La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

704e Bataillon de Tank Destroyer

Septembre 1944

Lorsque notre 4e Division Blindée est forcée de s’arrêter par manque de carburant et de ravitaillement qui sont déviés au Nord pour les Anglais, le 704e Bataillon de Tank Destroyer se trouve embourbé dans la zone de Houdelaincourt. Pendant 10 jours, nous sommes immobilisés et profitons de cette période pour remettre en état notre équipement. Etant statique, les camions des cuisines nous préparent des repas chauds. Vers le 10 septembre 1944, nous avons assez d’essence pour continuer, la division repart vers l’Est mais cette fois contre un ennemi préparé. L’effet de surprise est perdu.

Lunéville

 Le contact majeur avec l’ennemi s’effectue à Lunéville.
Nous approchons de la ville par le Nord-ouest, le PC du bataillon et l’infirmerie restent sur les hauteurs au Nord de la ville, alors que les 3 compagnies de chars, rejoint par d’autres unités de la division descendent dans la vallée prendre une position défensive. Lunéville est un point clé qui s’y elle est tenue par nos forces ouvrent 2 routes principales vers l’Est. Le combat est intense, notre 704eTD avec ses M 18 est d’une aide précieuse pour repousser cette attaque en détruisant 6 chars allemands Mark V. Nous ne perdons aucun de nos M18, mais un de nos officiers est tué, le Lieutenant Colonel Bill Bailey qui était avec nous depuis que le Lieutenant Colonel Delk Oden avait été transféré au 35e Bataillon de chars après Orléans. Le Colonel Bailey a été tué par un tir de mortier à Lunéville en dirigeant une partie du combat.


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Attaque de l’artillerie

 Alors que le combat fait rage dans la vallée, notre position sur les hauteurs Nord de la ville dans les bois est pilonnée par l’artillerie allemande et avant que nous puissions réagir, les allemands nous frappent avec un écrasant barrage d’obus explosifs. Nous subissons de lourdes pertes à cause de 3 obus qui explosent dans nos tranchées les rendant inutilisables. Notre antenne médicale de la compagnie (RCN) est directement frappée et l’un de nos médecins est tué, son adjoint gravement blessé. Sur toute la zone, de nombreux blessés sont soignés et évacués sous les tirs avec les ambulances. Plus tard, nous recevons l’aide du 46e Bataillon Médical avec des ambulances.

Les tirs ennemis se poursuivent jusqu’au moment ou notre artillerie repère les positions allemandes et dans un rugissement de batteries les américains écrasent les positions allemandes qui tombe dans le silence aussitôt. Enfin l’action se termine avec le maintien de nos troupes dans la ville de Lunéville. La 4e Division Blindée est envoyée aussitôt après au Nord-est d’Arracourt pour faire face à une nouvelle attaque allemande, car de nombreux chars ont été repérés dans cette région.

Lunéville, les 18 et 19 septembre 1944

Le 3e peloton de la compagnie C, commandé par le Lieutenant Richard Buss reçoit l’ordre de retourner au Sud de Lunéville, à cause de la menace d’une contre attaque de blindés allemands qui tentent de pénétrer à nouveaux dans la ville. Le Lieutenant Buss se souvient bien des détails de l’action et a méticuleusement détaillé les événements dans un manuscrit qui n’a jamais été publié. Ce qui suit représente des extraits de son récit.

Nous avançons le long de la campagne sur 16 ou 20 km vers le Sud et un peu vers l’Ouest, après avoir traversé le canal de la Marne aux Rhin, nous arrivons au centre de la ville .Je ne vois aucun civil et très peu d’activité dans les rues. Finalement un sergent se montre et m‘emmène jusqu’au bout de la rue principale (rue de Viller) au Sud de la ville .Le capitaine Tanner, maintenant avec le 35e Bataillon de chars et là, il me dit qu’une heure avant une unité américaine de reconnaissance (2ede cavalerie) a été repoussé par une attaque d’infanterie allemande appuyée par 2 chars Panther. En regardant à l’extérieur, par l’extrémité de la route, je vois qu’à ma gauche la ville est moins large et qu’une grande prairie s’étend sur quelques centaines de mètres  jusqu’à la ligne de chemin de fer. A angle droit, à ma gauche une rue longe la voie ferrée puis plonge dans un passage souterrain pour revenir de l’autre côté .Sur le côté droit de la rue se trouve une prairie, sur le côté gauche il y a un petit bloc de résidence à 2 étages, solidement construit, une rue latérale puis une grande usine désaffectée qui s’étend jusqu’à la ligne de chemin de fer. Environ 8 wagons abandonnés sont sur les rails justes face à nous.

Je demande à Jim Tanner si les deux chars allemands se trouvent encore de l’autre côté du souterrain et il me dit qu’il les a entendu bouger sur notre droite vers le terrain découvert. Quelques instants plus tard, le Lieutenant Walle revient du talus de la voie ferrée et annonce qu’il a repéré les deux Panther cachés derrière les arbres de l’autre côté du champ. Nous avons alors tous les deux retourné afin d’observer par-dessus la voie ferrée.

Ils sont bien là, les 2 beautés à environ 500 mètres de distance, le 1er char est placé sur le même côté que notre position, celui de gauche nous fait face de 3/4. Avec des signaux de la main, j’appelle le char du sergent Romek, je le fait descendre et lui demande de nous rejoindre sur le talus, je lui indique les cibles. Je donne ensuite le signal de tirer, le choc est assourdissant, le tireur Mazolla sur l’épiscope indique l’impact mais rien ne se produit, je suis vraiment déçu. Je demande un autre tir et Mazolla indique un autre impact et de nouveau aucun signe de destruction de la cible. Soudain, je vois des flammes, ce n’est pas l’explosion spectaculaire auxquelles on peut s’attendre, les flammes sont d’un orange transparent et s’élèvent avec une sensationnelle rapidité. Elles atteignent les branches des arbres sur une hauteur d’environ 20 mètres. Au moment où je cherche l’autre char celui-ci a disparu, il est retourné dans le conduit souterrain vers les bois et se trouve hors de porté de nos canons. J’ordonne au char de Romek de se remettre en place pour le Panther restant, mais nous recevons alors des ordres par radio nous demandant de nous retirer vers la position initiale à l’extrémité de la route. Presque immédiatement un autre message est venu nous dire que l’infanterie blindée allait arriver pour reprendre nos positions. Nous avons l’ordre de reprendre toutes nos affaires et de les apporter à la compagnie C du 704e Tank Destroyer. Voilà comment s’est terminé une vive action dans laquelle nous avons roussi un Panther.


Journal de Marche du 704e Bataillon de Chars Destroyers
du 1er au 30 septembre 1944

Envoyé au Général Adjoint, ministère de la guerre, Washington.

1er septembre 1944
Le bataillon quitte le bivouac vers 12h00, marche en direction de l’Est, traverse la Marne à Cural sur un pont construit par le génie puis installe le bivouac à 800 mètres Ouest de Houdelaincourt.

Du 2 au 5 septembre 1944
Au bivouac, la compagnie de reconnaissance patrouille dans la zone adjacente. Le 4 septembre 1944, le capitaine Hammer est promu au grade de commandant, pendant cette période, la compagnie A est attachée au CCB et au 51e Bataillon d’infanterie blindé exécutant des missions de postes avancés. Le 3e peloton de la compagnie A a capturé 50 prisonniers et 2 véhicules ennemis à Hussean. Pendant cette période, le bataillon ne souffre d’aucune perte au combat, mais a perdu 1 adjudant et 4 hommes de troupes par des blessures ne provenant pas des combats sinon par maladie. 2 hommes de troupe blessés et évacués dans un premier temps puis reconduit au bataillon. 3 officiers et 1 sous-officier de remplacement ont été reçus.

6 septembre 1944
Le bataillon, sans les compagnies B et C se trouve en bivouac à 600 mètres à l’Ouest de Houdelaincourt. Ils y restent jusqu’au 10 septembre 1944. La compagnie A est attachée au CCB et la compagnie C au CCA. 4 remplaçants sont reçus le 7 septembre 1944.

10 septembre 1944
Le bataillon démarre vers 10h00 et parcours 37 km en direction de l’Est, il arrive à 12h45 aux environs de Haroué et s’installe en poste avancé au dessus de la Moselle face à Bayon, il observe le pont sur la rivière.

16 septembre 1944
Le bataillon part à 15h15 en direction du Nord-est et arrive à 16h45 au Sud-ouest de Lunéville Lorsque le bataillon arrive aux alentours de Lunéville, on lui ordonne de protéger le flanc gauche du (RC) lequel doit attaquer et prendre la ville. Il découvre que la ville est déjà occupée par les troupes alliées. Le bataillon se dirige alors sur les hauteurs au Nord-ouest de la ville et installe le bivouac, cette position sera tenue les 17, 18 et 20 septembre 1944. Le 3e peloton de la compagnie B part vers Lunéville qui se trouve sous de puissants tirs d’artillerie afin de se protéger des colonnes blindées ennemies qui s’approchent de la ville par le Sud et l’Est. Le 1er peloton de la compagnie B soutient le 10e Bataillon d’Infanterie Blindé sur les hauteurs Nord de la ville. Dans le combat sur la crête Est de Lunéville, le 3e peloton détruit 3 chars Panther. Le combat continue toute la nuit.

 

704e Bataillon de Tank Destroyer.704e Bataillon de Tank Destroyer. 
Le 19 septembre 1944, les chars américains de la 4e Division Blindée bloquent la contre-attaque allemande au niveau de la ligne de chemin de fer.

19 septembre 1944
Le 3e peloton détruit un char Panther et un SDKFZ, une mitrailleuse, son tireur et fait cinq prisonniers. Aux environs de midi, le colonel Bailey, commandant le bataillon, est tué par un tir de mortier allemand. La compagnie tient sa position dans la ville jusqu’à la relève à 15h00, le 19 septembre 1944. Dans l’après-midi la zone de bivouac du QG du bataillon est bombardé ainsi que la position du 1er peloton.

Les pertes de ces deux jours pour les QG, l’état-major, la compagnie B et la compagnie de reconnaissance est d'un officier et de six militaires du rang, un officier étant blessé ainsi que seize militaires du rang.

A 18h15, le bataillon quitte sa position et se déplace à 19 km au Nord, aux alentours de Serres et installe son bivouac vers 02h00.

20 septembre 1944
Parti de cette position à 9h30, 11 km à l’Est d’Arracourt. Le lieutenant colonel HP Heid est désigné pour rejoindre le bataillon et de prendre le commandement à 11h00.

Le bataillon se trouve en position près d’Arracourt, lors de cette période, la compagnie B prend position en gardant le flanc droit du CCA et détruit 5 chars Panther de cette position.

21 septembre 1944
28 remplaçants sont arrivés.

21 au 30 septembre 1944
Pendant cette période le bataillon reste en position près d’Arracourt.

22 septembre 1944
Le 2e peloton de la compagnie B détruit trois chars ennemis près de Réchicourt la Petite.

 

704e Bataillon de Tank Destroyer.704e Bataillon de Tank Destroyer.
RECHICOURT la PETITE les américains sont installés dans le village

25 septembre 1944
28 remplaçants sont arrivés. Le bataillon est rattaché au CCA et rejoint par la compagnie C.

27 septembre 1944
La compagnie A rejoint le bataillon.

29 septembre 1944
Le capitaine Otwell. D .Smith rejoint le 38edépôt de remplacement  et la charge d’officier de liaison. Lors de cette période, le bataillon se trouve sous des tirs constants de l’artillerie allemande.


Compagnie C

13 septembre 1944
La compagnie C avant de rejoindre le bataillon, marche avec le CCA  et traverse la Moselle près de Preney. Dans le combat un char Mark V, un canon de 88 et un véhicule blindé sont détruits.

17 septembre 1944
La compagnie progresse  vers l’est avec le CCA et arrive à Fresnes en Saulnois.

18 septembre 1944
Un peloton est envoyé à Lunéville afin de renforcer le CCR, vers 18h00, la compagnie se met en position à l’est d’Arracourt.

19 septembre 1944
L'ennemi attaque les positions tenues par les deux pelotons restants et dix-neuf chars ennemis sont détruits. Le même jour, le peloton envoyé à Lunéville a détruit un char Panther.

Compagnie A

6 septembre 1944
La compagnie A est rattachée au CCB,  à Burey en Vaux.

11 septembre 1944
La compagnie se déplace à 70 km vers l’Est.

12 septembre 1944
Elle traverse la Moselle près de Villecourt. Dans le combat autour de la Moselle, le lieutenant Beckman est blessé et évacué.

13 septembre 1944
Le lieutenant Bouffuss chef du peloton de reconnaissance est tué au combat. Deux camions ennemis de munitions sont détruits ce jour.

15 septembre 1944
La compagnie se dirige sur Drouville.

18 septembre 1944
La compagnie se dirige vers Salonnes.

21 septembre 1944
La compagnie se déplace près de Fresnes en Saulnois.

24 septembre 1944
L'ennemi est repéré dans cette zone, quatre chars allemands sont détruits. Le capitaine Ryan est blessé dans le combat et évacué aussitôt, le lieutenant Pfaelzer est tué lors de cette action.

25 septembre 1944
Le lieutenant Preneta rejoint la compagnie B et prend le commandement de cette unité.

26 septembre 1944
La compagnie A rejoint le bataillon dans les environs d’Arracourt. Pendant cette période, le bataillon a souffert de plusieurs pertes.

              

                                                        Tués en action                                 Blessé (évacués)

               Officier                                      3                                                  3

Hommes du rang                                       10                                                42

 

Quatre chars Destroyer sont détruits ainsi qu’un M 18, un camion, deux véhicules 6x6, une voiture blindée, un M 20. Le bataillon a détruit trente-sept chars allemands, deux semi-chenillés, sept véhicules ennemis et un canon de 88 mm en remorque. Le 30 septembre 1944, la force du bataillon est constituée de 28 officiers et de 621 hommes.

 Document rédigé par l'officier commandant William - L - KLINE

 

VIVRE DANS UN M 18 HELLCAT AU COMBAT.
PAR PHIL. HOSEY Cie A 704e.

 

D’abord laissez-moi déclarer “ ceci sera raconté comme je m’en souviens, avec mes excuses pour les autres tireurs du 704e bataillon de chars Destroyer.

Nous recevons notre M 18 à Tilshead en Angleterre et la 1érechose que nous remarquons est la traverse électrique. Elle est constituée d’une sorte de poignée qui pivote à droite et à gauche pour tourner la tourelle, avec un bouton électrique pour le tir sur la poignée.  C’est une bonne idée, mais la traverse est trop rapide, cela convenait donc bien pour une grande tourelle pivotante mais pas du tout pour diriger une ou deux graduations visuelles.

Heureusement une traverse manuelle est aussi disponible, une manivelle de 30 cm de diamètre à gauche de la chaise du tireur. Le tir manuel du canon de 76 mm se fait par une manette d’environ 30 cm de long avec un bouton, à la droite du tireur. Pour tirer, l’un doit se pencher en avant en regardant dans un épiscope matelassé, la traverse à la main gauche et le tir à la main droite. L’élévation est contrôle par une roue de 24 cm de diamètre au dessus du levier de tir. Le chef de char fait la mise au point, le chargeur met un obus explosif ou antipersonnel dans la culasse et c’est parti.

Nous avons voyagé au Sud de l’Angleterre et tiré sur des cibles mobiles. Tout se passa bien. Puis nous sommes arrivés en France, nous n’avons pas combattu jusqu’à la Moselle. La traversée de la rivière devait s’effectuer sur un pont flottant construit par le génie dans la journée, malheureusement, l’artillerie allemande avait aussi travaillé dur car ils ont détruit le pont lors de notre approche. Immédiatement, on nous a demandé de remonter la rivière et de la traverser à gué, le point de passage a été choisi pour nous, mais d’une nature méfiante, nous avons fermé les volets du pilote et de l’assistant et nous 3 dans la tourelle, nous nous sommes assis le plus haut possible. Le manuel dit que la hauteur maximum du gué est de 1,20 m, cela semblait bien plus haut.

Nous sommes rentrés dans l’eau, presque aussitôt le canon disparu et il ne restait que 30 cm visible de la tourelle, j’ai pensé que tout était perdu, comme le pilote et l’assistant se trouvait sous 30 cm d’eau, tout comme le pont du moteur. Miraculeusement, le pilote poussa le moteur sans qu’il ne s’arrête alors que l’eau se répandait sur lui et l’assistant .Heureusement c’était le point le plus profond de la traversée, nous l’avions donc fait. Le manuel dit que la hauteur du char est de 2,20 m.....Nous avons dû passer à 1,90 m.

Entre Arracourt et Lunéville, nous attaquons un groupe de chars allemands qui avaient pris position à 1,5 km à l’Est d’Arracourt de l’autre côté d’une prairie .Nous alignant à 3 de front, nous nous positionnons sur une petite colline. Notre infanterie nous ouvre la route à travers la prairie accompagné de 3 M-4, arrivé à mi-chemin les allemands ouvrent le feu avec des antichars à partir des bois sur la droite .Ils détruisent aussitôt 2 M- 4 et clouent notre infanterie au sol. Puis 2 Panther, un Mark 4 et un canon d’assaut se déplace de gauche à droite à travers notre ligne de tir, à environ 1,5 km.

Le sergent Hicklin fait la mise au point “ sur 3 km, se déplaçant à environ 16 km/h. Notre obus à une vitesse initiale de 810 mètres par seconde, cela prendrait donc 2 secondes pour arriver sur le char. Il y a un déplacement latéral de 4,50 m/s (estimé) ce qui leur donnait 9 mètres pour se déplacer (encore une fois estimé). Le char de tête fait 6 mètres de long, donc nous pointons une longueur devant pour un tir centré.

Tout ceci se complique par une ligne d’arbres bordant la route que les allemands empruntent. Un peu hésitant, nous tirons l’impact est observé par le sergent Gilbert de la 3e section (nous sommes de la 2) le char est touché à 60 cm devant le pignon intermédiaire arrière. Nous tirons alors le dernier char qui brûle aussitôt et 2 hommes en sortent. Sans changer les dispositions de tir, nous détruisons les 2 autres chars.

Nous recevons des tirs de la gauche, ils fendent l’air pour frapper à 60 cm de la tourelle, obligeant le sergent Hicklin a reculé derrière la colline. Dieu merci, leur tir était trop long, bien qu’il ait frappé le sol à notre hauteur mais décalé à gauche. Nous avons voulu porter Hicklin sur nos épaules mais il se sentait mieux.

Le char en feu était un Mark 4, le 2e, le canon d’assaut, nous avons dû détruire la chenille ou transpercé le moteur du Panther; le second Panther s’est arrêté et n’est jamais reparti, tout comme les 3 autres .Nous ne pouvions pas observés correctement, à cause de la ligne d’arbres et de la distance, mais le 76 mm avait un sacré punch même à cette distance!

 

Philip W Hosey, mars 1992.

 

EXTRAITS DU JOURNAL DE LA Cie
Par le T/4 Macomber Norman

19 septembre 1944
Aujourd’hui est un jour dont nous nous souviendrons tous. Cela a commencé par une journée tranquille à Arracourt, mais le calme n’a pas duré longtemps, quelques obus de mortiers sont tombés près de nous et plus encore vers le CCA, puis les choses ont commencé à se dégrader.

Le 3e peloton qui protège le groupe de combat du CCA part pour ce qu’il croit être une mission de routine vers Réchicourt la Petite et Coincourt. Il tombe en plein sur l’attaque allemande 60 chars Mark 4 et Panther. Un furieux combat commence avec le caporal Stewart Frederick qui détruit deux chars allemands avant que son char Destroyer ne soit touché et mit hors de combat.

Le soldat Graham Richard est tué sur le coup, le sergent Emilo Stasi est blessé légèrement à la jambe, le caporal Stewart est blessé gravement aux jambes et le 1re classe George Knoblach des blessures légères aux jambes et aux mains. Le 1re classe Green  John, le pilote est le seul du char à être indemne.

Le caporal John Eidenschink de l’équipe du sergent Pat Ferrado comptabilise trois chars allemands de plus, avant que son Tank Destroyer ne soit détruit. Dans son char, le caporal Valentine Folk a reçu de sérieux coups à la tête et le 1re classe Henry Godwin des blessures aux jambes.

Le caporal Floyd Eaton de l’équipe du sergent Krewski comptabilise deux chars allemands de plus dont un Panther avant que son Tank Destroyer ne soit détruit. Le caporal Eaton et le reste de l’équipage s’en sortent sans blessure.

Le caporal Dominick Sorrentino comptabilise deux chars allemands de plus dans le char du sergent Edwin McGurk, dont il était le tireur. Il est le seul du 3e peloton de Tank Destroyer à en réchapper sans dommages durant cette bataille.

Pendant que le 3e peloton est engagé dans la bataille, le 1erpeloton repère des Mark 4 et des Panther de leur position. Le 1re classe Frank Amodio, tireur du sergent Henry Hartman, pour la 1re fois, détruit calmement cinq chars allemands; alors que le caporal John Ewanitsko de l’équipe  du sergent Tom Donovan en détruit trois de plus. Lorsque  la fumée de la bataille se dissipe, nos huit canons ont détruit dix-neuf chars allemands et tué un nombre indéterminé de fantassins, avec la perte de seulement trois Tank Destroyer, un homme tué et cinq blessés dont deux sérieusement.

Dans la soirée, nous recevons de mauvaises nouvelles du 2e peloton, qui était parti sur Lunéville avec une partie du 37e Bataillon de chars afin d’aider le CCR a arrêter une contre attaque de chars allemands. Le soldat Patrick Ryan a été tué par un tireur d’élite, le caporal Joseph Tetrault et le T/5 John Braham ont été blessé par un tir de 88 mm. Durant cette action l’officier qui commandait notre bataillon depuis le 17 août 1944 (le colonel Bailey) a été tué et plusieurs hommes blessés. Nous sommes tous très fiers de nos équipes de chars, nos officiers et tous les hommes de notre compagnie qui ont pris part à cette furieuse bataille et à cette grande victoire.  

 

Arracourt - France (photos)

 

Un M 18 en position face aux lignes allemandes, sur les hauteurs se trouvent les chars de la 11e Panzer Division.

 

Une autre scène de la zone de bataille d’Arracourt.

Ces M 18 du 704e font un combat à la dérobé, attendant d’être appelé en avant pour se mettre en position de tir sur le sommet de la crête, à gauche la position de tir d’ou ils vont tirer sur les chars ennemis.

L’encart (à côté de la carte) représente la fontaine de Bures. J’ai dirigé le tir de la mitrailleuse de .50 depuis la jeep, ce qui a permis de faire deux prisonniers allemands, c’est un dessin très précis réalisé par un artiste de combat vers la 2e semaine de septembre 1944.

 

Ceci était ma maison à Arracourt fin septembre et début octobre 1944. C’est ici que j’ai appris par courrier que ma femme avait accouché de notre 1er enfant.

 

Nous nous sommes familiarisés avec le bruit des Nebelwerfer à Arracourt. C’était une sorte de fusée sifflante venant des bois très éloignés et qui a était tirée sur toutes les cibles possibles. Je ne pense pas que nous, médecin, étions visés délibérément, néanmoins nous ne pouvions pas compter dessus.

 

Poste d’infirmerie, à l’Est d’Arracourt. Notre officier de transmission n’avait pas encore demandé une ambulance et nous avons continué à transporter les blessés dans un camion. Le mur de la tente pouvait être camoufler et constituait le seul point de soins .Mais d’être au dessus du sol, la tente était vulnérable, donc nous l’avons encerclé de tranchées profondes qui pouvaient offrir une protection lors d’une attaque, mais aussi un bon endroit pour dormir la nuit. 

 

Rapport des opérations du 704e bataillon de Tank Destroyer
à partir du 24 septembre 1944

24 septembre 1944
Le 704e TD moins les Compagnies A et C, en position à deux km au Nord-est d’Arracourt continuent le travail de réorganisation.

25 septembre 1944
Deux pelotons de la compagnie B se mettent en position afin de soutenir le CCA. Un peloton avec 166 hommes du génie et un autre avec le 53e Bataillon d’Infanterie partent vers une zone de regroupement à l’Est d’Arracourt. La compagnie C a rejoint le bataillon.

26 septembre 1944
La compagnie B a rejoint le bataillon.

27 septembre 1944
Le bataillon se trouve en réserve du CCA près d’Arracourt. Le 2e peloton de la compagnie B a détruit deux chars Panther le 25 septembre 1944 et un Panther le 27 septembre 1944 près de Juvelize. Le bataillon est indemne pour la 1re fois depuis les raids.

28 septembre 1944
La compagnie C rejoint le 53e Bataillon d’Infanterie et se met en position pour les soutenir autour de Juvrecourt. Le peloton de reconnaissance est envoyé pour tenir la colline 294 à l’Ouest d’Arracourt.

29 septembre 1944
Le bataillon est alerté en vue d’un déplacement possible afin de contrer la menace allemande sur la colline 318 au Sud-est d’Arracourt. Les quartiers généraux des compagnies et de reconnaissance partent pour une nouvelle zone de rassemblement près de la colline 294, à 8h30.

La compagnie A se met en position sur la colline 294 pour contrer la menace ennemie venant du Sud, Sud-est.

La compagnie B est prête à aider le CCB.

Les quartiers généraux du bataillon restent avec la compagnie E.

La compagnie B et les quartiers généraux du bataillon reçoivent des tirs sporadiques de l’artillerie allemande durant la journée.

A 18h00, le groupe de commandement rejoint le bataillon dans la zone de rassemblement, colline 294, la compagnie B reste près du CCB.

30 septembre 1944
La compagnie B rejoint le bataillon.

La compagnie A avec le CCB aux alentours de Fresnes en Saulnois ont détruit trois chars Panther le 24 septembre 1944.

S3 Report

 

QUARTIER GENERAL DU 704eBataillon de TD.

 

1)  Personnel           OFF      S/OFF        MDR                                                                     

A) Pertes                                                                  

       Tués                  1                          4                    

   Blessés                                              29

B) Remplacements

   Reçu                                                28

C) Prisonniers

 Capturés                                             18

 

2)  Matériel

A) Véhicules détruits

       Mark IV                                          4

       Panther                                        29

       S P W                                            2

       Autres                                          10

 

La bataille d'Arracourt
Récit du sergent Roy E. Roberson de la compagnie A

Le capitaine O. D. Smith doit remplacer le lieutenant Preneta.

Nous tentons de faire sortir l’ennemi de Réchicourt, le 1er et le 2er peloton sont avec le 104e RI. Le 1er peloton se trouve à deux km à l’ouest du village; je suis allongé dans une tranchée le long de la route attendant le 2e peloton pour partir. Les nouvelles étaient mauvaises, soudain je vois une jeep descendre la route dans ma direction, en regardant bien j’aperçois le général Patton et trois de ses assistants. Il sort de son véhicule et me dit “sergent, il fait bien chaud ici, n’est ce pas” je réponds “oui, mon général” il dit “de quoi avez vous besoin, où sont situé vos pelotons ?”. Je lui donne les positions, puis il demande “où est votre commandant d’unité ?” Je lui dis que le capitaine Smith est venu pour prendre en charge la compagnie A.

Durant tout ce temps, il est resté debout au milieu de la route avec les mains sur les hanches, ignorant les obus qui tombent tout autour. Il marche aux alentours pendant cinq minutes, puis il part en disant “je veillerai à ce que vous obteniez tout ce dont vous avez besoin, sergent !”. Je me suis dit en moi-même que j’avais vu quel grand général il était.

Journal du Sergent Roy Roberson Cie A.

 

22 octobre 1944
La compagnie qui se trouve dans la zone de regroupement, près de Réchicourt la Petite  monte en première ligne à 6h00, le char du sergent Bachurski saute sur une mine à 8h00. Toutes les routes sont fortement minées. Le lieutenant Kallim est blessé part un petit calibre, il est évacué vers le 46e (service de santé).

23 octobre 1944
Le général Patton rend visite à la compagnie A, au moment où le 1er et le 2e peloton essayent d’entrer dans Réchicourt la Petite. La compagnie attaque à l’intérieur et aux alentours de Réchicourt la Petite. Le lieutenant Preneta est évacué vers le 46e. Le sergent Flanagan et Maneirri sont également évacués. Le même jour, le capitaine Smith assume le commandement de la compagnie. De nombreux prisonniers sont faits à Réchicourt la Petite.

24 octobre 1944
La compagnie se trouve dans la même zone, près de Réchicourt la Petite, les pelotons partent au front avec le 10e Bataillon d’infanterie. Le 2e peloton est en réserve à deux km à l’Ouest de Réchicourt la Petite.

 

QUARTIER GENERAL DU 704e BATAILLON DE CHARS DESTROYER

Le 1er octobre 1944, le bataillon installe sont bivouac à 2 km à l’Ouest  d’Arracourt ; Ce même jour, le commandant du bataillon, le lieutenant colonel Heid est transféré au 8e Bataillon de chars et le commandant Dan C. Alanis a ordre de rejoindre le bataillon et d’en assurer le commandement. La compagnie C est sur la ligne à 1 km au Nord de Juvrecourt, attaché au 53e Bataillon d’Infanterie Blindée.

A 10h00, le 1er octobre 1944, la compagnie C est relevée sur le front par la compagnie B.

Au mois d’octobre, beaucoup de travaux sont effectués pour améliorer les positions en dépit du handicap de nos positions avancées. Le bataillon se trouvait en de bien meilleures positions de maintien à la fin du mois de septembre.

Le bataillon reste dans la même zone de bivouac jusqu’au 27 octobre 1944.

Le 3 octobre 1944, un peloton de la compagnie C se met en position pour effectuer une mission de tirs indirects à côté de Juvrecourt et tire 45 salves.

Le 5 octobre 1944, la compagnie C relève la compagnie B sur la ligne à Juvrecourt vers 8h00. Un bombardement matinal fait un mort dans la compagnie B. Ces positions sont pilonnées durant toute la journée par l’artillerie allemande.

Le 6 octobre 1944, le 3e peloton est rattaché au 10e Bataillon d’Infanterie Blindée qui se met en position à deux kilomètres au Nord-est de Réchicourt la Petite.

La croix rouge arrive dans la zone du bataillon, l’après-midi, en apportant un réconfort à tous les hommes car il a été possible de tous les rassembler par relais pour leur distribuer du café et des beignets au poste mobile. C’était le 1er poste mobile vu par le bataillon depuis juin en Angleterre.

Le 7octobre 1944, le 3e peloton de la compagnie A ne sont plus attachés au 10e Bataillon d’Infanterie Blindée, ils rejoignent la compagnie. Ils ont détruit un poste de commandement et un nid de mitrailleuse près de Réchicourt la Petite.

Le bataillon de transport avec le peloton de génie de la compagnie de reconnaissance quitte le bivouac vers 13h10 et partent à 18 km à l’Ouest vers la nouvelle zone près de Cercueil (Cerville aujourd’hui).

Le 9 octobre 44, à 9h00, la compagnie A relève la compagnie C à Juvrecourt.

A cette date, toutes les compagnies, excepté celles sur la ligne, ont opéré un regroupement. Le bataillon reçoit un char Destroyer de remplacement, un M 18 le 9 octobre 1944, deux le 10 octobre 1944 et un le 11 octobre 1944. La compagnie B est attachée au 104e Régiment d’Infanterie de la 26e DI, mais elle reste dans la zone du bataillon.

La compagnie B déplore une perte par l’artillerie à Juvrecourt.

A 23h00, la compagnie C tire 14 salves en tir indirect. 

 

RAPPORT DES OPERATIONS DE CHARS DESTROYER

 Le 8 octobre 1944, le 704e bataillon de TD est attaché au groupe de combat de la 4e DB. La compagnie C est en position de tir direct au Nord-ouest de Juvrecourt.

Le 9 octobre 1944, à 20h00, les compagnies C et B sont en alerte immédiate pour contrer une menace ennemie, (alerte annulée).

La compagnie A relève la C près de Juvrecourt .La compagnie B est encore attachée au CCB.

Le 11 octobre 1944, la compagnie B se met en position à l’Est de Réchicourt.

Le 12 octobre 1944, le 704e TD est attaché à la 26e Division d’Infanterie. La compagnie A  est attachée au 101e RI et la compagnie B au 104e RI (restant du bataillon dans la réserve mobile pour soutenir la 26e DI.)

Le 13 octobre 1944, la compagnie B part de sa position avancée (153125) vers la position (095146) sur l’ordre du 104eRI. La compagnie C part vers des positions de tirs indirects  (070158) à 14h00.

Le 14 octobre 1944, la compagnie A est retiré du 101e RI et se déplace sur la position (075160). La compagnie C tire 12 salves d’obus explosifs dans la matinée.

Le 15 octobre 1944, la compagnie B tire sur deux ME 109 allemands vers 14h00, un avion est touché, il s’écrase au Nord d’Arracourt.

 

Rapport d'action du 1er au 31 octobre 1944 

Dans la matinée du 15 octobre 1944, la position de la compagnie A, près de Juvrecourt, est bombardée, la compagnie perd 5 hommes. L’une des pertes est survenue au peloton de reconnaissance. La compagnie A est relevé par la compagnie C  à 8h00  et a rejoint le bataillon.

A 14h40, 3 ME 109 mitraillent la zone, toutes les compagnies tirent sur les avions ennemis et 2 sont touchés.

Le 16 octobre 1944, il y a une victime dans la compagnie C suite à un tir de l’artillerie ennemie. La compagnie B prend les positions de tirs indirects à 2 km au Nord-Ouest de Bezange la Grande soutenant ainsi le 255e Bataillon d’Artillerie attaché au 328e RI.

Le commandant Hammer et le capitaine Treece sont transféré du bataillon au 35e Bataillon de chars. La compagnie C est en position à Juvrecourt, attaché au 101eRI. La compagnie B sur la même position, exécute  plusieurs missions de tirs indirects.

Le bataillon est attaché à la 26e D I pour effectuer les opérations.

Le 20 octobre 1944, le capitaine Trover est assigné pour rejoindre le bataillon. La compagnie C est relevée sur la ligne à Juvrecourt et rejoint le bataillon.

Le 21 octobre 1944, les compagnies A et C partent derrière la ligne près de Réchicourt la petite à 19h30 pour soutenir l’attaque de la 26e DI. L’attaque commence à l’Est de Réchicourt la petite à 6h00, le 22 octobre 1944.

A 14h00, l’entrée de Bezange la Petite est atteinte. Le lieutenant Kellin de la compagnie A est blessé et évacué.

Le 23 octobre 1944, les compagnies C et A restent sur la ligne en soutien rapproché. Les 2 compagnies sont lourdement bombardées ces 2 jours. Le lieutenant Preneta, commandant la compagnie A est blessé et évacué, de plus 2 sous-officiers sont également blessé et évacué des compagnies A et C. Le capitaine Smith est assigné à prendre le commandement. Ce jour, la compagnie B tire 75 salves de sa position  de tir indirect.

Les positions du bataillon restent les mêmes, les positions des compagnies A et C sont bombardées chaque jour mais sans victimes.

Le 24 octobre 1944, un camion d’1,5 tonne de la compagnie C saute sur une mine au Sud-est de Réchicourt la petite, un sous-officier blessé et évacué.

Le 25 octobre 1944, la compagnie A est relevée par la compagnie B et la compagnie A est rattachée au 102e Bataillon d’Artillerie pour une mission de tirs indirects.

Le 27 octobre 1944, le bataillon est à nouveau rattaché à la 4eDB. Le bataillon est relevé sur la  ligne et à 8h30 les compagnies partent vers une zone de bivouac à l’arrière. Les compagnies B et C sont relevées par le 602e Bataillon de TD et à 15h15 le bataillon entier arrivait dans sa zone de bivouac à 23 km à l’Ouest de Lenoncourt (1 km Nord)

Du 28 au 31 octobre 1944, le bataillon se trouve sous les ordres du général Wood. Le bataillon est maintenant  attaché au commandement de réserve de la 4e DB.

La maintenance et l’entretien des armes et équipements sont un point crucial et les hommes s’amusent autant que possible.

Le 28 octobre 1944, un convoi de 13 sous-officiers et un officier partent pour Paris, revenant le soir du 30 octobre 1944.Un convoi est parti de jour vers Nancy et 2 déplacements par jour sont effectués à Lenoncourt.

 

Pendant le mois, le bataillon a perdu les officiers suivants par transfert : lieutenant colonel Heid, commandant Hammer, capitaine Treece.

Les officiers suivant ont été blessé : lieutenant Preneta, lieutenant Kollin, lieutenant Haimovitch.

Ont été transféré en dehors du bataillon dû à la maladie : commandant Alanis, Kimsey et le lieutenant Lane ont rejoint le bataillon pendant le mois.

Les pertes totales pour le mois sont de 14 blessés et aucun tué. 39 remplaçants et 22 transférés ont été reçu dans le mois.

Le 31 octobre 1944, la force du bataillon était de 1 officier et 623 militaires.

 

William L Kline