La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

314e Régiment d’Infanterie de la 79e DI US

Insigne du 314e régiment d'infanterie USInsigne de la 79e Division d'infanterie US

1ère partie – Charmes, la traversée de la Moselle et de la Meurthe
(7 au 23 septembre 1944)

2e partie - la Forêt de Parroy
(24 Septembre 1944 au 9 octobre 1944)

3e partie - Manonviller, le Rémabois
(10 au 24 octobre 1944)

4e partie - Lunéville, Frémonville, Hattigny et le col de Saverne
(10 au 20 novembre 1944)


 

L'accent est mis sur le mouvement et la vitesse des troupes. La 79e Division d’Infanterie US est scindée en deux équipes de combat motorisées avec le 314e Régiment d’Infanterie sur la gauche. En 5 heures de route, la colonne couvre la moitié de la distance de l'objectif. Ils franchissent la Somme le 2 septembre 1944 à 2h15, sans jamais se méfier de la résistance au sol et de la Luftwaffe.

Le matin du 2 septembre 1944, les 90 km de marche avec le 2e Bataillon se déroulent sans incident. Peu après minuit, le 314e RI arrive sur son objectif dans la zone Nord Ouest de Saint-Armand à 4 km de la frontière belge. En 72 heures, la 79e DI a couvert 270 km dans le territoire tenu par l'ennemi, franchi la Somme et a atteint son objectif.

Le Major Général Charles H. Corlett a dit que c’était l'une des plus rapides offensives en distance accomplie par une Division d'Infanterie pendant toute la guerre. La 79e DI a franchi la frontière belge, devenant ainsi la première Division américaine à entrer dans ce pays.

La traversée de la Moselle à Charmes

Le 7 septembre 1944 à 03h00, le 314e RI avance en direction de la cathédrale de la ville de Reims avec le 15e Corps. La 79e DI est dépêchée pour couvrir le flanc Est exposé de la 3e Armée de Patton. Le régiment parcourt 240 km et arrive à 8 km à l'Est de Reims. La 19e Armée allemande a été repoussée depuis le Sud par la 7e Armée et se replie vers l'Allemagne par le biais d'un corridor près de Charmes sur la Moselle. Le 8 septembre 1944, la 79e DI se déplace afin de préparer les positions et de fermer la voie de repli sur le flanc gauche du Corps. Les 2e et 3e Bataillons mettent en place des barrages routiers sur la route de Cirey sur Blaise à Vignory lorsque les ordres sont donnés le 10 septembre 1944 à la 79e DI de passer à l'Est et de sécuriser la rive Ouest de la Moselle, entre Charmes et Epinal.

Le 11 septembre 1944, la colonne accompagnée du 106e Groupement de Cavalerie en protection progresse face au repli des troupes allemandes. L'ennemi est tenu en échec à Neufchâteau, Poussay et Mirecourt. A 19h15, le 1er Bataillon arrive à l’entrée du village est se rend à pied dans Socourt.

Les éléments de tête subissent des tirs d'armes légères, comme les patrouilles opérant dans les rues de la ville, ils sont repoussés. Le 2e bataillon se positionne sur la "Colline 376" en dehors de Socourt, et le 3e bataillon à l'extrémité opposée, garde les yeux sur la route entre Socourt et Gripport. Le 314e RI avance à travers l'ensemble du dispositif allemand de la 16e Division d'Infanterie (déployé à Neufchâteau).

En attendant le renforcement de la colonne (le 313e RI se bat pour occuper Poussay), le 12 septembre 1944, le régiment envoie les compagnies QG, I, R et L pour sécuriser les abords Sud de Charmes (qui sont fixés à 18h00). Le 1er bataillon, avec l'appui des chars, entre dans Charmes par le Nord. Après 6 heures de combats de chars et d'artillerie, le 1er bataillon tient le centre de la ville.

La ville de Charmes

La ville de Charmes est coupée en deux par la Moselle, les bataillons font leur jonction près du pont, les allemands ont fait sauter le haut. Après cette exploration, le 1er bataillon trouve un gué à environ 800 mètres au Nord de la ville, se regroupe, et traverse la rivière à 19h30. Le 2e bataillon reprend les positions du 3e au barrage routier de Gripport.

CHARMES - une partie des 500 moteurs d'avions allemands retrouvés dans une usine de la ville 18 septembre 1944.

En prenant la ville de Charmes, le 314e RI capture également un atelier de réparation de moteurs d’avions, 350 moteurs d'avions, un canon de 88mm, deux canons de 75mm et un canon de 20mm AA. A 9h25, le 13 septembre 1944, le 1er bataillon achève l’occupation de Charmes avec peu de résistance, le 3e bataillon occupe le Sud de la ville et le 1er bataillon patrouille sur la rive orientale de la Moselle.

Pendant deux jours, le 314e RI patrouille dans Charmes en attendant que le reste de la Division rattrape son retard. Après avoir occupé Poussay et Neufchâteau, le 313e et le 315e RI arrivent au niveau de Charmes, le 15 septembre 1944. Une contre-attaque de 10 chars allemands accompagnés d’infanterie se déroule dans la région de Châtel sur Moselle. Les rumeurs d'une contre-offensive sont tellement répandues que le 314e RI a prévu de se replier. Mais seulement 4 chars apparaissent, et ils sont traités rapidement par le 773e Tank Destroyer Bataillon. Le 18 septembre 1944, Bing Crosby est présent à Charmes et l'ensemble de la Division se réunit à l'usine d'avions pour l'entendre chanter.

Durant le spectacle, le 314e RI est mis en alerte pour partir au plus vite. Les patrouilles du 106e de Cavalerie ont repéré 15 chars allemands et une colonne d'infanterie qui s'étend sur un 1,5 km de long se déplaçant de Vallois vers Gerbéviller. La 79e DI a pour mission de couvrir la rive Ouest de la Mortagne entre Lunéville et Gerbéviller pour minuit. Les 313e et 315e RI se déplacent en camions pour aller jusqu’à Lamath tandis que le 314e RI se déplace vers Haudonville et prend Moriviller en 3 heures, les déplacements ennemis près de Gerbéviller se sont arrêtés jusqu'à l'aube.


A 10h00, le 19 septembre 1944, les 1er et 3e Bataillons occupent Haudonville. Passé Haudonville, le prochain objectif est Marainviller sur la Vezouze. Pour y arriver, la Division doit traverser deux cours d'eau dangereux, le premier, la Mortagne à Haudonville. Après avoir construit un gué, entravé par une rivière et résisté à des attaques sporadiques ennemies, la Division est prête à franchir à 20h00.

 

GERBEVILLER - pendant ce temps là, les soldats du 314e Rgt arrivent par Gerbéviller et Fraimbois.A l'aube du 20 septembre 1944, le 1er bataillon occupe Gerbéviller vers 7h45 et sécurise les alentours en rencontrant très peu de résistance. A 10h15, le 314e RI se déplace vers Fraimbois. Le 3e bataillon leader, le 2e bataillon au centre, et le 1er bataillon en réserve. Le déplacement vers Fraimbois est pacifique, mais la compagnie antichar de la Division signale la présence d’ennemis dans les bois des deux côtés. Le 3e bataillon reçoit l'ordre de tenir le village de Fraimbois pendant que le 2e avance pour prendre la tête, et le 1er se déplace au Nord Ouest de sa position.

A hauteur de la zone boisée dans le bois de la Taxonnière, les patrouilles du 3e Bataillon découvrent une cache d'armes et de véhicules allemands (environs 200). Apparemment abandonnés, l'ennemi n'a pas pu passer de l'autre côté de la rivière car tous les ponts sur la Meurthe sont détruits. Le 2e bataillon établit des barrages routiers au Nord Est et Sud Est du village de Fraimbois, et le 3e bataillon se déplace sur une position surplombant la rivière Meurthe... ce qui allait devenir le site de la plus sanglante victoire de la Division.


Traversée de la rivière Meurthe

Le 3e bataillon va avoir pour mission de traverser la Meurthe. Il y a un énorme découvert pour atteindre la rivière et nous ne pouvons fournir aucune couverture. Et du côté allemand, c’est pire : un découvert qui conduit jusqu’à une zone boisée parfaite pour couvrir ses troupes. Les seuls bâtiments en place sont un groupe de granges situées sur le côté ennemi, à plusieurs centaines de mètres du pont. A 16h30, le 20 septembre 1944, les tanks destroyer se mettent en place sur la ligne de crête.

La compagnie K dépêche une patrouille de six hommes afin de vérifier le pont. Ils avancent de 80 mètres au delà de la rivière lorsqu’ ils sont repoussés par un canon allemand. Regroupée, la compagnie K envoie un peloton d'infanterie avec un peloton de char du 749e tank destroyer pour forcer le pont, mais l'ennemi bien retranché riposte et résiste à cet assaut, ils sont contraints de faire demi-tour. A gauche, le 3e bataillon tient la crête, le 2e à la périphérie de Fraimbois, et le 1er bataillon est en réserve entre Gerbéviller et Fraimbois. Les 313e et 315e RI sont plus au Nord, dans Lunéville à la recherche d'un autre passage. Cette nuit-là, les allemands font sauter le pont.


Soldats américains tués lors de cette bataille

314e RI US - PFC Prevatt Glen L - 34792463 - 21 septembre 1944

314e RI US - PVT Heinrich Clifford L - 39700838 - 22 septembre 1944

314e RI US - PFC Krichbaum Thomas CJ - 33411128 - 22 septembre 1944

314e RI US - 1er Lt Lavriha Williams E - 01313259 - 22 septembre 1944

314e RI US - PVT Makinen Jack E - 35149473 - 22 septembre 1944

314e RI US - PFC MC Duff Andrew L - 7009471 - 22 septembre 1944

314e RI US - PVT Myers Edgar A - 35750444 - 22 septembre 1944

314e RI US - PVT Wehr Garold A - 37429667 - 22 septembre 1944

314e RI US - PFC MCF Adden Sherman - 37187701 - 23 septembre 1944

314e RI US - PFC Pettens Everett   B - 32682203 - 23 septembre 1944

314e RI US - S/SGT Rood John W - 36576298 - 23 septembre 1944

314e RI US - S/SGT Spears Grover C - 36058866 - 23 septembre 1944

314e RI US - PVT Zwicker Maurice R - 31260888 - 23 septembre 1944

314e RI US - S/SGT Lucas Eugène - 23 septembre 1944 ?

 

Cérémonie de Moncel-les-Lunéville le 17 septembre 2010 à 9h30.

A 06h00, le 21 septembre 1944, le 3e bataillon glisse le long de la falaise et s'avance vers la rivière sur le terrain découvert. Les compagnies K et L se dirigent vers la rivière, mais la zone de la compagnie L est trop marécageuse pour un soutien avec une unité de chars. Les deux compagnies arrivent sur les berges sans aucune opposition. La compagnie L envoie une patrouille à travers les lignes allemandes avec succès, mais lorsqu’une plus grande force est déployée, 8 canons ennemis tirent depuis les granges sur la rive orientale. La compagnie K n'a pas de chance, l'ensemble de l'attaque de l’autre côté du fleuve avec la compagnie I se solde par un échec et se replie aussitôt. L'objectif est une route appelée la route de Saint Clément Moncel à 400 mètres, et leur avance est ponctuée par des tirs de mitrailleuses ennemies et des salves de mortier. La compagnie I a dû se replier à travers la Meurthe et se regrouper, suite à un nombre élevé de pertes. Il reste seulement un peloton à la compagnie K après cette attaque.


L'attaque est fixé au 22 septembre 1944, à 05h30, elle commence par un tir d’artillerie de 15 minutes et les compagnies K et L se déplacent pour prendre la route de Saint Clément Moncel, la compagnie K atteint son objectif, mais la compagnie L se retrouve coincée sur la rive Ouest par les tirs de canons allemands depuis les fermes. Enfin, deux chars réussissent à parcourir la zone marécageuse jusqu’à la position de la compagnie L, avec les chars menant l'assaut, ils font prisonniers 27 soldats ennemis hors de la grange. Puis c’est au tour des canons antichars allemands de stopper l’avancée de l'infanterie, la compagnie I se regroupe afin de passer à l'attaque depuis la route et la voie ferrée. La compagnie A détruit cinq nids de mitrailleuses ennemis lors du dégagement de la route. La compagnie F est envoyée pour couvrir les arrières de la compagnie I après le rapport d'observations de chars ennemis. Le régiment a atteint son objectif, et les hommes du génie sont envoyés pour construire un pont le lendemain.


A 04h30, le 23 septembre 1944, le pont est achevé, les unités antichars sont les premières à le franchir et la journée est consacrée au mouvement des troupes afin de sécuriser davantage la région. Des patrouilles signalent peu de résistance, et ce qui reste est traité par des tirs d'artillerie et de mortier.

A 16h00, des éléments du 314e RI font leur jonction avec le 313e RI à la ferme Saint-Georges. L'ennemi est en fuite, mais les positions du 314e RI sont trop aléatoires pour permettre la poursuite. Une fois les combats terminés, le 314e RI a perdu l'équivalent du nombre de victimes d'un quart d'un bataillon, la plupart survenant dans les rangs du 3e bataillon. Celui-ci recevra une Presidential Unit Citation pour sa participation à la traversée de la Meurthe.


La forêt de PARROY

Le 24 septembre 1944, Marainviller est occupé par la compagnie A, alors que le reste du 1er bataillon patrouille à la lisière Nord de la forêt de Mondon et le long de la route Fraimbois Marainviller. Dans la forêt de Mondon, ils découvrent des équipements laissés par le 2e de cavalerie lors de la contre-attaque allemande sur Lunéville le 18 septembre 1944, 6 chars légers, 3 canons d'assaut, et plusieurs Jeep.


Un peloton de la compagnie A traversé la Vezouze au pont de Marainviller, le 25 septembre 1944 pour découvrir les lisières de la forêt de Parroy. La patrouille est écourtée par des tirs ennemis de mitrailleuses et de mortiers. Des renseignements montrent que la forêt est tenue par des forces importantes, le 314e est condamné à rester au Sud de la Vezouze et continue à patrouiller. Le 1er bataillon patrouille le long de la rivière en essayant de trouver un point de passage. Une patrouille près du village reçoit des tirs d’artillerie, ainsi qu’à l’Est. Tout au long de la journée, des tirs d'artillerie sont observés sur le village de Marainviller.

Des ordres sont reçus pour la prochaine attaque de la Division. Le 26 septembre 1944, le 15e Corps est face à la forêt de Parroy avec la 79e DI sur la gauche, la 2e Division Blindée française à droite. L’attaque doit être précédée par un bombardement avec des avions du 19e TAC. Le plan de bataille de la 79e DI est le suivant : le 313e et le 315e RI sur le secteur Nord Ouest avec le 314e RI en réserve dans la forêt de Mondon qui s'apprête à franchir la Vezouze à l'un des trois points: Chanteheux, Croismare où Marainviller. L'attaque est prévue de débuter par un bombardement le 27 septembre 1944, mais est retardée suite aux conditions météo.


Le 28 septembre 1944, le bombardement d’une durée de 75 minutes a lieu avec un effet minimal sur l'ennemi. Le gros des troupes allemandes dans la forêt de Parroy sont des vétérans de la 15e Panzer Grenadier Division et ont subi d’autres bombardements beaucoup plus importants en Sicile et en Italie. Deux heures après le bombardement, les 313e et 315e RI se lancent à l’assaut de la forêt de Parroy.


A minuit, le 15e Corps passe à la 7e Armée, la quatrième des six appellations US attachée au théâtre européen des opérations : 1ère, 3e, 5e, 7e, 9e, 15e Armée. Le 2e bataillon du 314e RI trouve un gué situé près de Croismare pour une utilisation future. Le 29 septembre 1944, le Régiment envoie plusieurs patrouilles et après une réunion à la Division, le 314e RI reçoit l'ordre de se déplacer à travers Croismare et rejoindre le 313e et le 315e RI dans la lutte. Le calendrier du 314e RI est directement lié à l'état d'avancement des deux autres régiments à travers la forêt. Les combats deviennent de plus en plus durs, les allemands sont bien retranchés et mènent de sérieuses contre-attaques lorsque les troupes américaines avancent, de sorte que l’attaque du 314e RI est reportée au 1er octobre 1944.

 

FORET DE PARROY - le ruisseau est déminé par les hommes du génie.Le 1er octobre 1944 les bataillons sont déployés à 06h15, dans une guerre sans merci. Les 313e et 315e RI se déplacent d’environ un tiers de la distance vers l'Est dans la forêt de Parroy. Ils doivent faire face à la 15e Panzer Grenadier Division, et la 113e Panzer Brigade, des chars Mark IV sont partout. Le 314e RI, après 45 minutes de tir d’artillerie, gagne du terrain rapidement, les compagnies G et F atteignent la forêt en une heure avec la compagnie E. Loin derrière, la riposte de l'artillerie allemande à commencer. Les villages de Croismare et Marainviller sont sous les bombardements et le 3e bataillon commence la traversée de le Vezouze.

Le 2e bataillon, après la perte d'un char, capture 16 prisonniers de guerre, puis s’arrête à 12h00 pour permettre au 3e bataillon de rattraper leur position. A 14h30, les bataillons se regroupent, et rencontrent peu de résistance, l’avance peut continuer. Ils mettent en place un camp pour la nuit et tiennent une ligne de 1800 mètres à travers la forêt de Parroy. Le 314e RI établit des contacts avec le 313e RI à sa gauche. A Marainviller, le 1er bataillon est relevé par le 1er Bataillon du 313e RI, qui était en réserve. Les compagnies B et C sont envoyées de l'autre côté de la rivière en position sur la droite du régiment, cet emplacement est la partie Sud de la forêt de Parroy, appelé Les Grands Bois. Les chars d'une compagnie tiennent des barrages routiers à la ferme de Beaulieu. 


L'artillerie allemande tire toute la nuit sur les positions du 314e RI, les arbres sont déchiquetés suite aux explosions, les tirs en rafale et des tirs de mortier. Le 2 octobre 1944, à 08h00, le régiment attaque de nouveau, le 3e bataillon avance sur son objectif à travers bois vers une clairière à la lisière Ouest.

 

Les compagnies K et L patrouillent dans la zone ouverte, mais le feu de l'ennemi les conduit à reculer. Le 2e bataillon se déplace vers la gauche pour couvrir la retraite du 313e RI qui a été durement frappé sur ses positions, mais en approchant de son objectif, les mitrailleuses allemandes décrochent. Les compagnies E et G tentent d'avancer au-delà de la ligne du 313e RI, mais ont dû rebrousser chemin et se réorganiser. Le point fort de la défense allemande en forêt de Parroy a été le principal carrefour sur la ligne de démarcation Régimentaire. Le 3e bataillon laisse un petit groupe dans la partie Ouest, le 2e bataillon attaque sur le point fort. Le 1er bataillon, toujours au Sud aux Grands Bois, est attaqué par une compagnie d'infanterie allemande, de sorte qu'ils reçoivent l'ordre de tenir la position. La compagnie E emménage derrière les positions du 313e RI afin de combler une brèche qui s'est ouverte entre les positions du 313e et du 315e RI.

Le 3 octobre 1944, à 06h15, les compagnies E et F du 2e bataillon avancent jusqu'à la ligne de crête. A noter qu’une poche ennemie bloque l’avance du 313e RI. Plus loin, le contact est pris avec le 315e RI qui se déplace vers l'Est, les troupes ennemies sont prises au dépourvu et la position est occupée à 08h00, avec 17 prisonniers de guerre capturés.

 

Les deux compagnies, avec le 315e RI, avancent de nouveau le long de la route jusqu'à ligne de front arrêtée par un barrage puissamment armé sur le chemin. La compagnie E attend des chars en soutien, tandis que la compagnie F passe sur la droite à quelques centaines de mètres, où ils surprennent un groupe d'infanterie allemande. Au 3e bataillon sur le flanc droit, la compagnie B du 1er bataillon se regroupe avec la compagnie K. A 09h00, l’infanterie allemande, appuyée par des chars, attaque sur toute la ligne de la compagnie B. La compagnie C à sa droite ralentit l'avance des troupes allemandes et parvient à les arrêter. La compagnie K se repositionne et permet de maintenir le contact avec la compagnie B afin de bloquer l’assaut.


Les chars ont juste le temps de repousser l'ennemi vers l'arrière. A 16h00, le 2e bataillon est de retour à la ligne (F - gauche, centre F - G - droite), et à la tombée de la nuit, les compagnies F et G sont sur l'objectif avec la compagnie E à 150 mètres. Les chars se placent en position défensive pour la nuit. Plusieurs salves d'artillerie sont tirées tout au long de la nuit. Trois salves surviennent lorsque des obus sont réglés pour exploser à la hauteur de la cime des arbres : tout en dessous c’est la douche avec des shrapnells et des éclats de bois.


Le 4 octobre 1944, à 07h00, l’attaque à la croisée des chemins se déclenche. Au moment où les compagnies sont prêtes à se déployer, quatre chars Mark IV et une compagnie d'infanterie allemande attaquent le 2e bataillon, deux chars sont sur la ligne de la compagnie E, et un autre est frappé avec un tir de bazooka abattu à cinq mètres. Les compagnies E et G ont subi de lourdes pertes. Dès que les chars américains commencent à mettre leurs moteurs en route, l'ennemi ouvre le feu avec un tir de concentration de mortiers. Le 2e bataillon se réorganise et l'ennemi en profite pour contre-attaquer dans le secteur compris entre les compagnies E et G et provoque un trou dans les lignes. Le 2e bataillon, ainsi que les armes lourdes de la compagnie H, sont jetés dans la bataille et aident à combler la perte de terrain. A 17h00, les principaux combats ont cessé, mais il y a un énorme affaissement de la ligne du 2e bataillon. La compagnie A détache un peloton de renforts pour une défense secondaire plus tard dans la nuit. Les autres bataillons restent sur place.

Le 5 octobre 1944, les ordres pour le 314e RI sont de tenir ses positions tandis que le 315e RI se déplace vers la gauche pour déborder les défenses au carrefour. A 13h00, le 2e bataillon tire avec toutes ses armes disponibles afin d’appuyer le débordement du 315e RI.

Il y a une accalmie dans l'activité des unités du 5 au 8 octobre 1944, afin que les patrouilles du 314e RI repèrent des emplacements pour les chars et des TD (chars destroyer) pour la prochaine attaque. L’artillerie allemande exécute des tirs soutenus, tandis qu’une rumeur circule que la forêt de Parroy était connue d’Hitler. Il avait lui-même combattu dans cette région lors de la 1ère Guerre Mondiale et avait ordonné à ses troupes de tenir à tout prix. Les américains capturent un colonel allemand. Après l’avoir interrogé, il leur dit qu’ils n'ont pas réussi à prendre la forêt lors de la première guerre, et que celle-ci prendra fin avec eux s’ils continuent d'essayer.

Le 8 octobre 1944, le 314e RI reçoit l'ordre de reprendre l'attaque. Les forces allemandes contre-attaquent de nouveau sur les positions des 2e et 3e bataillons, mais le 314e RI tient et repousse les allemands jusqu'à ce qu'ils se retirent.

Le 9 octobre 1944, à 06h50, les compagnies E et G quittent avec la compagnie F leurs positions et se déplacent vers la droite pour prendre la route principale de la forêt derrière la position allemande afin de la prendre à revers. Vers 08h00, la compagnie E rencontre une unité allemande retranchée dans les trous individuels d'infanterie appuyée par des chars à l'Ouest de la croisée des chemins. La compagnie G se déplace vers la gauche pour contourner l’objectif et prendre les allemands à revers. A 13h00, une fois en poste, la compagnie F envoie un peloton de chars sur la route derrière la position allemande. La compagnie E avance dans le centre de la forêt au niveau du carrefour du Haut de la Faîte, puis avance sans résistance. Ils ont découvert une maison pleine de blessés allemands de l'autre côté de la route dans les ruines de la maison forestière du Haut de la Faîte. A 15h30 le carrefour est sécurisé. Avec la prise du carrefour par le 2e bataillon, les espoirs allemands de tenir la forêt de Parroy sont brisés. Le 2e bataillon fatigué et épuisé rejoint le reste du 314e RI, laissant la poursuite de l'ennemi vers l’Est au 313e RI.

 

FORET DE PARROY - 3 autres soldats, la fatigue se lit sur leurs visages, les plus durs de toute la campagne.

Manonviller, Bois Le Rémabois

Le 10 octobre 1944, après l'interrogatoire de prisonniers de guerre allemands, les américains apprennent que les allemands ont battu en retraite, le 1er bataillon se déplace vers le Sud-est de la forêt et mettent en place un périmètre de sécurité autour de Marainviller. Le 3e bataillon se déplace vers l'Est de la 1ère position d’environ 1 km, mais se heurte à des mines antipersonnel et subit de lourdes pertes.

 

Le 11 octobre, le 2e bataillon se trouve dans les environs de Croismare, et les autres bataillons ne rencontrent aucune résistance sur la ligne Nord de Manonviller à la forêt de Manonviller. Les ordres du régiment sont de garder le contact avec les allemands.


Le 12 octobre 1944, le 3e bataillon avance de quelques centaines de mètres, et le 1er bataillon se déplace d’environ 800 mètres sur un endroit appelé Les Quatre Mamelons.

 

Le 13 octobre 1944, le 314e RI est alerté pour attaquer de nouveau, l’heure H est fixée à 13h00. A gauche se situe la ligne de chemin de fer de Marainviller à Avricourt. Le 3e bataillon prend la gauche le long de la ligne de crête, tandis que le 1er bataillon prend le flanc droit, le 2e bataillon reste en réserve. Les 1er et 3e bataillons se déplacent, accompagnés de chars du 749e Tank Destroyer, et d’une compagnie du 773e Tank Bataillon. Vers 16h00, les compagnies I, K et L rencontrent quelques tirs sporadiques d'armes légères d’infanterie, mais à la tombée de la nuit tout est bloqué, le 1er bataillon est lié à des patrouilles du 315e RI à son flanc Sud. Les conditions météorologiques sont horribles, hiver, froid, pluie et surtout le manque de sommeil sont arrivés au point d'épuisement.

Le 14 octobre 1944, le 3e bataillon reçoit l’ordre de contourner le point fort de la gare d’Emberménil, et d’aller jusqu’à l'objectif qui est la ligne de crête. La compagnie I est bloquée par des tirs de mitrailleuses provenant d'un ennemi bien retranché. L'avance a en outre été bloquée par des mines, des pièges et des lignes de barbelés. Des chars sautent à travers les obstacles, et de l'infanterie est encore en cours de progression. A 16h50, les compagnies I, L, et K créent une brèche le long de la ligne de chemin de fer depuis la gare jusqu’aux positions du 1er bataillon. Une patrouille allemande est passée à 100 mètres de notre poste de commandement et a finalement été capturé par les hommes de la compagnie M. La compagnie G du 2e bataillon sert à combler l'écart entre les positions des 1er et 3e bataillons, mais le reste du 2e bataillon demeure en réserve.

Le 15 octobre 1944, le 314e RI est condamné à creuser et fortifier ses positions, la compagnie G se déplace jusqu'à la ligne de front et réussit à capturer l'ensemble d'un peloton allemand. Les patrouilles ramènent la nouvelle selon laquelle un régiment de la 15e Panzer Grenadier Division est attendu dans la région.

Le 16 octobre 1944, à 03h30, les allemands attaquent avec deux compagnies d'infanterie et douze chars vers l'Ouest face aux troupes de la compagnie G. Après avoir résisté pendant près de deux heures, la compagnie est obligée de reculer. La compagnie F qui est en réserve, contre-attaque à l'aube avec l'appui des chars et capture 45 prisonniers de guerre. La compagnie G est de retour dans ses lignes initiales en milieu de matinée, le 17 octobre 1944.

Les allemands attaquent de nouveau, au même endroit les lignes de la compagnie G, mais cette fois, avec presque un bataillon d’infanterie et neuf chars. La compagnie G doit se disperser. La compagnie F retourne à l'aube du 18 octobre 1944 pour reprendre la position, mais elle est laissée vacante et plus tard dans la journée lorsque la compagnie E va de l'avant pour soulager la compagnie G, elle capture 49 soldats allemands.

Les rumeurs sont que la 79e DI serait bientôt relevée par une nouvelle Division, la 44e DI arrivée directement en Normandie en provenance des Etats-Unis. La 79e DI a consacré plus de 120 jours à combattre et a besoin de repos. Mais avant cela, ils ont un dernier objectif à atteindre, des ordres arrivent au régiment, il faut prendre pied dans le Bois le Rémabois. Le mouvement va être un peu difficile, il aura besoin d'un secteur réduit, car il est trop éloigné pour mettre en œuvre une attaque à grande échelle.

 

EMBERMENIL - en octobre, des chars du 749e Tank Bataillon.

 

Dans la soirée du 19 octobre 1944, le 114e RI de la 44e DI remplace le 1er bataillon sur la position à l'extrême droite et celui-ci passe à 2500 mètres au Sud Est de la gare. Le 1er bataillon est en avance sur son temps pour coïncider avec le 3e bataillon atteignant Le Rémabois, et continuer jusqu'à la voie ferrée. Le 3e bataillon, après avoir pris Le Rémabois, se garde de passer l'objectif central du Bois le Rémabois.

 

Le 2e bataillon laisse la compagnie E pour garder le Sud et doit suivre derrière le 3e bataillon pour la mise en place des défenses. Le 20 octobre 1944, la compagnie L passe au centre d'une partie de la forêt qui sera utilisée comme aire de lancement, le reste du 314e RI reste en position.

 

L’heure H, est prévue le 21 octobre à 06h35, mais elle est retardée d'une demi-heure pour permettre aux chars de se positionner, car les mauvaises conditions atmosphériques ont ralenti leur progression. En moins de 2 heures, la compagnie L, le fer de lance, avec les compagnies I et K sont à l'intérieur du Bois le Rémabois. L’attaque est brève avec des tirs d'armes légères et des mortiers, mais à 13h00, l'objectif est pris avec le 2e bataillon qui occupe le terrain pris à l’ennemi. Au Nord, le 1er bataillon commence l'attaque, et perd deux chars presque immédiatement, la compagnie A progresse et se trouve sur son objectif à 11h45.


Le sol est truffé de tranchées et de blockhaus de la 1ère Guerre Mondiale toujours en place et le 1er bataillon occupe les anciennes positions allemandes de mortiers. Les patrouilles du 1er bataillon repèrent des troupes ennemies avec des chars, des tirs d'artillerie sont envoyés rapidement. La seule véritable attaque ennemie est venue vers 12h00, le 22 octobre 1944, avec une patrouille allemande qui a réussi à s’infiltrer entre les lignes des compagnies I et L. Le peloton AC a rapidement bouclé et reconquis le terrain.

 

Dans l'après-midi du 23 octobre 1944, les 2e et 3e bataillons du 314e RI sont relevés par leurs homologues du 71e RI de la 44e DI. Quelques officiers du 314e RI et de l’encadrement sont laissés pendant un jour en tant que conseillers, mais le reste des bataillons ne tarde pas à quitter la région. Le 1er bataillon est temporairement rattaché au 315e RI puis relevé le 24 octobre 1944. Le 314e RI est retiré de la ligne de front après 127 jours de combats sans interruption.

La pause bien méritée dans la région de Lunéville permet aux hommes du 314e RI de prendre des repas chauds, des vêtements propres, un endroit pour dormir avec un véritable toit et un café ou deux sont encore ouverts aux compagnies. Après les spectacles donnés par l’USO et des films, les compagnies reprennent l’entraînement à partir du 30 octobre 1944. Un projet de formation de deux semaines sur le calendrier est prévu.

 

Début novembre une première alerte arrive. Une ordonnance a été émise pour déplacer le 314e RI vers Baccarat et se réserver pour la 2e Division Blindée Française. Après 3 jours d'attente, le 4 novembre 1944, le 314e RI n’est plus d'alerte. Le 5 novembre 1944, l'ensemble de la 79e DI reçoit l'ordre de préparer le passage à Bénaménil à la 2e DB dans un secteur à 7 km à l'Est.

Des patrouilles de reconnaissances sont envoyées le 9 novembre 1944 et les ordres arrivent pour prendre la ville de Saverne dans les Vosges qui est fortement défendue par des allemands retranchés dans les anciennes lignes de tranchée de la 1ère Guerre Mondiale avec des abris, des points forts et des mitrailleuses.

 

Les positions sont établies le long de la montagne, sur la ligne de crête. Les plans de la 7e Armée sont d’enfoncer la ligne grande ouverte, de battre les défenses allemandes à l'écart de Saverne et prendre la ville de Strasbourg. Le 15e Corps avec la 44e DI à gauche, la 79e DI sur la droite et la 2e DB Française en arrière prête à foncer vers Strasbourg dès la première brèche ouverte dans le dispositif allemand, en passant par Sarrebourg. La zone de la 79e RI allant d’Ancerviller à Nitting, 8 km au Nord Est d’Hattigny.

Le premier objectif du 314e RI se situe à Harbouey, au Nord Est d’Ancerviller. Sous le couvert de l'obscurité avec le silence et le secret bien gardé, le 12 novembre 1944, le 314e RI se lance à l'assaut au Sud Ouest de Montigny dans la zone de regroupement. La situation sur la carte montre onze points culminants objectifs (désignés numériquement sur le terrain) le long de la ligne de démarcation entre les positions des 314e et 315e RI. Une fois ces onze points pris, la 2e DB Française pourra rouler et commencer la percée. Les points attribués au 1er bataillon sont les 1, 2, 3 et 3A, tandis que le 2e bataillon doit prendre les points 4 et 5 - tout le long d'un balayage de crête. Les compagnies B et C sont transférées dans les pentes du point 1, à la fin de la nuit du 12 novembre 1944 pour une attaque surprise à l'aube du 13 novembre 1944.

Le 13 novembre 1944 matin, les pluies se transforment en neige, et les troupes d'assaut attaquent rapidement et occupent le Point 1 à 08h15. Le Point 2 n'est pas aussi facile. Les hommes de la compagnie B esquivent les tirs d’artillerie et d’obus de mortier, un canon antichar allemand détruit un de leurs chars d'appui, et finissent par se regrouper et se replier. La compagnie B perd 47 hommes lors de cet assaut qui a échoué. Le 2e bataillon avance et rencontre peu de résistance, la compagnie F arrive sur le point principal et le bataillon prend à travers les bois, et même si elle est touchée par des tirs d'armes légères le long de la voie, elle prend les points 4 et 5 en début d'après-midi. Le 2e bataillon contrôle la route principale reliant Domêvre à Montigny. La compagnie B se regroupe et démarre à 14h10 pour sécuriser le Point 2, en un peu moins de deux heures de bataille, le point est pris. Après avoir sécurisé les points 3 et 3A, le 1er bataillon subit des tirs d'artillerie sporadiques et rend compte de sa réussite à 17h00. La compagnie L est mise en place pour combler la ligne de front entre les positions des 314e et 315e RI. Le 315e RI a encore comme objectif Ancerviller qui a quitté le 314e RI sans couverture et la ligne principale ennemie reste à venir.

Le 14 novembre 1944, à 11h15, le 3e bataillon lance une attaque avec un bataillon du 315e RI est commence a sécuriser les quatre prochains Points : 6, 7, 8 et 9. Les points 6 et 7 sont pris, mais les troupes sont stoppées par l’obscurité de la nuit. Le 1er bataillon détache la compagnie C à 7A et des tirs d'artillerie sont effectués sur les positions ennemies. Le 2e bataillon avance pour se rassembler près du Point 6 afin de soutenir le 3e bataillon le lendemain matin.

 

Une fois que le 315e RI a avancé au niveau des points conformes du 314e RI, le 3e bataillon avance afin de prendre des points 8 et 9. Le 2e bataillon avance avec le 315e RI aux points 10 et 11.

 

Le 15 novembre 1944 à 15h30, les compagnies F et G du 2e bataillon occupent le Point 10, la compagnie E le Point 11, et la compagnie I du 3e bataillon le Point 8. Le reste du 3e bataillon garantit le Point 9. La résistance est minime, mais chaque initiative est ponctuée de tirs de mortiers et d'artillerie. Tous les 11 points ont été conquis par la 79e DI. A 16h20, le commandement de la Division donne l’ordre d’envoyer des patrouilles afin de capturer le pont et le carrefour Sud de Frémonville sur la Vezouze. La même rivière que le 314e RI a traversé à Marainviller et Croismare lors de l’attaque sur la forêt de Parroy.

Le régiment suit les patrouilles à Frémonville et envoie une force de plus pour sécuriser Barbas. Le 1er bataillon attaque le village de Barbas, tandis que les 2e et 3e bataillons s’occupent de Frémonville.

Une patrouille signale que le pont de Frémonville est intact et défendu par une escouade d'infanterie allemande, l'attaque est reportée au lendemain matin. Le 16 novembre 1944 à 08h40, le 2e bataillon attaque le village de Frémonville, la compagnie E reçoit immédiatement des tirs d'armes légères et d'artillerie, tandis que la compagnie G est confrontée aux tirs d’artillerie provenant des positions allemandes au Sud Est de Blâmont. Le 1er bataillon se dirige à travers la forêt au Sud de Barbas, avec la compagnie C sur le point, et capture 25 soldats allemands à un avant-poste le long de la voie. Barbas est occupé, il y a des chars et de l’infanterie allemande sur les hauteurs plus au Nord, et une escouade fouille tout le village. Des troupes sont repérées, quatre chars et quelques 300 soldats allemands laissant Barbas par la route et se dirigeant vers Blâmont. La compagnie B est restée dans Barbas, tandis que les compagnies A et C se déplacent vers une position située au Sud de Blâmont sur une ligne de crête (bois du Trion).

Cérémonie à Luneville en 2010.La nuit du 16 au 17 novembre 1944, le 3e bataillon se situe entre les points 10 et 11 (quelque part dans la région, où le Private Johnson fut blessé à la tête et perdit la vie 2 jours plus tard, le 18 novembre 1944) près de la route principale de Blâmont. Le 2e bataillon est au Nord du Point 11, il lance une patrouille sur le pont au Sud de Frémonville, mais il est refoulé par des tirs d'armes légères provenant de la forêt passé le Point 11. Une deuxième patrouille est dépêchée pour trouver un autre itinéraire vers le côté droit de la forêt, après avoir rendu compte que les allemands sont sur les deux rives de la Vezouze. Le 17 novembre 1944 à 5h15, le 3e bataillon patrouille à l'Ouest du bois au Point 11, il se déplace à travers la forêt.

La forêt est occupée par deux compagnies du 3e bataillon à 08h00, mais sont sous le feu des deux côtés et sont rapidement coincés. Le 2e bataillon est censé être sur le flanc droit, mais il rencontre une forte résistance en cours de route. Seule la compagnie E du 3e bataillon avance, à 09h00 dans la zone du 1er bataillon, les allemands contre attaque avec un char et une compagnie d'infanterie face aux positions de la compagnie A. Le char est détruit par un tir de Bazooka et les troupes à pied se retirent. A la fin de la journée, le 3e bataillon et la compagnie E du 2e bataillon avancent seulement de quelques centaines de mètres, le reste du 2e bataillon tente d’avancer à la 3e position, mais l'artillerie allemande les refoule.

Le 18 novembre 1944, le 1er bataillon se retire de la région d’Halloville après avoir été relevé par le 2e bataillon du 313e RI. A 07h00, le 3e bataillon se déplace rapidement à travers les bois, et envoie une compagnie pour franchir la rivière sur un vieux pont de bois à l’Ouest du pont principal. La compagnie F se déplace avec des chars et la compagnie E se heurte à la Vezouze au pont principal devant Frémonville. Le pont est détruit par les allemands pendant la nuit. Les troupes traversent de l'autre côté du fleuve, forcées de quitter le soutien des chars restés derrière. Un autre passage est trouvé à 300 mètres mais il est sous le feu de l'ennemi bien retranché dans Frémonville. Presque la totalité de l'assaut est bloqué au point de franchissement, mais l'un des 12 hommes de la patrouille passe. Ils parviennent finalement à la route principale vers 17h00.

Le reste de la compagnie progresse lentement, en esquivant deux chars Mark IV et de l'infanterie ennemie sur le côté Ouest de la ville. A la tombée de la nuit, la compagnie E se déplace à l'Ouest de Frémonville afin de sécuriser la zone autour de la gare, et la compagnie G occupe le reste du village. Le 18 novembre 1944 à 11h00, le 2e bataillon termine le nettoyage de la présence ennemie dans la majeure partie de Frémonville. Le 1er bataillon prend contact avec le 313e RI sur leurs objectifs et ne trouvant pas d'ennemi, ils se regroupent pour une marche de 6 km jusqu’à Richeval. Le 1er bataillon avec les compagnies R et I prennent le point, la percée vers l'Alsace peut commencer. La colonne atteint Richeval sans incident et parée à l'Est Hattigny.

La compagnie A surmonte une colline à 600 mètres au-delà du village ponctué par des tirs de mortier. La compagnie A est condamnée à s'engager en couverture pour la protection de la colonne. La compagnie A contourne les positions allemandes en engageant l'infanterie, les compagnies B et C se déplacent partout dans les champs autour d'Hattigny.

Les allemands tiennent le village jusqu’à minuit, puis l’incendie lors de leur retraite. La ligne allemande sur la Vezouze est brisée à Frémonville, et le retrait dans les Vosges va devenir une déroute.

Les Vosges et l'Alsace

Le 314e RI se déplace vers Hattigny dans la matinée du 20 novembre 1944 derrière la 2e DB française, le fer de lance. La première résistance est atteinte à Laneuveville les Lorquin, à 6 km au Nord Est de Hattigny sur la route de Sarrebourg. Le 3e bataillon fait 20 prisonniers de guerre, le reste des troupes ennemies se replie plus au Sud de Nitting. Les allemands détruisent le pont et les troupes doivent patauger pour traverser la rivière sous un feu nourri. Ce soir-là, les 2e et 3e bataillons passent la nuit dans le village de Nitting après l’avoir débarrassé de l'ennemi, et le 1er bataillon à Laneuveville les Lorquin.

Le 21 novembre 1944, le 2e bataillon vient soulager le 3e qui est en tête, avec un retard lors du passage des chars de l’autre côté de la rivière, un problème qu'ils ont déjà rencontré très souvent le long de cette avance. Au canal de la Marne aux Rhin, la colonne est de nouveau interrompue pour permettre aux hommes du Génie de vérifier les ponts s’il n’y a pas d’explosif. A la tombée de la nuit, le 2e bataillon atteint St. Jean de Kourtzerode, le 1er bataillon, la Porte de Homarting, et le 3e bataillon dans le village de Homarting. Cette avance conclut 20 kilomètres de déplacement.