retranchés dans les caves des maisons bordant le canal, cachés dans l’usine Solvay aux générateurs, sur les fours à chaux, dans les cabines des péniches détruites  ou dans les abris situés au bord du canal.

Voyant la situation se dégrader, les Allemands battent en retraite. Les FFI procèdent alors au nettoyage de l'usine et récupèrent un abondant matériel. Vers midi, le calme est revenu dans la ville. Les chars américains partent à l'assaut de la côte surplombant Dombasle et connue sous le nom de Rambetant. En accord avec les Américains, six résistants de Dombasle veulent aider au nettoyage. Ils seront tous blessés au cours de cette opération. 

Dans l'avenue De Lattre de Tassigny, soumise à d’intenses bombardements un bon nombre de victimes civiles seront à déplorer.

Au cours de ces deux jours deux soldats américains et l'élève gendarme Pierre Escuras seront tués et plusieurs FFI seront sérieusement blessés. Tel est le prix à payer pour que Dombasle soit libre. 


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