La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

Lagarde: la 1re Division de grenadiers polonais

d'après le texte de M. J.P. Seichepine, 
Souvenir Français de Lunéville

Emplacement: Lagarde

Lagarde, monument des polonaisLa première division polonaise est formée officiellement en France le 13 novembre 1939. C’est au camp de Coetquidan que sont entrainés et équipés les divers régiments de cette division. Composée de près de 80% d’immigrés, elle compte également plusieurs milliers de combattants évadés de Pologne après les combats de 1939.

En mai 1940, les forces polonaises stationnées en France comptent plus de 84 000 hommes. Après leur formation en Bretagne, deux divisions dont l’instruction est loin d’être terminée sont envoyées au front :

- la 1ère DGP est transportée en Lorraine comme réserve pour le 4e corps d’armée du général Requin. Les trois régiments reçoivent leurs drapeaux les 25, 26 et 27 mai 1940.

- la 2ème division de chasseur à pied stationne dans le secteur de Belfort et une demi-brigade ainsi que quelques escadrilles de chasse combattent sur plusieurs points du front.

Ces unités sont équipées en matériel français, mais sa qualité et sa quantité sont loin d’être satisfaisantes.

Après des premiers combats victorieux dans le secteur de Holving, arrive l’ordre de repli vers le canal de la Marne au Rhin. Toute la division doit être repliée sur le canal pour le 18 juin, et participer à sa défense. Le secteur dévolu à la 1ère DGP se situe entre Xures et Moussey, soit une largeur d’environ 12km. La retraite est jalonnée de combats meurtriers, notamment dans le secteur de Dieuze, Marimont, Azoudange et Bourdonnay.

Malgré la présence du canal, la configuration du terrain est très défavorable pour les Polonais, car la rive Nord, bien desservie par le réseau routier, est boisée en partie et surplombe la rive Sud, très plate et en partie marécageuse.

Placé en première ligne le 17 juin, le 2e bataillon du 2e RGP est anéanti dans la défense de Lagarde. Dans le village, des combats retardateurs provoquent de nombreuses pertes de part et d’autre. Le génie fait sauter les ponts vers midi et les survivants des détachements d’arrière garde doivent traverser le canal à la nage sous le feu allemand. Aidés par un violent tir de mortier et d’artillerie, les troupes allemandes réussissent à établir une tête de pont sur la rive Sud du canal. Toute l’après-midi du 17, malgré de nombreuses contre attaques, les allemands gardent le terrain conquis. Ce n’est qu’en soirée qu’une dernière tentative, avec l’aide d’une compagnie de chars français, repousse les Allemands de l’autre côté du canal. Le lieu de départ de cette contre-attaque se situe à l’emplacement du monument situé sur la route Lagarde-Vaucourt.

Le 18 juin, les Allemands, sous le couvert d’un violent feu d’artillerie et de mortier, tentent à nouveau de traverser le canal. Dans l’après-midi, des combats très  violents se déroulent dans le bois de Vaucourt. Sur toute la zone du canal, les Allemands réalisent de nombreuses têtes de pont et les unités qui combattent encore sont menacées d’encerclement. Aussi, n’ayant plus la possibilité de rétablir la situation, le commandement français donne l’ordre de repli. Ce n’est dans la nuit que les Polonais peuvent quitter la zone du canal.

La division ne bénéficiera pas longtemps d’une mise au repos méritée. Les 1er et 2e RGP ayant subi de lourdes pertes en hommes et en matériel lors de la bataille du canal, c’est le 3e RGP qui reprendra le combat dès le 20 juin dans le secteur de Gélacourt.

Le 21 juin vers 8h00, le général Duch donne l’ordre 4444, signifiant la dispersion des troupes polonaises et la formation de petits groupes afin de passer au travers de l’encerclement allemand ou gagner la Suisse sans tomber aux mains des Allemands.

La bataille du canal de la Marne au Rhin est le plus dur combat subi par la division. Les pertes sont extrêmement lourdes. Elles seront estimées à 250 tués, 700 blessés et 150 disparus dans le seul secteur de Lagarde-Vaucourt. Dans le secteur de Moussey, les pertes du seul 1er RGP seront de 150 tués ou blessés. Il sera reconnu que les combats ont été tellement violents que de nombreux blessés et prisonniers ont été exécutés, le simple fait de lever les bras ne garantissant pas la vie sauve.

Au cours de sa brève existence, la 1ère DGP perdra environ 900 tués, 2 800 blessés et environ 1 500 disparus.



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