La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

Libération de Blémerey

 

Pendant la guerre, Blémerey n’est occupé que par intermittence, ce qui permet au maquis de Viombois de se ravitailler, de se réfugier auprès de ses habitants et d'établir des contacts téléphoniques avec d'autres groupes de résistance.

De nombreuses familles hébergent des STO pour les soustraire au travail obligatoire en Allemagne. D'autres font passé ou cachent des déserteurs Mosellan, Alsacien, Luxembourgeois qui ne veulent pas être enrôlés dans l’armée Allemande.

 

Dès le 6 juin 1944 nait un grand espoir, les Alliés débarquent en Normandie. A partir de ce moment, la présence militaire allemande devient beaucoup plus importante et s'accentue davantage avec l'avance des Alliés. Dès le mois d'août, sept à huit chars allemands stationnent dans le village, plusieurs batteries de mortiers  et un poste d'observation au cimetière sont installés.

 

L'armée allemande réquisitionne alors tous les moyens de transport, les moyens de communication, téléphone, TSF, les armes de chasse, la nourriture et interdit aux habitants de quitter le village. Seules les femmes sont autorisées à aller chercher le pain à Domjevin. Elle emploie tous les hommes valides même les adolescents pour creuser des tranchées et des abris.

Lors des attaques aériennes alliées du 27 et 29 septembre 1944, cinq maisons sont détruites et brûlées.

 

Pendant ces quelques semaines, les habitants de Blémerey s'organisent comme ils peuvent, partageant le peu qu'ils ont et se regroupent dans les caves les plus sûres, sans toujours avoir conscience du danger. Une petite anecdote illustre parfaitement cet état d'esprit. Pendant un bombardement, une personne assise sur un banc devant sa maison regarde les avions mitraillant les positions allemandes et dit: " J'risquons rien c'nonne nos qui visons "

 

Le 22 octobre 1944, la population reçoit l'ordre d'évacuer le village. En très peu de temps, il faut se préparer à partir. Quelques soldats allemands conduisent le convoi vers Avricourt et Sarrebourg, direction l'Allemagne. Ce convoi est constitué de quelques chevaux et vaches attelés à des chariots, des charrettes à bras chargées de quelques vivres et vêtements. Première nuit à Avricourt.

 

Le lendemain à Sarrebourg, regroupés dans une caserne, les habitants apprennent que les hommes doivent travailler en Allemagne. Après négociations avec les autorités occupantes, ils sont autorisés à aller se réfugier dans de la famille de la région. Trois villages les accueillent : Schalbach, Veckerviller et Buhl.

 

Enfin le 27 novembre 1944, le Général Leclerc et l'armée américaine libèrent ces villages. Les villageois de Blémerey regagnent aussitôt le village, bien souvent à travers champ. En arrivant, ils le retrouvent à moitié détruit, les maisons restant encore debout sont saccagées et pillées, il ne reste plus rien. Mais enfin, ils sont chez eux.

 

Le lendemain matin, un accident tragique se produit, Monsieur Henry Adolphe, Maire de la commune, saute sur une mine derrière sa maison et est tué sur le coup.

Durant cette longue épreuve, Blémerey verra sa population diminuer de moitié : 95 habitants avant le début de la guerre, 48 après la libération.