La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

Le 15e CA rejoint la 7e Armée

 

L’été avançant, l’offensive “ Dragoon ” qui depuis plus d’un mois conduisait les troupes allemandes d’un bout à l’autre du Sud de la France s’arrête. Ce qui est connu des quartiers généraux de la 7e Armée comme une “ crise sur le front Ouest ” est en train de s’installer et les mois d’automne 1944 s’annoncent être une période critique à la fois pour les Américains et les forces ennemies.

Le PC de la 7e Armée se déplace “ à saute-mouton ” depuis la côte à Saint-Tropez vers Brignoles, Grenoble, Lons-le-Saunier et Vesoul, derrière ses Divisions de combat se déplacent rapidement. Jusqu’au 1er octobre, lorsque le poste de commandement s’installe à la caserne Bonnard à Epinal, les Quartiers généraux ne sont pas restés plus de 12 jours consécutifs au même endroit. Deux de ces mouvements, de Brignoles à Grenoble et de Grenoble à Lons-le-Saunier ont pour longueur  à vol d’oiseau 155 et 135 miles (N. d. T. : 1 mile égale environ 1,609 km). Les Quartiers généraux de la 7e Armée se fixent à Epinal pour deux mois pendant que leurs unités s’engagent dans des avancées très lentes à travers les Vosges.

 

Des troubles avant les Vosges.

L’opération Dragon, selon le QG supérieur, a stoppée faute d’approvisionnements indispensables. Au Nord, la 3e Armée a également à assumer un rôle défensif jusqu’à ce que des ressources suffisantes soient accumulées pour une attaque renouvelée. Les allemands sont maintenant installés dans les versants et forêts des contreforts Vosgiens et ont l’opportunité pour le mois d’octobre au moins de réorganiser les éléments en déroute. Le Général Devers, commandant le Groupe de la 6e Armée, avait été “ impatient d’échafauder une puissante offensive aussi tôt que possible ”. Le Groupe  d’Armée, cependant, pauvre en troupes, a seulement trois corps sur un front étendu et manque à la fois d’artillerie et des munitions nécessaires pour offrir un appui conséquent aux attaques soutenues par la 7e Armée Américaine et la Première Armée Françaises simultanément.

La situation de l’approvisionnement de la 7e Armée est qualifiée de “ critique ” et il y a quelque inquiétude que l’ennemi fît à corps perdu usage de gaz et commence une campagne de sabotage et de résistance. Néanmoins, la planification de la destruction de l’ennemi en Lorraine et en Alsace et de la traversée du Rhin progresse avec assurance. Pendant une brève période, le front très mouvant est stabilisé. Les réserves et ressources sont reconstituées et un lieu de départ plus favorable pour l’offensive qui permettra de s’emparer de Strasbourg et tourner au Nord pour créer une brèche dans les lignes Maginot et Siegfried lorsqu’elles seront atteintes.

Maintenant un front relativement stable, les défenseurs allemands projettent d’exploiter le terrain favorable au mieux. Les montagnes et forêts pallieront au manque d’hommes, de matériel et de moral de la Wehrmacht. Incapable d’initiative militaire comme de lancer une attaque à grande échelle ou de manifester quelque intention générale autre que la défense continue, l’ennemi fait de son mieux pour contenir les percées alliées et pour résoudre quelques uns de ses problèmes. L’intention des Allemands est de tenir les Vosges aussi longtemps que possible avant que de battre en retraite sur la ligne Siegfried. A cette fin, les organisations de Division sont parachevées, et les groupes de combats divers, qui ont battu en retraite depuis le Sud de la France, sont dissous et réabsorbés tout le long du front avec la 7e Armée.

La puissance de frappe des forces du général Patch est augmentée fin septembre par le transfert de 2 Divisions déjà présentes sur la ligne de front immédiatement sur la gauche comme faisant partie de la 3e Armée du 20e Groupe d’Armée. Le 15e Corps, commandé par le Major Général Wade H. Haislip, est rattaché à la 7e Armée et passe sous le contrôle des nouveaux Quartiers généraux, le 29 septembre 1944. Ce corps comprend la 2e Division Blindée Française ; la 79e Division d’infanterie, qui vient juste de prendre et de mettre en sûreté Lunéville; le 106e Groupe de Cavalerie ; et des troupes attachées. Sa mission, jusqu’à la parution de nouvelles instructions opérationnelles, consiste à protéger le flanc droit du 20e Groupe d’Armée et à continuer son offensive pour sécuriser le secteur de Lunéville au Sud de la ligne Chaumont - Lunéville - Sarrebourg.

Au Nord -est de Lunéville, la 15e Division de Panzer Grenadiers tente de résister pour bloquer l’avance vers la percée de Saverne. Le 15e Corps est déjà engagé dans cette zone au Sud du canal de la Marne au Rhin le 29 septembre 1944, lorsqu’il est assigné à la 7e Armée. Depuis la chute de Lunéville, l’ennemi a été forcé de se retirer derrière la Meurthe et occupe des positions importantes dans la forêt de Parroy contre la 79e Division. Avec la chute de Rambervillers le 30 septembre 1944 et la menace sur Baccarat exercée par la 2e Division Blindée Française et le 6e Corps, les allemands sont en train de perdre complètement leur ligne constituée par la rivière et se trouvent exposés à la perspective d’être repoussés dans les montagnes.

Les Vosges à l’Est de Lunéville sont basses, généralement rondes, très denses et arrangées en crêtes parallèles avec une hauteur moyenne de 900 mètres ou 3000 pieds (N. d. T. : 1 pied égale environ 0,3048 mètres). Le sol est en pente plus graduellement à l’Ouest qu’à l’Est, descendant en une série de plateaux vers la plaine de Lorraine. L’ascension est souvent facile de ce côté de la chaîne, mais les défilés étroits que suivent les artères de communication à travers les Vosges ne permettent pas la libre manœuvre des véhicules. La frontière Sud du 15e Corps s’étend au Nord-est à travers les villages de Rambervillers, Baccarat et Badonviller, où elle courre jusqu’à l’esquisse du massif des Hautes Vosges. La frontière Nord est formée par le canal de la Marne au Rhin qui va de l’Est de Nancy à Strasbourg, passant au Sud de  Sarrebourg et traversant Saverne.

Les lignes convergentes du canal de la Marne au Rhin et du massif des Hautes Vosges forment un entonnoir de 15 miles qui se rétrécit à l’Est. Einville sur le canal juste au Nord de Lunéville est à 22 miles de Rambervillers au Sud ; mais les marais au delà de Parroy sont à seulement 7 miles du massif des Hautes Vosges. Ce couloir donne accès à la percée de Saverne, un petit et étroit passage qui relie la Lorraine aux plaines d’Alsace et sert à séparer les hautes chaînes des Basses Vosges au Nord. Les collines et montagnes se terminent en pointe de chaque côté de la séparation ; et bien qu’elles fournissent quelques positions de défense, elles présentent également des possibilités de poussées perçantes dirigées vers la Percée de Saverne.

Le terrain entre les frontières représente une portion de la plaine Lorraine qui est relativement nivelée et couverte de forêts denses. Des cours d’eau traversent la plaine. La Meurthe prend sa source dans les Hautes Vosges, traverse Saint-Dié, Raon-l’étape et Baccarat au Nord-ouest, et coule de Lunéville à Nancy où elle rejoint la Moselle. La Vezouze jaillit dans les Vosges à l’Est de Blâmont, capture quelques ruisseaux, coule à l’Ouest et se jette dans la Meurthe à Lunéville. La Mortagne, coule à l’Ouest et passe par Rambervillers, se jette également dans la Meurthe près de Lunéville. Le réseau routier, bien qu’atrophié par le terrain des Vosges est adéquat pour le trafic militaire. Une route principale court le long du bord Est de la vallée de la Meurthe, reliant Lunéville à Baccarat. Une autre passe à l’Est par Blâmont, Héming, Sarrebourg et Saverne. Les lignes ferroviaires relient également Lunéville à Saverne à l’Est et à Baccarat et Epinal au Sud.

Le 15e Corps continue à lutter contre les positions allemandes à l’Est de Lunéville, et il n’y a pas de changement de mission lorsque son transfert de la 3e à la 7e Armée est effectué. Les troupes de la 3e Armée au Nord faisaient pression sur les alentours de Metz. Au Sud, le 6e Corps se bat dans les contreforts des Vosges à l’Est de la Moselle. La mission durant le mois d’octobre et début Novembre consiste à “ nettoyer ” les abords des cols des Vosges dans le secteur, et à appréhender le terrain duquel serait lancée une offensive visant à mener la 7e Armée au travers des défenses Vosgiennes, à Strasbourg et par delà le Rhin.

 

Dans la forêt de Parroy.

La forêt de Parroy, le bastion d’avant-garde des allemands tenu avec force, se présente comme étant le premier problème pour les opérations du 15e Corps en tant que partie de la 7e Armée. En raison de ce qu’a été jusqu’à  récemment les circonstances ordinaires de l’offensive, la forêt aurait pu de manière concevable être contournée. Mais la stabilisation générale du front, en contraste avec le caractère très mouvant des précédentes semaines conduisit à la décision de “ l’attaquer et de la nettoyer… préalablement à de futures progressions ”. Le 15e Corps est également handicapé par la crise générale du ravitaillement. Lors de son transfert au sein de la 7e Armée, ses stocks de munitions et de carburant sont complètement épuisés. Il faudrait la majeure partie d’un mois avant que la capacité ferroviaire de la ligne de ravitaillement militaire longue de 500 miles soit suffisamment accrue pour améliorer la situation critique et commencer l’accumulation de réserves pour le support d’une attaque à grande échelle. Aucun des deux, corps ou artillerie, ne se renforça dans le groupe de la 6e Armée jusqu’au niveau requis pour des assauts simultanés avec les 7e Armée et 1ère Armée Française. Les décisions antérieures de haute importance ont fait inscrire des unités d’artillerie lourde de campagne sur la liste des troupes participant à l’opération Dragon pour le soutien continu des forces en Italie. Lors de la visite du général Marshall au 15e Corps le 9 octobre 1944, les puissances de feu des batteries sont “ au plus faible niveau de leur histoire ”. Finalement, les potentialités offensives des 79e Division commandée par le Major Général Ira T. Wyche et  la 2e Division par le général Philippe François Leclerc qui a été considérablement amaigrie par les engagements antérieurs dans la campagne du Nord de la France.

En contraste avec la mauvaise posture des Alliés, la situation allemande est améliorée en de nombreux points. Après un mois de mouvement de retraite, des éléments de la 19e armée allemande ont été capables d’effectuer une jonction avec la 1ère Armée allemande dans le Nord de la France près d’Épinal. Dans le secteur de Baccarat- Dieuze, devant les 15e Corps et 3e Armée du 12e Corps, l’ennemi concentre une force exceptionnellement importante de blindés en raison du terrain relativement accessible. Une imposante ligne d’ouvrages défensifs va des prémices du massif des Vosges à Baccarat, à travers Blâmont jusqu’aux marécages d’Héming. Cette ligne, construite à la hâte, est constituée de tranchées pratiquement continues complétées par des casemates et des fossés antichars. Des éléments des 11e et 15e Division Panzer sont menées avec un certain nombre d’unités diverses de bataillons d’infanterie et d’artillerie pour s’opposer au 15Corps. En face de cette ligne de défense, l’ennemi tient fermement la forêt de Parroy.

15 CA

Cette forêt est  un enchevêtrement vicieux de bois et de broussailles d’environ 7 km de long et 5 km de large, recouvrant les crêtes peu élevées au Nord-est de Lunéville entre le canal de la Marne au Rhin et la Vezouze. Elle est coupée en deux par une route allant d’Est en Ouest, le chemin du Haut de la Faite, qui suit de manière générale l’à-pic d’une petite crête ; et elle est traversée par un certain nombre de voies et d’allées coupe-feu, y compris les restes abandonnés de la vieille ligne de chemin de fer à voie étroite datant de la première guerre mondiale. Au sein de la forêt, les éléments de la 15e Division de Panzer Grenadiers attendent l’assaut Américain, et deux régiments de la 79e Division sont envoyés au combat qui a été différé de plusieurs jours. L’important bombardement préliminaire des entrées et carrefours de la forêt a été retardé en raison du mauvais temps. Le 28 septembre 1944, les bombardiers sont envoyés ; et bien que l’attaque ne soit pas menée avec la puissance espérée, l’assaut initial de l’infanterie est victorieux. L’ennemi n’a pas été sérieusement touché par le bombardement mais les troupes d’infanterie de la 79e Division atteignent le coin Ouest de la forêt sans difficulté. Le 315e Régiment d’infanterie attaque au Nord de la route principale de la Faite et le 313e d’infanterie au Sud. Dans les bois, la résistance s’accentue. L’ennemi utilise des chars pour soutenir ses positions établies à la va-vite et en dépit du terrain accidenté, les Mark IV arrivent à stopper la progression plus en avant. L’utilisation et la manœuvre de blindés dans les bois touffus devient la principale caractéristique de la défense allemande de la forêt, et plus tard de l’offensive américaine qui libère la forêt de Parroy. L’attaque, commencée l’après-midi du 28 septembre 1944, a permis à la tombée de la nuit de réaliser une pénétration d’environ 1 kilomètre dans la forêt. Avançant lentement contre l’opposition croissante le jour suivant, chaque régiment doit faire face à des contre-attaques et le 313e est forcé de se replier jusqu’à ce qu’un bataillon supplémentaire est envoyé pour reprendre le terrain. L’ennemi attaque à nouveau la jonction des 1er et 3e bataillons avec les chars, remontant et descendant la route, tirant dans les lignes tandis que l’infanterie fait des infiltrations couronnées de succès. Cette nuit-là, la confusion règne, avec la réorganisation du 3e bataillon, le 2e bataillon s’avance jusqu’à ses arrières pour protéger le flanc Nord-est exposé devant le 315e Régiment. Une attaque ennemie est repoussée en fin d’après-midi le 30 septembre 1944 ; et peu avant minuit, le contact est établi avec le 315e Régiment qui est allé de l’avant et a réduit la brèche. Chaque régiment a gagné environ 1000 yards (N. d. T. : 1 yard égale environ 0,914 mètre).

Le 1er octobre 1944, le 314e Régiment est déplacé de Croismare pour couper la retraite dans la partie Sud des bois, avancer dans le secteur du 313e et rejoindre le 315e à la route de la Faite. Ce jour, la Division fait un gain d’ensemble d’environ 1000 yards de terrain contre d’importantes concentrations d’artillerie et de mortiers mais un feu d’armes légères seulement modéré. Des poches de résistances avec du fil de fer barbelé et des champs de mines s’étendant des routes et voies jusqu’à l’intérieur des bois eux-mêmes ralentirent les avancées jusqu’à progresser pratiquement à une allure d’escargot. Les allemands sont particulièrement redoutables dans la clairière centrale dans le secteur Sud de la forêt qui couvre leur route de ravitaillement depuis Laneuveville-aux-Bois. Toutes les voies bien définies d’approche sont enregistrées par l’artillerie et placées sous un tir de barrage.

Au Nord, sur le flanc gauche de l’offensive de Parroy, le 315e RI rencontre des tirs automatiques intenses à la jonction connue comme étant le point N°1 (voir la carte) et endure une contre-attaque d'un bataillon à la seconde jonction, au point N°2, plus loin à l’Est. A ce stade, l’escadron de reconnaissance du 106e de Cavalerie, qui couvre le flanc Nord du 15e Corps en maintenant des patrouilles motorisées dans la zone étroite entre le coin de la forêt et le canal de la Marne au Rhin, est envoyé dans les bois. Au centre, un bataillon du 314e se dirigeant vers le Nord réussit à percer jusqu'au 313e RI et ils firent leur jonction sur la route principale de la Faite. En dessous, dans la clairière centrale, l’ennemi surprit les deux autres bataillons à la lisière Ouest ; et là, les forces continuent à se faire face pendant plus d’une semaine, jusqu’à ce que l’ennemi évacue les positions dans la nuit du 9 au 10 octobre 1944.

 

La bataille dans la forêt.

Les difficultés américaines sont dues pour une part aux obstacles naturels et d’autre part aux tactiques efficaces de la défense allemande. La densité du feuillage limite la visibilité aussi bien en avant que sur les flancs. Les unités d’attaque sont contraintes de maintenir un contact physique proche les uns avec les autres. Aussi, la vitesse de progression est généralement ralentie en raison de la résistance forte rencontrée par l’unité, et la queue de l’avance doit toujours être raccourcie. L’effet dévastateur du feu de l’artillerie est augmenté par une forte proportion d’éclats de bois gênant la lutte dans la forêt. Les troupes apprennent bientôt que les trous individuels doivent être couverts et les rondins disposés en haut des tranchées pour assurer une protection à hauteur de tête. Dans de nombreux cas, les vieilles positions de la première guerre mondiale sont converties en refuges personnels.

L’ennemi maintient le gros de ses troupes derrière le front nébuleux et ne garde à l’avant que des petits groupes à des endroits où ils peuvent entendre les attaquants venir à travers les bois. Des tirs finement observés peuvent être contrés par les allemands sans mettre en danger leur propre ligne principale de résistance placée derrière la large zone de dispersion affectée par les éclats d’arbres. La résistance à l’aide de petites armes est uniquement dispersée et occasionnelle, jaillissant au dernier moment pour couvrir la fuite des observateurs aux avants postes.

Le 314e Régiment a décroché du Sud Ouest pour la route de la Faite et le 313e a envoyé des patrouilles pour nettoyer les proches environs de l’ennemi qui s’est infiltré. Le 3 octobre 1944, un barrage routier au point N°3, la piste de la Faite, juste à l’Ouest de la principale jonction dans la forêt est touché par un mouvement de chars de flanc oscillant autour de la route derrière le barrage. L’emploi de blindés, en dépit de la difficulté de manœuvre représente un point de départ tactique pour les forces américaines. Les allemands ont démontré l’efficacité des blindés comme artillerie mobile dans la lutte en forêt.

Le point fort allemand au cœur de la forêt de Parroy est pris d’assaut par 2 régiments se déplaçant de front aux environs de la principale jonction. Sur le flanc gauche, des éléments du 315e Régiment parviennent à atteindre le 4 octobre 1944 la route Nord-Sud de Bossupré au dessus de sa jonction avec la route de la Faite, contournant et réduisant le point N°1, à 2 miles au Nord-ouest de la jonction. Les unités se déplacent à l’Est sur la route de la Faite, cependant, sont stoppées non loin de leur objectif. L’attaque du 314e RI sur le flanc droit est mise en échec par un ennemi altérant la puissance de la compagnie, soutenu par 6 chars. De nouveau dans l’après-midi, le 2e bataillon du 314e RI est stoppé par le feu de chars au bas de la route et par des concentrations de mortiers lourds. Les allemands couvrent leurs efforts de défense avec un assaut d’infanterie qui perce la ligne du bataillon.

Le jour suivant, un coup de grande envergure projeté pour envelopper la force ennemie à la jonction des routes du Haut de la Faite et de Bossupré est lancé au point N°4. Le 1er bataillon du 315e RI avance à travers le flanc gauche et procède à un balayage en direction du Sud-ouest. La route est atteinte. Mais une fois de plus l’infanterie et les chars allemands, des éléments du 11e bataillon Panzer de Reconnaissance, font une percée et quelques troupes américaines se voient temporairement couper la retraite au Sud. Les matins et après-midi suivants, la force globale décide d’abandonner ses positions en avant et de revenir sur la ligne définie par la route de Bossupré. Le 106e de Cavalerie continue à débarrasser la portion Nord-ouest de la forêt de la présence ennemie, mais l’attaque globale est suspendue pour faciliter les préparatifs de l’offensive du  9 octobre 1944.

 

15 CA

 

Juste avant cette offensive, des unités de la 79e DI sont disposées comme suit : sur le flan droit, les 1er et 3e bataillons du 314e RI, qui font déjà face à l’ennemi au cours de l’action d’annihilation de la présence ennemie dans le secteur Sud de la forêt. A leur gauche se trouve une brèche considérable au delà de laquelle le 2e bataillon prend position avant le carrefour crucial des routes de la Faite et de Bossupré  (point N°4) avec son flanc gauche sur la principale route Est-ouest; au Nord de la route, le 3e bataillon du 315e RI est également à proximité de la jonction. A sa gauche, se trouvent les 1er et 2e bataillons du 315e RI. Environ la moitié de la superficie totale de la forêt de Parroy est débarrassée de l’ennemi. L’incessante pression exercée a contraint l’ennemi à déplacer des unités des zones plus calmes au Nord et au Sud pour renforcer les lignes de défense dans les bois. Les remplacements se font par unités et sont immédiatement engagés. L’ennemi est bientôt forcé de ne compter que sur les troupes présentes dans la forêt. La présence de troupes dans les zones adjacentes est réduite au minimum et il n’y a à l’évidence  pas de grandes unités disponibles dans les environs pour la relève. Il y a une forte proportion d’hommes âgés parmi la relève allemande mais la ligne ennemie est soutenue selon les disponibilités.  

Le nouvel assaut et un plan de couverture sont simultanément lancés. A 06h30 le 9 octobre 1944, une diversion commence à Marainviller au Sud de la forêt. Des chars manœuvrent par le 1er bataillon du 313e RI font feu dans les bois. Les allemands mordent à l’appât et bombardent Marainviller au cours de la matinée. Pendant ce temps, sur le flanc Nord, le 2e bataillon du 315e RI commence son action en direction des hauteurs dans la partie Est de la forêt, qui, si elles sont prises, rendraient intenables les positions restantes de l’ennemi. Les objectifs sur les hauteurs sont atteints vers 18h00, et 2 heures plus tard, lorsque le 1er bataillon remonte sur la droite, l’investissement de la crête de la forêt est total.

La forte opposition à l’avancée est rencontrée au carrefour au centre de la forêt, le point N°4. Le 3e bataillon du 315e décroche pour s’enfoncer directement à l’Est sur le côté Nord de la route de la Faite en direction de l’objectif du régiment sur les hauteurs. Les allemands sont bien ancrés à l’Est de la route de Bossupré, et le bataillon ne parvient à la traverser qu’après une lutte acharnée. A 08h35, il est dévié de sa route par l’ordre de porter assistance au point N°4. Les troupes ont traversé la route de Bossupré et tournent maintenant vers le Sud-est sous un feu nourri de petites armes pour couper la route de la Faite plusieurs centaines de yards derrière le carrefour. Depuis le Sud, le 2e bataillon du 314e RI, descendant les blindés le long d’une ligne de chemin de fer à voie étroite abandonnée qui ralliait auparavant le point stratégique allemand, arrive à se déplacer derrière la position ennemie selon une manœuvre de flanc similaire. Neutralisé par une épaisse fumée, pris au piège et encerclé, le point fort allemand au cœur de Parroy est enlevé. Avec la prise des hauteurs à l’Est et la réduction du point N°4, la 79e DI a dans les faits finis la bataille de la forêt. Le 313e RI attaque et se positionne à l’angle Sud-est de la forêt, seulement retardé par les mines. Cette nuit-là, la seule position allemande restante, la position N°5, établie dans le secteur Sud des bois est abandonnée. L’équipement et des corps sans sépultures restent derrière. Quelques 2000 hommes désignés pour stopper l’avancée américaine ont été sacrifiés.

L’utilisation intrépide de blindés dans la forêt est la caractéristique marquante des tactiques allemande et plus tard américaine pendant l’opération. La densité du feuillage force les chars à rester la plupart du temps sur les chemins et allées pare-feu, mais partout où une clairière ou la petite végétation le rende possible, les chars sont déployés en dehors des routes. Selon les occasions, des chars sont même employés comme véhicules de support lorsque les chemins détrempés se révèlent être inutilisables par d’autres modes de transport. Les tactiques de l’artillerie sont gênées par l’impossibilité d’effectuer des opérations à travers les bois, rendant ainsi nécessaire  le recours aux tirs en utilisant des données cartographiques. Chaque effort sert à faire avancer l’infanterie à travers la forêt plutôt que sur des routes et chemins établis sur des cartes. L’opération globale, en raison des difficultés de contrôle et d’orientation sur un terrain touffu, fut confinée à des fronts étroits et des objectifs limités.

 

La percée vers les hauteurs.

Ayant bouté l’ennemi hors de la forêt de Parroy tenue avec force, la 79e Division pousse plus loin à l’Est pour s’établir sur des reliefs plus stratégiques. Deux régiments, les 313e et 314e, ont pris position à cheval sur la voie ferrée et la grande route au Sud de la forêt le long d’une ligne qui inclue Laneuveville-aux-Bois, ancien centre de ravitaillement allemand, et Manonviller. Le 13 octobre 1944, Emberménil est occupée mais le Sud du village subit de flanc des tirs provenant de la gare gênant la progression jusqu’à ce qu’il soit pris l’après-midi suivant.

15 CA

15 CA

 

 

PC du 15e CORPS US

BUREAU DU GENERAL COMMANDANT

1) Au début du mois d’octobre 1944, le 15e Corps se compose de la 79e Division d’Infanterie, la 2e Division Blindée Française, le 106e Groupe de Cavalerie et les troupes rattachées.

 Le Corps a déjà été engagé pendant deux jours en éclairage dans la forêt de Parroy afin de déterminer la résistance ennemie dans la zone de la 79e DI, tenant la rive Sud de la Vezouze et en patrouillant vers le Sud et l’Est dans la zone de la 2e DB.

2) Dans la forêt de Parroy, le 313e et le 315e RI de la 79e DI ont réussi a avancer à travers un terrain difficile et contre une violente résistance environ ¾ de mile plein Est dans la zone Sud de la forêt.

  Le commandement de la 2e DB est disposé en profondeur sur le flanc droit du Corps tenant un front suivant la ligne générale : Rambervillers, Anglemont, Glonville, Azerailles, Bénaménil, Thiébauménil. Tout au long de la ligne de front, la division est en contact avec l’ennemi par patrouilles interposées. Le 106e GC patrouille dans la zone Nord de la forêt de Parroy et tient Bauzemont et son Nord, Hériménil jusqu’au Sud du canal de la Marne au Rhin.

3) Ainsi pendant les premiers jours d’octobre 1944, la mission principale du 15e Corps fut de continuer l’attaque de la forêt de Parroy.

Note 1 : Sauf indication en bas de page, toutes les informations contenues dans ce rapport sont basées sur les rapports périodiques du 15e Corps pour octobre 1944.

Note 2 : Toutes les heures sont en heure alpha (heure d’été britannique)

 

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Mercredi 18 octobre 1944.

Il n’y a aucun changement dans les activités de mise en place de la 44e Division d’Infanterie (sans compter les unités rattachées à la 79e DI)

L’artillerie du Corps a réalisée 8 missions de contrebatterie durant la journée ainsi que 2 neutralisations et une interdiction de route .Rien ne fut tiré par le Corps d’artillerie pendant la nuit. L’artillerie de la 44e  DI est signalée en position à 18h00.

Le 121e Escadron de Cavalerie relève le 106e Escadron à 16h00. Les patrouilles vers l’Est continuent.

Les 12e  et 19e  TAC sont incapable de supporter le 15e Corps durant la journée à cause des conditions météorologiques défavorables .Des bombardiers de nuit ont survolés le pont dans la zone dans la nuit du 18 au 19 octobre 1944.

 

Jeudi 19 octobre 1944.

A) La 79e DI continue d’effectuer de nombreuses patrouilles sur tout le front pendant toute  la  journée, les tirs de l’artillerie allemande ont nettement diminués.

Des éléments du 1er Bataillon du 313e RI occupent la crête en (Q 240034) à 18h30.

Le 114e RI de la 44e DI occupe la zone est de Thiébauménil à 15h00 et sous couvert de la nuit effectue la relève  du 2e  Bataillon du 315e RI à 21h35 et relève le 1er Bataillon du 314e RI à 22h25.  

Le 71e  RI de la 44e DI occupe la zone Nord-est de Laneuveville aux Bois en (Q 200020).

Le 324e RI rattaché à la 79e DI fait mouvement à 19h00 vers la zone Nord-ouest de Croismare évacué par le 71e RI. Les 3 régiments de la 44e DI effectuent par ce mouvement la relève graduelle de la 79e DI prescrit, par l’ordre de combat N° 26, du 15e Corps daté du 17 octobre 1944.

Pendant ce temps, le 79e Groupe de Reconnaissance fait mouvement vers la zone de rassemblement divisionnaire aux alentours d’Haussonville en (Q 9693) après avoir été relevé par le 44e Groupe de Reconnaissance à 12h30.

B) Il n’y a pas de changement dans le dispositif  de la 2e DB ce jour. L’artillerie ennemie  effectue quelques tirs durant la journée. 

C) Le 15e Corps d’artillerie tire 5 missions de contrebatterie. Deux bataillons tirent sur des véhicules ennemis sur la route en (Q 312039) avec de bons résultats.

D) Des patrouilles du 121e Escadron de Cavalerie restent actives opérant à l’est en (Q 210099). Le 106e Esc de Cavalerie est tenu en réserve dans les environs d’Einville en (Q 080070).

E) A 16h15, seize avions attaquent le village de Leintrey en (Q 2603) avec d’excellents résultats. Ils ont bombardé des troupes et des véhicules ennemis dans les environs du village. Des blindés sont repérés dans le bois en (Q 250990) et 6 bombes sont lâchées sur la zone (sans résultat connu).

 

Vendredi 20 octobre 1944.

A) Dans la zone de la 79e DI, le 315e Régiment d’Infanterie termine la relève du 1er Bataillon du 313e  RI  dans la nuit du 19 au 20 octobre 1944 à minuit.

Les 313e, 314e, 315e RI patrouillent activement sur leur front durant cette période, recevant des tirs éclairants d’artillerie et de mortier durant la matinée. Pendant toute l’après midi et toute la nuit, de puissants tirs d’artillerie tombent sur le 313e et le 315e RI.

B) Le 71e et le 324e d’Infanterie  approchent  la zone  Nord Est  de  Laneuveville aux Bois.

C) La 79e  DI moins les Régiments attachés à la 44e D I se prépare a attaquer vers l’Est dans la matinée du 21 octobre 1944.

D) La 2e DB continue a patrouiller dans sa zone et  protège le flanc droit du 15e Corps, maintenant le contact avec le 117e Esc de Cavalerie. Glonville est lourdement bombardé par l’ennemi.

E) Pas de changements de dispositif dans la 44e Division d’Infanterie.

F)  Le 15e Corps d’artillerie effectue un tir de 7 contrebatteries dont un non observé.

G) Le 106e G C patrouille sur le bord est de la forêt de Parroy de (Q 210098) à (Q 213083).

H) Le 19e TAC  supporte le 15e Corps, larguant 24 bombes de 500 pounds sur Xousse et 24 sur Leintrey. Un Escadron bombarde des troupes, véhicules et approvisionnement à Amenoncourt d’où des coups de feu étaient partis. Les observations aériennes confirmèrent  que Vého avait été détruit par le bombardement du 19 octobre 1944 .Le 12e TAC n’effectue pas de vol de support du 15e Corps pendant cette période.

 

Samedi 21 octobre 1944.

A) Dans la matinée, la 79e DI attaque vers l’Est suivant les ordres de combats N° 26 du 15e Corps .La mission des divisions est de couper et tenir la ligne: Domjevin, le bord de la forêt du Rémabois en (Q 250030) du Nord en (Q 425050) et du Nord Ouest en (Q 225070) suivant les premières indications de l’ordre du Corps N° 25 et plus tard classifié dans l’ordre du Corps N° 28 du 18 octobre 1944.

 

Mardi 24 octobre 1944.

A) La 2e DB patrouille dans la zone Sud Est de Baccarat ainsi que vers l’Est et le Sud Est de la forêt de Mondon. La Division suit les instructions N° 33 du 15e Corps du 24 octobre 1944, pour enlever les mines de la zone de la 79e DI de jour le 30 octobre 1944 et pour protéger les hommes du Génie sur la zone (31).

B) Le Corps d’artillerie tire 46 salves de contrebatterie dans cette période. Deux tirs sur route chacune par salve de 5 bataillons sont tirés sur la route d’Igney en (Q 230040) Repaix en (Q 3301) à 22h45 et 22h55.

C) Le 106e GC fait mouvement vers le Sud dans la forêt de Parroy pour rejoindre les positions sur la ligne en (Q 217066) - (Q 206081). Des patrouilles sont envoyées contre des positions ennemies sur les collines en (Q221073) et (Q 220078).   

Des éléments  du  121e Esc de Cavalerie  maintiennent  le  contact  avec  le  15e  Corps dans  les  environs  de  Mouacourt  en  (Q 180090). Le  44e  G de  Reco  Cav  revient   sous contrôle de la division à 12h00.

D) De  20h41  à  20h57, environ  5  avions   non   identifiés  sont   signalés. Deux  appareils violent  la  IAZ, 159  obus  de  90  mm  sont  tirés  mais  aucune  destruction  est  annoncée . A 01h24, 3  avions sont détectés, mais aucun n’est tiré.

E) Le 15e  Corps  ne  reçoit  aucun  support  aérien  pendant  cette période à  cause  des mauvaises conditions météo.

 

Mercredi 25 octobre 1944.

A) Les  positions  de  la 44e DI  demeurent  inchangées. Il y  a de nombreux  bombardements ennemis sur les positions du 114e RI et sur les  arrières de la 44e DI  durant le  début  de la matinée. De petites  attaques  ont  lieu  sur  les  lignes du  71e RI à 6h20. A  la tombée du jour, 5 chars allemands accompagnés par l’infanterie sont signalés avançant vers le 324e RI. La  formation  est  dispersée  par  un  tir  d’artillerie  avant  d’atteindre nos positions. Des patrouilles continuent toute la journée à maintenir le contact avec l’ennemi. Après un bref  accrochage  à  14h30,  17  prisonniers  sont  récupérés  au  carrefour  en  (Q 234062) dans les environs de (Q 253028), à 16h30 une  autre  patrouille  ennemie de 21 hommes est pris a parti et 16 d’entre eux sont tués par balles .

B) Un ennemi de force non déterminé constitué d’infanterie soutenue par des blindés attaque et pénètre dans les position  du  324e RI  dans  la  zone  du  1er Bataillon  à  18h45  et encercle avec succès une compagnie .Celle-ci est libérée lorsqu’une compagnie de réserve est engagée, la  ligne  de  front  est  aussitôt  restauré  à  21h15. L’ennemi  reprend  son attaque à 23h45 depuis le point (Q234062) sur la colline située en  (Q229061)  avec  4 ou 5 blindés accompagnés d’infanterie (force non évaluée), cette attaque est repoussée.

C) Toutes les unités de la 79e DI regagnent leur zone  de  repos durant  la  journée  du  25 octobre 1944 et termine le mouvement à 16h30.

D) La 2e DB maintient le contact avec l’ennemi par des patrouilles et protège le  flanc sud du 15e Corps.

E) Le Corps d’artillerie tire 32 contrebatteries  lors de cette période. 6 tirs sont effectués sur des véhicules ennemis sur une route dans les environs de Leintrey en (Q 2603).

F) Le 106e GC n’apporte aucune modification dans ses positions sur le front. Le 121e Esc de Cav  reste en réserve dans les environs d’Einville.

G) Toutes les missions de support prévues pour le 15e Corps lors de cette période sont  annulées à cause des mauvaises conditions météo sur les bases.

 

Jeudi 26 octobre 1944.

A) Durant cette période la 44e DI  consolide et renforce ses  positions. Avant  le  levé  du  jour, les allemands effectuent 3 petites attaques contre les lignes du 324e RI (ce  régiment occupe le flanc gauche sur la ligne de la division) appuyées par 4 ou 5 blindés et sont repoussées par des tirs de l’artillerie. A l’aube et au crépuscule des tirs ennemis sont reçu sur le front, avec des tirs de mortier tombant tout au long de la journée sur les positions du 114e RI. Pendant cette journée, la 44e DI patrouille vers l’Est et renforce ses positions.

B) La 2e DB maintien le contact avec l’ennemi en effectuant des patrouilles et en protégeant le flanc Sud du 15e Corps.

C) La 79e DI a gagnée sa zone de repos au Sud Ouest de Lunéville, s’installe et débute son programme d’entraînement.

D) Le 15e Corps d’artillerie tire 29 contrebatteries et 2 tirs sur route dans les environs de Igney en (Q 320040) et au carrefour de Gondrexon en (Q 280010).

E) Le 106e GC envoie des patrouilles vers le sommet en (Q 221073) et (Q 220078) afin de localiser et d’estimer une compagnie ennemie .Le 121e reste en réserve à Einville.

F) À cause de conditions météo défavorables, il n’y a pas de mission aérienne en support du 15e Corps.

 

Vendredi 27 octobre 1944.

A) La journée est calme sur le front du 15e Corps avec de petites activités  autres que des patrouilles. Dans la zone de la 44e DI, le 324e lance des patrouilles sur Vaucourt et Remoncourt trouvant les anciennes positions abandonnées par l’ennemi. Remoncourt avait été occupé par les allemands, qui plus tard réoccupèrent Vaucourt. De nombreux tirs de mortiers sont tirés lors de cette journée.

B) La 2e DB continue a tester les lignes ennemies .L’artillerie allemande est très active, particulièrement sur Bénaménil et Ménil-Flin.

C) La 79e DI demeure sur sa zone de repos et poursuit son programme d’entraînement et de remise en état du matériel.

D) Le Corps d’artillerie effectue 9 tirs de contrebatteries, barrage de route sur des véhicules, et sur le carrefour au Nord Ouest de Gondrexon en (V 2801). 36 obus sont tirés sur le village de Leintrey.

 

Jeudi 2 octobre 1944.

A) Des patrouilles du CCD sont envoyées de Baccarat, Merviller et Bertrichamps vers l’Est et le Sud Est. Veney est occupé aussitôt car les allemands ont abandonné le village, plus loin la route est encombrée d’obstacles, mais pas défendu par l’ennemi.

B) A 12h00, les instructions N° 37 du 15e Corps sont publiées, alertant un RCT de la 79e. Ce  RCT se compose d’un RI, d’un bataillon d’artillerie de campagne (105 mm Howitzer) une compagnie de Génie combat et une compagnie d’assistance médicale, ces éléments doivent être prêt à faire mouvement avec leurs véhicules dans les 3 heures d’après le Général commandant. La 2e DB doit rejoindre une zone qui lui sera assignée et attaché à son commandement dés son arrivée. La mission de ce RCT est d’assister la 2e DB pour tenir Baccarat qu’elle vient juste d’occuper .Il n’y a pas d’autre changement dans les positions de la 79e DI qui reste dans sa zone de repos au Sud Ouest de Lunéville.

C) Le Corps d’artillerie tire 16 contrebatteries et 3 bataillons tirent sur le dépôt de chemin de fer d’Avricourt en (Q 3106).

D) Des éléments du 121e occupent la colline en (Q 220075) appuyé par des troupes C d’une position en bordure est de la forêt de Parroy. La troupe A occupe le sommet en (Q 220072) et (Q 225072) avec un observateur de l’artillerie établit sur le haut de la colline en (Q 225072). Le 106e reste en réserve à Einville s’entraîne et remet en état son matériel.

E) Le 12e et le 19e TAC ne peuvent assurer le soutien du 15e Corps à cause des conditions météo défavorables.

F) Un total de 56 prisonniers sont capturés ce jour par le Corps, dont 54 par la 2e DB et 2 par la 44e DI.

 

Vendredi 3 novembre 1944.

A) Dans la zone de la 44e DI, le 71e avance approximativement de 3 kilomètres lors de cette journée.

B)Le 1er Bataillon du 71e RI, au centre du dispositif de la 44e DI fait mouvement tôt le matin et à 7h30 gagne son objectif le bord est du Rémabois en (Q255032). Le 2e Bataillon du 71e (sur la droite du 1er Bat) est capable de faire mouvement en avant sans incident et à 15h35, une ligne est établit de (Q255015) à (Q257028). Le 3e Bataillon reste en réserve.

C)Le 3e Bataillon du 114e RI sur le flanc droit du 71e est incapable d’avancer à cause d’un grand champ de mines sur le haut de sa ligne de front. Une brèche  sur l’axe d’avance entre le 3e Bat du 114e et le 2e Bat du 71e fut couvert par des patrouilles. Il n’y a pas de changement dans le dispositif du 1er et 2e Bat du 114e RI.

D)Il n’y a pas de changement dans le dispositif du 324e R I.

E) A 7h15, une patrouille trouve Leintrey (Q 2603) et Vého (Q 2400) inoccupés. Une patrouille d’une section prend contact avec l’ennemi à Blémerey (V 2698) et le maintien lors de cette période. Le 44e Groupe de Reconnaissance se rassemble dans les environs de Thiébauménil en (V 1798)

F) Il n’y a pas de changement dans le dispositif de la 2e DB.

G) Le   CCI continue son travail de déminage sur sa zone.

H) Le CCV maintien l’observation et ses patrouilles de contact à l’Est de Vacqueville.

I)  Le   CCD dégage un groupe ennemi du bois de Grammont.

J) La 79e DI continue son programme de remise en état et d’entraînement sur sa zone de repos.

K) Le Corps d’artillerie tire un total de 36 contrebatterie et 5 Bataillons tirent chacun une salve sur une concentration de 20 blindés ennemis dans les environs de Domêvre, puis une deuxième quarante minutes plus tard. Six missions d’ harcèlement sont tirées par le 132 Bataillon d’artillerie de campagne sur les environs de Reillon en (Q 2600) et Chazelle en (V 2999).

L) Le 121e maintien ses positions sur les sommets à l’Est de la forêt de Parroy. Le 106e reste en réserve dans les environs d’Einville.

M) L‘artillerie antiaérienne est active dans les environs d’Azerailles en (V 2388) quatre avions ME 109 sont engagés, 2 sont détruits et un autre endommagé. 7 missions d’artillerie de campagne sont tirées lors de cette période par le 214e AAA GUN Bat avec de bons résultats.

N) Le 12e et 19e TAC n’effectuent aucune mission de support au 15e Corps à cause des mauvaises conditions météo.

O) Un total de 46 prisonniers est capturé par le Corps durant ce jour, dont 25 par la 2e DB et 21 par la 44e DI.

 

Samedi 4 novembre 1944.

A) Dans la zone de la 44e DI, les Régiments patrouillent  toute cette  journée. A 21h45, le 3e Bat du 114e RI avance vers l’est sur le sommet (Q 242001) - (Q 254016). Le champ de mines ayant été dégagé durant la journée. Les positions avancées de la 44e D I incluent (Q 251015) - (Q 238001) de nuit. La brèche  entre le 3e Bat du 114e et le 2e Bat du 71e est colmatée lors de cette avance. Des patrouilles sont maintenues dans cette nouvelle zone, on organise la défense et le terrain est déminé.

B)  Il n’y a pas de changement de dispositif au 71e RI et au 324e RI.

C)  La 2e DB passe la journée a réorganisée son dispositif.

 

Lundi 6 novembre 1944.

A) Un total de 6 prisonniers sont récupérés par le Corps, tous pris par la 44e DI.

 

Mardi 7 novembre 1944.

A) La 44e DI maintien ses positions sur la gauche du 15e Corps. Des patrouilles arrivent à Leintrey, approchent à environ 300 mètres de Reillon et 50 mètres de Blémerey. Il n’y a pas de contact avec l’ennemi et pas d’autre changement dans la journée.

B) La 2e DB patrouille sur son front et maintien le contact avec le 117e Esc de Cavalerie. Des tirs d’artillerie tombent sur Brouville, Mignéville et Fréménil.

C) La 79e DI continue son programme d’entraînement sur sa zone de repos.

D) L’artillerie du Corps tire 4 contrebatteries et 3 sur la route secondaire de (Q 324018) à (Q322024) et sur les environs d’Autrepierre (Q 3101).

E) Des éléments du 106e patrouillent vers le Nord et l’Est et démine sa zone.

F) Des éléments du 106e couvrent le flanc gauche du Corps sur le bord est de la forêt de Parroy.

G) Le gros du 121e se tient en réserve près d’Einville. Des éléments  de l’escadron prennent contact  avec le 12e Corps dans les environs de Mouacourt.

H) Le 12e et 19e TAC sont incapables de soutenir le 15e Corps à cause de la météo.

I)  Un total de 5 prisonniers est capturé par le Corps tous pris par la 44e DI.

 

Mercredi 8 novembre 1944.

A) A 14h00, l’ordre de campagne N°11 est publié par le poste de commandement du 15e Corps, il ordonne.

B) Que le 15e Corps se maintienne actif et sonde le dispositif ennemi dans sa zone.

C) Que le 15e Corps attaque au jour J, investisse et tienne Sarrebourg, qu’il force la brèche de Saverne et se prépare à exploiter l’Est des Vosges .Toutes les unités seront prêtes à attaquer sur ordre du Corps 48h00 avant une date et une heure donnée.

D)  Dans la zone de la 44e DI, les patrouilles continuent à tester les positions ennemies.

E)  La 79e DI continue son programme d’entraînement et de remise en condition.

                                                     

APO 436, US Army du 19 décembre 1944.