Bréménil: la mort du commandant de la Horie

De la conquête de Badonviller aux Carrières de Bréménil…

d’après un témoignage d’un soldat de la 2e DB


Plaque en mémoire du lieutenant-colonel de La Horie

Le 17 novembre 1944, le sous groupement du Commandant De La Horie, composé de la 3e compagnie du 501e RCC et d’une compagnie d’infanterie, prend Badonviller, carrefour stratégique pour la conquête de l’Alsace.

Malgré la perte du char « Mort-homme » de la 1ère section (conservé à l’endroit où il est stoppé par les forces allemandes), de nombreux prisonniers sont faits. 

Le Commandant De La Horie charge une partie de ses hommes de se porter à l’Est afin de tenter une percée en direction des Carrières de Bréménil, sur la route de Cirey-sur-Vezouze, point de départ prévu pour le franchissement des Vosges.

Le char « Hartmannswillerkopf », tout juste sorti de réparation, se présente en tête du groupe. Accompagné d’une section d’infanterie du 3e RMT, il entre dans les Carrières. 

Les fantassins repèrent des canons antichars à leur gauche qui sont pointés vers le premier carrefour de Bréménil. Le « Hartmannswiller kopf » s’arrête à 30 mètres du carrefour, suivi d’un second char d’appui à 50 mètres derrière. Ils arrivent à détruire un petit canon de 25  mm monté sur des roues en bois et dissimulé dans une toile de tente.

Quelques minutes plus tard, une compagnie d’infanterie dévale le versant droit de la vallée « en hurlant une langue inconnue et en tirant au hasard devant eux avec des armes automatiques ». Les soldats du RMT, déstabilisés, doivent essuyer de lourdes pertes. On apprendra plus tard qu’il s’agit d’une compagnie de Cosaques, armés de fusil d’assaut MP 44 (totalement inconnus pour les Américains).  

A la tombée de la nuit, le groupe d’éclaireurs a l’ordre de se replier sur le Hameau des Carrières et de mettre en place une garde renforcée. Les ennemis se sont repliés, emmenant leurs morts et laissant la nuit calme.

Au matin du 18 novembre 1944, les chars font leur plein d’essence au centre du hameau. Néanmoins, cette opération de routine se transforme en hécatombes, lorsqu’ils sont victimes de violents tirs de mortiers, de gros calibre.

On dénombre de nombreux blessés et la perte du Capitaine Maziéras du 3e RMT, du Capitaine Branet, ainsi que du Commandant De La Horie.

Le 19 novembre 1944, dans la matinée, la route de Cirey est ouverte par les automitrailleuses des spahis, qui ne rencontrent que peu de résistance et ne comptent pas de pertes. Les canons antichars signalés l’avant veille sont retrouvés intact à Cirey.