La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

4e Division Blindée US

4th Armored Division

Combat Command A

 

Le général commandant la division blindée 1944 exerce le commandement et le contrôle des bataillons de combat par l'intermédiaire de trois états-majors de Task Force (groupes de combat) désignés par les termes de Combat Command (Groupe de combat)  A (CCA), Groupe de combat B (CCB) et Groupe de combat de réserve (CCR).  Ces groupes de combat ne possédent aucune troupe organique de combat propre mais se voient attribuer des supports et des services constitués pour accomplir individuellement leurs différentes missions. L’état-major des CCA et CCB ont chacuns environ 12 officiers et 80 hommes volontaires pour remplir pleinement les fonctions de personnel et de commandement pour le combat. En harmonie avec son rôle prévu comme réserve non tactique, le groupe de réserve a seulement trois officiers et cinq hommes volontaires. Cependant, dans certains cas, un commandant de division blindée peut accroître son groupe de réserve à un niveau équivalent à un groupe de combat en lui affectant du personnel supplémentaire d’état-major. La 4e Division Blindée, cependant, ne procède pas ainsi et dans la bataille, utilise rarement son groupe de réserve pour des missions indépendantes.

 

Insigne de la 4e DB US

À la différence des autres divisions blindées, la 4e n’assigne jamais d’éléments à ses groupes de combat sur une base fixe, préférant plutôt maintenir un niveau important de flexibilité dans son organisation de combat. Cependant, un groupe de combat peut se composer d’un escadron de cavalerie de reconnaissance, d’un ou deux bataillons blindés d’artillerie de campagne complétés avec des canons supplémentaires de 155 mm, d’une batterie d’artillerie antiaérienne, d’une compagnie de chasseur de chars, d’une compagnie du génie et d’un groupe du train.  Ces forces peuvent encore être subdivisées en deux ou trois bataillons en colonnes ayant la forme d’une «Task Force» ou (d'un groupe de combat autonome) comprenant chacun, des tanks, de l’infanterie, et de l’artillerie (chacun contrôlant ses propres services d’entretien et d’approvisionnement).

La technique d’organisation des tâches de la 4e Division en souligne la flexibilité et pourvoie à l’intégration étroite des armes et des services jusqu’au niveau de la compagnie, des troupes, et des batteries.

 

La doctrine selon laquelle la 4e Division Blindée fonctionne en 1944, est une mission plutôt spécifique pour des forces blindées. Selon la version 1944 (Fm 17-100) du manuel de commandement des campagnes blindées : La division blindée est organisée principalement pour exécuter des missions qui exigent une grande mobilité et puissance de feu.  Il s’agit de missions décisives.  Elle est capable d’engagements dans la plupart des formes de combat mais son rôle primaire réside dans des opérations offensives contre des secteurs arrière hostiles. Le rôle le plus profitable de la division blindée est l’exploitation (de la percée à travers le forces ennemies, c'est le traducteur qui ajoute ce sous-entendu qui caractérise le surnom donné à la 4e Division Blindée: «Breackthrought» à partir de l'exploitation de l'opération « Cobra »).

Les principes doctrinaux de la 4e DB sont profondément enracinés.  Il n’est pas exagéré de dire qu'elle a une personnalité distincte, caractérisée par son agressivité et son travail d’équipe. Comme groupe, la division croit que le combat approprié est de s’enfoncer à l’arrière de l’ennemi. Un commandant de char, longtemps accoutumé à opérer derrière les lignes allemandes a remarqué, « ils nous ont encore cerné, les pauvres bâtards ! »

 

La personnalité de la 4e Division Blindée est le vrai miroir du caractère de son commandant. Le Major Général John S. WOOD a pris le contrôle de la division en 1942 et l’a entraînée pendant deux ans avant de la mener à la bataille.  Cette association exceptionnellement longue entre le commandant et son unité stimule un haut niveau de rapports dans la division et garantit une continuité de l’effort de l’entraînement à combattre.

Wood est appelé par ses contemporains sous le nom de «P» WOOD, le «P» signifiant le «Professeur.»  Le distingué analyste militaire britannique Basil H. Liddell s’est une fois référé à «P» WOOD comme le «Rommel des forces blindées américaines.»  Comme le feld maréchal allemand légendaire, les supérieurs de Wood doivent plutôt le retenir que de le pousser dans l’action. Il préfère «l’approche indirecte» pour déconcerter son adversaire plutôt que de le matraquer avec la force brutale. Wood  commande habituellement depuis le front, à l'instar de Rommel, en utilisant un avion léger de liaison. Il utilise un canal  qui transmet directement les ordres de mission donnés aux états-majors de ses colonnes vastes et rapides. Wood justifie ses absences fréquentes et prolongées de l’état-major en disant, «si vous ne pouvez pas  voir ce qui se produit, il est trop tard pour en parler dans son cul  dans un secteur arrière et pour le rencontrer avec sa propre force.»

Wood est un commandant agressif qui recherche toujours à assommer l’ennemi par des actions audacieuses et violentes, en le déséquilibrant sans relâcher une pression persistante dans des secteurs inattendus. Néanmoins, il ne dépense pas les vies de ses hommes. Wood n’oublis jamais que ses soldats sont des fils, des frères, et des pères aimés que l’on attend à la maison. Il pèse chaque décision tactique parce que chaque soldats est un investissement qui exige une mesure militaire appropriée.

Durant sa longue carrière de commandant de division, Wood est capable de fournir beaucoup d’officiers lui ressemblant. Parmi ces derniers ,il y a ses commandants des deux groupes de combats, le colonel Bruce C. Clarke (CCA) et le brigadier général Holmes E. Dager (CCB). Un officier plus jeune, fondu dans le moule de « P Wood» est le commandant du premier bataillon de char ², le lieutenant-colonel Creighton W. Abrams.

Le major général Wood est d’un tempérament fermé et un militaire philosophe envers son commandant d’armée, le lieutenant Général George S. Patton Jr. En réalité, le commandement aérien tactique qui soutient la 3e armée note par le passé, que l’équipe de Wood, Clarke, Abrams et fréquemment Patton, «mais sans Patton».

 

À la 4e Division blindée, l’arme primaire du tank est la mitrailleuse, qui devient l’arme de choix quand elle s'engage dans l’exploitation et la poursuite agressive.  Un défenseur allemand, qui se trouve sur le chemin de la 4e Division Blindée en août 1944, affronte d'abord les chasseurs-bombardiers de la 19e flotte aérienne tactique (TAC). Celle-ci maintient des patrouilles constantes en avant des colonnes blindées. Les officiers de liaison de l’Armée de l’Air à bord des tanks de tête sélectionnent des cibles pour les chasseurs-bombardiers et tiennent les troupes terrestres au courant de tout ce qui se passe en avant de la colonne. La 4e renvoit l'ascenseur en s'efforçant de sauver les pilotes abattus et partage « le butin ainsi libéré »  avec le 19e TAC.

Derrière les chasseurs-bombardiers viennent les avions légers de liaison, à bord desquels les commandants de groupe de combat guident leurs colonnes pour contourner les obstacles et les points d’appuis. Les tanks moyens mènent la colonne, parce que l’expérience prouve que les chars moyens peuvent couper au travers de n’importe quelle résistance rencontrée.  L’artillerie autopropulsée prend place en avant de la colonne. Elle se tient  prête à faire feu aux premiers défenseurs trop retranchés pour que les chars moyens les délogent. Le génie accompagne également les principaux éléments pour supprimer des obstacles.  La 4e emprunte rapidement les routes secondaires, parce que les Allemands concentrent leurs obstacles et leurs embuscades le long des routes principales.