La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

Libération d'Emberménil

Journal de guerre du 27 août au 16 octobre 1944
 

Dimanche 27 août 1944

Annonce à la radio, degrands combats dans l’Est et au Luxembourg. A 13h00, quatre avions américains mitraillaient un train allemand au Chênois. La DCA sur wagon a tiré, en 10 minutes, trois locomotives sont détruites.

 

Lundi 28 août 1944

A environ 8h30, 20 avions de chasse mitraillent un train au Chênois, puis la gare d’Emberménil, un train flambe (quatre wagons détruits). La DCA abattent un avion à Vého, un autre au pont des Evrieux dans la forêt de Parroy. Le village d’Avricourt est mitraillé, un train de munitions saute à Laneuveville aux Bois. A la ferme de Bellevue et à la gare de St Clément, de grosses explosions sont visibles de loin car des trains de munitions sautent. Un camion de laitier est mitraillé entre Vého et Emberménil (le chauffeur est indemne). A Emberménil, un ouvrier agricole est tué en face de chez Gérard Krémer, une balle dans le cou.

Les combats ont duré 45 minutes

 

Mardi 29 et mercredi 30 août 1944.

RAS   

                                           

Jeudi 31 août 1944

Vers 2h du matin, on entend le crépitement de rafales de mitrailleuses et des tirs de DCA, un avion US tombe à Leintrey. Roulement de camions sur la route Lunéville - Blâmont.

 

Vendredi 1er septembre 1944

Dans la nuit, on entend des bruits de mitrailleuses. Deux bombes tombent sur la voie ferrée. Quatre vélos requis, ainsi qu'une voiture de 2 chevaux. Des parachutistes (où parachutage) tombent sur la forêt de Parroy.

 

Samedi 2 septembre 1944

Une journée calme, avec le passage des derniers trains. La nuit, il y a des coups de fusils sur la voie ferrée entre les Allemands, suite à la bévue d’une sentinelle.

 

Dimanche 3 septembre 1944

Des trains vont en direction Lunéville. Arrivée de troupes allemandes à Lagarde. A 14h00 des avions US mitraillent la route de Domèvre à Blâmont.

 

Lundi 4 septembre 1944

Journée calme, réquisitions de vélos à Leintrey.

 

Mardi 5 septembre 1944

Canonnade vers Metz et la nuit vers Charmes.

 

Mercredi 6 septembre 1944

Réquisition de cinq voitures et dix chevaux qui reviennent l'après midi.

Un bruit de canon vers Metz et Charmes.

 

Jeudi 7 septembre 1944

Journée calme mais la nuit deux explosions se produisent sur la voie ferrée à Laneuveville aux Bois

 

Vendredi 8 septembre 1944

Un bombardier (B 17, forteresse volante) tombe au Sud Est de Leintrey. Passage de trains et de chars sur la route Nationale 4.

Leintrey, un avion B 24 s'écrase au mois de septembre 44 près du carrefour des 4 chemins, les 7 membres d'équipages sont tués

 

Samedi 9 septembre 1944

Journée calme mais on nous apporte des nouvelles alarmantes: Charmes, Athienville, Rehainviller sont apparemment en flammes. Des combats du maquis ?

 

Dimanche 10 septembre 1944

A 11h45, trois avions US mitraillent un train entre le Chênois et Laneuveville aux Bois (grosse fumée noire) et vers le pont de Leintrey, un train de torpilles y échappe. Canonnade le soir.

 

Lundi 11 septembre 1944

A partir de 04h00 du matin et dans la matinée, de violentes canonnades retentissent en direction de Tonnoy (lueurs). Il y a une grosse activité aérienne avec des bruits de mitraillage et de bombardement. La nuit est calme.

 

Mardi 12 septembre 1944

A partir de 04h00 du matin et dans le courant de la matinée, les canonnades reprennent.

A 12h00, des réquisitions de 14 chevaux commencent et il y a une activité aérienne importante sur la RN 4 entre Marainviller et Blâmont. Un train de munitions saute en gare de St Clément. Le bruit des canons se rapproche direction Blainville.

Encore de nouvelles réquisitions:  trois porcs et un  veau. Je creuse  une  tranchée-abri  dans  le jardin de l’école.

 

Mercredi 13 septembre 1944

A 03h00 du matin, les troupes allemandes se dirigent vers Avricourt ainsi que de nombreux véhicules qui vont vers Lagarde. Il y a a des tirs violents toute la journée. Vitrimont, Lamath et Einvaux sont occupés par les Américains.

Le soir, il y a un passage de troupes allant vers Marainviller. Grosse explosion tonne vers 23h00. Plus de train et surtout plus de pain.

 

Vého, autre photo avec des résistants de la région

Jeudi 14 septembre 1944

La nuit est calme, des troupes allemandes vont vers Avricourt et des trains de munitions sont en gare. On charge les obus de canons et les cartouches pour mitrailleuses en direction de Bauzemont.

Vers 18h00 les Allemands arrivent en autos et en camions. Le village est un vrai tourbillon de véhicules, au bout d’un quart d’heure, les autos démarrent à vive allure vers Xousse. Une fusillade éclate vers Marainviller qui est aux mains des Américains.

Vers 20h30, les ennemis passent par petits groupes de combats équipés de mitrailleuses vers Laneuveville aux Bois. On entend des bruits de canon vers Bénaménil. La nuit, de nombreux camions se dirigent vers Leintrey.

 

Vendredi 15 septembre 1944

Le matin est calme mais les mitrailleuses crépitent vers la forêt de Parroy. L’après-midi les troupes allemandes arrivent à Emberménil

 

Samedi 16 septembre 1944

Nous nous installons dans les caves. Des éléments avancés américains ont pris Lunéville et poussent des reconnaissances sur Vého, Leintrey et la gare d’Emberménil. L’après-midi, un char américain apparait à l’entrée d’Emberménil, venant de Laneuveville aux Bois.

  Vého, les soldats américains du 2e de Cavalerie arrivent à Vého le 14 septembre 44, on les voit ici avec des resistants

Un combat entre un char américain et un char allemand, situé à 100 mètres à la sortie du village côté Xousse, s'engage. Les obus prennent en enfilade le village. Les Allemands sortent une batteuse d’une grange et sèment de la paille sur la route dans laquelle ils cachent des mines.

Edgard Crouzier fait signe au char US de la présence des mines, le char  se replis aussitôt. Les Allemands placés dans le clocher voient le civil faire des signes, ils arrêtent aussitôt un ouvrier agricole (polonais) dans la cour de la ferme Alison: le prisonnier est expédié en voiture vers Xousse où il est fusillé. La maison Diébold est bombardée.

 

Dimanche 17 septembre 1944

Les Allemands occupent en force Emberménil. Ils arrêtent un jeune homme de Moussey, Monsieur Agostini. Croyant que son village est libéré, il déclare qu’il vient voir des cousins à Emberménil. Son mensonge cause sa perte: il est fusillé dans une haie en face de chez Diébold. Les Américains occupent toujours la gare d’Emberménil et les soeurs Diébold leur apportent des fleurs. Un officier allemand installé dans le clocher les aperçoit et déclare: «  soyez prudent, cela pourrait coûter cher aux civils ».Emberménil: l'église du village telle qu'elle a été reconstruite après la Première Guerre Mondiale
Nous occupons la cave de l’école avec des Allemands qui ont installé un poste relais au clocher, qui sert d’observatoire. Les Allemands nous ordonnent de quitter la cave et nous partons donc chez le maire Monsieur Thomas, en passant avec Micheline devant chez Petitjean. Les Américains tirent sur nous avec des mitrailleuses de 12,7 sans nous atteindre. Je viens de prendre des matelas pour les transporter dans la cave de Monsieur Thomas.

 

Lundi 18 septembre 1944

Le vendredi 15 septembre, des chars allemands de la 15e Panzer Division (commandé par le Général Eberhart Rodt) ont essayé de passer dans la forêt de Parroy afin de rejoindre Emberménil. Ils se sont embourbé dans les fondrières du chemin forestier partant du Haut de la Faîte allant vers Emberménil (tranchée d’Emberménil). Marainviller étant occupé par les éléments avancés américains, les chars ont bifurqué à Croismare.

Le 15 septembre, vers 18h00 des Allemands descendant de la forêt de Parroy, ont déclaré que leurs camions remplis de vivres et de boissons se sont embourbés et qu’ils les ont abandonnés. Les habitants (une quinzaine d’hommes) sont alors partis à travers champs pour aller chercher le matériel abandonné. J'étais avec eux et à 500 mètres d’Emberménil, j'ai fait demi-tour et j'ai conseillé aux hommes de revenir. Je suis le seul à être rentré. Arrivés à la lisière de la forêt, les Feldgendarme les ont aligné et fouillé, heureusement Zipp... parle allemand et a donné comme alibi «  nous cherchons nos chevaux qui se sont échappés à la suite des combats ». Les Allemands leur ont ordonné de rentrer immédiatement au village.

Les éléments avancés US qui sont venus le 16 septembre jusqu’à Emberménil appartiennent au 2e Régiment de Cavalerie, attaché à la 4e Division blindée.

Pour dégager leurs chars restés dans la forêt de Parroy, les Allemands montent une contre-attaque. Les chars se déployent entre la forêt de Parroy et la voie ferrée vers 15h00. L’assaut est donné par des éléments de la 113e Panzer Brigade et de la 15e Panzer Grenadier (qui fait partie de l’Afrika Korps et a combattu à Cassino en Italie) sous les ordres du Général  Von Manteuffel. Le but de cette contre-attaque est de repousser les Américains et de reprendre Lunéville qui a été libéré le 16 septembre.

Les Allemands s’emparent de Laneuveville aux Bois, Marainviller et la forêt de Mondon. Les Allemands renforcent Emberménil, leur contre-attaque arrive aux abords de Lunéville, Moncel, Hériménil mais le centre de Lunéville tient bon.

 

Mardi 19 septembre 1944

Les Allemands ne peuvent pas prendre Lunéville. Les Américains envoient la 79e Division d’Infanterie afin de renforcer la 4e Division Blindée. A partir de cette date, les combats sont violents. Les Américains reprennent Moncel alors que les avant-postes allemands sont entre Laneuveville aux Bois et Marainviller.

 

Du 20 au 25 septembre 1944

Les combats d’infanterie et de chars se déroulent avec violence à l’Ouest de la forêt de Parroy.

 

Mardi 26 septembre 1944

Tout le cheptel est ramassé et amené vers l’Allemagne.

 

Mercredi 28 septembre 1944

Tous les hommes de 18 à 50 ans sont requis pour creuser des tranchées à Emberménil (près de chez Diébold, de la gare et sur la route, sortie Emberménil vers Xousse). Les combats commencent à l’Ouest de la forêt de Parroy et les Américains tirent sur Emberménil depuis la forêt de Mondon. Les Allemands laissent des avant-gardes à Emberménil.

 

Du 29 septembre au 6 octobre  1944

Nous creusons toujours des tranchées avec des bombardements continuels.

 

Emberménil, ruines du village

Samedi 7 octobre 1944

Les bombardements s’intensifient. Célestine Alison est tuée dans l’écurie derrière leur maison et les avions lâchent des bombes sur le village.

 

Dimanche 8 octobre 1944

Les bombardements continuent et tous les hommes sont rassemblés pour partir vers la Moselle afin de creuser des tranchées. A ce moment un obus incendiaire tombe dans la maison Thomas ; les hommes arrivent à éteindre l’incendie. Jeanne et Micheline se sauvent chez Ribolzi où je vais les récupérer. Les Allemands emmènent le soir tous les hommes de 15 à 55 ans.

 

Lundi 9 octobre 1944

Les habitants toujours présents se regroupent dans les caves chez Monsieur Thomas (25 personnes) et à la gare chez Monsieur Lehmann (17 personnes). Les Allemands décident d’emmener en camion tous les habitants de la gare, à 21h00. Ils chargent les valises, mais aussitôt après un contre-ordre, les gens retournent dans les caves.

 

Mardi 10 octobre 1944

Les Allemands font sauter le pont sur la voie ferrée entre Emberménil et Vého (près de la gare). Ils posent aussi des mines dans les champs et couchent tous les peupliers à l’explosif sur la route qui va à Vého. Dans la nuit du 10 au 11 octobre, ils font aussi sauter l’église et le presbytère à la dynamite.

 

Emberménil, les allemands ont fait sauter le pont près de la gare

 

Mercredi  11  octobre 1944

Nous n’apercevons plus le clocher de l’église, ni le presbytère qui ne sont plus qu’un amas de ruines. Les Allemands évacuent Emberménil et se replient sur Xousse. Ils veulent nous emmener mais nous ne nous laissons pas faire. 

 

Jeudi  12  octobre 1944

Tout est calme, pas de combat, les gens vivent dans les caves.

  Emberménil, les soldats de la 44e DI US vont relever leurs camarades

 

Vendredi 13  octobre 1944

La libération !!

 

A 15h00, les premiers soldats américains sortent de la forêt de Parroy et arrivent chez Monsieur Thomas par les jardins, ils occupent la maison. Les Allemands sont toujours à la gare.

Le récit de cette journée écrit par Félicie Diébold, 21 ans au moment des faits. Aujourd’hui connue sous le nom de Madame Meyer, elle s'est réfugiée avec ses soeurs et sa mère dans la ferme de Monsieur Schwann près du café de la gare

Un grand jour pour nous, la mort nous frôle de bien près. Dans la journée, les chars américains entrent au village, venant de Laneuveville aux Bois et de la forêt de Parroy. Nous grimpons en haut de l’escalier de Emberménil en octobre, des chars du 749e Tank Bataillonla cave et nous regardons les Américains et les Allemands en train de se battre.

Le soir, vers 19h00, nous mangons tous assis sur le bord de nos lits, dans la cave. Il commence à faire nuit, tout à coup 3 casques se montrent dans l’ouverture de l’entrée de la cave: nous sursautons, ce ne sont pas des Allemands mais des Américains. Les Allemands occupent encore la gare, nous avons  peur car ce n'est qu’une avant-garde d’américains. Quand viendront les autres ?

Tout à coup, nous enEmberménil, les troupes US suivent la ligne de chemin de fer près de la gare pour se mettre en position sur le fronttendons des bruits de pas, ce sont des Allemands qui viennent dormir dans la première cave (nous, nous occupons la deuxième). Les Américains s’agenouillent, tirent et tuent deux Allemands. Deux autres essayent de descendre par l’escalier venant de la cuisine, les Américains tirent à nouveau et en tuent un. Le dernier pousse un cri et se rend, il est blessé . Les Allemands se mettent à marcher au dessus de nous dans la cuisine. Que font-ils ? Ils se mettent à jeter des grenades partout.

Il est 21h00, que va-il nous arriver ?

Les Américains sont toujours avec nous et soudain, tout est calme, mais que signifie cela ? Une personne regarde par une fente de la porte, il fait grand jour et tout est rouge: c'est un brasier, la maison brûle! En voulant nous sauver, nous tombons sur les morts qui sont couchés en travers de la porte.

Aussitôt que nous mettons le nez dehors, les Allemands nous envoient des rafales de mitrailleuses et lancent des grenades. Il est impossible de sortir, nous sommes condamnés à brûler dans la cave. Les Américains veulent se rendre et enlèvent leurs armes pour porter un drapeau blanc. Aussitôt qu’ils veulent sortir mais les Allemands encerclent la maison en feu et la cave. Ils tirent comme des fous. Nous nous mettons à crier au secours. La première cave commence à brûler et nous sommes obligés de passer par l’unique porte, car il n’y a pas d’autre issue. Nous tentons de sortir en criant «  au secours » mais plus nous appelons, plus les Allemands nous tirent dessus. Cette fois-ci nous pensons être perdus, nous entendons le feu crépiter et tout l’intérieur de la maison qui s’écroule. Les Américains tapent sur le feu pour l’éteindre mais rien à faire.

Nous commençons à étouffer, une personne dit « il nous reste 5 minutes, il faut essayer de se sauver plutôt que de brûler vif où bien étouffer ». Nous prions Dieu pour avoir le courage de nous sauver.

Il est 5h30, nous nous élançons, en passant sur les corps, je tombe à terre, mes mains et mon tablier sont couvert de sang. Nous sommes sortis à 7, je suis la deuxième et les dix autres personnes sont restées dans la cave. il leur est impossible de sortir tellement les Allemands tirent sur nous. Je traverse la cour au milieu des balles et des grenades, je me cache dans une baraque effondrée, couchée dans un tas de cendre, à claquer des dents de frayeur. Les six autres se sauvent dans une écurie mais les Allemands leur lancent des grenades par la porte. Les dis derniers, restés dans la cave, sont couchés sous les lits, le nez dans la terre et le visage caché dans un mouchoir.

Il est 8h00, Madame Maire (de nationalité allemande) sort de l’écurie, les bras levés, en parlant allemand. Heureusement pour elle, un soldat qui est venu dormir dans la cave les nuits précédentes, située près de l’écurie les reconnait. Il donne aux autres l’ordre de cesser de tirer. Ils en profitent pour faire prisonnier les trois Américains et font sortir de la cave, les dix personnes restantes aux ¾ asphyxiées . Nous allons dans la cave de la maison voisine, le café de la gare où nous sommes en tout 31 personnes. Dehors, il y a une grande mare de sang, c'est les Allemands tués par les Américains avant de venir dans notre cave. Je suis tombé évanouie de frayeur.

 

Samedi 14 octobre 1944

Toute la journée, les Allemands sont aux alentours de la maison. On entend les mitrailleuses et les canons des chars, les obus continuent à tomber de tous les côté. Le soir nousEmberménil, chars US tirant sur les positions allemandes entendons marcher dans la maison (nous sommes toujours dans la cave)et la porte s’ouvre, c'est nos libérateurs!! ils nous demandent s’il n’y a pas d’Allemands et ils restent un moment avec nous dans la cave. Ils finissent par s’installer dans la maison et aux alentours. Enfin, nous allons nous coucher, nous n’avons pas dormi depuis deux jours. Je m’endors d’un profond sommeil, malgré la soif qui nous tiraille, nous n’avons pas pu aller chercher de l’eau depuis deux jours. Nous nous éveillons tôt le matin par les tirs des chars US et par l’arrivée des obus allemands qui tirent sans cesse sur la gare. Il ne reste plus une seule maison qui ne soit atteinte, notre maison entre la gare et Emberménil est totalement  brûlée. Il nous est interdit de faire du feu à la cave. Nous avons des gâteaux et des conserves américaines à profusion. Les Américains nous promettent de nous évacuer à l’arrière du front. Les Allemands sont toujours à 200 mètres dans les abris du bois de sapin situés en bordure de la voie ferrée derrière la gare en allant vers Vého.

Les Américains s’installent dans la maison Thomas avec des mitrailleuses, tout le village est occupé par nos alliés. Les obusiers US sont installés près du cimetière et les Allemands tirent sur le village. Ils occupent toujours la sapinière en bordure de la voie ferré près de la gare.

A 17h00, un obus allemand tombe contre le mur de la cave à un mètre de nous, nous voyons deux grosses flammes passées par le larmier de la cave. Je sors mettre des balles de paille devant les deux larmiers. Le soir, les soldats US viennent se réfugier à la cave.

 

Dimanche 15 octobre 1944

Il fait un soleil magnifique, nous sommes encore dans les caves, le seul refuge puisque l’école et son logement sont entièrement détruits.

A 11h00 j'arrive chez M. Thomas, accompagnée de son frère et d’un ami (employé au chemin de fer) à bicyclette. On peut circuler, nous chargons dans une petite remorque à vélo quelques affaires et nous prenons la route à pied. Jeanne moi, Mme Rainville (mère de Mme Thomas), René Thomas, Mme About et son fils Christian, nous arrivons sans encombre à Marainviller où des FFI nous arrêtent et nous disent qu’il est interdit de circuler. Un MP (police militaire) ordonne à un command car de stopper, il nous fait monter et nous arrivons sans encombre à Lunéville où nous couchons.

 

Lundi 16 octobre 1944

Emberménil, les soldats du 324é Rgt Inf creusent des abris et s'enterrent comme en 1914Témoignage d'un inconnu

Pour les autres villageois d’Emberménil, nous partons à pied pour Crévic (Laxenaire nous accompagne).

Le cauchemar est terminé, l’évacuation a lieu pour Emberménil le 20 octobre. Les habitants de la gare partent en camions:  nous avons droit à une valise par personne. Évacuation à Chanteheux et ses environs.

Emberménil ne sera définitivement dégagé que le 20 novembre.

Fin Décembre, la population d’Emberménil est dispersée dans l’arrondissement, 40 habitants sur 200 vivent au milieu des ruines de leur village dans des conditions misérables.                  

Personnes présentes dans la cave.

  • Monsieur HESLING (chef de gare) avec un garçon
    Madame ESSELIN
  • Madame DIEBOLD Marguerite (mère)
  • Mademoiselle DIEBOLD Félicie
  • Mademoiselle DIEBOLD Albertine avec trois filles
  • Mademoiselle DIEBOLD Marie
  • Mademoiselle SIRACUS avec son bébé (habitant la gare)
  • Madame COLIN Paule
  • Madame MAIRE
  • Madame HERBINET avec une fille (Denise)
  • Madame LEHMANN
  • Monsieur LEHMANN (père)

 

École d'Emberménil