La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

Engagé à 15 ans et demi

Article de juin 1997

Article de presse

Hubert Mazure a participé à la Libération du Lunévillois. Il est revenu, vendredi, sur les traces de son périple. Une aventure racontée par une exposition, en septembre.

Août 1944. Les Américains sont sur le sol français depuis peu. Les Allemands bataillent ferme pour retarder l'heure de la défaite. Chaque région, chaque ville, chaque parcelle de terrain deviennent l'objet de rudes combats.

 

Après la percée d'Avranches, quand le 42e escadron de cavalerie de reconnaissance américain arrive aux portes de Troyes, où il habite, Hubert Mazure n'a que quinze ans et demi. Il décide de s'engager aussitôt. "Les unités avaient besoin d'un interprète, quel que soit son âge... et sa nationalité ! Ils m'ont d'ailleurs fait brûler tous mes papiers", se souvient Hubert.

"A l'époque, je parlais déjà bien l'anglais et j'étais un pro-américain. Mon grand-père en effet enseignait à l'université de Yale, aux Etats-Unis. Dès que j'ai appris qu'ils recherchaient un interprète, je me suis présenté. Ils m'ont pris. J'ai ainsi avancé en tête du régiment, dans une auto mitrailleuse, pour obtenir des renseignements de la part de la population française. Tout en participant aux combats naturellement", poursuit-il.

Dans sa progression, le régiment d'Hubert gagne le Lunévillois. Pendant que la compagnie C lutte à Lunéville, la compagnie A, à laquelle appartient Hubert, se bat dans la forêt de Mondon, et ce jusqu'à Manonviller. "Puis, nous nous sommes repliés lors de la contre-attaque allemande, avant qu'elle ne soit finalement stoppée par les chars de la 4e Division blindée américaine, dans Lunéville", raconte Hubert.

Renvoyé à ses études

Aujourd'hui, chirurgien à la retraite depuis deux ans, et membre de l'Académie de chirurgie américaine, Hubert n'a gardé de la guerre que des souvenirs gravés dans sa mémoire. "Je n'ai rien conservé. Tout a disparu. Et puis, on pense à autre chose après la guerre. D'autant plus que moi, vu mon jeune âge, avant le franchissement de la frontière luxembourgeoise, on m'a renvoyé à mes études, pendant que d'autres ont été rappelés par l'armée française.

Ce n'est que depuis une dizaine d'années que j'ai repris des contacts avec des anciens camarades. Tous les deux ans, les 1500 membres de mon régiment américain se réunissent aux Etats-Unis. Je m'y rends à chaque fois."

Président du Comité du souvenir Patton, il a par ailleurs organisé nombre d'anniversaires de Libération, dans l'Aude, libérée par son régiment.

Hubert était aussi à Lunéville lors du 49e et du 50e anniversaire de sa Libération. Avant cela, il y était retourné en 46. "Il y avait encore des épaves de chars de mon régiment dans la forêt de Mondon", se rappelle Hubert.

Des souvenirs qu'il n'évoque finalement que très rarement avec sa femme, ses enfants et petits-enfants. "Pour ces derniers, cela semble bien lointain", confie-t-il.