La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

La bataille du canal de la Marne au Rhin

Le 18 juin 1940, le 5e Bataillon de Mitrailleurs résiste à l’attaque allemande

 

d’après les travaux de M. JP Seichepine,
président du Souvenir Français de Lunéville

 Emplacement: Parroy

Monument de Parroy

L’histoire a retenu que les combats de 1940 se sont arrêtés avec la prise de la poche de Dunkerque le 3 juin 1940 et ceux de Paris, le 14 du même mois. Les ouvrages situés à l’Ouest de la ligne Maginot, dans les secteurs de Montmédy et Marville, sont abandonnés après leur destruction et les troupes d’intervalles se replient vers le sud.

Cependant certains équipages de casemates résistent sur place et ne se rendront que sur ordre, début juillet, longtemps après l’armistice.

Parmi ces troupes, le 5e Bataillon de Mitrailleurs de la réserve générale de la 52e Division d’Infanterie : rattaché au secteur fortifié de la Sarre et de Faulquemont, il quitte son secteur le 14 juin en laissant derrière lui l’armement lourd et de grandes quantités de munitions. Talonné par les Allemands, il se bat le jour et se replie durant la nuit, le plus souvent à pied.

Au matin du 17 juin, le bataillon arrive sur les berges du canal de la Marne au Rhin.

L’ordre est donné : résister sans reculer. 


Le 5e BA doit défendre le pont de Parroy, tandis que celui de Mouacourt est protégé par le 1er Bataillon du 174e RIF. Le 96e Bataillon de Chasseur est positionné sur le passage de l’écluse d’Hénaménil.

Le Lieutenant Bernadet, commandant du 5e BA, dispose donc ses sections entre le canal et la forêt de Parroy.  Toutefois, les troupes sont épuisées par ce long retrait et les attaques répétitives des forces allemandes. Désorganisées, avec des effectifs réduits, les forces françaises manquent de munitions et doutent face aux rumeurs d’armistice.

Le 18 juin, les Allemands attaquent Parroy : le pont saute à moitié faute de munitions pour l’artillerie. Les Français sont submergés par les forces allemandes présentes sur terre comme dans le ciel mais le 5e BA résiste au mieux.  

Vers 13h00, les Allemands lancent une grande offensive et traverse le canal. Les combats durent une heure mais le bataillon, désarmé, est dans l’obligation de se replier encore.

Il comptera au moins 12 morts, inhumés dans le cimetière de Parroy. Les pertes allemandes sont inconnues mais certains habitants parleront de cinq camions remplis de cadavres, dont le Lieutenant Henkell (gendre de Ribentropp). Les villageois seront menacés pendant plusieurs heures d’être exécutés mais seront épargnés.

La prise du pont ne sera pas d’une grande utilité aux troupes allemandes puisque la route de Lunéville sera ouverte par la prise d’Hénaménil.

De Sarrebourg à Nancy, les combats de cette bataille oubliée coûteront la vie de plus de 680 soldats français, sans compter les blessés qui décèderont dans les hôpitaux.


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