La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

Libération de Domjevin

      

     LIBERATION DE DOMJEVIN 

 

Nous allons vous retracer ce que vécurent les habitants de Domjevin avant leur libération.

Depuis fin 1940, le village n’avait pas été occupé par les troupes allemandes. Dès leur défaite, après le débarquement du 6 juin 1944, les soldats allemands refluent vers l’Est.

Déjà, la RN 4 qui passe à un kilomètre du village est encombrée de convois militaires. Le 29 août 1944, un groupe d’une dizaine de camions occupés par 80 hommes sous la conduite de l’Oberleutenant Bauch, entre au pays. Cet officier réquisitionne la mairie et les bâtiments communaux.

Le 30 août 1944, ces allemands coupent le téléphone. Ils veulent installer une ligne dont eux seuls auront la jouissance.

Le 1er septembre 1944, ils quittent le village. 

 Le 3 septembre 1944, six hommes, que l’on pense être cantonné dans la forêt de Mondon où se trouvent des dépôts de munitions et d’armes, se présentent à Domjevin. Ils cherchent du ravitaillement et pénètrent même par effraction chez plusieurs habitants.

Cela durera jusqu’au 16 septembre 1944. Ce jour-là, vers 9h30, une colonne américaine composée d’automitrailleuses, canons et quelques jeeps, font leur entrée à Domjevin. Les habitants n’en pouvaient croire leurs yeux. Durant cette journée, ce fut un va et vient continuel de voitures américaines. Pour couronner l’évènement, on fredonna plusieurs chansons anciennes accompagnées d’un air d’accordéon. Ceci se passait au carrefour formé par la route de Blémerey et la D19. 

Pendant ce temps, certaines compagnies allemandes étaient restées sur les hauteurs des collines voisines et observaient l’accueil fait aux libérateurs. Par la suite, on apprit qu’à Blémerey, un jeune soldat allemand se vanta de cet exploit et dit : les habitants de Domjevin ont fêté aujourd’hui les américains, demain ils enterreront leurs morts.

Les américains patrouillent, ils ne restent hélas que jusqu’au 18 septembre 1944 à 14h00. Leur pointe avancée qui avait atteint Repaix se replie et quitte Domjevin. A 16h30, une colonne blindée allemande comprenant plusieurs chars entre au pays par la route de Vého. Ils partent à la poursuite des américains en direction de Marainviller.

Le 23 septembre 1944 commence les bombardements par les canons américains qui tirent depuis la lisière de la forêt de Mondon. Les habitants de Domjevin se terrent dans les caves et ne sortent que durant les accalmies.

Le 26 septembre 1944, vers 12h00, un obus éclate devant la grange de Mme veuve Genay. Cette personne fut tuée ainsi que son fils et sa fille.

Le 3 octobre 1944, ordre est donné d’évacuer le village, direction Blâmont par la route de Blémerey. Pour 17h00, il ne doit rester aucun civil au pays. Les habitants évacués se retrouvent dans les villages de Chazelles et Verdenal. Là, ils ne doivent rester que quelques semaines.

Le 31 octobre 1944, nouvelle évacuation vers diverses localités région de Cirey et même de Phalsbourg.

La région de Blâmont et de Cirey ayant été libérée vers le 18 novembre 1944, les premiers habitants purent rentrer à Domjevin. Malheureusement, en dehors de la famille Genay, citée plus haut, nous avons eu à déplorer plusieurs autres victimes : M. Rey Paul, tué à Tanconville le 18 novembre 1944, M. Manonviller Jules décédé à l’hôpital de Sarrebourg suite à ses blessures, M. Cotel Eugène et M. Manonviller Anthime tués le 17 décembre 1944 par une mine, les enfants Arnoux Jean-Marie, Brégeard Daniel et Gervais tués le 2 avril 1945  par une grenade à manche. Egalement deux personnes mortes au champ d’honneur : Dumas Gaston et Marchal André.

On apprendra que 35000 obus environ ont été déversés sur le village et son territoire immédiat. Sur 110 maisons qui composaient la localité, 8 sont brûlées, 80% des maisons endommagées. Malgré tout, 200 personnes sont rentrées dans les ruines sur 300 qui étaient parties le 3 octobre 1944.

Quant aux 100 personnes manquantes, il s’agissait principalement de citadins et de leurs enfants venus à Domjevin dans l’espoir d’y trouver une plus grande sécurité qu’en ville, en raison des bombardements et retournés directement chez eux.

Fréménil et Domjevin sont pris respectivement les 2 et 3 novembre 1944, vides d’habitants, les allemands se repliant sur Blémerey, bourgade qui ne fut libérée que le 16 novembre 1944 après de durs combats.

       

            DOMJEVIN photo prise par un soldat de la 2e DB lors de l'attaque de début novembre 1944