La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

Histoire du 71e Régiment d'Infanterie US du 1er au 21 nov. 1944

FRANCE : LA GUERRE EN ENFER

Le 71Régiment d’Infanterie quitte le port de Boston où il embarque le matin du 05 septembre 1944 sur le « U.S.S. Monticello », un ancien paquebot italien transformé qui se nommait « Conte Grande ».

Le régiment prend la mer avec le plus grand convoi qui ait jamais traversé l’Atlantique depuis le jour « J » et il est l’une des premières unités à débarquer sur le grand port de Cherbourg directement des Etats-Unis.

 

En débarquant le 15 septembre 1944, les hommes découvrent les premières destructions de guerre sur le pont détruit qui n’est plus qu’une masse déformée d’édifices écroulés et d’aciers tordus.

En allant de Cherbourg aux environs de Montebourg, le régiment s’arrête pour bivouaquer dans les vergers et les prairies. Puis commence un entraînement militaire complet et un programme athlétique.

Le 10 octobre 1944, nous quittons Valognes en train pour le front. Les voitures sont appelées 40 et 8 parce qu’elles sont destinés pour 40 hommes ou 8 chevaux en lignes.

La colonne motorisée quitte la Normandie deux jours plus tard. Arrivée à Lunéville le régiment installe son bivouac à huit kilomètres à l’Est de la ville.

Les premières compagnies ont commencé les combats le 23 octobre 1944. Elles ont relevé les éléments du 315e Régiment d’Infanterie de la 79eDivision à l’Est de Lunéville, près d’Emberménil.

Le régiment se porte dans les tranchées du Rémabois à l’Ouest de Leintrey et dans la partie Est de la forêt de Parroy.

Fin octobre et début novembre, après une série d’attaques de nuit, le régiment chasse les allemands de leurs places fortes, grâce à des patrouilles continues et actives, l’ennemi n’a pas pu mener d’actions offensives dans cette partie du front.

L’une des plus audacieuses patrouilles a été constitué le 31 octobre 1944, par quatre hommes de la compagnie E : les sergents R.B. Lawrence et Harrold L.Huntet les 1èreclasse Collié  R. Martin et John F. Larkin. Ces hommes ont été volontaires pour aller repérer un coin de bois qui était suspecté de cacher des positions de mortiers. La patrouille a pénétrée dans le bois et a découvert plus d’ennemis que prévu. Les hommes sont rentrés et ont dirigé l’artillerie sur cette zone.

Ils sont tous retournés dans les bois une seconde fois pour découvrir un emplacement de fusil mitrailleur et nettoyer la position.

En allant plus loin, ils ont trouvé une position de mortier et l’ont complètement détruite. Puis ils ont découvert également une tranchée d’observation et, en tirant à bout portant, ils ont nettoyé la position.

La patrouille a tellement bien rempli sa mission que plus aucune activité ennemie n’est apparue de la zone boisée. Le 1ère classe Collier. Martin a été tué au cours d’une action lors d’une patrouille, l’ensemble des quatre hommes ont été récompensé par la médaille de bronze pour leur exploit.

Un exemple typique du sens du devoir d’une unité médicale du régiment qui s’illustre par l’action d’éclat du 1°classe Daniel W MC Carty :

Le 26 octobre 1944, il quitte son abri lors d’un intense barrage d’artillerie et de mortiers pour aider cinq blessés. Alors qu’il se trouve sous le feu ennemi, il leurs donne les premiers soins et leurs prépare une évacuation rapide. L’action de MC Carty a sans doute contribué à sauver ces vies, par sa bravoure, il a été récompensé de la médaille d’argent et de la croix de guerre.

Les dernières semaines d’octobre et les premières de novembre sont mémorables par l’épouvantable pluie et toujours la boue. Plus les jours avancent et plus la pluie devient intense, pénétrant jusqu’au plus profond de la peau des soldats. Les hommes portent des vêtements humides durant plusieurs jours. Les tranchées et les abris sont inondés et se sont effondrés. Les hommes se trouvent eux-mêmes en train de vivre et de combattre dans une sorte de mer opaque de boue puante et marécageuse. Les tranchées sont devenues plus dangereuses que les obus ennemis.

Un repas chaud est un traitement bien meilleur pour un soldat de la ligne de front qu’un repas avec musique au « Waldorf » pour un citoyen paisible. Ni les caramels de la ration « K », ni les prévisions de la météo allemande ne peuvent réconforter l’infanterie épuisée.

La compagnie « B » note que le 01 novembre 1944à 22h15, un haut-parleur ennemi a envoyé le message suivant : « Accueillons les hommes de la 44e, la guerre est un enfer, venez traverser nos lignes et prendre un repas chaud ! ».

 

Bien que le 71e Régiment ait été désigné pour être « le fer de lance » de l’attaque partant de Leintrey pour s’emparer de la ville de Sarrebourg, flanqué du 324e Régiment sur sa gauche et du 114e Régiment sur sa droite, nous tenterons de conter sa participation à l’action en termes plus concis.

Ces trois unités de la 44e Division ont en effet exécuté des manœuvres simultanées et imbriquées les unes aux autres, comme les croquis annexés permettent de le voir.

Par ailleurs, la lecture des comptes rendus du 749e Tanks Battalion, lequel couvrait en permanence la progression de l’Infanterie, permet de bien cerner les dates et lieux où le 71e Régiment s’est particulièrement distingué. Aussi, entrons-nous dans l’action sans plus tarder :

10 novembre 1944 

l’Etat-major annonce au 749e Tanks Battalion qu’il aura à intervenir sous peu dans le secteur du 71e là où l’effort principal devra être porté, dès la reprise des combats.

11 novembre 1944

L’Etat-major annonce aux 71e et 324e que la reprise de l’attaque est fixée au lendemain et qu’ils devront partir à l’assaut à 7h00 (l’heure H). Le 71e devant en plus protéger le flanc droit du 114e Régiment, au cours de la manœuvre.

13 novembre 1944 

Le front tenu par la 44e Division va de Remoncourt à Leintrey. L’assaut une fois lancé avec trois bataillons de front, le 1erBataillon du 71e rencontre un champ de mines au Sud de Leintrey. Il en résulte des pertes sévères. A 13h00, le 3e Bataillon a « nettoyé » Leintrey. Il atteint le sommet des collines voisines, situées à l’Est de la localité (voir croquis). A Remoncourt, l’ennemi s’accroche, bien protégé dans des casemates datant de la 1ère Guerre Mondiale.

14 novembre 1944

 Le 71e Régiment reprend l’offensive à 7h20, sous la couverture d’un peloton de chars. Son 3e Bataillon lance une attaque en direction d’Amenoncourt.

15 novembre 1944

Le front s’étend de Remoncourt à Gondrexon, en passant par Xousse et l’espace boisé des Amienbois. Les Compagnies A et L consolident leurs positions. La compagnie A du 749e Tank Battalion soutient l’action du 3e Bataillon du 71e Régiment, au Sud des Amienbois.

16 novembre 1944

L’ennemi a abandonné les Amienbois et se retranche principalement sur la ligne de crête Avricourt, Repaix et dans le Bois de la Baronne. A 2h00 du matin, le 1er et le 2e Bataillons du 71e Régiment s’avancent vers une ligne de front allant de la voie ferrée aux lisières Sud des Amienbois. Des patrouilles offensives tuent quelques « snipers » et détruisent deux casemates. Le 3e Bataillon envoie des patrouilles vers le Sud et l’Est des Amienbois. A 23h00, le 2e Bataillon est remplacé par des éléments du 324e Régiment et se retire vers la gare d’Emberménil. Les 1ers et 2e Bataillons consolident leurs positions et envoient des patrouilles vers le Bois de la Garenne.

17 novembre 1944 

La Division se trouve à présent au Nord, Nord-ouest d’Avricourt et sur les collines situées à environ un kilomètre au Sud, Sud-est d’Igney. Le 3e Bataillon reçoit l’ordre de prendre Amenoncourt, Igney et les hauteurs voisines, ce qui est réalisé respectivement à 15h08, 17h05 et 17h50. Le 2e bataillon attaque vers l’Est, arrive aux lisières d’Autrepierre à 13h45 et termine le  nettoyage du village à 19h45. La Compagnie A du 749e Tanks Battalion s’est approchée d’Amenoncourt (venant des hauteurs de Leintrey) pour soutenir l’action du 3e Bataillon du 71e Régiment. La compagnie C du 749e Bataillon atteint les lisières d’Avricourt, y détruit trois nids de mitrailleuses, entre dans Avricourt et y détruit 12 nids de mitrailleuses, moyennant des combats de rues meurtriers, d’où l’appellation « Bloody Avricourt » (Avricourt la sanglante).

18 novembre 1944

Le 1er Bataillon du 71e Régiment part à l’attaque à 12h50 et s’empare des hauteurs voisines à 16h20 (cote 355). Il reçoit l’ordre de prendre ensuite Foulcrey, ce qui est réalisé à 18h00. La compagnie A du 749e attaque les hauteurs au Sud-est de Foulcrey à 12h45 et y détruit 5 nids de mitrailleuses (16h30).

La progression se poursuit vers Réchicourt et le bois de Ketzing. Au cours de l’action, cinq nids de mitrailleuses sont détruits vers Autrepierre et huit autres entre Avricourt et Réchicourt.

19 novembre 

Le front de la 44e DI s’établit au long du Canal de la Marne au Rhin. Le 71e Régiment attaque à partir de Foulcrey à l’aide de ses 1er et 3e Bataillons et prend Saint Georges, puis Landange et Neufmoulins.

20 novembre 1944 

Le contact est rétabli avec l’ennemi en fuite à Langatte et haut Clocher ainsi qu’au Nord-ouest de Sarrebourg. L’avance rapide de l’infanterie montée sur chars permet de prendre Bébing, le pont de Xouaxange, puis de s’arrêter aux lisières Sud de Sarrebourg pour laisser passer l’aile gauche de la 2e DB française, laquelle va amorcer un large mouvement, évitant Sarrebourg et Phalsbourg et destiné à prendre Saverne à revers.

 

 

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James E. Wilson (1922-1944)

71 RI

 

J'ai toujours été intrigué par James, même si c'est un peu un mystère pour savoir qui il était et ce qui s'est exactement passé. Il est né en 1922, et est le cousin de mon père (et il était plus âgé d'environ 20 ans que mon papa) ... faisant de lui mon 1er cousin au second degré. Quoi qu'il en soit, il s'engage à combattre dans la Seconde Guerre mondiale, comme beaucoup l’on fait alors. Lui et un autre des cousins de mon père ont combattu le D-Day invasion de la Normandie. On a supposé qu'il avait été tué au combat à Leintrey, en France, le 13 novembre 1944.

De ce tableau, le titulaire a sa date de naissance et la date de sa mort, et qu'il mourut à Leintrey. Je n'ai pas été capable de trouver tous les dossiers militaires sur lui et n'ont pas été en mesure de trouver son nom dans aucune base de données, et ne suis pas sûr de quelle unité où service, il appartenait. J'ai cherché Leintrey en France, sur Internet, montrant que peut-être qu'il appartenait à la 44e Division d'Infanterie, mais cela reste à prouver. Cela mettrait cette unité dans Leintrey au moment de sa mort.

Il y avait aussi une certaine spéculation où le corps de James a été renvoyé et enterré que ce n'était pas réellement celui qui a été enterré dans sa tombe. Ma grande tante, sa mère, avait déclaré que cela n'avait pas trop d'importance pour elle, car si tel n'était pas le corps de James dans sa tombe, elle tiens à sa tombe et elle sait que quelque part, une autre mère aurait tendance à James s'il a été enterré dans la tombe de quelqu'un d’autre.