La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

313e Régiment d'Infanterie de la 79e DI US

313e REGIMENT D'INFANTERIE DE LA 79e DIVISION D'INFANTERIE US 

LA CAMPAGNE DE LUNEVILLE

 

C'est une grande fierté que d'appartenir à la division de réserve. Après les durs combats et la longue marche motorisée des jours précédents, la chance de pouvoir se reposer était en effet une reconnaissance. Le colonel Sterling A Wood commandant le 313e Régiment d’Infanterie conscient de la période prolongée de fatigue accumulée par ses hommes, exprima l'espoir que cette période puisse être assez longue pour leur permettre de se reposer, de se relaxer et qu'ils puissent prendre un bain.

           

Les préparatifs commencent immédiatement pour les dispositifs futurs, l'officier des services spéciaux commence la préparation d'un programme de films et d'autres divertissements pour les troupes.

L'ennemi a été dégagé des alentours d'Avrainville et par conséquent il n'y a aucune activité ennemie actuelle, tandis que le régiment reste sur place. A la première occasion, le 773e Bataillon Blindé annonce la capture de 24 prisonniers dans le Nord des bois de Germaniel et déclare qu'il y en a encore beaucoup à l'intérieur des bois, après la réception de cette information, le 1er bataillon envoie 2 sections dans les bois afin de trouver la position d'autres éléments ennemis, mais reviennent avec des informations selon lesquelles les allemands se sont enfuis. Plus tard, de petits groupes d’avions ennemis apparaissent au dessus de la région et nous ouvrons le feu avec nos batteries antiaériennes. Au cours de l'affrontement, un incident tragique se produit. 

 

Dimanche 17 septembre 1944

A 1h30 du matin, un avion isolé pris pour un avion ennemi, volant au-dessus de la région est descendu par un tir de batteries antiaériennes. L'avion se révèle être un avion allié, un B24, lequel revenait d'une mission de bombardement. Le pilote était en vie et a été emporté vers le quartier général du régiment le matin suivant, sonné, mais pas sérieusement blessé.

           

Le régiment stationne à Avrainville  pendant  3 jours et le capitaine Harnie. S Ked fit venir une célébrité de la radio et du cinéma dans l'après-midi du 18 septembre 1944, Bing Crosby. Sur une aire sélectionnée pour l'occasion, il chante pour les officiers et les hommes qui sont là en masse pour l’événement. Bing et son groupe organisent un spectacle  qui comble tous les hommes, il chante ses plus grands succès "singing on a star", "sweet leilani",  ce fut un spectacle inoubliable. Pendant le spectacle, un message du quartier général de la division a été reçu selon lequel la 313e infanterie devait se préparer à se rendre aux alentours de Rugney, ou légèrement au sud. La division donne l’ordre au régiment de se mettre en mouvement, le 3e Bataillon restant présent sur place. Le régiment aurait eu besoin de rassembler une compagnie de fusiliers commando comme les PC pour le quartier général du 15e Corps. Quoiqu'il en soit, au-delà de 14h15, les nouveaux ordres  pour le régiment sont de rester en alerte permanente pour un mouvement immédiat vers le nord-est. Au-delà de 15h30, un message est reçu concernant l'itinéraire et la destination finale du régiment. A 17h00 la compagnie I et R a reçu l'ordre de se déplacer d'Avrainville à Charmes jusqu'au pont tenu par la division blindée à Bayon pour diriger les colonnes motorisées jusqu'à ce point.

 

 

A 18h30, un ordre oral est transmit au bataillon, le régiment reçoit l'ordre de se déplacer en colonnes de bataillon, dans l'ordre 3e, 1er, 2e. Itinéraire : Avrainville, Charmes jusqu'au pont à l'Ouest de Bayon, Froville, Einvaux et  Landecourt.

 

Mardi 19 septembre 1944

Vers 4h00, le régiment s'arrête dans la région, de Landecourt, la nuit noire provoque des difficultés d'orientation. A 7h 00, les 1er et 3e bataillons reçoivent l'ordre d'attaquer de l'Est au haut plateau jusqu'à la Meurthe.

           

Le 1er bataillon au nord, le 3e au Sud. Vers 10h00, les deux bataillons ont atteint leur objectif initial et seul  le 1er bataillon a rencontré une résistance ennemie...

Peu après les deux bataillons reçoivent l'ordre de patrouiller vigoureusement pour essayer de trouver un passage approprié pour franchir  la Meurthe. L'objectif initial est de prendre les hauts plateaux aux alentours de Lamath, mais la progression est tellement rapide que le régiment reçoit l'ordre de traverser la Meurthe et de verrouiller le village de Xermaménil. Seul le 3e bataillon est capable de trouver un point de traverser et à 14h30, les premiers éléments traversent la Meurthe et continuent vers le nord pour aller au devant de l'ennemi à Xermaménil. Une seule compagnie est laissée au bord de la rivière pour surveiller le flanc droit au sud pendant le mouvement des autres bataillons. Cette compagnie, au cours d'une procédure de secours, souffre de plusieurs victimes causées par un barrage de notre propre artillerie qui fut malencontreusement prévenu par un observateur situé devant l'artillerie. Après la traversée de Lamath par le 1er bataillon de chars ainsi que les tanks Destroyer, ceux-ci avancent sur une route donnant à la fois sur la rivière et le village de Xermaménil, ouvrent le feu sur les chars allemands dans les alentours. Cette action se déroule entièrement dans les heures précédentes et durant l'attaque du 3e bataillon.

Pendant ce temps, à 16h30, le 3e bataillon atteint la lisière Sud de Xermaménil et après une préparation d'artillerie, entre dans le village pour le nettoyer.

A 17h35, les patrouilles d’observations signalent une colonne ennemie de 10 chars et approximativement une centaine de fantassins se déplacent à l’Est de Xermaménil. Vers 19h50, le 3e bataillon  termine sa mission et en accord avec le 2e bataillon et une compagnie du 1er bataillon, une position de défense est établie autour de Xermaménil  afin de protéger le pont, lequel est en construction sur la rivière à Lamath.

 

Mercredi 20 septembre 1944

 Vers minuit, le pont flottant est terminé sur la rivière près de Lamath. Aucune activité ennemie n’est rencontrée durant le reste de la nuit, et excepté pour un tir d’artillerie ennemi occasionnel, tout est calme.

 

A  l’aube, il est défini que le régiment est tout a fait victorieux. Deux chars Mark V et deux Mark IV sont détruits, 29 véhicules de tout type sont pris, un canon de 88mm, des fusils antichar et de nombreux prisonniers sont fait lors de cette action . La citation des faits et les chiffres de ce que n’importe quel lecteur normal impressionnerait, fut exceptionnellement sans intérêt et inintéressant.

Désormais pour les hommes du front, responsable d’actes héroïques grâce auxquels ont pu être établi de tels chiffres et faits, ce n’était pas une tâche facile. A cet égard, il est bon de relater une histoire lors de l’action de Xermaménil.

Au moment de l’action, un char allemand Mark V était en train de menacer la stabilité des lignes du régiment lorsqu'une équipe de bazooka composé du PFC  W. Mundheim et C. Deloach visa la formidable forteresse à une distance hors de portée de leur arme. Oubliant leur peau ou le danger, ils rampèrent jusqu’à une centaine de yards du char et tirèrent 3 fois au bazooka en cercle autour du char, tous les tirs touchèrent la cible.

Le char était détruit sur place, et plus tard, quand le Général Wyche apparu sur les lieux de combat, il promu les deux hommes responsable de cet acte au grade de Sergent Major.

L’action telle que l’incident a été relaté, s’est répandue à travers le régiment. Jour après jour, les incidents auraient été retransmis au quartier général, en montrant sans méprise aucune la valeur et le courage des hommes des 1ère lignes.

 

Malgré le fait que la progression est faible et dangereuse, les hommes continuent à prouver leur valeur et en  conséquence, la résistance ennemie est vaincue et le chemin reste ouvert pour la marche sur Lunéville, mais nous n’avons pas d’informations exacte sur la  situation intérieure de la ville, il est un peu tôt de vouloir effectuer quelque nettoyage que se soit à cause de la taille et l’importance de la ville, et il faut compter sur le fait que l’ennemi  tente de reprendre la ville.

A 13h30, le régiment bouge de Germaniel se déplaçant en colonne de bataillon, dans l’ordre 1er, 3e et 2e. Le bataillon motorisé de chars et de chars Destroyer bougent à la suite de la colonne en marche. Aucun contact avec l’ennemi n’est rencontré par la colonne de tête, en marche vers Lunéville. D’autre part, de nombreuses difficultés sont rencontrées en cherchant une route au-dessus de la Meurthe dans la ville même. Les colonnes en marche continuent, le contact est fait avec un bataillon de chars Destroyer de la 4e Division Blindée. Le 1er bataillon reçoit l’ordre de se déplacer au sud-est à travers la ville et de prendre une position défensive à l’Est de la ville et au Sud de la route Est Ouest à travers la ville de Lunéville.

Au moment de l’information du contact, il était acquis que la ville n’était pas entièrement débarrassé de l'ennemi et que les allemands tiennent la partie Est et Sud-est de la ville, par laquelle nos colonnes avancées ont reçu l’ordre de faire mouvement. A la réception de cette information, il est devenu nécessaire que le 3e bataillon fasse mouvement au Sud et à l’Est à travers la ville à cheval sur la route de Moncel les Lunéville. Le 1er bataillon prend contact avec l’ennemi à la lisière est de Lunéville où ils font feu sur des canons et des armes légères. Les chars sont placés en avant dans le but d’aider la progression mais sont incapables de bouger plus que quelques centaines de yards une fois passé la lisière est de la ville, ceci à cause du feu des canons antichars lourds allemands bien situés lesquels parviennent à mettre hors de combat un char et empêcher d’autres mouvements vers l’avant.

La surface entière de la ville à travers laquelle le 1er bataillon est déployé, est sujet à un feu considérable d’artillerie et de mortier. Le mouvement du 3e bataillon dans la position Sud du 1er bataillon a été quelque peu lente. Quoique initialement aucun contact ennemi n’est fait, ce retard a été judicieux pour les deux bataillons afin d’adapter une position défensive de la rue principale à la section Est de la ville, plein Sud autour du chemin de fer jusqu’à la Meurthe Le 2e bataillon n’a pas encore pénétré la ville elle-même et se positionne dans une aire au Sud de la Meurthe pour protéger le flanc droit et Sud. De rigoureuses patrouilles sont mises en place à la nuit tombée.

 

Jeudi 21 septembre 1944

Dans l’effort de localiser la position ennemie, de manière à traverser la rivière pour le 2e bataillon jusqu’au village de Moncel les Lunéville, lequel était au Sud-Est de Lunéville. Dans la matinée, le 1er et 3e bataillon reçoivent l’ordre d’attaquer, dans le but de faire battre en retraite la résistance ennemie. La progression est difficile et le combat intense.

Approximativement en soirée, le Général Greer arrive au poste de commandement du régiment pour discuter de la situation avec le Colonel Wood. Les faits deviennent clairs désormais, et il est connu que la progression sera pour le mieux, lente.

          

Le Colonel Wood est informé que la défense de Lunéville est désormais dans les mains de la 79e  DI et que le problème de défendre la ville pourrait être en effet sérieuse. Les plans ont été faits pour mettre en mouvement le bataillon du 313e RI jusqu’à Lunéville pour aider à la défense de la ville.

Le bataillon occupe le secteur Nord Est de Lunéville et le restant du 315e RI se prépare à couvrir la défense de la ville proprement dite. C’est au petit matin que l’ennemi a tenté d’infiltrer  le centre ville par approche à travers le secteur à la lisière nord de la ville et une partie du 106e cavalerie pour mission de reconnaître l’air du parc. Il est nécessaire par ailleurs d’être constamment en alerte. Il n’y a aucune autre force disponible immédiatement pour soutenir la 79ème division afin de tenir la ville, et il est prévisible que l’ennemi dispose de forces considérables d’infanterie et de matériel disponible dans la région de Lunéville. La forêt de Parroy, localisée au nord et à l’est de Lunéville, est connue pour être lourdement fortifiée.

Lors de la 1ère guerre mondiale, cette même forêt a été un champ de bataille sanglant. La construction des fortifications était encore en place, les allemands en profitèrent pour améliorer leur position. La forêt de Parroy se trouvait dans le secteur de la 79ème division d’infanterie, il était nécessaire pour cette unité de passer à travers cette forêt. Cependant la ville de Lunéville ayant été débarrassée de toute résistance, il restait à  prendre la route qui menait à cette forêt. Le problème immédiat concernait la défense de Lunéville et la mission de repousser l’ennemi vers la forêt de Parroy. Dans le secteur de la 79ème division à été confiée, la ville de Lunéville qui était la dernière des  villes françaises a être pénétrée avant d’atteindre les frontières allemandes.

Ces mêmes frontières de la 1ère guerre mondiale s’étendaient à quelques kilomètres de l’est du faubourg de la ville. L’ennemi avait de nombreuses raisons par ailleurs d’essayer de la défendre et de continuer à retarder l’action aussi fortement et aussi longtemps que cela était possible. Ce fait, plus le fait qu’il a été appris que la ville entière était connue pour être hostile, snipers et allemands en tenue civile, posèrent de durs problèmes de défense. Dans cette communication, de nombreuses louanges peuvent être adressées au FFI et principalement leur effort que la phase de résistance avait débloquée. Le leader des FFI appela le Colonel Wood le 22 septembre 1944 offrant ses services et ceux de 250 FFI.

Devenu familier avec la situation dans Lunéville, ils étaient capable de révéler des informations valables et sous son leader ship, la ville est déblayée plus tard maison par maison, au cours de laquelle toutes les personnes subversives et suspectes sont mises hors d’état de nuire. Dans les jours qui suivent l’arrivée du régiment à Lunéville, le Général Wyche et le Général Greer passent de nombreuses heures au PC régimentaire, discutant et planifiant le cours des événements avec le Colonel Wood. Il n’y a aucune question sur les faits qui se sont produits dans les premiers jours, du moins, pas plus que sur la responsabilité de la défense de la ville et la responsabilité de repousser l’ennemi en dehors de la ville, reposant aux portes du 313e RI. C’est le 313e RI qui  pénètre en premier dans la ville après la libération initiale par les unités blindées et comme conséquence, il est désormais en tête de ligne du front pour la défendre. Cette responsabilité est une lourde charge et cette situation, encore une fois, est critique.

Les événements qui en découlent, suivant l’arrivée du 313e RI à Lunéville, durant les dates du 21 au 28 septembre 1944 inclus, sont enregistrés par conséquent sous la forme de découpages (tranches) journaliers. L’essentiel des faits de la partie jouée par le 313e RI dans la défense de Lunéville et la difficulté d’avancer jusqu’à la lisière de la forêt de Parroy, sont ici relatés.

 

Jeudi 21 septembre 1944  (suite)    

Des patrouilles de tous les bataillons sont activées  toute la nuit, cherchant les positions ennemies et examinant les possibilités de traverser  la rivière. Les patrouilles arrivent à moins de 500 yards de Moncel les Lunéville et font feu sur l’ennemi.

           

Le bruit des véhicules est entendu provenant du Nord-Ouest des bois de Moncel les Lunéville, et le feu de l’artillerie ennemi est supposé provenir de la même direction. D’autres patrouilles atteignent la voie de chemin de fer approximativement à 1000 mètres des lignes de front du 3e bataillon mais ne peuvent continuer plus loin. Nous entendons l’ennemi parler et le bruit des véhicules s’élever à  proximité de la voie de chemin de fer. Aucun passage de la rivière convenable n’a été trouvé.

Au cours de la matinée, le 1er bataillon reçoit l’ordre d’attaquer  à  proximité du passage à niveau du chemin de fer, et de nettoyer la résistance dans les maisons au-delà du passage à niveau. Les 2e et 3e bataillons reçoivent l’ordre d’avancer vers le chemin de fer et la lisière de la rivière. La résistance est intense dans tous les secteurs et la progression lente.

Pendant ce temps, des informations sont obtenues comme quoi il y a une digue sous l’aire occupée par le 3e bataillon, lequel doit être dynamiter, afin de réduire le niveau d’eau à proximité de Moncel les Lunéville de 1 à 2 pied de profondeur, afin de rendre possible pour l’infanterie la traversée de la rivière. Les investigations du fond de la rivière se révèlent favorable, le lit étant composé de gravier dur. L'ordre de détruire la digue est donné par le commandement.

 

Au cours de l’après-midi, le Général Greer se trouve au PC régimentaire. Le point de la situation est discuté par le Général Greer et le Colonel Wood. Le Général Greer restant au PC toute l’après-midi, exposant les progrès du régiment à la division par téléphone. Le feu de l’artillerie est intense dans les 2 camps tout au long de la journée. Lunéville, est bombardé par intermittence par l’artillerie lourde.

En soirée, malgré une forte résistance, un progrès substantiel est effectué. La digue près du 3e Bataillon est dynamitée, les portes de l'écluse sont ouvertes et le passage de la rivière devient possible à gué. La résistance au bord de la rivière est vaincue et les bataillons franchissent la rivière.

A 17h30, le village de Moncel les Lunéville est occupé par des éléments du 1er Bataillon, les 2e et 3e Bataillons combattent jusqu'à l'obscurité, repoussant l'ennemi à la lisière du bois au Nord-Ouest de Moncel les Lunéville. Les unités se préparent pour la nuit vers 21h00, avec le 1er Bataillon autour de Moncel les Lunéville et les 2e et le 3e Bataillons sur une ligne à la lisière des bois Nord-Ouest de Moncel les Lunéville. Au Quartier Général du Régiment, cependant une information est reçue selon laquelle le 314e RI veut traverser la rivière et assister à l'attaque du matin suivant.

 

Vendredi 22 septembre 1944

De durs combats se déroulent toute la journée, le 2e Bataillon reçoit une attaque ennemie à 6h00, accompagnée de chars et d'infanterie. Les 2e et le 3e Bataillons sont également engagés. Le 3e Bataillon perd quatre mortiers à l'ennemi lorsque les positions de ceux-ci sont occupées par surprise. Ces mortiers seront récupérés plus tard, toutes les attaques sont repoussées. Un dur combat se déroule dans le cimetière à la lisière Nord de Moncel les Lunéville où les allemands se sont retranchés.

 

Le feu de l'artillerie lourd ennemi est reçu tout le long de nos lignes. La route de Lunéville à  Moncel les Lunéville est particulièrement touchée au cours de cette journée. Au début de l'après-midi, le Colonel annonce à la Division que des attaques ont été tentées par l'ennemi. Nous avons détruits 4 chars ennemis et un char d'assaut et grand nombre de prisonniers capturés. L'artillerie ennemie diminue son emprise pour le moment. A 13h15, les forces sont réorganisées et le 2e Bataillon commence à attaquer, quelques progrès sont faits, Moncel les Lunéville est complètement nettoyée des troupes ennemies et le PC du 2e Bataillon s'établit à Moncel les Lunéville à 15h00.

Pendant ce temps, le feu de l'artillerie ennemi augmente fortement et Lunéville  est largement bombardée.

 

A 17h00, le 2e Bataillon est toujours en mouvement et avance doucement. La Compagnie F est maintenant à la lisière des bois avec la Compagnie G juste derrière ; le plan pour la nuit inclue la mise en place de Compagnies E, G et F dans les bois, avec une ligne à travers bois, avec la Compagnie F en réserve formant une demi-lune avec 2 Compagnies dans les bois. Une Compagnie reste à Moncel les Lunéville. Les 1er et 3e Bataillons pendant ce temps, s'installent sur une ligne à la lisière du bois ne rencontrant aucune résistance autre que le feu de l'artillerie.

A 18h00, quoi qu'il en soit, le 2e Bataillon reçoit une forte contre-attaque sur leur position dans le bois au Nord de Moncel les Lunéville. Le Colonel ordonne au 2e Bataillon de tenir les positions et de ne pas se retirer. De durs combats continuent longtemps après la tombée de la nuit. Mais la contre-attaque est repoussée avec sucés. Pendant ce temps, le 314e RI a atteint la lisière du bois et il est prêt à assister le 313e RI le jour suivant. Le 315e RI bouge également. Des patrouilles intensives sont envoyées tout au long de la nuit avec toutes les unités en alerte pour une possible autre attaque.

 

Samedi 23 septembre 1944

Le 315e RI reçoit l'ordre d'occuper les positions laissées libres par le 313e RI. Le 314e RI s'engage à aider et secourir le 313e RI. La progression est lente au cours de la journée et le temps est mauvais. Toutes les tentatives d'avancer rencontre une résistance rigide, mais l'avancée est tout de même faite. Une étroite coopération est maintenue avec le 314e RI qui se déploie en ligne à la droite du 313e RI.

Dans l'après-midi, la situation indique que la résistance est terminée, quelques troupes ennemies s'échappent. Des prisonniers allemands ont raconté qu'une trentaine d'hommes ont été choisis pour creuser des trous  pour d'autres unités qui étaient entrain de se replacer, mais le feu de notre artillerie les stoppa. Le morale n'était pas au mieux pour les allemands  et les officiers ordonnèrent aux hommes enrôlés de combattre en première ligne. Au cours de l'après-midi, le Général Wyche et le Général  Greer sont au PC régimentaire discutant de la situation avec le Colonel Wood. Aujourd'hui, la situation parait plus éclaircie, nos troupes désormais sont pratiquement passées à travers les bois et tout indique que les allemands se retirent.

Dans la soirée, la ligne de jonction des 313e et 314e RI est atteinte. Les patrouilles sont planifiées après la tombée de la nuit. Les instructions sont données de traverser le bois jusqu’à la lisière opposée et de continuer les patrouilles jusqu'au village de Croismare. Le 315e RI pendant ce temps est désormais en position et prêt à assister les 313e et 314e RI.

 

Dimanche 24 septembre 1944

Il y a de légers combats pour le 313e RI lors de cette journée. Le Régiment reçoit l'ordre de tenir ses positions actuelles dans les bois Nord-Ouest de Moncel les Lunéville  et d'occuper la zone entière. Les patrouilles de la première nuit indiquèrent que l'ennemi se retirait, ceci était vérifié au cours de la journée pour le secteur Nord  dans la zone du 313e RI qui était occupé par les troupes sans aucun contact ennemi.

La 2e  Division Blindée Française et le 315e RI  font des progrès substantiels au cours de cette journée. La 2e DB pénètre dans notre zone et prend Marainviller  localisée au Sud et à l'Est de Croismare et rapporte que l'ennemi à fait sauté le pont à la sortie Nord du village.

Les Compagnies I et R du 313e RI ont été envoyés à Croismare pour renseigner sur la situation. Les patrouilles envoyées à Croismare la nuit précédente rapportent que l'ennemi occupe le village et qu'ils sont incapables d'obtenir de plus amples informations.

A 16h00, les Compagnies I et R rapportèrent que l'ennemi était à gauche de Croismare et qu'ils avaient fait sauter le pont au Nord du village, mais le pont sur la route Sud était intact et utilisable par nos blindés.

          

Les 2 ponts surplombent la rivière Vezouze et sont le lien nécessaire pour une avance vers la forêt de Parroy. A la réception de ces informations, des patrouilles supplémentaires sont envoyées à Croismare afin de garder le contact avec la situation.

Les patrouilles rapportent qu'ils ont vu des éléments allemands se déplacer vers le Nord dans la proximité de la forêt de Parroy et rapportent que 3 allemands se déplacent en direction du pont au Sud de Croismare. Ils battirent en retraite bien avant d'avoir atteint leurs objectifs. Avec les villages de Marainviller, de Chanteheux et de Croismare  entre nos mains et avec les bois Nord Ouest de Moncel les Lunéville dégagé par l'ennemi, il était désormais possible de commencer à avancer en direction de la forêt de Parroy où l'ennemi était supposé être profondément retranché. Tout était en préparation pour l'avancée dans la soirée et nous attendions les ordres.

 

A 23h00 fut reçue de la Division, l’information que les forces aériennes étaient requises pour bombarder la forêt de Parroy le lendemain, afin d’entamer les fortifications ennemies avant une attaque de l’infanterie. Les instructions étaient de déplacer toutes les unités au Sud de la rivière Vezouze avant 08h00 du matin, la rivière servant de frontière durant le bombardement par les forces aériennes. Le bombardement était programmé pour le 25 septembre 1944 à 08h30. Toutes les unités reçurent pour ordre de disperser leurs groupes pendant le bombardement.

 

A minuit, toutes les unités avaient été alertées à propos du bombardement attendu. Le 1er bataillon reçut l’ordre de retirer la section placée à Croismare avant 08h00. Toutes les unités eurent pour instructions de disperser leurs groupes et furent informées de la ligne « frontière » pour les forces aériennes.

 

Lundi 25 septembre 1944

Le bombardement programmé pour 08h00 fut remis dans un premier  temps à 11h30 puis définitivement ajourné pour une période de 24 heures. Le temps était extrêmement mauvais et la prochaine éclaircie inadéquate pour le bombardement. Les Etats-majors supérieurs croyaient qu’un bombardement était essentiel avant une attaque de l’infanterie et par conséquent différèrent de tous leurs plans jusqu'à ce que le temps s’améliorât.

Les missions de surveillance commencèrent et les villages et les routes menant à la forêt de Parroy furent à nouveau occupés par nos forces. En dehors des activités des patrouilles, le 313e RI ne prit pas part au combat pendant la journée. Des tirs d’artillerie intermittents survinrent au cours de la journée. Quelques pièces d’artillerie lourdes tombèrent dans Lunéville même.

Autre chose : la compagnie F reçut l’ordre de garder l’Etat-major du Corps et fut relevée de sa position sur le front pendant l’après-midi. Notre artillerie fut très active au cours de la journée, avec des missions contre des cibles ennemies. La journée autrement fut calme et sans événement majeur.

 

Mardi 26 septembre 1944

Le bombardement fut de nouveau suspendu pour 24 heures, le temps étant par trop défavorable à une telle mission. L’attaque fut encore repoussée. Le commandant du régiment réunit les officiers de bataillon au PC Régimentaire pour une conférence. Il insista auprès des commandants de bataillons sur les objectifs de la Division, du corps et de la 3e Armée. Il mit en garde contre le trop plein d’optimisme et dit que la bataille dans la forêt de Parroy serait ardue. Il fit quelques suggestions pour galvaniser le moral des troupes. Le commandant du Régiment admit que la bataille avait été difficile pour tous mais soutint qu’aucune possibilité de relève du Régiment ou de la Division dans un futur proche n’était à l’ordre du jour. Nous devions continuer à combattre. La journée fut autrement relativement calme. Les patrouilles sortirent à nouveau et quelques unes d’entre elles furent attaquées par l’ennemi. Pendant ce temps, les  ingénieurs finirent les ponts à Croismare et déminèrent  les routes. Il y eut des tirs d’artillerie ennemie considérables tout au long de la  journée. La grosse artillerie pointée sur Lunéville baissa un peu de régime.

 

Mercredi 27 septembre 1944

Pour le 3e  jour consécutif, le bombardement fut reporté. Le temps était très défavorable. Cependant, les rapports météorologiques indiquaient que les conditions atmosphériques s’amélioreraient le matin ou l’après-midi du 28 septembre 1944. Les patrouilles sortirent à nouveau et notre artillerie fut active pendant la journée. L’artillerie ennemie l’était également et plus particulièrement sur la route reliant Lunéville à Moncel les Lunéville. Le  bombardement de Lunéville même par l’artillerie ennemie reprit à nouveau.

En fin d’après-midi, des rapports émanant de la Division indiquaient que la mission de bombardement aurait plus probablement lieu le 28 septembre 1944. Le temps était à présent en train de s’éclaircir et les prévisions pour le lendemain semblaient bonnes. Les Etats-majors de la Division établirent que le bombardement durerait une heure et dix minutes. L’attaque devait commencer deux heures et cinq minutes après la fin du bombardement. Les bataillons furent avertis de s’attendre au bombardement pour le lendemain mais une  heure définitive pour ce dernier ne fut toujours pas donnée à minuit.

Pendant la nuit du 27 au 28 septembre 1944 fut reçue des Etats-majors de la Division l’information que le bombardement, ajourné depuis trois jours en raison des conditions météorologiques, aurait lieu en définitive le matin du 28. Le temps s’était amélioré au cours de la nuit et toutes les conditions étaient favorables pour le 28 septembre 1944.

 

Jeudi 28 septembre 1944

L’heure du bombardement fut réglée à 10h45, ce dernier devant durer jusqu'à midi. L’attaque de l’infanterie devrait suivre le bombardement deux heures après l’achèvement de la mission de bombardement.

Oui, tout était maintenant prêt pour l’attaque de la forêt de Parroy. Les officiers supérieurs avaient différentes raisons de penser que  la bataille serait rude. Les troupes s’attendaient à une bataille ardue également, puisqu’elles sentirent intuitivement que l’ennemi attendait en masse derrière le mur d’arbres qui s’étendait sans fin devant leurs yeux. Au fond, elles redoutaient l’événement qui devait inévitablement se produire. Elles étaient fatiguées, fatiguées de jours de combat semblant sans fin. Bien que n’aspirant qu’au repos, elles savaient que ce dernier était impossible. Tous étaient des soldats de l’infanterie et une grande responsabilité reposait sur eux. Bien que fatigués, ils ne pouvaient pas abandonner. Et ils n’abandonnèrent pas. Ils se battirent avec acharnement et persistance et sans repos faisant reculer l’ennemi mètre après mètre, jour après jour, avec un esprit de vengeance toujours croissante. Ces hommes du 313e RI  savaient comment se battre.

 

 

La forêt de Parroy (du 28 sept au 12 oct 1944)

 

La lutte au cours de la campagne de Lunéville avait été difficile. Il y avait eu des jours et des nuits longs, semblant interminables, durant lesquels les troupes du 313e RI  n’avaient eu que peu ou prou connaissance de l’intensité de la bataille. Le bref repos à Avrainville, pendant que le régiment était resté dans la réserve de la Division, avait été beaucoup trop court. Les hommes avaient besoin d’un authentique et bien mérité repos et bien que les officiers supérieurs fussent pleinement conscients de cela, rien ne pouvait être fait pour apaiser la situation du moment. La guerre avait atteint une phase critique. Les allemands avaient été désespérément repoussés aux frontières de  l’Allemagne et se battaient avec force. Les Etats-majors supérieurs avaient  estimé que la relève était pour l’instant hors de question et que l’offensive devait continuer.

 

Pour le 313e RI et la 79e DI, la poursuite des opérations impliquait un regain suprême de courage et de ténacité. Ils étaient maintenant face à une situation qui pourrait bien  se révéler  être la plus difficile et la plus hasardeuse jamais rencontrée. Devant eux s’étendait la forêt de Parroy, un vaste rideau de défense naturelle, dans lequel l’ennemi était supposé être profondément tapi. Les Etats-majors supérieurs avaient stipulé que cette étendue devait être débarrassée de tous les soldats ennemis, et la seule manière d’y parvenir consistait pour l’infanterie à y pénétrer et à les en chasser.

 

Au matin du 28 septembre 1944, les hommes du 313e RI  attendaient l’ordre d’attaque. Toutes les troupes s’étaient retirées derrière la Vezouze qui représentait la ligne frontière pour le bombardement attendu. Comme l’heure du  bombardement approchait, les hommes attendaient avec nervosité l’approche des avions. Ils espéraient que ce serait une attaque aérienne massive  puisque plus les dommages infligés par les forces aériennes étaient importantes, plus leur travail serait facile le temps venu.

Les avions apparurent  et  le bombardement commença. L’attaque n’était pas aussi importante que les soldats l’avaient espérée mais lorsque les grosses bombes furent larguées sur les cibles tant connues que supposées, les hommes se sentirent ravivés et plein d’une confiance renouvelée.

Enfin, à midi, le bombardement prit fin. C’était dès lors à l’infanterie de passer à l’action. Personne ne connaissait le temps nécessaire pour bouter l’ennemi hors de la forêt, ni quelle avait été l’efficacité du bombardement. Les nerfs étaient tendus alors que les bataillons attendaient l’ordre d’attaque, et celui-ci parvint à  14h00. Ayant reçu l’ordre d’attaque, le 313e RI, attaquant en une colonne de bataillons, traversa une ligne de départ à proximité de Champel et commença à se déplacer en direction de l’entrée de la forêt de Parroy. Quelques tirs d’artillerie furent essuyés jusqu'à la ligne de départ et au delà, et le bataillon principal fut sous le feu constant de deux batteries ennemies jusqu'à ce qu’il ait atteint la forêt même.

Aucune autre résistance ennemie ne fut rencontrée jusqu'à ce que le bataillon principal soit parvenu à atteindre les bois au  Nord des fermes de la Haute Rappe. Là, les premiers éléments entrèrent en contact avec ce qui apparaissait comme étant une ligne ennemie de poste avancé. Beaucoup de dégâts furent causés par des mortiers et mitrailleuses de défense ennemis bien positionnés. Les bataillons parvinrent avec succès à chasser ces éléments hors      de la forêt et lorsque l’obscurité arriva, ils étaient parvenus à pénétrer la forêt d’environ un kilomètre. A 18h45, l’ennemi lança une contre-attaque au moyen de chars et d’une compagnie d’infanterie. Cette attaque fut repoussée avec succès. Les chars allemands n’étaient pas employés pour se déplacer mais servaient de support pour le tir. Des informations émanant  de prisonniers capturés indiquèrent que l’unité ennemie attaquante était la 13e Compagnie du 104e Régiment de Panzer Grenadiers, 15e Division de Panzer Grenadiers. Un prisonnier révéla que sa compagnie n’avait pas de « howitzers » d’infanterie et qu’elle était employée en tant qu’unité d’infanterie. Il expliqua également que sa compagnie n’avait souffert d’aucun dommage de notre bombardement, ce qui était une des premières indications qui prouvaient que le bombardement dans son ensemble avait été inefficace.

Aucune action ennemie supplémentaire excepté les incessants tirs d’artillerie ne se déroula au cours de  la nuit du 28 au 29 septembre 1944 ;

 

Vendredi 29 septembre 1944

Soldats du 313e RI US en forêt de Parroy.A 09h00 le 1er bataillon avait achevé sa réorganisation et continuait l’attaque. Il entra en premier lieu en contact avec un petit groupe de mitrailleurs ennemis qui avaient percé directement le front des principaux éléments. Le bataillon réduisit son allure à cause du terrain accidenté et l’avance fut encore ralentie à cause de la recherche aléatoire de l’ennemi dans les bois touffus. Conséquence, la progression fut lente le matin du 29 septembre 1944.

La résistance ennemie s’activa vers midi et à 13h50 le 1er bataillon dut faire face à une contre-attaque menée par l’infanterie avec au moins un char, ce dernier à nouveau utilisé comme support de tir. A 16h00, il fut demandé au 3e  bataillon du 313e RI de faire baisser la pression.  

 

Le reste du jour montra un accroissement marqué de l’activité ennemie. Le tir de l’artillerie ennemie s’accéléra grandement et à 22h30 le 3e bataillon repoussa une contre-attaque composée de chars et d’infanterie provenant du Nord et se dirigeant vers une position à mi-chemin entre les 1er et 3e bataillons. Les chars ennemis sur la route tiraient au travers des lignes et l’infanterie essayait de s’infiltrer à ce point de jonction entre les bataillons. De petits groupes s’étaient introduits et en raison de l’obscurité ambiante la situation ne devint vraiment claire que le lendemain matin lorsqu’il fut établi que les bataillons avaient détruit avec succès deux chars Mark IV qui avaient participé à l’attaque.

 

Samedi 30 septembre 1944

Soldats du 313e RI US en forêt de Parroy.La confusion sur l’état exact de la situation régna tout au long de la matinée du 30 septembre 1944. Ce même jour à 13h00, la réorganisation du 3e bataillon n’était pas encore achevée, ce qui freinait l’avance. L’artillerie lourde ennemie avait surpris les troupes et retardé la réorganisation. Vers 13h43, cependant, le bataillon principal avait atteint un point au Sud de la principale route traversant la forêt. Ceci plaça l’unité considérablement en avant du 315e RI, laissant notre flanc gauche (Nord) exposé. Le second bataillon se déplaça rapidement en direction du 3e bataillon pour l’assister dans l’établissement d’une protection efficace. Ceci était nécessaire en raison de l’infiltration constante d’allemands. A approximativement 15h30, ce 30 septembre 1944, ce flanc dégagé subit une contre-attaque de l’ennemi. Celle-ci fut repoussée avec succès mais la lutte continua jusqu'à la nuit tombée. Les tirs de l’artillerie ennemie étaient particulièrement importants au cours de cette période. Par exemple entre 21 et 22 heures le seul 3e bataillon comptait 30 victimes. En même temps, les rapports de prisonniers indiquaient de lourds chiffres tant en tués qu’en blessés dus à notre artillerie. Les prisonniers allemands indiquèrent que des remplaçants étaient continuellement jetés dans l’action, aussi rapidement qu’ils pouvaient rejoindre leurs positions.

Vers 23h00 ce 30 septembre 1944, le contact avec le 315e RI fut établi, permettant dans une certaine mesure de réduire l’intervalle entre les régiments.

 

Dimanche 1 octobre 1944

Soldats du 313e RI US en forêt de Parroy.L’action ennemie s’atténua au cours de la nuit, avec cependant quelques  tirs occasionnels de mortiers et d’artillerie jusqu'à 06h00 où l’ennemi employa des chars et des fusils d’assaut en direction de la position de notre 2e bataillon. Auparavant, tout au long de la nuit, les patrouilles avaient vérifié le fait que l’ennemi s’était déplacé de quelques cent yards (1 yard égal environ 0,914 mètre) et en conséquence, chaque régiment stoppa encore son attaque. Des difficultés considérables furent rencontrées pour maintenir le contact entre les régiments mais l’avance continua de manière satisfaisante et seule une faible résistance fut rencontrée jusqu'à midi, lorsque le 2e bataillon du 313e RI tomba sur approximativement quatre grosses mitrailleuses en plus de l’infanterie. Vers 14h30, il fut établi que cette force d’opposition était composée d’environ 80 hommes et après avoir préparé l’artillerie, le 2e  bataillon écrasa cette résistance et poursuivit son mouvement.

La nuit du 1er au 2 octobre 1944 fut calme à l’exception de tirs occasionnels et concentrés d’artillerie ennemie et de quelques tirs de « Nebelwerfer ».

 

 

 

Lundi 2 octobre 1944

Soldats du 313e RI US en forêt de Parroy.Ce jour fut consacré à la réduction de l’écart entre les régiments, à la réorganisation et aux activités de surveillance. Les ingénieurs furent employés le matin du 2 octobre 1944 à débarrasser les routes des nombreuses mines antichars (R43) que l’ennemi avait disposées pour se protéger contre le mouvement de nos chars et véhicules sur la principale route Est-Ouest traversant la forêt. A 09h30, le bataillon de tête avait patrouillé sur environ 600 yards en direction du front sans contact avec l’ennemi. L’artillerie ennemie continuait à être active avec cependant ce qui apparaissait comme étant un tir de barrage sur des terrains bien définis comme les carrefours et jonctions de routes.

 

Mardi 3 octobre 1944

Le 314e RI qui s’était déplacé vers le Nord dans le but de faire la jonction avec notre unité principale, se déplaça de front.

 

Mercredi 4 octobre 1944

Soldats du 313e RI US en forêt de Parroy.L’unité alla vraiment de l’avant, soit à l’Est de nos éléments principaux. Durant cette période, le 314e RI fit l’objet de contre-attaques rassemblant tant des chars que l’infanterie, mais la seule action du 313e RI à ce moment-là se limita à patrouiller pour nettoyer les proches environs du 314e RI de l’ennemi qui s’était infiltré dans les bois. Aucune autre action ennemie ne fut subie par le 313e RI occupant sa position.

 

Jeudi 5 octobre 1944

Le 1er bataillon du 313e RI fut placé en réserve du Corps. Les patrouilles furent déployées et il fut fait un certain nombre de prisonniers qui affirmèrent que l’ennemi était sur une ligne à proximité. En même temps, le 1er bataillon faisait l’objet de tirs de mortiers et d’artillerie considérables aux environs de Marainviller. Des patrouilles supplémentaires du 1er bataillon déterminèrent que les bois au Nord et à l’Est de Marainviller ainsi que la colline à l’Est de ce village et la partie Nord des voies ferrées étaient définitivement occupées par les forces allemandes.           

 

Vendredi 6 octobre 1944

Soldats du 313e RI US en forêt de Parroy.Les patrouilles furent encore déployées le 6 octobre 1944 dans le but de pénétrer les bois au Nord et à l’Est de Marainviller mais l’artillerie légère et les tirs des mortiers et mitrailleuses empêchèrent toute incursion.

 

Samedi 7 octobre 1944

Au cours de la nuit du 6 au 7 octobre 1944, une patrouille de combat du 1er bataillon fut envoyée au Nord-Est de Marainviller dans le but d’intercepter un camion ennemi de nourriture et de munitions mais rentra bredouille, rapportant que le véhicule n’était pas apparu. Les prisonniers capturés pendant cette période corroborèrent le fait que l’ennemi n’avait transporté ni munitions ni nourriture la nuit du 6 au 7 octobre 1944.

Le 7 octobre 1944, le seul élément du régiment en contact était encore le 1er bataillon qui avait continué à essaimer des patrouilles pour développer les positions au Nord et à l’Est de Marainviller. Autrement le jour fut calme, à l’exception des habituelles concentrations des tirs de mortiers et de l’artillerie ennemis sur la zone englobant Marainviller. Les préparatifs et plans finaux  furent achevés

 

Dimanche 8 octobre 1944

Soldats du 313e RI US en forêt de Parroy.Une attaque de Division coordonnée dans le secteur de la forêt de Parroy le 9 octobre 1944. Dans l’ordre n° 20 reçu le 7 octobre 1944 le plan d’attaque avait été en partie exposé comme suit : «  la 79e DI (renforcée) attaquera 090630 (le 9 de ce mois à 06h30), le 315e RI au Nord, le 313e RI au Sud, le 2e bataillon du 314e RI prend un objectif limité entre les 313e et 315e RI ».

Beaucoup de temps et d’efforts avaient été dépensés dans la planification de l’attaque de Division. Bien que l’objectif fût limité, il était néanmoins d’une importance vitale. Les durs jours de combat qui s’étaient déroulés avant avaient vu les allemands reculer lentement jusqu'à lutter maintenant à l’extrémité même des bois. Il était même tout à fait possible qu’une attaque coordonnée à ce moment permette en cas de victoire de décourager les allemands de tentatives futures de défendre le dernier terrain restant dans la forêt elle-même, et de se retrancher sur une nouvelle position de défense. L’attaque devait être lancée en direction de la colline au coin Est de la forêt avec pour objectif la colline elle-même. Une fois atteinte, on espérait que les allemands considéreraient le reste de la forêt comme intenable en terme de défense et par conséquent battraient en retraite.

 

 

Lundi 9 octobre 1944.

Soldats du 313e RI US en forêt de Parroy: Cie G Valentine Charles R. Bowers sergent,Yates médecin,Heaven sergent,Baldwin.Une réunion régimentaire avancée fut ouverte à 06h00 au plus profond des bois. Là, les préparatifs de dernière minute furent réglés et à 06h30 l’attaque commença. A cette heure, le 1er bataillon, à l’aide de chars et de destructeurs de chars ouvrit le feu avec une attaque de diversion depuis les positions à proximité de Marainviller. Leur mission : tirer sur les cibles connues et supposées, pour créer le mouvement mais sans aucune tentative d’avancée. 20 minutes plus tard, à 06h50, la véritable attaque commença. Le 313e RI avec les compagnies A du 304e bataillon médical, compagnie A du 749e bataillon de chars et 2 sections du 773e bataillon de chars, attaqua dans le but d’atteindre les objectifs requis.

Dans sa plus grande partie, l’attaque se déroula tout au long de la matinée du 9 octobre 1944 conformément à l’emploi du temps et au plan. En dépit du fait que les 314e et 315e RI furent importunés pendant un temps considérable par la résistance des allemands, les 2e et 3e bataillon du 313e RI purent atteindre leurs objectifs avec une faible difficulté. Seule la résistance essaimée et quelques tirs d’artillerie causèrent de légers retards. Le 3e bataillon, en suivant le 2e, agrandit la distance entre les bataillons et en conséquence quelques pertes furent causées par l’artillerie ennemie. Des barrages routiers furent établis cependant conformément au plan.

A 14h00, l’objectif réglementaire était atteint et les chars de soutien avaient pris des positions de défense à des endroits spécifiés. Une section de la compagnie antichar fut ensuite attachée au 3e bataillon pour soutenir les barrages routiers déjà établis, en raison d’un report du mouvement des véhicules ennemis vers le Sud de ces positions. Les missions de reconnaissance commencèrent immédiatement à l’Est et au Sud de l’objectif. Le résultat de ces dernières donna des indications, qui furent vérifiées plus tard, sur le fait que l’ennemi s’était déplacé des bois vers l’Est.

Cette première indication de déplacement ennemi prouva qu’il s’agissait du début d’un déplacement général de l’ennemi hors de la forêt de Parroy. Comme espéré, une fois la colline sur le côté Est de la forêt prise, les allemands considérèrent la bataille de la forêt perdue et commencèrent leur retraite. L’objectif de la Division avait été atteint avant la tombée de la nuit ce 9 octobre 1944 et les activités de surveillance vinrent conforter l’idée que l’ennemi effectuait une retraite générale des bois. Les mauvaises routes et quelques tireurs embusqués, cependant, nécessitèrent l’utilisation de chars légers pour apporter rations, lits et eau aux bataillons. Les tirs d’artillerie dans le secteur du régiment furent tantôt sporadique tantôt intense tout le reste du jour et de la nuit.

Pendant la nuit des traînards ennemis causèrent quelques problèmes au voisinage des positions du bataillon mais à la lumière du jour.

 

Mardi 10 octobre 1944

Cette difficulté fut surmontée avec tous les combattants ennemis ou tués ou faits prisonniers.

La date du 9 octobre 1944 sera longtemps considérée comme importante pour les membres du régiment et de la division qui participèrent à la prise de la forêt de Parroy. A cette date, la résistance ennemie au sein de la forêt était en fait anéantie. Pendant 11 jours consécutifs, la bataille pour la forêt avait été enragée et intensive. Le temps avait été exécrable et les victimes nombreuses. En langage cru, la lutte dans la forêt avait été un enfer. Cependant, en regard du travail difficile à effectuer, la progression avait été rapide et le résultat final obtenu en un temps record. La prise de la forêt de Parroy pendant la 2e Guerre Mondiale, en fait pour autant que la 79e  DI fût concernée, avait été accomplie en douze jours alors qu’au cours de la 1ère guerre mondiale, après des mois de durs combats, ni les ennemis ni les alliés n’avaient pu y pénétrer. Les allemands avaient considéré la forêt de Parroy comme un point vital et étaient déterminés à la garder à tout prix. Cela fut confirmé à répétition par les informations glanées parmi les prisonniers qui montrèrent à chaque fois que des remplaçants frais étaient constamment plongés dans l’action sur les lignes ennemies, aussi rapidement que possible. Les émissions de propagande allemandes, diffusées à travers toute l’Europe indiquèrent également à mi-voix que les allemands considéraient la forêt de Parroy comme un secteur vital. Dans une émission, il fut dit que la 79e DI avait été complètement anéantie dans sa tentative désespérée de prendre la forêt. Une autre émission insista sur le fait que les américains avaient perdu une division de troupes parachutées et trois divisions d’infanterie pendant la brève période de 15 jours au cours de laquelle s’était déroulée la bataille dans la forêt. Les faits réels, bien sûr, étaient légèrement différents. La 79e DI dans le secteur qui lui était assigné avait conquis la forêt seule et les pertes, en regard du travail à effectuer, avaient été comparativement faibles. D’un autre côté, l’ennemi avait subi de très lourdes pertes, ceci étant principalement le résultat du terrible pilonnage effectué nuit et jour sur toutes les positions ennemies connues ou supposées.

Il serait impossible de décrire avec des mots simples les conditions dans lesquelles se déroulèrent les 15 jours de lutte au sein de la forêt de Parroy. Il n’y avait aucune possibilité d’échapper nuit et jour à l’angoisse qui prévalait ici. Depuis l’instant où les premières troupes entrèrent dans les bois denses jusqu'à celui où les dernières troupes émergèrent sur le terrain à découvert, chaque moment passé à l’intérieur fut rempli d’une peur mortifiante. Il serait impossible d’exagérer les privations et souffrances endurées par les hommes pendant que la bataille se déroulait dans la forêt. Il plut constamment, il fit froid et l’ennemi résista jour et nuit avec une pugnacité que les combattants vétérans du 313e RI n’avaient jamais auparavant expérimentée. Jamais avant nous n’avions attaqué un ennemi qui contre-attaquait avec l’énergie du désespoir que seul le perdant dos au mur peut présenter. C’était, d’aussi loin que les allemands étaient concernés, un combat de la dernière chance et avec tout le respect dû à l’habileté guerrière de l’ennemi, il continua à combattre en dépit de tout espoir. En même temps, alors que nos troupes suivaient leur chemin, chaque arbre était potentiellement un piège mortel et chaque homme était hanté par l’idée que son prochain pas pourrait bien être le dernier. C’était une chose de se battre à découvert. C’en était une autre de se battre au plus profond d’une forêt où vous ne saviez jamais où se trouvait l’ennemi ni quand et comment il frapperait. Et l’ennemi avait tout le temps l’avantage. Il était sur la défensive alors que nous restions constamment sur l’offensive. Il était malaisé d’avancer et de le débusquer, d’endurer les éclats d’arbres, le froid et la peur de l’inconnu. C’était comme un quidam le dit plus tard « l’enfer sur terre ».

Mais quoi qu’il en soit, la lutte pour la forêt fut remportée. Les efforts coordonnés des trois régiments d’infanterie chacun dans leur secteur pour repousser l’ennemi jusqu'à ce que la forêt en soit débarrassée furent victorieux.

Avec la forêt de Parroy entre nos mains, la nature du combat changea. On n’avait pas anticipé le fait que l’intensité de la bataille serait  moindre puisque l’ennemi n’avait donné aucune indication du relâchement de sa vigilance. C’était maintenant un grand soulagement pour les soldats sur le front que de pouvoir combattre à nouveau sur un terrain dégagé.

Pendant les jours qui suivirent l’attaque finale coordonnée à l’intérieur de la forêt, l’activité du Régiment se confina essentiellement à la réorganisation et aux missions de surveillance. En même temps, notre artillerie commença des missions de tirs concentrés sur toutes les positions ennemies connues ou supposées situées derrière la forêt. De même, chaque pouce de terrain de la forêt fut débarrassé des traînards ennemis et on prenait des prisonniers toujours plus nombreux capturés les positions et mouvements de l’ennemi.

Le matin du 11 octobre 1944, la section « I et R » Régimentaire partit en mission de reconnaissance dans la petite ville de Laneuveville aux Bois et rapporta  qu’il n’y avait aucun ennemi. Réagissant à cette information, le commandant du régiment fit une reconnaissance personnelle dans et derrière le village et après cela ordonna à tous les bataillons de se déplacer à l’Est et au Sud de Laneuveville aux Bois pour camper sur des positions défensives et instituer d’autres missions de surveillance à l’Est.

Au crépuscule tous les bataillons s’étaient emparés de leurs positions défensives comme ordonné et à 18h00 une réunion Régimentaire fut ouverte à Laneuveville aux Bois. Après cela, il fut ordonné au 1er bataillon  de faire la jonction avec le 314e RI, situé sur la frontière droite du 313e RI. La forêt de Parroy était maintenant complètement  libre et les positions défensives derrière la forêt établies.

Après que le Régiment eût pris ses nouvelles positions dans les faubourgs de Laneuveville aux Bois, un jour entier fut passé à patrouiller activement pour déterminer les positions et intentions ennemies. Plus d’informations de valeurs furent obtenues et à la mi matinée, le 13 octobre 1944, il devint certain que le gros des forces et défenses ennemies étaient établis dans le village d’Emberménil située plus loin à l’Est de Laneuveville aux Bois.

A la réception de cette information, le commandant du régiment ordonna une attaque de la ville. L’attaque commença comme convenu à 13h30.

 

 

Vendredi 13 octobre 1944

Avant d’avoir atteint les faubourgs d’Emberménil, nos unités furent immédiatement en contact avec des tirs d’armes, mortiers, artillerie et mitrailleuses extrêmement fournis. Le 3e bataillon attaqua depuis une position sur les hauteurs surplombant la ville, pendant que le 1er bataillon lançait l’attaque générale depuis une zone dans les environs de la gare au Sud.

Au cours de l’après-midi, l’avance fut soutenue bien que la progression soit de temps en temps ralentie en raison du feu nourri des mortiers et de l’artillerie ennemis. Malgré ces obstacles, Emberménil fut prise à 15h00 par le 1er bataillon qui continua à avancer vers une ligne située à environ 300 yards à l’Est de la ville même.

Peu après, le 3e bataillon rejoignit une ligne adjacente au 1er bataillon. A ce point, il fut décidé de camper pour la nuit sur les positions alors prises. Même-ci, cependant, quelques parties du 1er bataillon étaient encore engagées dans la lutte avec l’ennemi dans les environs de la gare.

 

Samedi 14 octobre 1944

Au cours de la nuit, des plans furent établis pour poursuivre l’attaque et en dépit du fait que le temps était extrêmement mauvais, l’attaque fut avancée. Les fortes pluies rendirent l’emploi des chars littéralement impossible et la progression, d’aussi loin que les bataillons eux-mêmes fussent concernés, fut néanmoins difficile.

A cause de ces conditions et également en raison du fait que nos unités étaient au seuil de l’épuisement complet, une petite progression fut effectuée.

L’ennemi était bien retranché sur les hauteurs à l’Est d’Emberménil et en dépit de tous les efforts, nos troupes ne réussirent pas à déloger l’ennemi de ces positions fortifiées. A la nuit tombée, 10 de nos chars étaient complètement hors d’usage et la journée n’avait présenté aucun gain substantiel.

Les événements précédents avaient eu lieu le 14 octobre 1944. Cette nuit-là, une instruction des Etats-majors de la 79e DI fut reçue, ordonnant que les troupes stationnent sur les positions actuelles et attendent des conditions plus favorables avant de continuer l’attaque. Les Etats-majors de la Division avaient bien présent à l’esprit l’idée que les troupes des 3 régiments étaient si fatiguées que la lutte effective ne pouvait se poursuivre, du moins pas avant que les conditions ne s’améliorassent.

 

Du 14 au 19 octobre 1944

Pendant cinq jours, du 14 au 19 octobre 1944, le Régiment resta sur les positions ainsi acquises. Pendant cette période, l’activité du Régiment se limita à l’établissement de postes avancés, barrages routiers, l’envoi de patrouilles et le maintien constant des positions défensives. En même temps, l’ennemi fit plusieurs attaques avortées, chacune d’elles  se soldant pour lui par de lourdes pertes. Sur une occasion qui se présenta le 17 octobre 1944, l’ennemi planifia une attaque aux répercussions terribles. Le secret fut percé durant la nuit lorsque 2 prisonniers allemands furent amenés à l’équipe IPW régimentaire n°50 pour y être interrogés. Les prisonniers révélèrent que l’ennemi était en train de préparer une attaque de grande envergure contre nos lignes et contre Emberménil entre 03h00 et 03h30. De nombreuses informations à propos du plan de l’attaque furent obtenues d’eux. On apprit que l’attaque devait être amorcée par les chars et serait continuée par l’infanterie. L’emplacement des chars et de l’infanterie fut soutiré aux 2 prisonniers apeurés, plus des informations comme la route d’approche qui serait utilisée par les chars ennemis pendant l’attaque. L’information fut transmise en premier lieu aux Etats-majors du régiment puis à la Division et au Corps, et des préparatifs furent faits pour surprendre les attaquants. L’attaque ennemie commença à 03h30 exactement mais l’élément de surprise fut l’inverse de ce que l’ennemi avait espéré qu’il soit. Toute l’artillerie utilisable ouvrit le feu sur toutes les routes d’approche possibles aussi bien que sur tous les points de concentration où les chars ennemis et l’infanterie étaient signalés être positionnés. En conséquence, l’attaque fut stoppée presque aussi rapidement qu’elle avait commencée, avec de lourdes pertes ennemies tant en hommes qu’en matériel.

Le 19 octobre 1944, le commandant du Régiment organisa une réunion de l’Etat-major du régiment et du bataillon S-2S pour établir des plans en vue de renforcer nos lignes de défense, ce qui impliquait la prise d’une partie dominante des hauteurs au devant de nos positions. Ce plan était inspiré par les Etats-majors de la Division, dans le but de renforcer les lignes des 3 régiments d’infanterie. Pour mettre à exécution ce plan, le 1er bataillon du 313e RI fut relevé par un bataillon du 315e RI, dans sa zone d’action au cours de la nuit du 19 au 20 octobre 1944 et à 03h00, tout était fini.

 

Du 20 au 21 octobre 1944

Au cours des 2 jours qui suivirent, les 20 et 21 octobre 1944, les lignes de front des 3 régiments d’infanterie furent renforcées conformément au plan. Cela fut accompli avec une difficulté considérable, cependant, puisque l’ennemi continuait à contre-attaquer à tous endroits et instants  possibles. Particulièrement pendant la nuit, l’ennemi redoublait d’activité et nos postes demandaient constamment des tirs de barrage d’artillerie sur des emplacements stipulés pour décourager les attaques ennemies ou les tentatives d’infiltration. L’artillerie de chaque côté avait un tir extrêmement nourri.

Pendant des semaines, oui depuis que les troupes du 313e RI étaient entrées dans la ville de Lunéville, les rumeurs sur le fait que le Régiment et la Division seraient bientôt relevés pour un repos fortement nécessaire n’avaient cessé de courir. En partie, ces rumeurs étaient basées sur le fait que les Etats-majors de Division étaient bien conscients qu’un repos était désespérément nécessaire. D’un autre côté, on savait également qu’aucune relève ne pouvait être garantie immédiatement.

Maintenant cependant, il apparaissait la possibilité que la relève de la Division dépassât l’état de rumeur. Les Etats-majors de Division le promirent et le 22 octobre 1944, les plans définitifs de la relève de la Division s’étaient répandus comme de la poudre parmi les rangs du 313e RI et dès que la promesse de relève devint réalité, chaque heure passée sur les lignes de front ressembla à une éternité sans fin. Puis le 24 octobre 1944 à midi, le secteur détenu par le 313e RI et la 79e DI fut placé sous le contrôle du commandement général de la 44e Division d’Infanterie. En même temps, le 324e RI de la 44e DI avait procédé à la prise des positions tenues par le 313e RI.

 

 

Mardi 24 octobre 1944

Pendant toute la journée, le processus de relève continua et à 22h50 le 24 octobre 1944, le commandant du Régiment rapporta au commandant de la 79e DI que la relève du Régiment était achevée.

Des camions furent affrétés et les troupes furent transportées vers une zone de repos non loin de Rosières aux Salines, située à environ 50 km de la ville de Lunéville. Ce fut la première relève officielle que la Division ou le Régiment eût connue depuis l’attaque sur Cherbourg le 18 juin 1944. Depuis 128 jours, les troupes étaient engagées dans un combat continuel avec de brèves périodes de repos tandis qu’une unique unité avait été placée en réserve de la Division. Cette période de 128 jours a établi un record marqué et bien mérité pour le Régiment et la Division à la fois. L’exemple montré par tous les hommes de la 79e DI servit à prouver que l’endurance humaine ne connaît virtuellement aucune limite et que la valeur des hommes en armes est sous-estimée. Bien que très fatigués, ils furent un joyeux groupe d’hommes qui s’éloignèrent des lignes de front et se dirigèrent vers leur repos longtemps attendu à Rosières. Alors que les camions roulaient et que le son de l’artillerie devenait toujours moins audible, ces hommes se mirent à respirer à pleins poumons un air frais et pur, et à contempler le calme et la quiétude de la campagne française. Indubitablement, ils pensaient que tout le chemin sur lequel ils passaient maintenant n’avait pas semblé si longs sous le feu et ils réalisèrent pleinement que la paix n’avait pu être seulement acquise qu’à un prix très élevé.

Ces hommes s’en allant des lignes de la bataille avait mérité leur repos. Ils espéraient qu’ils l’auraient et qu’il durerait assez longtemps pour que les nerfs mis à rude épreuve par la guerre soient apaisés par la paix du corps et de l’esprit.

Oui, ils avaient gagné tout le repos qu’ils pouvaient obtenir. Ils avaient mérité plus qu’ils n’auraient jamais pu obtenir puisque la guerre n’était pas encore achevée. Ils savaient cela et également le fait que dès que le repos serait fini, ils seraient rappelés une nouvelle fois pour retourner sur le front.

 

Le Repos à Rosières

 

Il n'y a pas de mots dans le dictionnaire de Webster, ni dans le thesaurus de Roget, ni même dans la langue des GI,  pour exprimer le soulagement et la gratitude ressenties par les troupes du 313e RI quand ils se trouvèrent enlevés des lignes de front et transportés en toute sécurité sur l'aire de repos de Rosières. Pendant trop longtemps ils avaient connu seulement l'enfer du combat continu. Les nerfs étaient tendus, et les corps étaient extrêmement fatigués. Les hommes avaient besoin de s'éloigner pour un temps de la complainte de l'artillerie et du son du canon mais ces hommes avaient surtout besoin de changement. Comme un seul un homme ils avaient tous espéré intérieurement que leur chance les accompagnerait assez longtemps pour qu'ils puissent éprouver encore une fois le frisson du confort ordinaire et de la propreté, même si ce n’était seulement que pour une courte période.

 

Mercredi 25 octobre 1944

Le matin offrit une telle opportunité aux hommes. Maintenant, pour une période non définie, ils connaissaient leur première période de repos officiel depuis de longs mois. Il y avait eu de brèves périodes de repos par le passé, mais celles-ci étaient survenues seulement alors que le régiment était resté en réserve de la Division pour de courtes périodes pendant lesquelles à aucun moment les troupes n’avaient été complètement hors d’atteinte des activités ou artillerie de l'ennemi.

Cependant, ils étaient maintenant loin des lignes de l'ennemi. Ils se trouvaient dans une région qui avait été débarrassée de celui-ci depuis des semaines et qui globalement avait repris une vie normale.

Pendant les premiers jours, aucune restriction n'avait virtuellement été imposée. La routine de l'armée, étant bien sûr ce qu’elle est, avait été maintenue. Les habits et le matériel furent nettoyés, et une inspection sévère des matériels et armes fut effectuées de nombreux bains ont été pris dont les hommes sortirent propres et rasés de près. C'était comme le recommencement de la vie toute entière.

Entre-temps des plans ont été mis à exécution pour fournir des films et autres amusements du service spécial. Des permis ont été accordés pour se rendre dans les villes proches de Lunéville St. Nicolas, Dombasle, Hudiviller, ainsi que dans la ville de Rosières autour et à l’intérieur de laquelle le régiment bivouaquait. La grande ville de Lunéville, et les plus petites villes environnantes, sont immédiatement revenues à la vie. Où que vous alliez, les bars à bières et tavernes étaient toujours remplis, et dans les environs des lieux où les troupes étaient cantonnées, vous pouviez trouver des groupes d’hommes qui organisaient des buvettes de leur propre chef, en utilisant des fonds de la compagnie pour l'achat de bières et autres alcools. Dès le tout premier jour il était évident que beaucoup de bière pourrait être obtenue, mais comme d’habitude l’alcool très fort était difficile à obtenir. Cependant, en dépit de toutes les difficultés, il y avait habituellement la possibilité d’obtenir quelques boissons en quantité limitée, mais il était couru d'avance que la qualité l’était également. La Mirabelle, le Cognac et « l’eau du feu » disponibles était en effet frelatés.

Bien qu'aucun GI n’ait pu comprendre complètement pourquoi, deux jours après que le régiment fût arrivé sur le lieu de repos, un programme de formation fut mis en place. La raison, révélée par les plus hauts Quartiers généraux, consistait à former les remplaçants qui se trouveraient bientôt en face de la réalité quand le Régiment serait appelé à  retourner au combat. Mais pour le vétéran endurci qui avait tant enduré depuis si longtemps, le besoin véritable d’un entraînement supplémentaire était, à ses yeux, autant inutile qu’indésirable. Cependant un ordre est un ordre, et donc la formation commença. Toutes les unités furent engagées dans l’entraînement nocturne, par petites unités, avec un accent spécialement placé sur l'assaut de détachements. Ceci, combiné avec le tir d’armes de petit calibre et de calibre 50, plus la formation aux missions de surveillance (reconnaissance et combat), occupa les troupes presque de façon continue.

Entre temps, tout au long de la période entière, l’habillement hivernal était en train d’être sorti. Aussi rapidement que l’approvisionnement de vêtements hivernaux arriva, la distribution fut faite à toutes les unités. Des habits chauds et amples, couvertures et matériels, devaient être obtenus pour tous.

La formation, bien sûr, n'a pas entièrement empêché les hommes de s’amuser. Au sein des nombreuses unités et compagnies l’entraînement était organisé de manière à ce qu'il y ait assez de temps pour les sorties autorisées et autres amusements. Tout au long de la période entière de repos les hommes profitèrent de la plupart de chaque moment libre.

Le 23 octobre 1944 et encore le 3 novembre 1944 deux cérémonies impressionnantes se sont déroulées au cours desquelles des récompenses ont été données au personnel du Régiment qui s’était distingués au combat pendant les mois précédents. La cérémonie du 28 octobre 1944 fut tenue aux Etats-majors Régimentaires où l'officier commandant, le colonel Sterling A.Wood offrit l'étoile de bronze à 27 membres du régiment, allant du rang de simple soldat à celui de lieutenant-colonel. Plus tard, le 3 novembre 1944, une cérémonie régimentaire spéciale a été tenue dans une région au Nord de Rosières, pendant laquelle le Général commandant la 79e DI, le Major Général Ira T.Wyche, offrit des récompenses aux membres du Régiment qui s’étaient distingués dans différentes actions. Cette cérémonie fut particulièrement impressionnante. Une compagnie de chaque bataillon, les compagnies B, F et L étaient présentes, et les couleurs tant Nationales que Régimentaires ont solennellement flotté alors que les récompenses étaient offertes. Beaucoup des habitants des localités environnantes vinrent pour assister à l’événement.

 

Dimanche 5 novembre 1944

 Un ordre fut reçu aux Etats-majors Régimentaires indiquant que le Régiment était en alerte pour un mouvement possible à n'importe quel moment. Des directives ont été publiées par les Etats-majors de la Division pour indiquer qu'un ordre d’alerte de six heures serait publié avant le départ. Personne ne connaissait la date de mouvement réelle, et ce ne fut en fait que le 12 novembre  1944 que le régiment se déplaça véritablement.

 

La course vers l’Alsace

 

Samedi 11 novembre 1944

Le temps de repos du régiment ne dure en fait que deux semaines. La compagnie G du 313e RI se vit accordée l’honneur de prendre part aux cérémonies du Jour de l’Armistice dans la ville de Lunéville, de même que les 314e et 315e RI, devant le général Wyche, commandant la Division. A cette occasion, l’on commémore le 11 novembre 1918, date de l’Armistice de la 1ère Guerre Mondiale. Il y a également une remise de décorations. Ceci également, était une cérémonie impressionnante, et les rues de Lunéville étaient bordées par les civils français qui agitaient les deux drapeaux français et américains et criaient « vive l'Amérique », « vive la France ».

 Mais presque aussitôt, l’ordre est donné de faire mouvement vers Montigny, dans des conditions analogues à celles du 314e RI et il est clair que la reprise des combats ne va pas tarder.

Lorsque le 313e RI se met en marche, l’Etat Major de la 79e DI expose les plans de son opération qui consiste à faire un grand bond vers l’Est, en passant au travers du Col de Saverne.

La base de départ est la route de Lunéville à Badonviller avec comme axe de progression, le chemin de Montigny à Ancerviller, faisant face à l’Est.

Le 314e RI doit attaquer sur la gauche, le 315e RI sur la droite et le 313e RI en réserve, son  PC  (Poste de Commandement) est initialement fixé à Brouville (5,5 kms au Sud Ouest de Montigny).

 

 

Dimanche 12 novembre 1944

Quelques jours avant le départ du Régiment le commandant du Régiment, le Col Sterling A.Wood, tomba malade. Il souffrait depuis quelque temps de maux internes que les spécialistes médicaux avaient indiqué devoir être soignés par une opération mais il avait refusé à répétition de quitter ses hommes pour un traitement prolongé. Maintenant, cependant, les conditions avaient progressivement empiré, et sous la contrainte des ordres, il avait été forcé de s’arrêter quelque temps pour l’hospitalisation. Entre-temps, le Lieutenant-Colonel Clarence Sagmoen, numéro 5 du Régiment, fut placé temporairement aux commandes de ce dernier. Le Lieutenant-Colonel Clarence Sagmoen avait présidé une commission de réserve depuis juin 1924, et avait été appelé au devoir actif en 1941. En juin 1944, il avait été envoyé outre-Atlantique (en France) avec un groupe d’officiers de rang élevé et immédiatement par la suite avait rejoint le 313e RI en tant que 5e personnage du Régiment.

Le Colonel Sagmoen est resté en tant que commandant actif du  313e RI du 5 au 12 novembre 1944. A cette date, le Lieutenant-Colonel Edwin M. Van Bibber qui avait été blessé quelques mois auparavant en service revint au Régiment et en assuma le commandement. Le Colonel Van Bibber avait été avec le 313e RI depuis son activation en 1942, et avait un passé militaire étendu à son crédit.

Le Colonel Van Bibber était originaire du Maryland. Il a reçu le diplôme de l'Académie militaire avec la classe de 1929. Pendant les dix années suivantes il fit office de commandant de section et de compagnie avec les 12e, 18e, 19e, 27e et 29e RI. Il a aussi servi dans les compagnies MP à Hawaï et aux Etats-Unis d’Amérique. Il fut promu premier lieutenant en 1935, capitaine en 1939, major en 1941, et lieutenant-colonel en novembre 1942. Il fut diplômé de l'école de l'infanterie à Fort Benning, et a achevé la 15e « Général Staff Class » à l’école de « Command et Général Staff », sise à Fort Leavenworth au Kansas, en 1943.

Le lieutenant-colonel Col Van Bibber arriva aux quartiers généraux Régimentaires et prit le commandement le jour même où le régiment dut retourner au combat, le 12 novembre 1944. Il était de nouveau en bonne santé et pleinement guéri de ses blessures. Son retour intervint à un moment crucial.

En effet, les jours passés à Rosières touchaient à leur fin. Toutes les unités avaient déjà été alertées et étaient prêtes à faire mouvement par voie motorisée. Aucun renseignement n’avait été donné sur la destination, puisque comme toujours en temps de guerre, de tels mouvements sont secrets. Mais ce n’était pas un secret pour les hommes qui savaient qu'ils retournaient encore au combat, car ils avaient su dès qu’ils étaient venus à Rosières que la période de repos ne devait être qu’une brève pause loin des semaines de combat intensif et prolongé.

Et donc, avec un courage renouvelé, ces hommes du 313e RI étaient galvanisés pour affronter tout ce qui pourrait survenir. Leur repos avait été bref, bien trop bref, mais ils étaient reconnaissants d'avoir obtenu ces quelques jours de quiétude dans un monde déchiré par la guerre. Ils savaient bien que dans un tel monde il n'y avait rien d’autre à faire que de continuer à lutter.

 

Lundi 13 novembre 1944

 A 7h00 du matin, l’attaque générale s’élance et progresse continuellement en dépit d’une résistance adverse qualifiée de modérée. L’ordre est alors donné au 313e RI de protéger les flancs de l’attaque au fur et à mesure de son avance, ce qui est exécuté en faisant progresser le 3e Bataillon, à proximité du village de Sainte-Pôle sur le flanc droit et le 2e Bataillon jusqu’à l’Est de Mignéville, le 1er Bataillon restant en réserve.

C’est alors que des tirs d’artillerie denses et continuels s’abattent sur le carrefour central de Montigny, les allemands réalisant, oh combien ! Que ce maillon est vital pour nos communications.

Il est assigné à la Compagnie L, renforcée par des mitrailleuses et des mortiers, la mission de défendre Sainte-Pôle.

Les allemands attaquent sans arrêt ce village de jour comme de nuit avec de l’infanterie et des canons automoteurs, leur objectif étant manifestement d’atteindre Montigny et de couper notre saillant qui progresse rapidement et qui ressemble à présent à un long doigt pointé en direction du col de Saverne (notre objectif). Plus ce doigt s’allonge, plus minces s’étirent les 2e et 3e Bataillons qui sont chargés de protéger les flancs gauche et droit de la Division. Les allemands semblent le réaliser de sorte que leurs attaques sur le flanc droit deviennent plus déterminées.

Après une de ces attaques, notre Compagnie L compte 45 allemands tués devant leurs positions, lesquelles se situent à la lisière Est de Sainte-Pôle.

A ce point de l’engagement, la 2e DB (française) qui bivouaque à l’arrière de la 79e Division US, semble se mettre en action. Cette Division fait partie de notre 15e Corps d’Armée, mais l’on sait peu de choses sur ses capacités et sur ses intentions.

Des petits détachements français commencent à opérer dans la zone de la Division, la plus grande partie de cette Division Blindée semblant se concentrer vers le Sud-Est, flanc droit de notre division. L’un des détachements (GT : groupement tactique) se dirige vers Badonviller et son sous groupement, commandé par le Lt Colonel Lahorie, prend cette ville d’assaut par surprise faisant du même coup 300 prisonniers (ces derniers appartenant à la 708e Brigade de Gebirgsjäger, troupes de montagne).

Un autre sous groupement français entre dans Sainte Pôle par erreur, le village qu’ils croient tenu par les allemands. L’un de leurs Half-tracks entre dans un champ de mines posé par notre Compagnie L et saute sur une mine ce qui achève de convaincre les français qu’ils sont bien en face de l’ennemi. De sorte qu’ils entrent dans Sainte Pôle en faisant feu de tous côtés ce qui oblige les américains à se protéger dans les caves. Lorsque les français réalisent leur erreur, ils se confondent en excuses. Personne n’a été blessé et l’on finit par considérer l’incident comme  amusant  par les parties concernées.

Les français partent à la recherche d’un autre objectif et ce faisant, ils s’assurent cette fois que cet objectif est bien tenu par des allemands. Le PC de notre Régiment s’est déplacé dans l’intervalle jusqu’à Montigny, un point chaud comme déjà dit, le 2e Bataillon reçoit l’ordre de patrouiller sur le flanc gauche qui semble être d’un calme de mauvais augure.

 

 

 

 

 

Mercredi 15 novembre 1944

Ordre est donné au 1e bataillon qui est en réserve jusque là, d’aller vers Halloville,  pour élargir le front du 3e Bataillon et garder le contact avec la partie avancée du flanc droit du 315e RI. En conséquence, tous les bataillons sont maintenant engagés si l’on considère toutefois le 2e bataillon comme libre car n’ayant pas jusqu’ici rencontré d’ennemis en dépit de patrouilles répétées en largeur comme en profondeur.

 

Jeudi 16 novembre 1944

Le PC fait mouvement jusqu’à Ancerviller qui se situe à mi-chemin entre la base de départ de Montigny et la pointe du saillant de l’attaque.

Les français sont d’accord pour avancer au-delà de Sainte-Pôle, permettant ainsi au 3e Bataillon de se rassembler au Sud d’Ancerviller dans la réserve régimentaire.

Sur ces entrefaites, le 314e RI s’étant avancé jusqu’à Barbas, attaque ce village le 16 novembre 1944 avec son 1er Bataillon. Le restant du 314e RI étant passé plus à l’Est, il n’est donc pas en mesure d’aider à la prise de Barbas, ce village avec lequel le 1er bataillon semble avoir quelques problèmes. En conséquence, la Division donne l’ordre à la Compagnie de commandement du 313e Régiment d’avancer vers son 2e bataillon pour relever le 1er bataillon du 315e Régiment et de prendre Barbas, le 2e bataillon devant être relevé de sa position actuelle (à Barbas), par l’unité de reconnaissance de la Division.

C’est alors que dans cette journée pleine d’évènements (donc le 16 novembre 1944), le combat s’emballe de nouveau à Sainte-Pôle à 8h45 du matin. Les français ne sont pas encore arrivés alors que notre 3e bataillon a rassemblé et déplacé toutes ses unités dans la nouvelle zone près d’Ancerviller, à l’exception de la Compagnie L. Les allemands attaquent avec de l’infanterie et de l’artillerie et l’on pense que la Compagnie L doit avoir besoin d’un appui d’artillerie supplémentaire sans délai.

Comme toute l’artillerie divisionnaire a été déplacée ou était en train de le faire, la compagnie du régiment (compagnie d’artillerie alors en position dans le voisinage) retourne  ses canons et fait face sur la défense de Sainte-Pôle. L’attaque prévue est remise (si besoin est) à plus tard et ce flanc est ramené au calme, l’attaque allemande s’essouffle par ailleurs, l’incident est considéré comme classé.

 

Vendredi 17 novembre 1944

C’est alors que les français arrivent, permettant à la Compagnie L de rentrer dans la zone de recueil du bataillon à 10h45. Lorsque le 3e bataillon du 313e RI atteint Barbas, il trouve le 1er bataillon du 314e RI en possession du village et se prépare à patrouiller la nuit suivante sur les crêtes côté Nord (voir ligne de crête entre Bois du Trion et Bois St Jean).

Le plan prévu c’est que s’ils peuvent prendre et occuper les crêtes, qu’ils le fassent dès cette nuit, mais que notre 2e bataillon (du 313e RI) relèverait le 1e bataillon du 314e Régiment, où qu’il se trouve avant l’aube.

Cette nuit-là, lorsque les patrouilles du 314e RI explorent les crêtes, elles n’y trouvent aucun ennemi. De sorte que le lieutenant Colonel Teague (le commandant de ce bataillon) leur donne l’ordre de les occuper rapidement. C’est ce qu’ils font avant le lever du jour et le 2e bataillon du 313e RI est en route pour effectuer la relève lorsque l’ennemi s’infiltre autour du flanc du 1er bataillon, de sorte que non seulement la relève n’est pas possible mais qu’en plus, le 1er bataillon ne peut plus se tirer d’affaire lui-même.

Une attaque de notre part est donc impérative, les plans sont changés en hâte et à l’aube du 18 novembre 1944, l’attaque balaye le pourtour du flanc gauche du 1er bataillon. Ce fut un travail magnifique en dépit du court temps de préparation. Les compagnies F et G débouchent rapidement pour se mettre en colonnes (au lieu de la formation frontale initiale) ceci pour éviter les tirs de mortiers et de canons automoteurs.

Les tirs de notre propre artillerie et de nos armes légères (mitrailleuses et fusils mitrailleurs) sont déversés sur les positions allemandes pour  leur faire courber la tête, jusqu’à ce que nous les débordions. Comme l’ennemi est en train de perdre ses positions en ligne de crête, le 1er Bataillon du 314e RI se met en marche pour rejoindre le reste de son Régiment. Mais la ligne de crête est longue et il faut deux heures jusqu’à 8h15 du matin, pour atteindre et enlever l’objectif : c'est-à-dire le Bois du Trion. L’on y trouve quelques pièces d’artillerie abandonnées par l’ennemi (deux canons antichars calibre 88 et des mortiers calibre 81 mm). Le PC de notre régiment se déplace alors jusqu’à Barbas et des plans pour s’emparer de Blâmont commencent à prendre forme (voir Blâmont dans une cuvette au-delà des crêtes). La présence de pièces d’artillerie dans le Bois du Trion jointe au rapport fait d’une forte explosion entendue à 3h00 du matin, donc la nuit, indique que le pont enjambant la rivière Vezouze, à l’entrée Sud de la localité a sauté.

L’ordre est donc donné à la Compagnie E de patrouiller dans cette zone pour vérifier le fait et entrer au contact de l’ennemi où qu’il se trouve dans la ville. Les patrouilles se mettent en marche à 12h30 précises et sont aperçues à 12h45 entrant par le Sud, près du cimetière et de l’église, et ceci sans rencontrer la moindre opposition.

A 12h47, un compte-rendu radio arrive au PC, confirmant que le pont a bien sauté et qu’aucun allemand n’est rencontré jusqu’à présent. Un autre message parvient un peu plus tard, précisant que 21 prisonniers ont été faits sans le moindre coup de fusil (s’agissant de blessés et de déserteurs).

 

Samedi 18 novembre 1944

La ville de Blâmont est à nous sans combat de rues, il est 13h00. Le pont n’est réparé que le 19 novembre 1944 vers minuit et devient utilisable qu’à partir du 20/11 au matin (voir photo jointe au texte : le pont Bailey tracté par un GMC, le montage revenant au 304e bataillon du Génie).

Mais le régiment commence à traverser sans attendre à l’aide de planches jetées en travers de la rivière, le 2e bataillon part en tête car il est prévu de poursuivre l’attaque dès le 19 novembre 1944 à 7h00 du matin. L’attaque menée par ce bataillon ne trouve pas d’opposition et le 15e Corps d’armée juge l’évidence qu’il est temps pour les Blindés d’intervenir.

Un message arrive en conséquence de la Division demandant de libérer toutes les routes et les rues adjacentes, la priorité étant donnée à la 2e DB française. Cela demande un effort particulier pour placer tous nos éléments autour du nouveau pont parce que l’on sait d’expérience que si les Blindés effectuent une percée, les véhicules transportant l’Infanterie doivent suivre le mouvement sans délai.

C’est bien ce qui se produit, la Division Blindée traverse Blâmont à grand bruit, toute la journée, pendant que l’Infanterie attend l’arme au pied… ce qu’un correspondant de guerre traduit par un titre exhaustif mais semble-t-il prématuré.

 

« Blâmont est tombé,  percée sur la route de l’Alsace », le 20 novembre 1944

 

Bref, en attente d’instructions, nos libérateurs ont droit à quelques scènes divertissantes telles que la coupe à ras les cheveux de quelques femmes ayant collaboré avec l’ennemi. Mais l’esprit de la plupart de ces hommes est tourné vers l’avenir. S’agissait-il vraiment d’une percée ? Et si cela était, jusqu’où irait-elle ? Ressemblerait-elle aux jours paisibles de l’été ? Et que savoir au sujet du Col de Saverne et des Lignes Maginot et Siegfried ? Nombreuses sont les spéculations échangées de bouche à oreille et le moral des troupes remonte fortement.

Le Poste de Commandement du 313e RI s’installe Grande Rue à Blâmont dans l’immeuble de « l’Orts Kommandantur », tout juste abandonné deux jours auparavant par la Wehrmacht.

Le 20 novembre 1944 à 8h00 précises, la Division appelle pour dire que le prochain objectif est Sarrebourg. Il n’y a que de vagues informations sur la progression des français mais elles doivent être bonnes si l’on en juge par ce qu’ils ont déjà effectué autour de Blâmont.

A 14h15, le régiment reçoit l’ordre de faire immédiatement mouvement par camions via la Route de Richeval, Saint Georges vers la zone formée par le triangle Hattigny,  Fraquelfing, Niderhoff.

A 15h10, le 2e bataillon se met en marche, suivi par le 3e bataillon et par une compagnie de 16 chars Sherman « medium » (sans doute du 749e bataillon).

Ce mouvement se passe sans incident et le poste de commandement est placé à Niderhoff. Le même jour (le 20 novembre 1944), le régiment est appelé pour fournir un bataillon pour être joint à la 2e DB dont on rapporte qu’elle est en train de livrer bataille dans les cols vosgiens.

C’est le premier bataillon qui est désigné, en partie parce que sa 2e section (Lieutenant Hutter) parle couramment le français. Ce bataillon se dirige dans un premier temps vers Saint-Quirin et son histoire sera racontée plus tard, lorsque le narrateur aura rejoint le Régiment.

A 14h30, le 313e RI (moins son 1er Bataillon) reçoit l’ordre d’aller jusqu’au village de Scheckenbush via la route de Nitting à Hesse.

Il faut dire quelques mots sur la météo à ce stade de la bataille. La pluie tombe continuellement depuis le départ de l’attaque (nuit du 12 au 13 novembre 1944). Mais l’accroissement du trafic, créé par l’entrée en opération des blindés, a pour effet de défoncer les routes, lesquelles transformées en mares de boue, rendent la progression aussi difficile que l’on puisse l’imaginer.

L’activité de l’aviation ennemie a augmenté, ce qu’elle fait par temps très sombre et du Strafing (mitrailleuse en rase-mottes) peut se produire à tout moment, encore que l’effet produit ne soit que  stressant, la plupart du temps.

Deux heures plus tard, le régiment s’est regroupé dans une nouvelle aire, apprenant sur les entrefaites que la dinde de « Thanks Giving Day » est en route dans nos trains de ravitaillement et que des efforts sont faits au grand Etat Major afin de trouver du temps pour la manger. Les résultats obtenus sont encourageants. Comme il est prévu que le Régiment fasse mouvement le 23 novembre 1944 dans l’après-midi, la dinde pourra être servie à midi (il faut préciser ici que le « Thanks Giving Day » est une fête nationale incontournable aux Etats-Unis (Thanks Giving Day = Jour d’action de grâces).

Des plans sont tirés pour cette fête et la dinde est envoyée sur le champ (sans délai) aux hommes du 1er bataillon.

Un mot arrive le 23 novembre 1944 disant que les Blindés de la 2e DB sont arrivés dans la banlieue de Strasbourg et que le Poste de Commandement de la 79e DI est en route vers Phalsbourg et vers la trouée de Saverne. Le régiment se met en marche le 24 novembre 1944 à 19h30 vers Weyersheim, un petit village près du Rhin. Le plan consiste à suivre le 314e RI, lui-même en train de prendre position au Sud de notre unité mais nos itinéraires ne doivent se rejoindre qu’en atteignant Brumath. La route qu’il nous est donné de suivre étant Phalsbourg, Detwiller et Brumath.

Le convoi s’ébranle donc à l’heure dite et dans un premier temps, il n’y a pas d’obstacles rencontrés autres que ceux causés par le trafic et la boue.

Comme le régiment emprunte la route de Phalsbourg à Saverne, il devient plus évident que la bataille menée par les français (là où ils s’emparent de cette portion de route) est bien l’étroite partie Est du Col de Saverne. Tout au long de cette route, l’on découvre des chars incendiés et détruits, à la fois français et allemands. Il y a aussi des fortifications armées de canons automoteurs de calibre 88 et 75 mm et ce, littéralement par douzaines.

Comment avait-il été possible que les français aient pu percer aussi vite ces ceintures de défense sans aide de l’infanterie ? Il était difficile de formuler des hypothèses…

Note du traducteur : si, il y a de l’infanterie. Les GT (Groupes tactiques) élaborés par le Général Leclerc, sont un dosage de chars/ infanterie/ artillerie et logistique bien calculé, possédant à la fois l’autonomie, rapidité et puissance de feu : c’est la surprise… L’autre surprise, c’est l’utilisation des routes de montagne réputées infranchissables par des Blindés.

Le 3e Bataillon marche en tête avec la compagnie de chars qui lui est rattachée mais le trafic empire en raison des blindés occupant toujours les routes.

Lorsque la tête du 3e Bataillon atteint la route principale à Brumath, la colonne fait une halte et le groupe du PC régimentaire avance pour aller à Weyersheim car des éléments de reconnaissance de la Division disent que le secteur est clairement reconnu.

Dans le même temps, on apprend que le 314e RI n’est pas passé et que de ce fait, nous sommes à présent les éléments de tête. Il arrive ensuite un court message selon lequel des éléments du 314e RI ont été détournés de leur secteur par des patrouilles allemandes.

De plus, le QG envoi un avertissement selon lequel l’Armée allemande pourrait contre-attaquer  par le Nord et l’Est des montagnes, menaçant le QG basé à Sarrebourg. Un autre message ajoute qu’une autre possibilité d’attaque par l’Est (côté hautes Vosges) est également à craindre.

Si l’une ou l’autre de ces attaques vient à réussir, la Division voire même le Corps d’Armée seront coupés en deux avec les graves conséquences que l’on imagine.  Mais il n’y a pas de solution sinon de poursuivre la mission en cours (NB : ces allégations ne tiennent surtout pas du côté de Dabo, le Donon et Schirmeck où les troupes allemandes sont en pleine déroute).

Le 3e Bataillon est dirigé immédiatement vers Weitbrück, au Nord de Brumath pour balayer l’ennemi de cette zone. Pendant cette manœuvre, des tirs ennemis sont entendus du côté de Kurzenhausen, dans la zone du 314e RI, tout juste à côté de notre 2e Bataillon, formé en colonnes.

Le Lieutenant-colonel Gooding, commandant le 2e Bataillon reçoit l’ordre d’attaquer immédiatement, ce qu’il fait sans délai. Ses troupes sautent hors des camions, se forment en lignes et se mettent en marche. Les mitrailleuses et mortiers sont mis en batterie dans les fossés bordant la route et effectuent de suite des tirs d’appui.

Les tirs de mortiers allemands dirigés vers la route, s’espacent mais un obus tombe sur un half-track français et le détruit.

Le Général Wyche, Commandant de la Division, qui est à un carrefour, dirige personnellement les tirs sur l’ennemi à partir d’un char français et, de l’avis unanime, obtient de bons résultats.

NB : Le Général Wyche a combattu pendant la 1ère Guerre Mondiale, au côté des français, notamment vers St Mihiel et vers Saint Dié, d’où sa bonne connaissance de la langue française.

Le crépuscule survient avant que le 2e Bataillon n’atteigne son objectif, un petit village sur la colline vers Weitbrück.

Le 3e Bataillon s’empare des hauteurs au Sud de cette localité et établit le contact avec le 2e bataillon à l’aide de patrouilles. Le PC régimentaire est placé à Weyersheim, sans protection, exception faite de la Section de reconnaissance. C’est la situation dans laquelle se trouve le Régiment dans la nuit du 24 novembre 1944.

Le 3e Bataillon du 314e RI relève notre 2e Bataillon cette nuit-là. Il est renvoyé au-delà de Kurzenhausen, à deux kilomètres au Nord de Weyersheim. Cette protection supplémentaire est d’un grand soulagement pour le PC régimentaire.

Le front de la Division s’étend à présent d’Est en Ouest, faisant face au Nord sur 5 à 6 kms de large et au Nord de Brumath.

Le matin suivant, le 3e bataillon pris Greis, au Nord de Kurzenhausen. Au-delà, il y a à proximité les villes de Haguenau et de Bischwiller et la lisière de la grande forêt de Haguenau.

Des rapports de prisonniers de guerre allemands et des civils français indiquent que Haguenau et Bischwiller sont tenus en force et que les défenses allemandes sont solides, et d’une certaine profondeur entre Greis et Bischwiller.

Ces défenses s’étendent apparemment au long du front de notre Division. C’est ce que nos patrouilles confirment et chaque nuit, l’on peut entendre, venant des lignes allemandes, le bruit des haches indiquant qu’ils sont en train de renforcer leurs positions défensives. De même, les tirs d’artillerie allemands augmentent de jour, la plupart des canons ennemis sont en position fixe. Les tirs les plus denses semblent venir de Haguenau, quoique quelques-uns venant de plus loin, d’au-delà du Rhin.

Il y a beaucoup de rapports concernant des chars embusqués dans Haguenau et dans Bischwiller. Un rapport mentionne 50 chars arrivés par un train de nuit.

Le 25 novembre 1944, la section de reconnaissance arrive jusqu’à l’extérieur de Weyersheim, côté Est, pour reconnaître Gambsheim, un village distant de 3 kms au bord du Rhin. Elle y est venue la veille, n’y trouvant personne. La route est inondée sur tout le parcours, aussi y arrive-t-elle avec difficulté.

Nos soldats demandent à quelques civils s’il y a des allemands dans la localité. Les civils répondent qu’il y en a et pendant que la conversation se poursuit, une voiture arrive pleine d’allemands qui se mettent à tirailler de tous côtés avec leurs fusils. Par chance, un des hommes de notre section est en alerte derrière sa mitrailleuse de 12,7 mm (1/2 pouce) de sorte qu’il les laisse venir et les tue tous.

Il n’y a aucun américain blessé mais les sections « I et R » ne perdent pas de temps pour quitter les lieux.

Un fait notable c’est que Gambsheim continue à être une épine plantée dans le flanc de la 7e Armée US pendant plusieurs mois, allusion est faite ici à l’opération « Nordwind » dernière contre-attaque allemande de grande envergure, puis à la longue résistance des allemands dans la ville de Bitche et dans les ouvrages fortifiés environnants de la ligne Maginot… jusqu’à début mars 1945.

Note du traducteur : Nos lecteurs ont remarqué que l’action du 313e US Inf. Régiment dans le canton de Blâmont et villages voisins s’est limitée à la prise du village de Sainte Pôle et de la ville de Blâmont.