La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

Le ramassage d'obus: du passe-temps au métier pour un jeune Lunévillois

Article de janvier 1976

Article de presse

Il ne se passe guère de semaines sans qu'on apprenne que, sur un point quelconque du territoire, une explosion d'obus a fait une victime, un handicapé. Notre région d'ailleurs, où l'on s'est si souvent battu, n'échappe pas à la règle. Un tragique fait divers est venu le rappeler il y a peu de temps. Pourtant, le maniement des obus et autres engins de destruction peut être un métier. Un jeune Lunévillois, Philippe Sugg, actuellement militaire au 2e Génie à Metz, semble prendre sérieusement la voie de ceux qu'on appelle des artificiers.

Des obus et des munitions, il en rencontre depuis fort longtemps. Dès l'âge de 10 ans, en effet, il faisait la connaissance avec ces cylindres mortels, principalement dans la forêt de Parroy où il aimait aller cueillir des champignons.

Accompagné de l'adjudant Wilhenbucher, Philippe Sugg a déjà mis au jour une importante quantité d'obus que les services de déminage ont récupérés et ont fait sauter dans les casemates de la ligne Maginot.

Aujourd'hui, Philippe s'en va seul à la recherche des obus. Cette année, près d'Emberménil, il en a rassemblé environ 360, de tous calibres, d'origine aussi allemande qu'américaine.

A l'issue de son service militaire, ce jeune homme pense s'orienter vers la protection civile, en se spécialisant comme artificier.