La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

Libération d'Halloville

 

 

Libéré le 15 novembre 1944 par le 1er Bataillon du 315e Régiment d'infanterie de la 79e DI

 

D’après les témoignages de Michel Jacques (alors âgé de 15 ans) et de Georges Monzein

 

Halloville est un petit village lorrain d’une centaine d’habitants. Situé à 5 kms au Sud de Blâmont, il est donc à proximité du front qui s’est stabilisé sur la ligne Montigny, Mignéville et Herbéviller depuis le 1er novembre 1944. Ces derniers sont déjà occupés par la 79e DI et la 2e DB du Général Leclerc.

 

Mercredi 8 novembre 1944

Les hommes d’Ancerviller et de Ste Pôle sont rassemblés pour être emmenés en Allemagne. Le reste de la population sera évacuée le 10 novembre vers Blâmont, Cirey …

Ainsi Blâmont passe de 1700 à 2600 personnes sans compter les civils allemands et alsaciens, eux aussi réquisitionnés afin de creuser des tranchées.

 

Un défilé de charrettes passe devant les maisons d’Halloville. Les exilés tentent d’emmener le maximum avec eux dont leurs animaux.

 

Samedi 11 novembre 1944 

Tous les hommes du village, âgés de 15 à 60 ans, ont pour ordre de se réunir devant l’église. Ils doivent être réquisitionnés pour des travaux mais ne connaissent pas leur destination. Le temps pluvieux empêche leur départ qui est ajourné par un contre ordre de l’état major allemand.

 

Dimanche 12 novembre 1944

Après une journée calme, un violent bombardement enflamme le village à partir de 18h00, et cela durant toute la nuit.

Les villageois doivent tout abandonner pour se réfugier dans les caves.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lundi 13 novembre 1944

Le bombardement continue par rafales et empêche les gens de ressortir dans les rues. Dans l’après midi, des mitrailleuses se font entendre du côté d’Ancerviller : sa libération doit être proche.

 

Mardi 14 novembre 1944

La question se pose pour les habitants de prendre la route de l’exil ou de rester dans le village mais beaucoup préfèrent rester à l’abri dans les cave. Cependant celles-ci commencent à prendre l’eau à cause des pluies diluviennes qui sévissent depuis plusieurs jours et certaines familles, comme celle de Mr Jacques, doivent se réfugier chez leurs voisins.

 Les Américains se rapprochent progressivement et le village accueille des soldats allemands en retraite.

 

Mercredi 15 novembre 1944

Halloville est réveillé par des ordres en allemand qui résonnent dans le village : les soldats courent partout et se placent derrière les arbres et les maisons…

Le bruit des bottes et des cris laissent place à celui des tirs : les Américains sont là et les habitants rêvent déjà de leur libération.

La panique s’installe chez les habitants lorsque des bruits d’explosion atteignent les maisons : ils ont peur que les Américains lancent des grenades dans les caves en pensant déloger des soldats ennemis. Les civils de certaines caves décident donc de remonter et tombent sur leurs libérateurs avec des fusils braqués. En effet les Américains pensaient que le village était évacué de toute sa population civile. Les soldats demandent alors s’il y a encore des Allemands dans les parages et visitent les maisons avec les habitants.

 

La situation semble se calmer lorsqu’une explosion éclate : c’est un char allemand positionné en bas du village qui pilonne sur les Américains qui arrivent progressivement.

Une nouvelle demi-heure passe avant que les tirs cessent. Michel Jacques en profite pour rejoindre ses frères dans une cave voisine. A sa grande surprise, cette dernière est remplie d’Allemands. Il leur explique alors que le village est maintenant aux mains des Américains et ils décident alors de se rendre.

 

Les pertes sont lourdes des deux côtés : des chars allemands détruits contiennent encore leur équipage déchiqueté, pendant que des camions se remplissent de corps américains.

La 2e DB commandée par Morel-Deville arrive un peu avant midi. Les rues d’Halloville sont encombrées de matériel de toutes sortes : jeeps, automitrailleuses, chars, canons…mais la population tombe en liesse de voir les troupes françaises arriver.

En fin d’après-midi, les troupes US prendront Harbouey qui sombre dans les flammes. S’ensuit Nonhigny le 16 novembre 1944, Badonviller le 17 et enfin Blâmont le 18.

Quelques batteries allemandes continueront à tirer quelques rafales. Ainsi, une semaine après la libération, Halloville reçoit deux obus qui tueront une personne.