La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

Réherrey: le fusillé

Plaque commémorant l'exécution d'André Paul

texte d'Audrey Brunias,
d’après le témoignage d’un habitant du village
et de Claudine Paul, fille d’André Paul

 Emplacement: Reherrey

Plaque en mémoire d'André Paul, victime de la barbarie nazie

Réherrey est un petit village lorrain constitué d’une soixantaine de fermes. Au début de la guerre, une partie de la population prend la route de l’exode pour fuir l’armée allemande et revient après la signature de l’armistice.

Le village connaît alors des pénuries, la vie en autarcie mais jouit d’une certaine liberté puisqu’aucun Allemand  n’est présent dans la commune.

La vie est donc assez paisible à Réherrey, tout du moins jusqu’en 1944. Avec l’avancée des Alliés, les forces allemandes préparent leur défense. Un groupe de 12 soldats s’installe dans la ferme à côté du pont de la Verdurette, qu’ils ont au préalable miné, à environ 200 mètres du village.

 

En août, les Américains arrivent et entrent dans la commune sans résistance des Allemands, qui se sont cachés dans les bois environnants. Ils repartent dans l’heure qui suit… Certains veulent repartir comme en 1940 mais d’autres restent, persuadés que la guerre est finie.

Cette fausse libération prend fin dès la fin d’automne 1944 avec le retour des occupants et des SS. Le front s’installe à côté du village qui subit les réquisitions, le couvre-feu et les bombardements. Les habitants, reclus dans les caves, attendent la fin du conflit.

Parmi eux, se trouve André Paul, le mécanicien du village. Le 5 octobre 1944, sa vie bascule lorsque les SS viennent l’arrêter en fin d’après-midi, sous les yeux de sa fille, Claudine Paul. Il est alors emmené en haut du village, pour être jugé, le 6 octobre.

Le sergent allemand du bas du village propose, à la surprise de la famille, d’aller défendre André. Lui « aussi [a] trois enfants »…

Malheureusement le 7 octobre au matin, l’appariteur fait le tour du village pour annoncer l’exécution de M. Paul pour sabotage. M. Emile Vozelle ramène le corps dans la première maison du village, près du cimetière.  A midi, le curé de Merviller arrive pour lui donner une bénédiction et l’enterrer.

Tous les habitants, même les hommes astreints aux travaux défensifs allemands, se réunissent pour l’accompagner jusqu’au cimetière, le 8 octobre 1944.

Bien après la guerre, M. Vozelle avouera à la fille d’André Paul que son père était un des messagers des FFI... Mais elle ne trouvera jamais celui ou celle qui l’a trahi en cette fin d’année 1944.


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