La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

La 15e Panzergrenadier Division

Créée en Sicile après la campagne de Tunisie avec des éléments rescapés de L’Afrika Korps, la 15e Panzer Grenadier Division[1] est commandée par le Général Lieutenant Rodt. Elle est transférée sur le front occidental après dix mois de campagne ininterrompus et particulièrement difficiles en Italie, où elle essuie de lourdes pertes [2]. Après des attaques incessantes de l'aviation alliée sur les voies ferrées, la 15e Panzer Division arrive en Lorraine par petits détachements en piètre état.15 panzer grenadier symbol - Source Wikipedia en

Théoriquement, la division doit être mise en réserve dans la zone de la 1ère Armée, au Sud-Est de Metz. Sa capacité opérationnelle est réduite de moitié et son bataillon de chars est encore en route. Elle ne dispose en tout et pour tout que de 17 chars et canons d’assaut. Bien qu’amoindrie, cette unité est pourtant classée par le haut commandement allié “offensivement valable”.

Mais en ce début septembre 1944, le général Knobelsdorff, commandant la 1ère Armée allemande, est confronté à une grave crise d’effectifs pour faire face à la menace américaine sur la Moselle. Le 12 septembre 1944 dans la matinée, la 80e DI US établit une solide tête de pont à Dieulouard et le 13 septembre 1944, au matin, une colonne blindée de la 4e DB US fonce vers l’Est. Malheureusement pour le General, la 15e est déjà hypothéquée par Hitler en personne pour participer à la formation de la 5e Armée Blindée que le général Hasso Von Manteuffel est en train de rassembler quelque part plus au Sud.

En réalité, les unités ne sont plus disponibles et commencent à quitter la zone de la 1ère Armée. En tête, le 104e Panzer Grenadier Régiment est en route vers la zone de rassemblement de la 5e Armée Blindée. D’autres éléments, retirés de la région d’Arnaville, se dirigent vers Lunéville.

Mais Knobelsdorff ne lâche pas facilement prise. En dépit des ordres formels du Führer, il réussit à différer le départ du 115e Panzer Grenadier Régiment, sous le couvert d’excuses diverses à sa hiérarchie, pour l’engager en contre-attaque contre la tête de pont de Dieulouard.

Lorsque l’on sait qu’une Panzer Grenadier Division comprend deux régiments de grenadiers, un bataillon de chars, un régiment d’artillerie et quelques éléments divisionnaires et compte-tenu de la situation des effectifs du moment, ce sont près de 50% de ses moyens qui manqueront à la 15e Division pour son engagement dans le secteur de Lunéville.

Quelles sont les conséquences de l’initiative du Général Knobelsdorff ? On peut se demander si son indiscipline n’a pas épargné Lunéville, au moment des combats du 14 au 18 septembre 1944, des destructions plus importantes, des pertes en vies humaines plus douloureuses encore que celles qu’elle a subit, si la 15e Panzer Grenadier Division  y avait participé avec tous ses moyens.


[1] Composition de la 15e Panzer Grenadier Division :

-          104e Panzer Grenadier Régiment
-          115e Panzer Grenadier Régiment
-          115e Panzer aufklärungs abteillung
-          33e   Artillerie régiment
-          315e Heeresflaktillerieabteillung
-          33  Division Einheiten Nachrichtenabteillung

 

[2] Et notamment :

-          En janvier 1944, sur le Belvédère, où la 115e Panzer Grenadier Régiment est opposé au 4e Régiment de tirailleurs Tunisiens.
-          En février 1944, où son régiment d’artillerie a appuyé les parachutistes défendant Monte Cassino pendant que le 104e était face à la 36e DIUS.