La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

Fraimbois en 1940

Une épopée héroïque et méconnue

Fraimbois en 1940

On aime peu parler de cette sombre année 1940, et pourtant elle connut d’héroïques faits d’armes tel celui dont le village, ou plutôt la côte méconnue, la contrée déserte alors, n’ayant gardé que peu de témoins au cours duquel 14 braves trouvèrent une mort glorieuse. Résumons les faits.

 

Le 14 juin 1940 : la panique et la débâcle avaient atteint le secteur. C’était le grand départ : presque toute la population du village (hommes et jeunes gens surtout, y compris le maire) s’en allait. Le chemin départemental traversant Fraimbois connaissait cette circulation intense et hétéroclite de l’exode, car il relia deux routes nationales menant vers le Sud par Saint-Dié ou Rambervillers.

Le 19 juin 1940 : l’avance allemande atteignit Laronxe et Saint-Clément. Deux automitrailleuses  furent détruites près des fermes sur la RN 59. Des Corps Francs descendus de la ligne Maginot (146e et 156e RIF notamment) se replièrent sur la rive gauche de la Meurthe, dont le grand pont fut détruit. Ils ramenèrent deux grands blessés, dont un capitaine, qui n'ont pas résisté à leurs blessures. Les courageux Corps Francs ne savaient pas encore que leur sort allait être identique, et au nombre de 14, décidèrent de résister en haut de la côte, attendant l’ennemi de pied ferme. Hélas, dans la nuit du 19 au 20 juin 1940, ils ont été pris à revers par les allemands, débouchant du bois de la Haye. Ils étaient encerclés. Deux solutions s’offraient à leur conscience : se rendre ou se faire tuer dans un combat sans issue. Sans hésitation, malgré leur infériorité, ils tenaient tête aux assaillants. Toute la nuit, dans les vignes, le combat faisait rage. De la mitrailleuse, on en arrivait au fusil, puis au corps à corps à la baïonnette. Ce n’est qu’à 09h00, que tout était fini. Avant de tomber, ils infligèrent de lourdes pertes aux attaquants qui laissèrent 32 cadavres (dont celui d’un commandant) sur le terrain qui ressemblait étrangement aux champs de bataille de 1914 - 1918. Matériel, chevaux morts, baïonnettes ensanglantées avec les corps de ceux qui n’avaient pas voulu se rendre.

On jugea de l’énervement des occupants quand ils arrivèrent au village. Les habitants furent enfermés pendant plusieurs heures dans une grange. Il fallait qu’un dévoué se désignât pour remplir les fonctions de maire. Fort heureusement, à part quelques éclats dans les murs, l’agglomération n’avait pas souffert.

Les 16 français et les 32 allemands furent inhumés derrière le petit cimetière communal. Les occupants ramenèrent les leurs avant 1944. Depuis, 13 français furent réclamés par leurs familles.

Il en reste actuellement 3 et il est bon de rappeler le souvenir de ceux qui luttèrent et espérèrent jusqu’au bout en ce petit coin de Lorraine.

Fraimbois en 1940

Fraimbois en 1940

Merci à Monsieur le Maire de Fraimbois et à l'Adjudant-chef Sugg Philippe pour avoir érigé ce monument en l'honneur de ces braves soldats qui se sont sacrifiés pour retarder l'avance allemande

Jean LAURENT