La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

4e Division Blindée - Sept. 1944

 3 au 10 septembre 1944
Le manque d'essence ne permet plus d'envisager une action de grande envergure et les mouvements sont réduits au strict minimum. Toutes les opérations de communications, non prioritaires, cessent pour limiter l'usage de l'essence. Pour la première fois depuis l'entrée dans la bataille la section des Services Spéciaux est à même d'être en contact avec les troupes du front et présenter des reportages cinématographiques. Les troupes se reposaient durant ce temps de pause et prenaient avantage des facilités mises à leur disposition, toilette, rasage, nettoyage vêtements et armes, les douches sont appréciées par les uns et d'autres nagent et prennent des bains dans la Meuse. Le maintien des activités est aussi concentré sur l'entretien des véhicules afin qu'ils soient en état de partir à tout instant.

Dans la gare de Commercy le CCA découvre 100000 gallons d'essence et 20 trains de munitions. La 3e Armée teste cette essence afin d'en déterminer l'usage pour nos propres besoins. Le 25e Cavalry avec ses maigres réserves d'essence continue à patrouiller sur le flanc Sud afin d'obtenir des renseignements sur les défenses et installations de l'ennemi. Après avoir trouvé Neufchâteau inoccupé, nous restons dans l'impossibilité d'entrer dans la ville, nos forces étant insuffisantes et nous avons établi des barrages pour défendre la ville au Nord. A l'évidence l'ennemi se trouve en position délicate au vu de rapports, selon lesquels ils font sauter les ponts et détruisent des stocks importants de munitions. Aucune tentative, cependant de l'ennemi pour s'attaquer à nos forces, notre propre activité étant restreinte, il n'y a donc guère de contacts durant cette période.


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7 septembre 1944
Le Lt Col David A.Watt Jr, fut relevé de sa fonction de Commandant et remplacé par le Col Wendell Banchard qui devenait Deputy Chief of Staff. Le Lt Col Ernest A. Bixby, ancien commandant de la division artillerie devenait Chief of Staff. Le Lt Col Alexander Graham, ex-commandant du 94e Armored Field Art Bat devenait Commandant de la division Art. (Gen Order # 26 HQS 4th Armored Division C.S.)

10 septembre 1944
Une portion limitée de la division eut le privilège d'assister à un show de Bing Crosby et d'une troupe récréative de l'U.S.O. La publication dans le Stars and Stripes d'un article concernant les opérations de la division reçu une très grande appréciation par toute la troupe. Au cours de cette période nos pertes s'élèvent à 16 tués et 59 blessés. Dix officiers et 152 hommes viennent en remplacement. 530 prisonniers ennemis durant cette période, ont été capturés à la 15e Panzer Grenadier Division, et en supplément un peloton de Home Guard Training Bat, un Bat cycliste, et un Bat du 11e Adm Marine. En préparation d'un projet d'attaque sur Nancy, le Div Hqs Réserve Command se déplace à l'avant et de l'autre côté de la Meuse à Purnarot où il ferme le bivouac vers 13h00.

11 septembre 1944
Le CCB reçoit l'ordre d'établir une tête de pont, au Sud de Nancy. Départ 06h30 pour tenter de passer la Moselle près de Bayon. Les éléments avancés de chars et d'infanterie disposés en 2 colonnes sous le commandement du Col Withers (s. col) et le Lt Col Conley (n.col), étant partis la veille, au cours de la nuit, pour préparer l'attaque prévue vers 07h00. Le génie étant dans l'impossibilité d'établir la traversée au Nord, dans le temps accordé à la colonne de tanks d'une part, et l'infanterie qui avait déjà établi sa tête de pont, d'autre part, devaient obtenir le support des chars. Réalisant la gravité de la situation le Lt Marchall du 8e Tank Bataillon décide d'établir sa propre traversée. Après un premier essai manqué il réussit à faire passer un char dans un passage difficile.

L'obstacle étant surmonté ses hommes sont enfin arrivés à s'implanter à Bayon et le reste du bataillon suit dans laInsigne de la 4e Division Blindée foulée. Le Lt Marchall est récompensé de la DSC pour cette initiative, car son action permet aux hommes du génie de compléter le pont sans interruption, bien que l'ennemi oppose une forte résistance. La colonne Sud, épaulée par le 51e Bataillon d’Infanterie Blindé aidée d'une compagnie de chars et de chars Destroyers, d'éléments d'artillerie et d'un peloton du génie a une nouvelle mission à remplir qui consiste à établir une autre traversée à Bainville. L'infanterie traverse la rivière à pied et établit une tête de pont, afin de permettre aux hommes du génie de réparer un pont qui a été miné par l'ennemi. Après un certain délai, attendant des barques qui ne sont jamais arrivées, les fantassins trouvent un gué et une compagnie traverse sans la moindre opposition. D'autres compagnies cherchant d'autres passages à gué rencontrent une forte résistance, et durent battre en retraite, et enfin par la suite, sous couvert de l'obscurité, elles franchissent un gué pour renforcer la tête de pont.

Deux contingents de troupes du 25e Escadron de Cavalerie continuent leur mission de reconnaissance, à l'avant du CCB qui arrive à Laneuveville, où les troupes sont confrontées à un feu d'artillerie considérable. L'ennemi continu à battre en retraite et ce jour nous n'avons capturé qu'un seul prisonnier.

12 septembre 1944
Après avoir terminé le pont sur la Moselle, vers 14h15, le restant du CCB traverse la rivière pour consolider la tête de pont. L'ennemi continue sa contre-offensive en vue de nous retarder dans notre travail de construction, en mettant tous les moyens en action, artillerie et chars, mais leurs attaques très agressives sont vouées à un complet échec, le 8e Bataillon de chars leur infligeant de lourdes pertes. L'infanterie traverse à Bainville, mais bien que fermement établie, elle ne fait pas de progrès significatifs et reçoit l’ordre de se replier et assignée à suivre les chars à Bayon. Dans le secteur du CCA, les efforts du génie pour la traversée de la Moselle à Pagny restent vains, et l'opération est reportée de 24 heures, dans l'attente d'un équipement de pontage plus lourd. Ce qui a obligé le CCA, a traversé la rivière au Sud de Dieulouard sur la tête de pont construite par la 80e Division d'infanterie. La troupe D du 25e de Cavalerie est chargée de mener l'attaque et atteindre le pont à Dieulouard vers 17h45. Mais la permission de traverser est refusée. Le Colonel Roth, Commandant le 24e Bat Génie Blindé, est sérieusement blessé dans un accident de jeep et a du être retiré du véhicule. La perte est durement ressentie. Le Colonel Ernest A. Bixby est transféré à la 90e Division d'infanterie, pour devenir le Commandant de l'artillerie, et redevient D/S à nouveau. Le Colonel Wendel Blanchard qui officie en tant que chef C/S, devient commandant pour remplacer le Colonel Bigby. Le Colonel Clayton J. Mansfield ancien membre de cette division, est attaché, mais non commissionné par la 3e Armée et assure la fonction de C/S.

La journée est meilleure, prisonniers 102, blessés 145, tués 200. Le matériel, 6 chars, 6 semi-chenillés, 2 canons antichars, 2 motos, 22 mortiers, et quelques mitrailleuses, sont capturés.

 13 septembre 1944
Un ordre de traverser la Moselle est donné à la troupe D du 25e de Cavalerie vers 07h00, dès l'instant où la 80e DI a considérablement réduit la contre-offensive allemande. La cavalerie s'est taillée en force son chemin à St. Geneviève après avoir repoussé la défense de l'infanterie ennemie, d'un des ponts, mais fut cependant arrêtée et obligée de suivre en contournant un versant de collines dominant la ville. Le gros de la troupe du CCB, dispose en deux forces de frappe, mais en une seule colonne.

GEN Creighton W AbramsLa force de frappe de tête, commandée par le Colonel Abrams, attaque directement à St.Geneviève, en appui de la Cavalerie, qui est forcée de reculer partiellement et qui domine cependant avec succès l'attaque ennemie et permet à la 80e DI de récupérer ses anciennes positions.

Continuant son attaque vers le Nord-est, la force de frappe s'empare de Bernécourt, et attaque Pont-à-Mousson en forçant son évacuation.
La force de frappe d’Abrams, se tourne vers l'Est, en attaquant avec succès, Nomeny, Aulnois sur Seille, Lenoncourt et Fresnes en Saulnois et s'établit à cet endroit, dans une zone de rassemblement, pour préparer un nouveau plan d'attaque.
La force de frappe de Jacques, ne rencontre aucune résistance, mais tombe sur un feu d'artillerie et de mortiers, durant un moment, relativement court, mais continue d'avancer. Quelques groupes d'ennemis tentent de s'échapper, mais sont capturés en cours de route.
Le CCB continue son attaque vers le Nord-est en formation de deux colonnes afin d'établir une jonction avec le CCA dans les environs d’Arracourt, encerclant ainsi la ville de Nancy. La force de frappe du Colonel Conley traverse Charmois, pour se frayer une traversée de la Meurthe à Blainville sur l'Eau. L'ennemi a lourdement fortifié la ville avec des canons antichars. Tandis que les troupes passent la rivière, à gué, pour attaquer à revers, un contingent engage un assaut frontal sur la ville, à une vitesse et avec une telle audace que la garnison est ou bien tuée ou capturée, nos forces ne supportant que des pertes minimes.

La force de frappe de Withers, parallèlement à l'autre colonne, continue au Nord en vue de traverser à Mont sur Meurthe, mais est retenue à Lamath dans l'attente d'un pont en cours de construction. Une compagnie d'infanterie franchit le gué avec quelques chars pour établir une sécurité aux hommes du génie qui achèvent le pont. Le restant de la force de frappe, est à même de prendre la décision de franchir dès le matin. Une faible opposition est rencontrée, si ce n'est que des tirs sporadiques d'armes légères et feux de mortiers. Le 25e de Cavalerie traverse la Moselle à Bayon et continue la couverture de la Division jusque Vallois.
Un total de 395 prisonniers et de 238 tués, concernant les effectifs, un minimum de 12 chars, un half-track, une moto, 6 voitures de commandement et 85 véhicules de tous genres, 9 canons anti-aériens, 5 canons de gros calibre sont détruits.

 14 septembre 1944
Le CCR, suivi par l'Etat-major de la division va établir son bivouac à Punerot au Nord de Crantenoy, la mise en place étant opérationnelle vers 14h00.
La marche rapide du CCA, à travers les lignes ennemies a ainsi complètement désorganisé et les éléments que nous rencontrons déambulent dans leur campement, sans le moindre objectif en vue. Le moral semble être au plus bas, ce qui nous soulage des efforts antérieurs. Le combat command, reprend son avance en direction du Sud, vers Arracourt, où elle arrive vers 12h00 sous la conduite du Colonel Abrams. Après avoir utilisé des routes secondaires, l'initiative, s'avère rentable, nos forces surprennent et anéantissent les arrières de la 15e Panzer Grenadier Division, et Abrams amène ainsi ses troupes à Valhey où elle réduit au silence une portion de l'avant-garde de la division. La destruction de ce point vital de l'ennemi qui défend le secteur de Nancy a créé une grande confusion dans les lignes de l'ennemi, ce qui fait que la prise de Nancy sera faite à brève échéance.
Ces opérations pour le CCA se soldent par la capture de 405 prisonniers, 252 tués, 8 chars, 18 autos blindées, 135 véhicules, 10 canons de 88mm. Nos pertes sont de 2 tués, 12 blessés, et 2 chars M4.
Le CCB continue sa poussée au Nord pour rejoindre le CCA. Les nombreux aléas des points de passage de rivière, chacun étant défendu par un ennemi coriace, retardent notre avance que nous voulons rapide.
Le pontage à Mont sur Meurthe est enfin terminé et les éléments du Colonel Withers continuent leur avance à travers la forêt de Vitrimont brisant la résistance désorganisée de l'ennemi dans ce secteur.

Les troupes de Conley complètent la traversée de la Meurthe à Damelevières et attaquent dans la forêt de Vitrimont, endroit où elles engagent le combat avec la force blindée ennemie près d’Anthelupt, y détruisant 2 chars, 2 gros camions transporteurs de troupes, 7 canons antichars et des éléments avancés, dont une centaine sont tués, et 40 prisonniers.
Nos pertes au cours de la construction de notre tête de pont s'élèvent à 24 tués, 93 blessés et 8 manquants. En remplacement nous recevons 9 officiers et 75 soldats.


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15 septembre 1944
Bien que le CCA  pénètre les lignes ennemies au-delà de la tête de pont de la 80e DI, trois jours auparavant, elle ne parvient pas à poursuivre son avancée et il devient nécessaire pour le CCA, d'envoyer un contingent de ses forces pour l'aider. Une Task Force sous le commandant du Major Kimsey, composée d'un bataillon d'infanterie et d'une compagnie de chars, tout en escortant un convoi de 600 prisonniers, s'avance vers Ste Geneviève, et apporte son aide à la 80e DI, nettoyant des petits groupes isolés, qui nous ont tenus occupés toute la journée. Nous capturons 293 prisonniers, 35 ennemis sont tués, 4 autos blindées, 158 autres véhicules, et trois armes de gros calibres sont capturés ou détruits. La majorité de ces pertes étaient infligées en s'emparant des colonnes ennemies s'évadant de Nancy et que nous tenions sous nos tirs. Nos pertes s'élèvent à 4 blessés, mais nous perdons deux chars dans la mêlée.
Un convoi d'ambulances transportant des blessés américains et allemands suit les effectifs du major Kimsey est présumé capturé vers midi, mais tout s'est bien déroulé et tous les blessés sont arrivés dans un hôpital américain.

Un Colonel SS est capturé par le CCA, interrogé il témoigne sa reconnaissance à la division en s'exprimant en ces termes "" Je serais heureux de connaître le commandant de cette division et je suis certain qu'il appartient à la 3e Armée de Patton.

Photographie du général PattonLe général Patton représente, pour les américains, ce que Rommel représente pour l'armée allemande; le commandant m'explique comment cette armée fut capable de mener à bien une telle avancée, qui dans bien des cas, nous a pris complètement à l'improviste.
Le CCB, après avoir rencontré un lourd barrage d'artillerie, prépare son assaut pour protéger la traversée du canal de la Marne au Rhin, à Crévic et Maixe. L'ennemi se défend sur la rive opposée avec des mitrailleuses, des feux d'artillerie et des mortiers, combinés en embuscades, pour nous empêcher de construire notre tête de pont en deux points. Un peloton du 8e Tank Bataillon, aidé par des éléments de la 35e DI assurent la traversée et établissent une tête de pont à Sommerviller, à 3 Kms à l'est. Au cours de la nuit les hommes du génie construisent des ponts à cet endroit, en préparation d'une traversée plus importante le lendemain. Bien que l'activité de l'ennemi soit toute relative, le 25e de Cavalerie continue à patrouiller et fait écran entre la Meurthe et la Moselle sur la ligne Bayon, Gerbéviller.

 16 septembre 1944
Le CCA donne ordre au Lt Col Abrams de se rendre dans les environs de Maixe en vue de coordonner les forces de son contingent avec le CCB et d'effectuer la traversée du canal de la Marne au Rhin. Ils rencontrent une faible résistance de plus ou moins 7 canons antichars et 200 fantassins. Les canons furent vite réduits au silence et les fantassins se ruèrent dans une attaque rapide et après avoir atteint le canal à Maixe, se dirigèrent vers le Nord pour gagner Lezey, à travers Arracourt, exécutant de la sorte un encerclement complet. Les contingents de Kimsey, qui avaient fait halte dans leur marche pour reprendre St.Geneviève et établi le contact avec la 80e DI, sont allés de l'avant vers leurs objectifs vers 15h00. Les troupes ont ensuite gagné leur bivouac près d'Arracourt, n'ayant pas été capables d'accompagner l'attaque conjointe pour pénétrer les forces ennemies.

En réalisant leur objectif les troupes de Kimsey, perdaient deux hommes et 10 blessés, tout en détruisant 7 chars et en perdant deux des leurs, et capturant 150 prisonniers.
Le reste du groupe de combat, continuait à bloquer les routes venant de Nancy en mitraillant les colonnes ennemies qui tentaient de s'échapper. Le total des prisonniers s'élevait à 433, 200 furent tués, un char démoli, 53 véhicules divers, et 9 armes de gros calibre. Avec un terrain partiellement dégagé par le CCA, le CCB traversait le canal et faisait son entrée dans Haraucourt; y rencontrant une faible résistance. Continuant la marche vers Courbesseaux, le CCB faisait face à une résistance plus déterminée. Les éléments avancés rencontraient un feu d'armes légères et des tirs antichars, et furent contraints de céder du terrain. Après avoir effectué un puissant tir d'artillerie une compagnie de chars moyens, appuyée par l'infanterie, prirent la ville d'assaut. Un total de 21 canons de 20 à 88 mm furent détruits rien que dans les environs de Reméréville. La capture de 65 prisonniers et un nombre non déterminé de tués, et ça arrive rarement, sans aucune perte dans nos forces d'attaque.
Le CCR, qui se composait du 10e Bataillon d’Infanterie Blindé, du 35e Bataillon de chars, du 704e Bataillon de chars Destroyer, et du 696e Field Art, s'ébranlait de Crantenoy vers 14h30, avec pour mission de s'emparer de Lunéville. La ville fut atteinte et les troupes y entraient vers 20h00, sans rencontrer de résistance. La ville devenait un poste avancé et il y eut un contact établi avec l'ennemi au Nord-est dans les environs de la forêt de Parroy.

 17 septembre 1944
Le QG de la division se déplace de Crantenoy à 09h00, traverse la Moselle à Bayon et poursuit son avance vers Anthelupt, et y arrive vers 13h00. Il y a peu d'activités dans le secteur du CCA. Le 53e Infanterie remarque une colonne ennemie qui bat en retraite et on la canarde copieusement, 21 véhicules du convoi sont détruits, 91 prisonniers sont capturés et 10 tués. Des préparations sont en cours pour un mouvement vers le Nord et le départ est prévu pour le 19 septembre 1944. Le CCB se prépare pour une attaque à venir dans les environs de Courbesseaux. Une résistance considérable est rencontrée en cet endroit, parsemé de mines et de barrages de routes et aussi épaulée par l'artillerie et des tirs de mortiers. L'activité des patrouilles est au sommet ce jour-là et au moins lors de la rencontre d'une patrouille amie, nous nous tirons l'un sur l'autre par erreur. Ces choses ne doivent jamais arriver. La zone entière de Courbesseaux à Mazerulles est éclaircie, mais l'ennemi nous tire dessus, sur notre colonne en marche, mais une escarmouche qui lui  coûte la perte de 2 chars Mark IV, 5 camions, 10 véhicules divers, 9 canons de 40mm, 4 canons anti-aériens de 37mm, 6 canons antichars, 16 mortiers de 80mm, 125 hommes capturés, 200 tués et blessés.

Le restant de la 15e Panzer Division tente de déloger le CCR de Lunéville. La bataille s’engage avec le 35e Tank Bat qui détruit 2 half-tracks et trois canons antichars. Les allemands perdent 75 tués et 16 prisonniers.

Le 35e Tank Bat quant à lui accuse 2 tués et 15 blessés et un char moyen détruit.

 

18 septembre 1944
Le Quartier Général de la division se déplace d’Anthelupt, traverse le canal vers Haraucourt et installe son bivouac vers 20h00, cette  journée à été calme, peu d'activité dans le secteur du CCA.
Vers midi, sur ordre de la division, un détachement, composé d'une compagnie de chars, d'une compagnie d'infanterie, d'un bataillon d'artillerie et d'un peloton de chars Destroyers, sous le commandement du Major Hunter se rendent à Lunéville pour prêter main forte au CCR, qui était confronté à une puissante attaque de chars
L'autre activité au CCA survient vers 23h00, au moment où un élément avancé du 37e Bat de chars annonce qu'une colonne, non identifiée, s'approche et tente d'entrer dans le bivouac, ce qui nous place en pleine ligne de front. Une reconnaissance opérée par quelques fantassins nous affirme que la colonne est allemande. Le 94e Field Art Bat opère un tir de concentration dans leur flanc et détruit 10 véhicules, tuant 2 ennemis, et 65 prisonniers sont capturés dans le combat.

Le CCB, comprend encore l'important contingent du Col Conley et de Withers, qui faisait mouvement au Nord de Château Salins.
Le contingent de Withers rencontre des petites routes bien défendues. Le feu de l'ennemi est intense et la résistance pleine de fougue. Bien qu'il fasse presque noir, l'infanterie se décide à passer à l'attaque et de prendre la ville d'assaut et sous un feu extrêmement nourri, ils entrent dans les faubourgs de la ville. La vigueur de l'attaque a complètement mis l'ennemi en déséquilibre et nos forces aboutissent à une rapide victoire, avec très peu de pertes encourues. L'ennemi continue sa pression pour défendre le reste de la ville mais il est incapable de déloger nos troupes.

Le contingent de Conley atteint son bivouac près de Fresnes sans incident vers 14h05. Dès la première lueur du jour les allemands attaquent les positions du CCR à Lunéville à partir du Sud-est avec une force de 15 chars appuyée de 200 fantassins. Ils se  taillent leur chemin dans le secteur Sud-est de la ville mais le CCR continue de maintenir le restant. A 16h00 le contingent de Hunter arrive pour renforcer le secteur. Un feu de soutien défensif et de renfort du 183e Field Art Bat Group vient en aide au CCR renforcé en reconduisant la majorité des allemands hors de la ville et en repoussant toutes les attaques ultérieures.

Le 25e de Cavalerie, relevé de sa mission de filtrage et de dépistage au Sud, traverse le canal à Maixe et se dirige vers la zone de rassemblement au Nord d’Arracourt, en vue de préparer une nouvelle mission de reconnaissance dans la zone du Corps d'armée vers Sarreguemines. Au cours de cette opération qui a pour but de joindre nos deux têtes de pont nos pertes en personnel s'élèvent à 19 tués, 54 blessés et 19 manquants.

19 septembre 1944
L'EM quitte Haraucourt et traverse Athienville, mais suite à un tir d'artillerie et de mortiers, le commandant décide de prendre une position plus à l'Ouest en attaquant de cette nouvelle position, dans le brouillard et la brume du matin, une concentration de 56 chars Mark 5 et Mark 4 de la 113e Panzer Brigade attaquent les positions du CCA dans les environs de Lezey, Arracourt. L'ennemi axe son attaque sur la route principale menant de Bourdonnay vers Moyenvic, mais il est vite contré et forcé à l'arrêt par le 37e Bataillon de chars. L'ennemi tente alors de contourner Lezey vers le Sud, décide d'attaquer par petits groupes. D'abord à Bezange la Petite, puis Réchicourt la Petite en une nouvelle tentative en cercle, cette fois, et plus loin au Nord. Un tir direct et très puissant est porté sur l'arrière de la colonne qui attaque visiblement, dans la ruée du désespoir, mais vers 10h15, c'est le coup fumant, 10 chars sont démolis et l'attaque continue. Pourquoi s'arrêter en de si belles circonstances !

Les 1er et  2e pelotons d'une compagnie du 704e Tank Destroyer Bataillon se place en ligne de tir au Sud Est de Lezey. Ces pelotons, qui constituent la réserve du 37e Bataillon de chars, maintiennent la ligne de front dans ce secteur. La marche d'approche est réalisée à travers un épais brouillard et la première rencontre a lieu à moins de 150 mètres, le premier char Destroyer détruit 2 Mark V, mais il en fait les frais, il est à son tour touché. Les Destroyers restants se positionnent sur des terrains plus élevés, à environ 1 km de distance, et l'ennemi attaque leur flanc gauche. Et dans cette bataille rangée qui va se poursuivre jusqu’à 15h00, l'ennemi est lesté de 19 chars, alors que 3 de nos Tanks Destroyers sont aussi détruits. Nous perdons 1 des nôtres, et quatre sont blessés légèrement.

Les Cie A et B du 37e Bataillon de chars sont disposées, en action mobile au cours des différentes phases poursuivies, et ainsi ils encerclent, de l'arrière et autour sur la droite, pour frapper l'ennemi de flanc. Les allemands ont attaqué, sans infanterie adéquate. S’il n’avait pas été timide à l’emploi des chars allemands, l'attaque se serait soldée par la percée de Nancy. Cependant la résistance déterminée du CCA aboutit à la destruction de 43 chars de la force initiale des 56 chars du départ de cette importante concentration de blindés. Mais dans le combat, on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs, et nous concédons, nous aussi, 8 de nos chars. Les 13 chars allemands se retirent sous le couvert de la nuit tombante.
Le contingent de Withers continue son puissant engagement à Château-Salins et se trouve dans l'impossibilité de céder du terrain tellement l'action du combat est intense. Le contact avec la ville est si proche, que par moment il devient difficile d'avoir recours à l'artillerie.

Le restant du CCB, maintien ses positions à Fresnes et un ordre est donné afin de venir en support à l'attaque de Château-Salins.
Le CCR détient la plus grande superficie de Lunéville en dépit d'un puissant feu d'artillerie. Le Lt Colonel Bill A.Bailey, l'officier commandant le 704e Tank Destroyer Bat, est tué par un tir de mortier alors qu'il dirigeait les opérations de son unité. Le major Henry P. Heid, ancien S3 du CCA assume le commandement. Le CCA de la 6e DB, qui arrive vers 18h00 relève le Combat Command Réserve dans ce secteur. Au travers de toutes ces opérations les convois de la division ont exceptionnellement maintenu un support rapproché pour la division. Aujourd'hui ils vont installer leur bivouac à 3 Kms au Nord de Nancy sur un aérodrome abandonné par les allemands, et ils en sont si proches qu'ils sont capables d'observer les fantassins qui s'établissent seulement à 2,5 kms.

 20 septembre 1944
Très tôt ce matin le brouillard est là, une fois de plus, ce qui réduit notre vision jusqu’à 10h00, et c'est alors que nous nous apercevons, seulement, que l'ennemi s'est retiré, à l'exception de quelques chars. Voilà une bonne affaire, nous récupérons le temps perdu.
Le CCA se dirige vers le Nord-est, vers 09h00, en direction de Sarreguemines pour commencer l'assaut de la ligne Siegfried.
A 09h30, la 113e Panzer Brigade prépare son attaque à partir du Sud en direction d'Arracourt menaçant l'arrière de nos colonnes avancées. Sur ordre de la division, les contingents d’Abrams et de Delk Oden retournent vers leurs positions d'origine, après avoir réduit la ligne de front Dieuze Hampont.
Une position défensive est établie en ayant recours au 320e Combat Team du CCR qui fait mouvement pour prendre leurs positions. Une contre-attaque a été planifiée et les deux contingents vont nettoyer les environs de Moncourt et Bures, mais elle est arrêtée par la présence des chars Panther qui sont inaccessibles de part leurs longues portées de tir.
Les contingents d’Abrams, attaquent Ley à partir du Nord-est repoussant les allemands vers Moncourt, et le combat se poursuit tout le long du chemin.
Bien que le soir tombe, ce contingent attaque toujours et s'empare de Moncourt, malgré la forte opposition des allemands. Laissant dans la cité des éléments avancés, le restant du contingent retourne vers ses positions d'origine. Cette attaque se solde par la destruction de 25 chars de plus à ajouter à notre tableau de chasse, mais nous en perdons 6 des nôtres dans ces combats intensifs.
Une partie du contingent de Conley, composé d'une compagnie de chars renforcés, attaque dans les faubourgs de Château-Salins, mesure de diversion pour prêter aide à Withers dans son repli sur la ville. La cité est par intermittence sous un tir intense d'obus et devient intenable du fait que la première avancée avait été arrêtée temporairement. La journée se solde par 15 prisonniers de plus, et une estimation de 200 tués.

 21 septembre 1944
Ce n'est pas un jour très favorable pour la 4e DB. Les opérations depuis ce matin sont limitées par un brouillard très dense, et il  faut attendre midi pour voir cette purée de pois se dissiper.
Les troupes des 35e et 37e bataillons de chars, lancent des attaques de ripostes vers le canal en direction de Coincourt et Bures.

 Les forces  allemandes ne sont pas aussi intenses que d'habitude et nous pensons qu'ils ont peine à se remettre de la raclée de la veille. Ils sont retranchés au Sud de l'autre côté du canal. Alors nous sommes allés les voir les "vert de gris" et nous leur avons infligé une nouvelle raclée en tuant 50 des leurs et en capturant 68 prisonniers. Côté matériel, 2 chars, 1 véhicule et 1 canon de gros calibre sont détruits dans cette attaque où les effectifs sont réduits à un strict minimum de défense. Seraient-ils en manque de carburants.
Les opérations dans le secteur du CCB, sont relativement réduites, si ce n'est que des tirs d'artillerie intermittents qui sont contrés par le 22e Bataillon d’Artillerie Blindé. Sous le couvert de l'obscurité, des ruses de sioux, des tentatives d'infiltrations pour désarçonner nos patrouilles ont été déjouées.

 22 septembre 1944
Le 25e Escadron de Cavalerie de Reconnaissance se place en position d'attaque, ce matin, à Juvelize vers 09h45, et contrairement à ce qui c'est passé la veille ce sont les troupes de la 111e Panzer Brigade, venant du Nord-est, qui sont venus vers nous et nous attaquer avec quelques chars accompagnés de fantassins qui ne semblent pas en super forme. Pas d'élan dans cette marche désordonnée, et très vite ils se  replient, en laissant sur le terrain 7 chars légers, 1 semi-chenillé, et 1 véhicule.
Le 37e Bataillon de chars, supporté par le 10e Bataillon d’Infanterie Blindé et l'artillerie, lance son attaque vers 11h00 pour stopper l'avance ennemie. Avec nos tirs bien ajustés, les chars sont détruits au fur et à mesure de leur avance, un vrai tir aux canards et les fantassins se replient au pas de charge vers Marsal, où ils vont se retrouver sous le bombardement de l'aviation qui laisse un grand nombre d'entre eux sur le champ de bataille, ils sont littéralement fauchés par la mitraille, et nous dénombrons 311 tués, et 94 prisonniers. Côté matériel, 17 chars et 11 véhicules divers détruits.
Mais nos pertes sont aussi à l'avenant, 7 chars légers, 1 tank moyen, 1 half-track, et un véhicule. Aucune victime n'étant signalée. Le CCB reste sur ses positions, près de Fresnes, et toutes les unités sont mises en alerte pour contrer toute attaque possible. De très lourds tirs d'artillerie continuent de résonner dans la plaine.
Le 25e de Cavalerie est forcé de se replier sur ses positions près de Lezey subissant des pertes sensibles, dues aux engagements de ce niveau, mais il n'en continue pas moins de harceler l'ennemi, en dépit de ses forces blindées plus légères.
Mais face à la bravoure et à l'héroïque résistance de la compagnie F, sous le commandement du capitaine Farmer, des pertes importantes en chars légers sont infligées à l'ennemi.
Ils décident alors de s'attaquer aux chars lourds afin de permettre aux éléments plus légers des escadrons de se replier, tactique de mouvement payante, vu qu'elle fait subir aux allemands des pertes considérables au cours d'engagements, d'une rare intensité.
Durant ces quatre derniers jours de bataille, nos pertes se chiffrent à 57 tués, 142 blessés et 10 manquants. On nous assigne 1 officier et 150 soldats en remplacement.

 23 septembre 1944
Le CCA n'a pas beaucoup d'activités au cours de cette journée, à part quelques éléments qui sont en reconnaissance dans le secteur et des échanges épisodiques de tirs d'artillerie.
L'évidence d’une possible attaque est toutefois perceptible, et nous indique que l'ennemi est en train de préparer son maintien dans les environs.
Le CCB continue de maintenir ses positions à Xanrey, les tirs d'artillerie deviennent plus intensifs et les compagnies sont alertées d'une possible attaque le lendemain matin.
Le Col Richard .B.Fuller, officier commandant du 126e Ordonnance Maintenance Bataillon, quitte le bivouac pour retourner à Omaha Beach afin de s'informer sur le replacement prioritaire des chars. Cela va nécessiter des aller retour de plus de 1800 Kms et de surcroît, ils vont devoir les acheminer par leurs propres moyens, ce qui va entraîner de devoir installer de nouveaux moteurs et changer les chenilles dès l'arrivée. Le problème du transport des chars a sérieusement handicapé les remplacements.

Un sévère manque de radios opérateurs, s'accentue aussi du fait de l'incapacité d'assurer le remplacement de haut calibre dans cette catégorie.

 24 septembre 1944
A 05h45, l'ennemi commence son attaque, à laquelle nous nous attendons, par un puissant tir d'artillerie. Les contingents sont composés de plus ou moins deux bataillons d'infanterie, accompagnés de 30 chars.
Le CCB met son artillerie en action et ajuste des tirs directs sur la formation, tandis que les chasseurs bombardiers attaquent les troupes et les chars en rase-mottes. Nos équipes de chars et d'infanterie oeuvrent admirablement en conjuguant leurs efforts pour repousser les attaquants qui totalement désorganisés battent rapidement en retraite. Nous dénombrons 194 prisonniers et plus de 300 tués, 500 blessés et 21 chars détruits.
Les pertes du CCB sont relativement légères côté matériel, mais nous déplorons, toutefois la perte, de 18 hommes et 102 blessés. Le tir intense d'obus a obligé l'EM du Combat command et ses unités attachées à changer de position. La majorité des victimes, infligées au CCB, sont dues au puissant tir d'artillerie. Le commandant du bataillon d'artillerie dont le PC a été lourdement touché par les obus.

Au lieu de faire mouvement durant l'attaque et s'écarter des tirs, ils transmettent les informations à l'Etat-major pour recevoir la permission d'attaquer.
La précision de notre artillerie et la force de destruction qu'elle peut entraîner sont prises en exemple lorsque l'officier commandant le 2e Groupe de Cavalerie, dévissant sur notre ligne d'attaque, rencontre une importante concentration d'infanterie ennemie et exige le support de l'artillerie.
L'observateur du 2e groupe de cavalerie affirme que les tirs semblent partir en fumée et se désintégrer quand les obus touchent les cibles.
Le secteur du CCA ne manifeste d'autres activités que des tirs sporadiques des unités avancées et des feux de répliques de batterie sont mis en action.
Ce mouvement dans les lignes ennemies indique qu'une nouvelle attaque contre ce secteur peut nous faire buter sur la 11e Panzer qui est signalée dans ce secteur. Le brouillard limite notre visibilité, et les pluies continuelles rendent le terrain si boueux, que tout mouvement est fortement déconseillé.

 25 septembre 1944
La 11e Panzer utilise la même tactique que prévue, attaque le CCA, durant toute la journée. Le matin, l'infanterie épaulée par un petit nombre de chars se dirige vers les éléments avancés de la Cavalerie et entre en contact avec le 10e Infanterie. Le 37e Bataillon de chars engage ses chars et repousse en force l'attaque. Peu après-midi, un autre contingent d'infanterie et de chars attaquent la position du 116e Engineers, mais l'adversaire est très rapidement refoulé. Un peu plus tard encore, l'infanterie assistée de l'artillerie et de tirs de mortiers attaque les positions du 10e d’Infanterie et il est de nouveau très vite repoussé. L'ennemi attaque de nouveau les positions du 25e de Cavalerie et le 53e Bataillon d’Infanterie Blindé, venant du Nord dans les environs de Moyenvic. Ces petites attaques de harcèlement sont vites réduites au silence. Les objectifs de ces attaques sont un peu confus car il y a un manque de coordination entre elles. La pluie continuelle masque la visibilité et retarde nos opérations. Nous avons cependant déjà détruit 10 chars et d'autres véhicules dans ces attaques, et au moins 300 allemands ont été tués, pour 5 prisonniers seulement.
Le CCB est relevé dans son secteur par le  320e Régiment d'Infanterie.
Le front est, maintenant, tenu par le CCA qui est divisé en deux, afin que quelques éléments puissent prendre un temps de pause.
Après l'anéantissement de ces attaques ennemies, le 37e sous la houlette du Capitaine Leach. Jimmie, celui qui plus tard va devenir le chef de la force blindée US engage une attaque limitée, au Nord et à l'Est à la nuit tombante, pour amorcer un désengagement de ses troupes pour ensuite rejoindre la réserve de la division. L'ennemi continue à harceler nos lignes du front sous le contrôle de l'artillerie qui tire des collines voisines. L'observation est bonne et l'ennemi est capable de nous infliger des pertes considérables en personnel dans nos troupes et en matériel.

 26 septembre 1944
Le Quartier Général de la division quitte son bivouac d’Athienville et s'installe sur un autre endroit à la limite de Reméréville, et devient opérationnel vers 17h55. En cette fin de journée l'activité sur le front reste limitée à des échanges de tirs d'artillerie, avec une seule exception.
Le CCA est relayé de ses activités sur le front Sud, sur la ligne Lezey,  Arracourt par le CCB. Le 10e Bataillon d’Infanterie Blindé et le 25e de Cavalerie retournent en position au CCB, le 8e Bataillon de chars reprend la position du 37e Bataillon de chars laissée vacante.
Tandis que dans la marche, des éléments du CCB sont attaqués par une colonne ennemie de half-tracks et autres véhicules, une concentration de tirs d'artillerie très précise  brise l'attaque, dès son interception, détruisant 3 chars et trois autos blindées.
Le major Ernest R.Eaton Jr est transféré du CCB au QG de la division pour devenir assistant G3 pour les opérations aériennes. Le capitaine Warren G. Fee agissant précédemment comme G3 pour l'aviation, est assigné au CCB pour remplacer le Major Eaton. Le capitaine William A. Ender, qui avait été l'aide du général Wood, est assigné au CCR comme S2.

 27 septembre 1944
Au cours de la matinée, le CCA observe une activité considérable dans les environs de Lezey, Xanrey et un contingent sous le commandement du LT Col Delk Oden, se compose de chars et d'un support d'infanterie se fraye un chemin en traversant Xanrey sous le couvert d'un écran de fumée, pour éliminer cette poche de résistance.
Dès cette mission terminée, les unités sont de retour vers 17h00, ayant tué 135 fantassins et perdu deux de nos chars ayant sauté sur des mines. L'ennemi continue ses tactiques en tentant de s'infiltrer dans nos positions avec de nombreuses patrouilles.
Nos chars sous le support des chasseurs bombardiers et de l'artillerie, repoussent cette attaque plus que déterminée. En général l'activité sur le front diminue, spécialement surtout pendant la journée, la pluie et le manque de visibilité gênant les opérations.
Le major Earl W. Mericle, le médecin psychiatre de la division fait un rapport sur la santé des troupes et relate que la fatigue s'accentue rapidement, 71 hommes sont transférés vers un centre de repos. La durée excessive au combat, les pluies incessantes, le manque de repos, et aussi le manque de repas chauds. Enfin ce sentiment qui est évident qu'ils ne sont plus en état de tenir sous les poussées de l'ennemi.
Le centre de repos nous en a donné la preuve, vu que les décisions prises concernant le repos des hommes est bénéfique pour la bonne marche de nos opérations, vu que la moitié de ces hommes, après ces quelques jours de repos, ont rejoint leur poste de combat.

 28 septembre 1944
Un mouvement considérable d'infanterie et de chars a été observé derrière les lignes et tout spécialement du côté de Moyenvic. Aucune nouvelle attaque ne fut cependant matérialisée, bien que nous subissons des tirs d'artillerie durant toute la journée.

L'ennemi continue d'exercer des activités de patrouille dans les environs de Bures, Coincourt et le CCB bombarde cette région de façon intensive.
Le CCB  inflige des pertes importantes aux allemands, durant ces dernières 48 heures, 12 chars, 6 véhicules blindés, 2 half-tracks, 4 canons antiaériens, une batterie entière d'artillerie, et au moins deux mortiers sont détruits, et bon nombre de batteries d'artillerie supposées détruites dans les environs de Parroy.
Un rapport établit une estimation de 150 tués, 600 blessés et 48 prisonniers.
Les efforts des patrouilles de nuit de l'ennemi, pour pénétrer nos lignes sont  repoussés par le 25Groupe de Cavalerie, qui scrute le front, exécutant à la fois, des missions de reconnaissance et de contre  reconnaissance.
Sur instructions du 12e Groupe d'armée et de la 3e Armée, un détachement de notre CIC est réduit de 2 officiers et de 5 hommes. Des efforts sont entrepris pour ramener ce détachement à sa force initiale, et si possible l'augmenter; car le besoin va devenir de plus en plus nécessaire pour atteindre l'Allemagne dont on se rapproche de jour en jour.

 29 septembre 1944
Aucune activité dans le secteur du CCA. Par contre dans le secteur du CCB, l'ennemi mène une attaque pour s'emparer d'un point stratégique connus sous le nom de colline 318. Dans un duel d'infanterie très sanglant l'ennemi s'empare de la colline pour la reperdre, aussitôt, lors de la contre-attaque du 10e Infanterie. L'intensité de la bataille, étant appuyée par l'infanterie et un lourd bombardement aérien occasionne d'importants dégâts. Les rapports chars et air étant en parfaite synchronisation ont semé la pagaille et infligé de lourdes pertes aux allemands.

Dans cette action coordonnée et bien aiguisée, 23 chars ennemis, deux half-tracks, 19 camions et trois autres véhicules sont détruits et un important stock de munitions a explosé. L'artillerie neutralise encore deux importants emplacements d'artillerie lourde, 50 prisonniers sont capturés et plus de 400 tués et  blessés. Une compagnie du 86e Bat Chimique qui est attachée à la division entre en ligne. L'efficacité de l'observation de l'artillerie ennemie est perçue; lorsque la Cie du 86e Bat Chimique est attaquée, avant même qu'elle n'ait le temps d'établir ses positions.

 30 septembre 1944
L'activité de l'ennemi dans le secteur du CCA est relativement calme et les tirs d'artillerie en nette régression. Une compagnie de chars du 35e Bataillon de chars mène une attaque, à l'Est du côté de Xanrey, pour diminuer la pression sur le 53e et le 10e dans ce secteur. Le 37e Bataillon de chars est réassigné au CCA et fait mouvement vers une position près de Moncel sur Seille, pour couvrir une possible percé près de Chambrey.

Dans le secteur du CCB l'ennemi actionne l'artillerie, par intermittence, pendant toute la journée. Notre artillerie répond à quelques uns et bombarde les villages de Bezange et de Lezey. Les troupes continuent à consolider leurs positions sur les collines 318 et 320, la Cavalerie est occupée à faire déguerpir l'ennemi des endroits boisés en les acculant vers le front, et leur mission se termine vers 16h30.
A l'arrière des troupes allemandes, les mouvements restent continus, mais ils n'ont pas  l'intention d'attaquer.Le morale des troupes diminue; dans une certaine mesure, en raison du temps humide, de l'incessant tir ennemi et aussi à ce manque de mouvement auquel ils ne sont pas habitués. Rester allongés dans les trous de fusilier n'avait rien d'attirant pour nos fantassins, qui préfèrent de loin l'action.

Le 24e Bat Eng blindé, aidé par le 995e Eng Treadway Bridge Compagnie, ont construit 11 ponts au cours du mois de septembre pour la division. Ce travail comprend également un pont flottant de plus de 50 mètres de long, sur le chenal principal de la Moselle, à Bayon. Les ponts plus petits étaient de l'ordre de 10 mètres à 20 mètres. Le travail des hommes du génie consiste à nettoyer les champs de mines, repairer les booby traps, les réparations de routes, et ce travail remarquable dans des conditions dangereuses a largement contribué à notre avance. Les hommes du génie ont travaillé sous le feu, dans des circonstances difficiles et, quand c'est nécessaire, ils combattent avec les fantassins pour défendre leur position, tout en accomplissant leur travail. Au cours des rapides attaques blindées du 19 au 22 septembre 1944, les éléments de notre bataillon de génie ont combattu, comme fantassins sur les lignes du front avec les éléments du 51e Bataillon d’Infanterie Blindé.
Les sorties pour les soldats sont ajournées et une fois la frontière passée le régime va s'accentuer encore. Une permission de quelques jours à Paris pourrait calmer les ardeurs de certains...

En guise de consolation, c’est la remise des décorations bien méritées, durant le mois de septembre, 97 Silver Stars, 299 Bronze Stars, 2 Soldiers Medals, 6 Air Medals, 13 Oak Leaf Clusters, pour les Air Médal, 144 Purple Hearts, et 6 Clusters.
La Distinguished Service Cross fut accordée au Major Général G. Wood, et au Brig Gen Holmes E. Dager, pour héroïsme extraordinaire, à Coutances pour Wood, et Avranches pour Dager.
La Distinguished Service Cross fut accordée à titre posthume au Capitaine Frances W..,24e Am Eng Bat et au Private William Whitsoon du 51e Bataillon d’Infanterie Blindé.
Nos pertes en matériel au cours du mois, 41 chars medium, 7 chars légers, et 20 différents véhicules, comprenant, half-tracks, des camions de 21/2 tonnes et 1/4 de tonne.
D'autres promotions 64 S/Lt promus 1st Lt, 12 Lt à Capitaine. 3 nouveaux Lt Col et 5 nouveaux Majors.
Les remplacements du mois, 41 officiers, et 600 GI.
Les pertes en hommes, 225 tués, 643 blessés, et 70 manquants.