Manonviller - Mémorial du fort

d'après le texte du colonel Bourcy

 Emplacement: route menant au fort de Manonviller

Monument du fort de ManonvillerCe monument est inauguré le 30 août 1964 à l’occasion du 50e anniversaire de la chute du fort, survenue le 27 août 1914, sous une pluie d’obus. 

Le fort d’arrêt de Manonviller est construit de 1879 à 1882 en maçonnerie dans une situation isolée. Il est le produit du programme de fortification de la nouvelle frontière, issue de la défaite de 1870. Il se situe entre la ligne de chemin de fer Paris Strasbourg et  la route nationale Paris - Strasbourg.

De 1892 à 1913, il bénéficie d’améliorations importantes en renforcement par couches de béton et de béton armé. L’artillerie de campagne placée, au début, sur le dessus du fort est remplacée ensuite par des tourelles enterrées tournantes.

Après 1892, les tourelles éclipsables et tournantes améliorent considérablement les défenses du fort.

En 1914, il devient un des forts les plus puissants de la ligne de défense des frontières créée par le général du génie Séré de Rivière après la défaite de 1870. Cependant, les allemands développent de leur côté des canons conçus pour détruire des forts tels que celui de Manonviller depuis 1906. 

Le 27 avril 1914, 769 combattants occupent le fort de Manonviller. Et le 8 août de cette année, commencent les hostilités.

Le 11 août 1914, le fort joue son rôle en appuyant le 2e Bataillon de chasseurs à pieds engagés en lisière de la forêt de Parroy contre des forces bien supérieures.

Le 14 août 1914, les Allemands se retirent temporairement de la région à cause des offensives soutenues des 1ère et  2e Armées françaises. Cependant, les forces françaises doivent se retirer pendant la bataille de Morhange-Sarrebourg et les Allemands en profitent alors pour lancer des offensives foudroyantes dans le but d'encercler le fort et d'être à l'abri des tirs. Les Français les aperçoivent que tardivement et les Bavarois avancent avec tout leur armement…

Du 25 au 27 août 1914, le fort subit un énorme bombardement d’artillerie. Pendant 54 heures environ 17 000 obus s’écrasent sur le fort : 15 000 projectiles de 77 à 150 mm, 1 596 de 210 mm, 134 de 305 mm et 159 de 420 mm. Certains pèsent près d’une tonne…

Le 28 août 1914, les soldats français abandonnent aux ennemis le fort gravement endommagés. Ceux-ci y resteront jusqu’au 12 septembre 1914 et le feront exploser.