La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

80e Division d'Infanterie US

Le franchissement de la Moselle à Dieulouard

Insigne de la 80e Division d'Infanterie

La 80e Division d’Infanterie US, débarque en Normandie le 3 août 1944, moins d’un mois après son arrivée dans les iles Britanniques, et se retrouve pour la seconde fois sur le sol français où elle avait déjà combattu en 1918.

Avant de traverser la Moselle, elle a son baptême du feu à Argentan puis s’empare de Châlons-sur-Marne et Bar-le-Duc. Voici comment les Américains décrivent leur combat dans notre région.

Talonnant les Allemands toujours en retraite, les 317e et 318e Régiments d’infanterie, suivis par le 319e RI qui vient de les rejoindre, traversent la Meuse et s’emparent de Commercy, le 1er septembre 1944. L’essence ennemie est à nouveau un précieux butin et aide la division à atteindre la Moselle.

 

L’histoire se répète le lendemain lorsque le 319e RI fait irruption dans Saint-Mihiel où 26 ans auparavant, au cours du même mois, la division avait participé à la réédition du saillant de Saint-Mihiel.

La progression vers la Moselle solidement fortifiée commence immédiatement après la libération de Commercy et de Saint-Mihiel. Le 3e Bataillon du 319e RI commandé par le lieutenant-colonel Elliot B. Cheston, originaire d’Annapolis dans le Maryland atteint la rive de la Moselle au Nord de Toul le 4 septembre 1944 à 11h30. De l’autre côté de la rivière des parachutistes Allemands préparent leur défense.

Les Allemands vont avoir un échantillon de notre travail d’équipe dans les quelques heures qui suivent. La compagnie du capitaine Alferce E. Wrenn’s du 305e Bataillon du génie se met immédiatement au travail avec ses radeaux et son matériel de construction de ponts. En même temps le bataillon du colonel John W. Brwning’s réduit au silence 6 mitrailleuses, préparant ainsi la traversée de l’infanterie. Les préparatifs sont achevés à 13h45.

L’infanterie embarque sur des radeaux pneumatiques du génie en un lieu dissimulé sur un petit affluent de la Moselle. Cette concentration est achevée d’une manière si rapide et inattendue qu’une compagnie entière de la 1èrevague se glisse vers l’aval de l’affluent, traverse la rivière et atteint l’autre côté avant que l’ennemi ai conscience du désastre imminent. Le fer de lance de la 3e Armée a franchi la Moselle sans qu’un coup de feu soit tiré.

Trente minutes après que le 1er bateau de la 1ère vague a commencé à traverser, les derniers éléments de combat du bataillon du colonel Cheston escaladent la rive opposée. L’opération a été accomplie sans une seule perte.

Le jour suivant, le bataillon avec jeep, ambulances, camions et munitions traversent par radeaux, deux bacs et sur un pont en partie réparé. La 1ère tête de pont sur la Moselle est solidement établie.

Progressant pas à pas sous un feu continuel de harcèlement de petites armes, mortiers et artillerie, les fantassins Américains du 319e RI s’emparent de 2 points de résistance de la ligne ennemie, le fort de Villey-le-Sec et le fort de Gondreville. Plus tard, ils nettoient la forêt de Haye et progressent sur Nancy rattachée temporairement à la 35e DI quand ils reçoivent l’ordre de rejoindre la 80eDI.

Cependant une sérieuse résistance ennemie en même temps qu’un terrain défavorable contribuent à annihiler tous efforts pour traverser la Moselle au Nord de Toul dans les secteurs fortement tenus à Dieulouard et Pont-à-Mousson. De leurs postes d’observation sur les hautes collines de la Moselle, les Allemands dominent toute la vallée. Tout mouvement de nos troupes le long de la rivière provoque immédiatement le feu de l’artillerie ennemie.

Juste avant l’aube, le 12 septembre 1944, le 317e RI traverse la rivière à Dieulouard par bateaux d’assauts sous une tempête de feux ennemis. Alors que le 317e RI combat pour atteindre les hauteurs de l’autre côté, le 305e Bataillon et le 117e Groupe du génie jettent des pontons sur la Moselle au mépris du feu adverse ininterrompu.

Le 318e RI moins son 1er Bataillon détaché à la 4e Division Blindée traversent sur ces ponts fraîchement construit s’emparent de Loisy et se préparent à frapper au Nord avec pour objectif la colline de Mousson. 

L’après-midi, le 313e Bataillon d’artillerie de campagne traverse pour apporter un soutien immédiat à l’infanterie. Les Allemands, dans  une tentative désespérée pour détruire les ponts libèrent un cyclone d’artillerie et des obus de mortiers s’enterrent et déclenchent des feux de barrage incessants dont certains à bout portant sur l’ennemi résistant fanatiquement.

 

A l’aube du 13 septembre 1944, les Allemands massent blindés et infanterie disponibles, puis lancent une série de contre-attaques de grandes puissances à 5h55. Frappant fort, ils percent le périmètre de défense des 317e et 318e RI, reprennent Loisy et atteignent presque les ponts de Dieulouard.

 

80e DI US 80e DI US

Mais les fantassins Américains, se remettent rapidement de ce coup arrêtent l’avance allemande pour 8h25, mettant hors de combat une grande partie des blindés adverses. Toutes les positions perdues sont reprises avant la nuit.

Sous les ordres du commandant K.B Nuessner, le 3e Bataillon du 318e RI quitte Loisy de bonne heure le lendemain matin et attaque au Nord en direction de la colline de Mousson qui domine la région. Coiffé d’un château en ruines et s’élevant au dessus de la ville de Pont-à-Mousson, ce point élevé constitue une position avantageuse donnant accès à la Moselle dans la zone de progression de la 80e DI.

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Surmontant une forte opposition, le bataillon s’empare de la ville d’Atton au pied de la colline et à 13h50 a pris d’assaut les pentes escarpées et atteint sa crête.

Le général Edmond W. Searby, commandant l’artillerie de la division accompagne l’infanterie de 1ère ligne, impatient de s’emparer de ce terrain élevé, poste d’observation vital pour l’artillerie, est le 1er à atteindre le sommet. Agissant en observateur avancé, il dirige des missions de tir qui surprend les forces Allemandes est aboutie à la destruction complète de 2 batteries d’artillerie ennemies.

Avant que les fantassins puissent consolider leurs positions, les Allemands contre-attaquent en force soutenus par de grosses concentrations d’artillerie et de mortiers. Un char ennemi progresse jusqu’à moins de 150 mètres de l’endroit où le général Searby pousse l’attaque les fantassins Américains, harcelés. Après qu’un obus arrête le char, l’équipage sort et asperge ces Américains de leurs armes automatiques. 

Au mépris de sa propre sécurité, le général Searby ramasse le fusil qu’un GI blessé a laissé tomber et ouvre le feu sur l’équipage. Dans le combat qui suit, le général est tué.

 

A l’aube du 15 septembre 1944, les Allemands lancent une autre forte contre-attaque et cette fois, réussissent à couper la ligne de ravitaillement allongée du 3e Bataillon en reprenant Atton.

Cernés et inférieurs en nombre, les hommes du commandant Karl. F Nuessner repoussent avec obstination toutes tentatives ennemies pour les déloger de la colline. Les avions de liaison de la division d’artillerie bravant un feu antiaérien allemand intense parachutent aux assiégés des munitions dont ils ont un besoin urgent en même temps  que des vivres et du plasma sanguin.

Pendant ce temps, le 319e RI, qui fait partie du groupement temporaire Sebree traverse la forêt de Hanye et arrive en vue de Nancy, rappelé et dirigé en hâte vers le Nord pour renforcer la tête de pont harcelée. Attaquant au nord l’encerclement du 3e Bataillon du 318e RI  juste avant le crépuscule du 16 septembre 1944.

Le 1er Bataillon du 318e RI contribue en même temps qu’une compagnie de chars moyens de la 4e DB à soulager les troupes sur la colline de Mousson.

Ayant livré bataille depuis Arracourt où la 4e DB à laquelle s’est joint le front Allemand, le 1er Bataillon renforcé prend d’assaut la colline de Saint-Geneviève qui domine les ponts de Dieulouard. Surpris par derrière, les allemands désorientés sont écrasés.

Après avoir nettoyé ce terrain clé de toute présence ennemie, le bataillon attaque au Nord par la forêt de Facq et nettoie ainsi la zone cachée de ravitaillement et de rassemblement utilisée comme base pour leurs attaques sur la colline de Mousson.

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La 80e DI doit ensuite s’emparer des petites villes de Lesménils, Morville, Port-sur-Seille, des Monts Toulon et Saint-Jean et enfin de Chenicourt, Clémery, et Manoncourt-sur-Seille, avant de traverser la ligne Maginot et de pénétrer en Sarre. Plus tard elle doit accourir à la rescousse à Bastogne.

Par sa rapide percée sur la Moselle, le général Manton. S. Eddy, commandant le 12eCorps lui décernera l’éloge suivant :

« Depuis le 19 août 1944, la 80eDivision d’infanterie a sans cesse fait reculer l’ennemi au cours d’opérations successives couronnées de succès. Elle s’empare de Châlons–sur-Marne et Bar-le-Duc. Elle a mis les Allemands en déroute, le chassant de sa forteresse à l’Ouest et au Nord de la Moselle, de Toul à Pont-à-Mousson, puis a traversé la Moselle et établi une tête de pont vitale qu’elle a fortifiée, défendue et agrandie contre de vigoureuse contre-attaque ennemies. Tous les membres de la division  se sont conduits d’une manière dont ils peuvent bien être fier ».