Lunéville - Historique du musée des diables bleus de Lorraine

 

D'après le texte de Mr Seeleuthner

 

En 1875, Lunéville, légendaire cité cavalière, reçoit le 2e Bataillon de Chasseurs à Pied au quartier Stainville nouvellement construit pour lui. Il vient renforcer la 2e Division de Cavalerie à proximité de la nouvelle frontière héritée du Traité de Francfort, après la défaite de Napoléon III à Sedan les 1er et 2 septembre 1870. Signé entre la France et l’Allemagne le 10 mai 1871, il ampute notre pays de ses départements d’Alsace, de Moselle et ses arrondissements de Château-Salins et Sarrebourg qui dépendent du département de la Meurthe.

En 1912, la garnison accueille le 2e Groupe de Chasseurs Cyclistes et le loge au quartier Froment-Coste. Après la Grande Guerre pour laquelle ils sont partis en juillet 1914, les corps de Chasseurs de Lunéville sont dissous ou affectés dans d’autres garnisons. Consternée, la ville espère bien revoir cette troupe d’élite que l’ennemi a dénommée “schwarze teufek” (diables noirs) dans la nuit du 2 décembre 1914, lors de l’assaut des 28ème et 30ème Bataillons pour la prise de la Têtes des Faux, au dessus du Col du Bonhomme, dans les Vosges.

 

En 1968, Lunéville devient la garnison du 30ème Groupe de Chasseurs Mécanisés. Recrée à partir d’éléments du 170ème Régiment d’Infanterie d’Epinal, il occupe les quartiers Diettmann et Treuille de Beaulieu et appartient à la 8ème Brigade Mécanisée. A la dissolution de cette dernière, le Groupe reste seul à Lunéville qui se transforme en cité chasseur. Cela lui va bien car les couleurs de son blason sont celle de la tenue des chasseurs et du fanion de leur bataillon qui représente leur unique drapeau.

 

En 1990, le 30ème Groupe de Chasseurs est lui aussi dissous. Les anciens des 4 départements lorrains, regroupés en 35 amicales qui vivent en osmose avec le Corps, sont catastrophés mais gardent leur allant. Soutenus par le capitaine en retraite Théo Blanc (ancien du premier BCP, président régional des Diables Bleus de Lorraine, et leur secrétaire-trésorier, fonctionnaire de la Défense en retraite), ils décident de perpétuer le souvenir des chasseurs à Lunéville en créant un musée à leur gloire.  Le comité de l’amicale Sidi-Brahim locale, présidé par Roger Seeleuthner, le conçoit.

 

Devenue dernière garnison de chasseurs en Lorraine, Lunéville est la seule localité qui a hébergé deux bataillons bleus depuis la fin de la guerre d’Algérie. Avec le 2ème Bataillon de Chasseurs à Pied (1875-1914), son 2ème Groupe de Chasseurs Cyclistes (1912-1919) et son 30ème Groupe de chasseurs (1968-1990), cette ville a connu plus de soixante ans de présence des hommes en bleu et de leur fanfare, sans parler de leur bref séjour dans la cité au printemps 1940, lors de la drôle de guerre.

 

C’est pourquoi les Diables Bleus de Lorraine ne peuvent faire meilleur choix que la cité cavalière pour préserver la mémoire de leur subdivision d’arme dans leur région. C’est ainsi que vivement encouragés et matériellement aidés par le commandant de la Force Hadès et le chef d’état-major, le général de division De Cherge et le colonel Cassagnou se mettent à l’œuvre. Ils créent leur musée au quartier Stainville, dans le bâtiment 004 dont ils doivent remettre l’intérieur complètement à neuf. Ce lieu constitue le poste de police, aujourd’hui poste de sécurité, du 2ème Bataillon de Chasseurs à Pied ainsi que l’atteste une plaque commémorative apposée sur un mur du musée, à l’entrée du quartier.

 

En présence des autorités civiles et militaires de Lunéville, du colonel Wood, chef de corps, d’une délégation de cadres, d’un piquet d’honneur et de deux clairons du 16ème Groupe de Chasseurs (bataillon d’acier) venus de Saarburg (Allemagne), le musée est inauguré le samedi 27 août 1994 , avec la participation des présidents et délégations des 19 amicales Sidi-Brahim de Lorraine.