Fraimbois: le sacrifice des corps francs en haut de la côte

Les combats de juin 1940

texte d'Audrey Brunias,
d'après les travaux de recherche de l'adjudant-chef Philippe Sugg

Emplacement: Fraimbois

Monument de Fraimbois

On aime peu parler de cette sombre année 1940, et pourtant elle connaît des faits d’armes tel celui dont le village de Fraimbois, ou plutôt la côte méconnue plus au Nord, n’ayant gardé que peu de témoins au cours duquel 14 braves trouvent une mort glorieuse.

Le 14 juin 1940 :
La panique et la débâcle ont atteint le secteur. C’est le grand départ : presque toute la population du village (hommes et jeunes gens surtout, y compris le maire) s’en vont. Le chemin départemental traversant Fraimbois connaît cette circulation intense et hétéroclite de l’exode, car il relie deux routes nationales menant vers le sud par Saint-Dié ou Rambervillers.

Le 19 juin 1940 :
L’avance allemande atteint Laronxe et Saint-Clément. Deux automitrailleuses  sont détruites près des fermes sur la route nationale 59.

Des Corps Francs, descendus de la ligne Maginot (146e et 156e RIF notamment), se replient sur la rive gauche de la Meurthe, dont le grand pont est détruit. Ils ramènent deux grands blessés, dont un capitaine, qui ne résisteront pas à leurs blessures. Les Corps Francs ne savent pas encore que leur sort sera identique, et au nombre de 14, décident de résister en haut de la côte, attendant l’ennemi de pied ferme.

Hélas, dans la nuit du 19 au 20 juin 1940, ils sont  pris à revers par les Allemands, débouchant du bois de la Haye… Ils sont encerclés...

Deux solutions s’offrent à leur conscience : se rendre ou se faire tuer dans un combat sans issue. Sans hésitation, malgré leur infériorité numérique, ils tiennent tête aux assaillants.

Toute la nuit, dans les vignes, le combat fait rage. De la mitrailleuse, on en arrive au fusil, puis au corps à corps à la baïonnette. Ce n’est qu’à 09h00 que tout est fini. Avant de tomber, ils infligent de lourdes pertes aux attaquants qui laissent 32 cadavres (dont celui d’un commandant) sur le terrain qui ressemble étrangement aux champs de bataille de 1914 - 1918.

Matériel, chevaux morts, baïonnettes ensanglantées avec les corps de ceux qui n’ont pas voulu se rendre.

On juge de l’énervement des occupants quand ils arrivent au village : les habitants sont enfermés pendant plusieurs heures dans une grange. Il faut qu’un dévoué se désigne pour remplir les fonctions de maire. Fort heureusement, à part quelques éclats dans les murs, l’agglomération n'a pas souffert.

Les 16 français et les 32 allemands sont inhumés derrière le petit cimetière communal. Les occupants ramènent les leurs avant 1944.

Depuis, 13 français ont été réclamés par leurs familles.

Il en reste actuellement 3 et il est bon de rappeler le souvenir de ceux qui ont lutté et espéré jusqu’au bout en ce petit coin de Lorraine.

 


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