Domjevin - Hôpital militaire

Hôpital chirurgical souterrain construit par l'Armée Française entre 1916 et 1918. Situé dans l'immédiat arrière front, il était destiné aux blessés jugés intransportables.

texte d’Audrey Brunias

Hôpital militaire de DomjevinCreusé dans le flanc de la côte 291, l’hôpital de Domjevin est un centre chirurgical souterrain français construit à proximité immédiate du front afin de soigner les blessés intransportables.

Planifié en 1916 par l’armée française, il est construit durant l’année 1917. Les travaux prennent fin le 03 janvier 1918 et la première équipe médicale est attendue dès le 10 janvier.

Les travaux sont menés par un groupe de brancardiers de la 73e Division d’Infanterie, dirigé par un officier de Territoriale, entrepreneur de profession (dont le Journal de marche et d’opérations passe sous silence le projet).

Selon le JMO de la Directiondu service de santé de la VIII e Armée, 2e formation, le bâtiment est conçu pour être à l’épreuve des gros projectibles. Il est composé de deux galeries parallèles qui sont reliées par une galerie perpendiculaire. L’armature est en tôles cintrées et ondulées, recouverte par un mètre de béton, sur lequel est disposé une forte couche de pierre et d’éléments en ciment armé puis d’une importante couche de terre.

Les travaux de l’hôpital avancent rapidement et il est alimenté en électricité grâce à un groupe électrogène dès juillet 1917.

Le complexe médical comprend :

  • une salle pour 50 blessés couchés,
  • une salle pour 100 blessés assis,
  • un abri pour officier blessé,
  • une salle de pansements,
  • une salle de stérilisation,
  • une salle d’opération,
  • une salle de radiographie,
  • un magasin,
  • une cuisine,
  • une chambre pour les chirurgiens,
  • le tout alimenté par un groupe électrogène.

Les caves des maisons de Domjevin sont, elles aussi, aménagées pour être des points de rassemblement pour les  blessés des secteurs Vého - Reillon et Blémerey. Elles communiquent entre elles par des souterrains construits en 1917 pour faciliter le triage des blessés et une meilleure distribution des services.

Abandonné à la fin de la guerre, certains veulent le classer en tant que vestige de la Grande Guerre dès 1922. Ce débat sur ce classement est cité dans un article du journal Ouest-Éclair du 13 février 1922. Si tous les critères ne sont pas arrêtés, on sait que c’est l’Assemblée et la Commission des Beaux Arts qui jouent le rôle de juges et que « l’ambulance souterraine de Domjevin » est proposée pour le département de Meurthe et Moselle à côté de la Chapelotte, de la ferme du Léomont...



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