La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

4e Division Blindée - Oct. 1944

1er octobre 1944.

La Division maintient sa ligne de front défensive depuis le Nord-est de la forêt de Bezange, qui s'étend au Sud-est de Xanrey, Bezange la Petite, Réchicourt, Bures, jusqu'au canal de la Marne au Rhin.
La frontière Sud de la zone de la Division coïncide ainsi avec les 12e et 15e Corps le long du canal de la Marne au Rhin. La frontière Nord entre la zone de la division et la 35e DI s’étire entre Château-Salins, Mance, et Champenoux.

Le CCA, se compose des 35e Bataillon de chars, 53e Bataillon d’Infanterie Blindé, 66e Bataillon d’Artillerie Blindé, 94e Bataillon d’Artillerie Blindé, 704e Bataillon de chars Destroyer.
Les sections, A:25, A/46, A126, B/24, D/489; tenaient la portion Nord de la zone de la division.
Le CCB se compose des 8e, 10e, 51e, 24e, 995e, 5e, avec le 2e Escadron attaché, les 22e, 691e TK Det, 177e Field Artil Group, B/45, B:/26, C/89, maintenant la portion Sud.

La frontière entre le Combat Command s'étend sur la ligne Athienville, Lezey, avec le CCB, responsable pour Lezey, et le CCA pour Athienville.
Il n'y a aucune activité ennemie notoire, en aucun point du front. Des tirs d'artillerie ciblent différents endroits. Se sont des tirs d'artillerie harassants et aussi provocateurs, sans exclure des tirs, sur des supposées positions de canons. Les chasseurs bombardiers bombardent Moyenvic et ses environs.
Le renforcement des lignes de défense se continue avec le génie, déposant des mines et des booby traps dans les zones potentielles d'approche de l'ennemi...
Le CCB est obligé de déplacer son PC, pour permettre à l'artillerie de la division d'exécuter 45 missions de tir au cours da la journée pour neutraliser deux positions de batteries ennemies, et l'opération détruit un Mark IV. L'ennemi a apparemment perdu ses envies d'attaqués dans ces zones, aucun essai n'est tenté de percer nos lignes.


Cependant les hommes restent en alerte nuit et jour. Le Quartermaster Gas Supply Compagnie qui alimente la division au cours de sa rapide avance, jusqu'à ce jour, est relevé de sa tâche qui est désormais, sous le contrôle de la 3e Armée. L'officier dirigeant les équipes de poseurs de câbles de transmission, signale que des fréquentes coupures sont effectuées par des agents ennemis résidents dans la zone. Les agents du CIC organisent des recherches dans la population civile, afin de trouver les sources de cet ennui majeur.

Le Lt Col Edgar T. Conley Jr, Officier commandant du 8e Bataillon de chars fut remplacé et transféré au 20e Corps, y devenant le G4. Le Lt Col Henry F.Heid du 704e  Batallion de chars Destroyer devient le nouveau commandant du 8e Bataillon de chars  et le Major Dan Alanis du 51e Bataillon d’Infanterie Blindé fut transféré au commandement du 704e Batallion de chars Destroyer.

 

2 octobre 1944.

Sur toute la ligne de front de la division, c'est très calme, à l'exception de quelques tirs d'artillerie. Le 37e Bataillon de chars quitte le CCA et rejoints le CCR. La compagnie D du 86e Chemical Bat, qui avait été attachée à la division, est mise en ligne pour venir en aide au 166e Engineers tenant le flanc gauche. La patrouille quotidienne du 53e Bataillon d’Infanterie Blindé, fait état d'une relative activité dans les secteurs de Xanrey et de Moyenvic, relatant que 5 allemands sont tués, en cours de route.
Des remplacements nous sont accordés, afin de nous aider à maintenir nos positions, mais ils s'avèrent, toutefois, insuffisants. Mais nous n'avons pas de soucis dans l'immédiat.
Des rumeurs circulent sur un possible réconfort au sein de la division, réconfort qui fait naître un grand entrain, parmi les hommes, qui en ont assez de cette position statique, cantonnés dans les trous de fusiliers, où l'attente devient longue et démoralisante.
La nette diminution en volume des tirs ennemis est à peine remarquée et c'est, manifestement dû au fait que le temps clair va permettre aux P47 de bombarder à nouveau et frapper l'ennemi dans les positions connues, mais aussi suspectées de l'être.
Des rapports de la reconnaissance nous signalent des sites de lancement de roquettes, et le 126e Armored Ordnance Maintenance Bat et le 2e Cavalerie nous ont informé que des roquettes sont tombées à proximité de leur bivouac.
En faisant l'inventaire des équipements, nous constatons un manque de 37 tanks moyens, 18 half-tracks, et quelques véhicules, et nous devons combler ce déficit dans les plus brefs délais. Des stocks de vêtements et des couvertures vont, aussi, nous être livrés incessamment, du moins c'est ce que les borderaux renseignaient. Le besoin de deux couvertures supplémentaires par homme, est aussi urgent, le temps devenant plus froid et humide de jour en jour et là pas de soucis, les autorisations sont accordées et la livraison considérée en priorité.
Le général Patton visite la division et lors de sa conférence avec le général Wood, il s'exprime en ces termes, " La 4e DB est la plus fameuse des Divisions de l'Armée des Etats-Unis."

 

2 octobre 1944, et la 79e DI

La 79e DI et la 4e DB luttent, les uns à côté des autres, en Lorraine, dans les environs de Parroy, Remoncourt et je voulais inclure une des lettres que le Private Melvin Johnson écrivait à sa fiancée dans son trou de fusilier...
 J'écris cette lettre dans mon trou de fusilier. Je reçois tes lettres régulièrement. Tu dis que tu n’as rien reçu de moi, depuis si longtemps ! Peut-être l'une ou l'autre s'est égarée en chemin. Et puis, il faut suivre le mouvement et c'est très éprouvant. Ne pense pas que j'oublie de dire mes prières, j'y pense tu sais, et j'ai promis de le faire, souviens toi... Je vais bien et je pense que tout va continuer de cette façon. Je pense beaucoup à toi, et surtout " à la belle jeune fille que tu es" Je pense tout le temps à toi ma chérie, et je t'aime très fort. As-tu reçu les 25$, que je t'ai envoyés. Bien des amitiés à tous. A bientôt, mon amour. Melvin.
Traduire des récits de bataille n'est pas un grand problème, mais relisant les lettres émouvantes de Melvin, je lisais, celle écrite, précisément ce 2 octobre 1944, et qui va vous traduire les sentiments que l'on éprouve dans le combat. On n'oublie pas les êtres chers qui sont au loin...

 

3 octobre 1944.

La situation sur le front reste pratiquement inchangée, et le CCB a tenté d'avancer sur son flanc droit, l'objectif étant de rétrécir la ligne d'attaque. Les patrouilles du 25e Cavalerie et du 51e Bataillon d’Infanterie Blindé vont de l'avant vers midi mais sont rapidement coincées, par des tirs d'artillerie, de mortiers, et d'armes légères. Elles  gardent cette position avancée jusqu'à la tombée du jour, et se sont finalement retirées vers la position de départ. Cette entreprise a cependant eu des résultats positifs, de par la destruction de deux canons, d'un fortin et d'une position de mortier.

 

Le bilan chez l'ennemi était assez lourd, 81 tués, alors que notre Division accuse aussi ses pertes, 1 tué, 21 blessés et un manquant. L'artillerie du CCA continue ses missions de tir sur des installations suspectes de l'ennemi, mais elles s'avèrent vite évidentes lorsqu'un énorme dépôt de munitions à Moyenvic explose dans un bruit étourdissant entraînant l'estimation d'une bonne centaine de victimes. Bien que l'activité ennemie, soit en reflux, les unités de la division n'ont pas perdu de temps. Cette période de répit est consacrée à des travaux d'entretien, de remise en forme et d'entraînement pour les nouvelles recrues. Les unités ouvrent à nouveau les cuisines de campagne et les repas chauds sont servis pour la première fois depuis presque trois mois. L'entretien du bataillon commence par le remplacement des affûts des canons de 105mm, la vérification des instruments de l'artillerie afin d'assurer le maximum d'efficacité à la première attaque.

 

4 octobre 1944.

L'activité de l'ennemi ne semble pas évidente pour les observateurs de la division. Notre artillerie répond aux tirs ennemis, histoire de leur répondre que nous sommes toujours bien présents. Les patrouilles et le support aérien continuent à harceler les troupes sur la ligne du front. Nous nous préparons pour la relève prévue, incessamment, par la 26e DI et des bivouacs sont choisis par le Combat Command Réserve.
Une contre-attaque ennemie, est organisée, très localisée, vers 10h00, du côté du 10e Inf, conduite par un char et un peloton de fantassins. Elle recule sous le feu d'armes légères et à la vue de nos Tanks destroyers et tanks qui montent à l'attaque. Sous le lourd bombardement dans le secteur, la population de Réchicourt est évacuée vers St Nicolas, l'officier responsable des Civil Affairs, en préparation de l'entrée des troupes en Allemagne, ont formé des équipes parlant la langue allemande.

Deux officiers allemands prélevés dans les camps de prisonniers, vont prendre la relève des équipes françaises qui ne sont plus nécessaires.

 

5 octobre 1944.

Peu d'activité sur le front, à part quelques tirs d'artillerie, mais les allemands cherchent la nôtre, alors que nous détruisons une batterie à Moncourt. Un peu avant la tombée du jour, une patrouille ennemie essaye de pénétrer les lignes du 51e Bataillon d’Infanterie Blindé, mais est repoussée par des tirs d’armes légères et notre artillerie. Dès le retrait de la patrouille, un puissant feu d'artillerie ennemie est concentré sur le secteur. Méprise ! Le lendemain, nous constatons qu'ils ont tué deux de leurs hommes et la trace de nombreux blessés était manifeste. L'artillerie de la division et les Tank Destroyers installent de lourds barrages sur la ligne de front ennemie, durant toute la journée. Dans la soirée, un considérable mouvement de véhicules est perçu du côté est, ce qui indique qu'ils battent en retraite. L'artillerie pilonne les routes et les carrefours pour briser leur mouvement.
Plus de 450 civils qui se trouvent dans la zone de feu ont été évacués d’Arracourt. Au cours de cette accalmie, c'est le jour de paye, mais la majeure partie de l'argent retourne à l'officier des finances pour renvoi aux familles. Un spectacle est organisé à Dombasle, chaque unité recevant son quota pour y assister.
Le Lt Col Herbert F. Krucker, assistant C/S-G-4, est transféré de la division, et le Lt Col Bernard G. Knestrick, ancien quatermaster de la division devient G-4, le major Gerald E.Miller lui succédant dans la fonction, le major Harold J. Abrams assistant G-4. Le major Marchall N. Pelgram lui succédant comme S-4, pour le CCR. Le major Everett S. Stewart, ancien assistant G-4 remplace le major Pelgram.
Les allemands dirigent une propagande contre le CCA, à partir d'un ampli, entre Moyenvic et Vic-sur-Seille, demandant à nos troupes de se rendre. Nous devons nous rendre compte de la situation. Assez surprenant, en ce jour de paye et de spectacle."Le Nuts". C'était pour plus tard. !!!
Les officiers de la 26e DI, arrivent dans le secteur, pour une mise au point; afin de s'emparer de ce  secteur.

 

6 octobre 1944.

C'est toujours très calme sur le front mais l'activité, des patrouilles et des mouvements de véhicules ennemis, restent évidente durant le jour et la nuit. C'est la pleine débandade. Les éléments de la 26eDI commencent à défiler, et les commandants des Bataillons, Compagnies et Pelotons, sont auprès du PC rapproché du front, pour se familiariser à la préparation et à la situation nouvelle pour s'emparer du secteur.
Le manque de radios récepteurs se résorbe, et les hommes, qui n'ont pas l'expérience requise, sont assignés au 114e Signal Compagnie pour être entraînés comme opérateurs car la bonne conduite des opérations en dépendent.
Un nombre considérable de véhicules ennemis saisis, et que certaines unités utilisaient furent rendus hors service; les autorités supérieures étant très strictes sur ce point. En ce compris les ambulances. La confusion constituant un réel danger.
Le Lt Col Lloyd W.Powers, commandant du 94e Arm Field Artillerie Bat, est évacué vers un hôpital, pour maladie, mais non consécutive de la bataille, le major Robert M. Parker assumant le commandement du Bataillon.
La bonne surprise, 4 pilotes du 19e Tact Air Com, visitent nos premières lignes, des hommes fiers de nous rejoindre pour une franche collaboration et qui trouvent difficilement les mots pour exprimer leur admiration.

Le 104e RI de la 26e DI prend position auprès du CCB, à la nuit tombante. Les unités de la division, vont aussi faire équipe, du moins durant 24 heures, dans le but de mettre les nouvelles troupes en forme pour qu'elles puissent se prendre elles-mêmes en charge.

 

7 octobre 1944.

Les unités de la 26e DI continuent à s'infiltrer dans la ligne du front. Le 101e RI se dirige vers le secteur du CCA pour relever le 53e Bataillon d’Infanterie Blindé et une partie du 166e Engineers. La 26e DI arrive sans le support des échelons. Toutes les troupes, excepté ses propres régiments d'infanterie qui sont restés à la plage pour une utilité ultérieure. Cette Division n'était pas mise en ligne, car elle doit continuer à fournir les supports en artillerie, tanks, tanks destroyers batteries antiaériennes, troupes du génie et assistance médicale, à la 26e DI.
Nos commandants du Combat Command et notre commandant de Division conservent la responsabilité pour le secteur, ainsi qu'ordonné par le Corps, en leur ayant notifié, toutefois, de se tenir prêt à tout moment.
Sous la supervision de l'état-major des convois, les sacs fourre-tout de la Division qui sont entreposés à Vaucouleurs ont été expédiés à Nancy, pour l'usage des soldats, durant la période de relève, pour y prélever les vêtements d'hiver. Le nouvel entrepôt est situé rue Dumas, à côté de la place rue Poincaré, le square au Nord de la ligne de chemin de fer au centre de Nancy.
Le 10e Bataillon d’Infanterie Blindé ayant été relevé par le 104e RI, commence à quitter son secteur et rejoint son bivouac à Haraucourt; en véhicule individuel, à dix minutes d'intervalle, pour ne pas attirer l'attention de l'ennemi.
Le 51e Bataillon d’Infanterie Blindé était relevé par la 104e Inf et commence aussi à se retirer de la ligne de front par pelotons, à la nuit tombante pour gagner son bivouac près de Serres.

 

8 octobre 1944.

Le 53e et la 35e, moins une compagnie de chars moyens et légers se retirent des lignes et se dirigent vers un bivouac aux environs de Bezange la Grande après que le 101e RI a pris la relève. Le 8e Tank Bat est aussi remplacé par des régiments de la 26e DI et fait mouvement vers Arracourt pour rejoindre le bivouac de Serres.

Tous les éléments de la division sont relevés de la ligne du front et continuent un statut de support, si l'ennemi vient à attaquer la 26e DI.
L'artillerie de la division et celle attachée continue à dispenser le support dans ce secteur sous le contrôle de la division. Leur feu est en harmonie avec les canons des tanks Destroyers en cas de nécessité. Les commandants continuent à diriger leurs sections, le sergent-chef Edward P.Mallon de la  Cie D du 37e tank Bat, est sélectionné par la division, pour servir de garde d'honneur du général George Marchall, C5  US. Army, au cours de sa visite dans le secteur.
La prestation de Mallon, est des plus symboliques, son grade de S/Lt lui étant remis par le général. Les ravitaillements de l'intendance arrivent rapidement. Une couverture supplémentaire est distribuée à tous les membres de la division et la seconde va suivre à bref délai. Le premier quota des chaussures de combat est arrivé et partagé aux bataillons d'infanterie et escadrons de cavalerie.

 

9 octobre 1944.

La situation sur le front reste toujours inchangée, à part quelques tirs d'artillerie et de mortier. Notre artillerie continue à harceler l'ennemi, empêchant ainsi toutes concentrations de troupes et de contre-offensive. Toutes les unités profitent des spectacles et activités récréatives offerts par l'office organisateur des services spéciaux.

Tous les clubs mobiles de la Croix-Rouge organisent des pauses-café, avec la distribution des doughnuts, ou beignets, café et boissons diverses dans une ambiance musicale qui leur rappelle le pays.

Le Lt Col. Arthur L. West Jr, Commandant du 10e Bataillon d’Infanterie Blindé, est à l'honneur et reçoit la Distinguished Service Cross, médaille très convoitée après la très rarement accordée, médaille d'Honneur du Congrès. Le Col West la reçoit pour action de bravoure à Troyes le 25 août 1944 dernier; elle lui est remise par le Major Général John Wood en la présence de tout le bataillon.
Le 126e Armored Ordonnance Maintenance Bat est occupé à finir un travail qui est ordinairement réalisé dans un autre service de base. C'est un travail de maintenance qui peut se faire de façon continue pour que le matériel soit en bon état de marche. Le remplacement des tourelles de chars, ou des canons, et parfois la reconstruction va de 4 à 6 chars. La division est maintenant équipée en half-tracks à 100% et les envois de chars et de véhicules deviennent des opérations journalières

 

10 octobre 1944.

Aucun changement notoire dans les statuts et missions des troupes, mais quelques tirs d'artillerie, sur les lignes du front. Notre artillerie continue à tirer sur des cibles repérées par des patrouilles. Des préparations sont envisagées pour poursuivre les réjouissances organisées par les services spéciaux de l'armée. Des séances de douches et de lessivage sont organisées près de Serres.

 

11 octobre 1944.

La majorité des unités du CCA est relevée et attachée à la 26e DI jusqu'à l'arrivée des reliquats. Des tirs d'artillerie dispersés de l'ennemi tombent pendant la nuit. Le 2e Groupe de Cavalerie, couvre le flanc droit du CCB avance sous le support d'un puissant tir d'artillerie préparatoire, et occupe les hauts plateaux autour de Parroy et Coincourt. La puissance de l'infanterie ennemie et ses tirs de mortiers forcent les unités du CCB à abandonner la colline 265, près de Bezange la Petite, mais la puissante contre-attaque permet de récupérer la colline aussitôt. Afin que les compagnies attachées à la 26e DI puissent obtenir un peu de répit, le génie, la cavalerie, les Tank Destroyer, et les bat de tanks, et permettre à leurs compagnies d'entrer en ligne à tour de rôle.
Lors de son discours adressé au 51e Bataillon d’Infanterie Blindé, le Général Wood exprime son admiration pour leurs remarquables exploits et ceux de la division et le clame non seulement en son nom, mais au nom du Général Marchall, chef d’Etat-major de l'Armée américaine. Il a le sentiment que la Division est remarquable et est la meilleure de toutes.

Et de plus il affirme qu'elle ne peut pas être arrêtée par les allemands et que tout délai ou retard ne peut être la faute de la division, mais de ceux qui sont dans les rangs arrière.

 

12 octobre 1944.

Le Commandant général est soulagé de ses responsabilités dans ce secteur vers 12h00. Le commandant général de la 26e DI en assume le contrôle.
Tous les chefs de Combat Command sont eux aussi relevés de leurs responsabilités dans leurs secteurs et le CCA se dirige vers une zone de repos dans les environs d’Erbéviller, alors que le CCB se rend à Haraucourt.
C'est la toute première relève générale des unités engagées dans tous les combats menés depuis l'entrée en action de la 4e DB le 17 juillet.
La Division a mené le combat durant 87 jours consécutifs.

La relève, cependant, n'est pas complète, notre section des artilleurs du génie, les tanks Destroyers, et les chars continuent d'apporter leur aide à la 26e DI, alors que le restant de la division remplit le rôle de réserve.
Bien que  la ville de Nancy reste inaccessible pour l'instant, des arrangements sont envisagés pour des convois vers la cité, où les services spéciaux vont préparer des activités de détente, des aménagements douches et même de la natation. Les pertes au cours de la journée du 23 septembre 1944 à ce jour s'établissent comme suit; 111 tués, 331 blessés et 49 manquants. Les remplacements au cours de la même période sont de 44 officiers, et 1026 soldats. Le bilan des pertes depuis l'entrée en action de la Division est assez lourd, 526 tués au combat, 1555 blessés, 193 manquants. Les remplacements de 103 officiers, et 2573 soldats. Nous restions en nombre et même plus, pour la poursuite des combats à venir.Depuis le début du mois, nous n'avions pas capturé beaucoup de prisonniers, seulement 43.

 

13 octobre 1944.

La fête continue et les réjouissances sont appréciées pleinement par la troupe. Mais ce qui est largement nouveau et qui change de l'ordinaire, c'est le service des repas chauds.
Manger des rations K et C durant 87 jours n'était pas du goût des soldats certes, mais ils n'avaient pas le choix les pauvres, il fallait bien ouvrir ces cartons, qui étaient même trop "complets avec ces foutus condoms" qui n'étaient d'aucune utilité !! Mais ils étaient mis en réserve pour les beaux jours, d'un délassement qui tardait à venir.
Faire des rapports c'est bien. C'était trop calme, et j'ai revu mes notes à cette même date.
Que se passe-t-il du côté du 51e Bataillon d’Infanterie Blindé. Au cours de cette nuit, toutes les compagnies restent en position. Vers 01h05 un avion survole nos positions et les mitrailleuses ouvrent le feu pensant à une attaque de parachutistes ennemis, mais nous apprenons plus tard que c'est un avion allié qui parachute du ravitaillement pour le maquis. Heureusement l'avion n'est pas atteint et la bavure évitée. Dans l'après-midi, nous recevons des ordres du CCB concernant la colonne Sud sous le commandement du Col Withers, et duquel le 51e fait partie. Il faut se retirer des positions présentes et traverser la Moselle, où les restes du CCB attendent. L'état-major du bataillon, démarre à 14h47, traverse Lebeuville à 14h57, Roville à 17h04, et passe la Moselle à Bayon à 17h30. La colonne traverse Virecourt à 17h42, et ferme la zone de rassemblement à Villacourt après avoir effectué une distance de 13 miles. La compagnie de Service rejoint la zone de rassemblement à Crantenoy distant, seulement, de 5 miles.
Les bombardiers survolent notre zone de rassemblement de 21h45 à 22h15. Nous n'avons pas de victimes à déplorer, à part la capture de 5 prisonniers rencontrés dans la matinée.

 

14 octobre 1944.

Les réjouissances se poursuivent à Nancy. A la division rien à signaler si ce n'est l'apparition de trois Messerschmitt 109 qui survolent dans les environs de l'artillerie de la division. Un est abattu et le dernier disparaît au loin laissant de la fumée dans son sillage. Côté du 51e Bataillon d’Infanterie Blindé, il pleut très fort depuis le matin, mais des éclaircies dans l'après midi et le soleil perce enfin. Mr Bowen collecte l'argent pour les familles, et distribution de vêtements et de ravitaillement. Des camions conduisent les hommes à Nancy pour la nage et les douches, mais c'est le dernier jour, Art sur Meurthe étant désigné pour le lendemain. Tous les camions doivent être disponibles pour le transport du matériel et des vêtements à nettoyer. La nourriture est appréciée, roast-beef et purée de pomme de terre, pour le repas de midi, de quoi remonter le moral des troupes.

 Vers 13h00 le Major Van Arnam et le Cap Hope sont envoyés au CCB, vers le secteur de la 35e DI, avec quelques représentants de l'unité. Le point de rassemblement, sur un terrain bien précis au cas où le 35e doit répondre à une attaque de l'ennemi. Le chirurgien de la Division du Col Abrams inspecte le Dép médical.A le lendemain.

 

15 octobre 1944.

Les festivités sont toujours bien suivies et appréciées, mais la troupe s'active dans différents domaines, à savoir l'entretien des vêtements, des équipements, des véhicules, des armes individuelles. Tout doit être en parfait état, pour parer à toute attaque de l'ennemi. Les prêtres des différents ordres religieux veillent à ce que chaque membre assiste aux différents offices prévus selon leur conviction philosophique. Chaque unité profite de ce temps de repos pour organiser des cérémonies de remises de récompenses individuelles ou collectives en présence des nouvelles recrues pour les mettre dans l'ambiance et qu'ils soient fiers de l'unité qu'ils rejoignent pour entrer dans le combat. Du côté du 51e Armored Inf Bat, la pluie ne cesse de tomber jusque très tard dans la nuit. Vers 4h00 du matin c'est le murmure de l'artillerie ennemie qui trouble notre repos, et les obus tombent, heureusement, à bonne distance du PC. Pas d'exercice prévu pour ce dimanche. Le Col Olborn, le comandant du CCB rend une visite aux troupes vers 13h45 et rencontre ensuite le major Van Arnam vers 15h00. Un service protestant est célébré vers 16h00 près de l'infirmerie, et un service catholique est célébré à l'église de Serres.
Vers 16h45 le major Van Arnam, en l'absence du Col Mayback décerne la Silver Star au S/Lt Gibron et la Bronze Star, au Caporal Howard Rickey au Sgt T/5 Donald Shaw et au PFC Sam Scalzo.
Les programmes cinéma sont variés. Le film "Pin Up Girl" en technicolor avec en vedette avec Batty Grable, rencontre un vif succès, mais le plus populaire et le plus largement suivi reste "Cover Girl" avec Rita Hayworth et Grâce Kelly. Et le meilleur film laisse un brin de nostalgie, aux yeux avides de tous les soldats, car il s'agit de l'inoubliable "Up in Mabel up Room." On peut comprendre que tout ce qui se passe en chambre, et tous ces baisers langoureux et enlacement ne sont pas de nature à laisser de glace. Certains soldats s'attardent, n'ont pas rejoint le camion pour le retour, mais rentrent toutefois le lendemain, sans donner le véritable motif. Ils ont fait la "belle"

 

16 octobre 1944.

Des renforts viennent compléter les rangs de la 26e DI et le 35e Tank Bat est entièrement retiré des lignes du front. Au 51e Bataillon d’Infanterie Blindé, c'est toujours cette pluie qui ne cesse d'entretenir la morosité et sous laquelle les hommes continuent l'entraînement. Les permissions restent toujours d'application, mais à distance limitée. Vers 13h00 un camion part à Art sur Meurthe, opération douches, suivi par un autre convoi qui va voir la projection du film "Dévotion" les acteurs étant Lepino et Olivia de Haviland, ce film superbe retraçant la vie des soeurs Brontee. Ce n'était pas du goût des soldats, ces films remplis de la nostalgie du pays, ils préfèrent de loin la musique et les comédies, qui sont plus en accordance avec leur état d'esprit. Vers 05h00, cinq camions partent vers Dombasle, où un autre spectacle récréatif est organisé, mais au retour les commentaires ne sont pas des plus favorables. C'est le retour sous les tentes qui tremblent sous la pluie et le vent, et ces abords boueux désolants, ne sont pas de nature à créer la bonne humeur. Et la longue soirée va être consacrée à la partie de carte, à la lecture, et à la lettre aux familles selon le désir de chacun.
Au front, dans les rares temps de repos, la vie peut paraître simple: il faut savoir encaisser ce vague à l'âme, penser à l'incertitude du lendemain, penser aux amis qui ne sont plus, et maintenir hauts les coeurs. Ce n'est pas si commode que cela, mais le désir de survivre est le plus fort...

 

17 octobre 1944.

L'échelon avancé du PC de la division quitte ses bureaux, envahis par la boue de ce fichu terrain marécageux qui ressemble de plus en plus à une marre, et s'installe de façon plus confortable dans un château près de Reméréville.

Ils placent un nouveau dispositif sur les chenilles pour neutraliser l'effet des eaux et boues afin d'augmenter la surface d'adhésion des chars, mais sans contrarier le mouvement sur sol dur, et 75% en furent dotés.
Côté du 51e Bataillon d’Infanterie Blindé, toujours la pluie. Des cours de radioguidage sont dispensés à 3 Kms du Bataillon, où sont installés des engins servant de cibles, 4 semi-chenillés allemands, une limousine et un ancien char français. Les soldats de la compagnie A. tirent sur ces cibles avec des bazookas et des fusils lance-grenades, non seulement pour garder la main, mais surtout de se rendre compte de l'efficacité de ces armes.
Ce jour, c'est la première distribution de 65 Combat Infantry Badges, écusson en argent accordé, aux soldats qui sont restés au front, durant un mois, et c'est une première, pour les récipiendaires, qui sont très fiers de l'épingler sur leur uniforme. C'est devenu un écusson très convoité, et pour une deuxième période de trente jours au front, il y a une étoile qui le rend plus attractif encore.

Les permissions étaient toujours à l'ordre du jour. Les séances douches et cinéma à Nancy étaient toujours très suivis et appréciées. Quelques avions P-47 profitant d'une éclaircie, survolaient notre base. Nouvelle distribution de vêtements. Un petit incident était signalé vers 21h30, un camion revenant de Nancy, se renversait, sans dommage pour les hommes, ni pour le camion.

 

20 octobre 1944.

Le 37e Bataillon de chars procède à des essais avec les nouveaux dispositifs pour une meilleure adhésion au sol, et la bonne marche des tanks qui sont paralysés par les pluies et les boues. Il a plu sans arrêt depuis dix jours, et tout est détrempé. Les chenilles élargies neutralisent l'effet des eaux et des boues et le général Gaffey trouve le nouveau dispositif très performant. Toutes les unités sont à l'exercice, l'entraînement des tirs se poursuit avec les nouvelles recrues. Des plans sont envisagés pour de nouvelles opérations. Les photos de la ligne Siegfried sur les lignes du front sont analysées Le 10e Arm Bat a construit une maquette de cette fameuse ligne Siegfried pour préparer l'assaut de cette position fortifiée.

22 octobre 1944.

Le Lieutenant Général Alexander N. Patch, commandant la 7e Armée US rend visite au commandant de la 4e DB. Un quota de 40 permissions, d'une durée de deux jours, est accorde aux soldats et à trois officiers pour visiter la ville de Paris. Le premier quota est alloué aux bataillons d'infanterie. Cette même faveur est étendue dans l'ordre suivant, aux Tank Bat, Art Bat, Génie, Tank Destroyer, Cavalerie, et unités E.M.
En raison de ce quota très réduit, la rivalité est évidente pour un tel privilège et ces permissions de se rendre dans la ville lumière, ne sont pas appréciées par les non nominés.
Dans la soirée le Général Wood et son état-major invitent les commandants d'unité à un festin. Des plans pour les futures opérations ont été discutés au cours de l'apéritif.

 

23 octobre 1944.

Le Col Dayton du 12e Armored Group, donne un briefing à un groupe sélectionné de la 4e DB, pour expliquer les points importants sur la défense de la ligne Siegfried. L'entraînement est poursuivi à tous les niveaux dans la division, les activités récréatives sont toujours à l'affiche, les plus populaires et les plus prisées étant le cinéma doté de films récents et des dernières nouvelles.
Les unités de la division apportent leur concours à la 26e DI et continuent à remplir leurs missions. L'artillerie est employée de façon régulière et le 704e Tank Destroyer Bat y contribue par leurs tirs de temps en temps. Le 37e Tank Bat est en toute grande forme et disposé à répondre à toute attaque qui pourrait se développer.

 

23 au 25 octobre 1944.

Les Combat Infantry Badges, depuis si longtemps accordés à la majorité des fantassins, vient enfin d'arriver et est distribués sans retard.
Le 126e Ordonnance Bat, commence à installer des boucliers blindés sur les camions de 24 tonnes, en remplacement des vitres, qui deviennent trop fragiles pour les missions de reconnaissance.

 

26 octobre 1944.

Le 8e Bataillon de chars est relevé du CCB et attaché à la 26e DI qui prend la relève du 37e Tank Bat qui est lui affecté au CCA. Le 8e Tank Bat vient en support de la 26e DI, en cas de contre-attaque ennemie et doit rester en alerte dans son bivouac, dans les environs de Haraucourt.

 

27 octobre 1944.

Le 10e Bataillon d’Infanterie Blindé mène une démonstration d'attaque sur des positions fortifiées, attaque suivie d'une lecture et d'une inspection d'une section de la ligne qui est construite pour la simulation.
Les officiers sont choisis pour se rendre compte des dispositions tactiques à prendre devant ce scénario simulé. Les heures de congé sont revues et passent de 10h00 à 18h00 au lieu de 12h00 à 20h00. Ce changement permet à la troupe de profiter de la lumière du jour en ville et de revenir au bivouac avant la tombée du jour. Des efforts sont consacrés au renforcement des bulldozers, en les dotant de lames protectrices qui vont faire sauter les mines. Ces engins sont essentiels pour faire l'assaut de la ligne Siegfried

 

28 octobre 1944.

Des éléments du 10e Armored Inf Bat, aidés par la compagnie A du 35e Tank Bat et de la compagnie B du 37e Tank Bat reconsidèrent le problème de simulation sur les positions, sous l'attention des officiers d'autres unités venues en observateurs. Des groupes d'assaut pratiquent le rôle de charges simulées, en utilisant des lance-flammes.

 

29 octobre 1944.

Toutes les unités s'entraînent sur l'assaut des positions fortifiées, et l'exercice est aussi accompagné de cours d'instruction, sur l'usage des bazookas, de tirs de mitrailleuses et de véhicules en action pour donner l'expérience de positions et tactiques à envisager lors de l'attaque. Une réserve de trois repas, par jour, est redéfinie pour toutes les unités en vue de tout assaut imminent.

 

30 octobre 1944.

Toute l'artillerie de la Division se mettait en marche pour prendre position au Nord-Est d’Armaucourt, dans le secteur de la 35e DI, pour venir en support de toute attaque que l'ennemi pourrait mener à l'improviste

 

31 octobre 1944.

Des mesures sont prises pour que chaque homme soit équipé d'un sac de couchage et la moitié de la division en sera dotée incessamment. Le Col Bruce C. Clarke, chef d’EM de la division est relevé de sa fonction, et est assigné à la 7e DB, pour y prendre le commandement d'un Combat Command. Ce transfert est une perte énorme pour la division, mais en fait la division en était fière car c'était une promotion méritée. Le Col Creighton W. Abrams le remplace. Le 489e AAA Bat, qui a été le support et le fleuron de la division dans la bataille de France, jusqu'à ce jour, détient le record de pertes infligées à l'ennemi. Au cours de ce mois ils ont attaqué cinq fois l'aviation ennemie et bien qu'aucun avion ne fût abattu, ils ont écarté la destruction d'installations et de pertes en effectifs.

Au cours du mois 115 Silver Stars, 1 Soldier Medal, 3 Air Medals, 3 Oak Leaf Clusters pour les Air Medals, et 382 Purple Hart ont été distribuées.. La DSC est octroyée au Col Bruce C. Clarke et au Col Arthur L. West Jr pour actions d'héroïsme à Troyes. Les promotions au rang de Lieutenant, sont de 26, de Lieutenant à Capitaine 14 et 7 au rang de Major. Les pertes du mois, 3 tués, 17 blessés. En remplacement 77 soldats, 10 officiers. En matériel, 2 chars moyens, un char léger et 7 véhicules divers.