Lunéville - Le Léomont


d'après le texte du Colonel Bourcy
et de M. J.P. Seichepine,
président du Souvenir Français de Lunéville

 

 Emplacement: entre Lunéville et Vitrimont 

Monument du LéomontA l'approche de Lunéville du côté de Nancy (RN4), on peut observer un mouvement de terrain caractéristique qui barre l’horizon dès la sortie du village d’Hudiviller.

Cette colline aux flancs abrupts et coupée de boqueteaux sur son pourtour Sud-est le Léomont.  La vue de ce belvédère naturel s’étend des collines de Nancy, des Tours de Saint-Nicolas de Port et des usines de Dombasle. Au Sud-ouest, on voit les crêtes boisées du Bayonnais, au Nord la vallée du Sânon, à l'Est, les sombres forêts de Mondon et de Parroy, au Sud-est avec en fond de tableau la ligne bleutée des Vosges et son point culminant dans la région, le Donon.

 

On retrouve au Léomont et dans ses environs immédiats, des vestiges remontant dès l'ère romaine. Un prieuré fondé en 1097 est transformé en écuries et en étables en 1752. Le reste du bâtiment est reconverti en logement pour les propriétaires.

Aujourd’hui les ruines de la ferme disparaissent peu à peu sous la végétation mais ses abords gardent encore les traces de la conflagration du premier conflit mondial, tranchées, abris, entonnoirs, dont le temps atténue inexorablement les formes. En effet, ici s'est déroulé, dès les premières semaines de la guerre, des combats d’une violence inouïe.

 

Du 20 août au 10 septembre 1914, les régiments de la 11e Division d’infanterie (26e, 37e, 69e et 79e) appuyés par les artilleurs du 8e et les sapeurs du 20e, méritent le surnom célèbre de leur division: “la Division de Fer”.

La mission de la 11e DI est de sauvegarder sa ville de garnison, Nancy. Celle-ci ne doit pas tomber entre les mains de l'ennemi...

 

Le sommet du Léomont, quant à lui, change de mains 8 fois. Les pertes des deux côtés sont terribles. Dans les ruines de la ferme, incendiée, écrasée par les obus, l’affrontement atteint son paroxysme avec les combats au corps à corps entre Lorrains du 26e et Bavarois du 11e Corps.

Des deux côtés, des pièces d’artillerie sont hissées à bras au plus près et débouchent “à zéro” sur les vagues de fantassins qui montent à l’assaut. Plus bas, le long de la route nationale, les sections de tête se fusillent à bout portant et des douzaines de morts et de blessés s’entassent dans les fossés. La nuit n’apporte aucun répit, ennemis et amis ne se distinguent qu’à la lueur des incendies qui embrasent Hudiviller, Anthelupt, Vitrimont, Deuxville.

 

Peu à peu les troupes françaises reprennent le dessus. A partir de septembre le centre de gravité de la bataille se déplace vers l’Ouest. L’adversaire cède et la victoire en Lorraine se dessine.

Quelques jours plus tard, le front se stabilisera à hauteur de la forêt de Parroy, de Reillon, de Domèvre, sur la ligne qui ne bougera pratiquement plus jusqu’au 11 novembre 1918.

 

Dès septembre 1919, un comité d’honneur, présidé par le Maréchal Foch qui commandait  le 20e Corps d'armée dont faisait partie la 11e DI en août 1914, honore la mémoire des héros de la Division de Fer.

Le 18 juin 1922, en sa présence, un monument est inauguré au sommet du Léomont. Erigé sur une embase de 8 mètres de haut, faite de moellons récupérés dans les ruines de la ferme, un socle en pierre d’Euville (Meuse) soutien la statue du Poilu du Léomont.