La retraite de Lunéville

Témoignage de deux lycéens dans l’armée fantôme de Patton

 

D’après le texte de Mr Félix Mazure,

 

Vers 15h00, après avoir fait le plein de munitions et d’essence, nous quittons le PC pour prendre position devant Manonviller, à la garde des ponts.

Il y a quelque chose qui ne va pas : nous n’avançons plus, les Allemands résistent, on nous fait garder les ponts, ils doivent préparer quelque chose.

Allongés dans l’herbe, Jap et Sutton font la critique de la patrouille d’Hablainville: ils trouvent que Beasley n’a pas pris assez de précautions. C’est mon avis ; mais il faut reconnaître que l’automitrailleuse protège la retraite et qu’il faut faire une manoeuvre difficile pour la laisser passer en tête vu l’étroitesse de la route.

         

 

Le 16 septembre 1944, à midi, nous prenons position dans le village de Domjevin, où se trouve déjà le team d’Harry. Nous camouflons nos véhicules, car l’ennemi est proche : il occupe le village de Fréménil qui n’est séparé de nous que par une prairie de cinq cents mètres. Un FFI me rapporte qu’entre Domjevin et Fréménil il y a des snipers dans les buissons qui bordent la route : lui-même vient d’essuyer des coups de feu.

         

A 14h00 des chars obusiers de la compagnie de soutien traversent le village et vont prendre position entre Domjevin et Blémerey. Peu après ils ouvrent le feu sur des tranchées que les Allemands ont creusées à l’entrée de Fréménil et sur un observatoire établi dans la première maison. Pour parachever leur œuvre, Sutton reçoit l’ordre de la bombarder avec son mortier de 60 : au bout de dix coups elle est en feu, elle brûlera toute la nuit.

Il pleut, le soir ma Jeep est garée dans une ruelle, à côté d’un petit hangar où je puis me mettre à l’abri. Winkler me rejoint et après avoir mangé une ration K nous nous endormons.

 

A 21h00 je suis réveillé par une violente explosion. Winkler me crie de jeter mon lit dansl a Jeep et de rester éveillé : une patrouille rôde, toute proche. Nous apprenons que l’explosion entendue est celle d’une grenade : un Allemand a pénétré dans le village et l’a lancée sur un civil qui se trouvait dans la rue. Nous avons pourtant défendu aux habitants de circuler après la tombée de la nuit, car nous pouvons les prendre pour des Allemands et leur tirer dessus : celui-ci passait la soirée avec des amis, à court d’argent et voulant continuer une partie de cartes, il allait en chercher chez lui, quand il reçut la grenade dans les jambes. Il y a des gens qui exposent leur vie pour bien peu de chose.

 

Je reste adossé à un tas de fumier, somnolent, quand une détonation vient encore me faire sursauter. Cette fois c’est notre 37 qui tire : quatre coups se succèdent, puis des rafales de mitrailleuse ; Jimmy  a aperçu une patrouille allemande dans la prairie et a ouvert le feu. Il doit y avoir des blessés, car on entend des plaintes. Le calme revient, mais pour plus de précaution nous abandonnons la partie Sud du village et nous installons en point d’appui fermé au carrefour central. Il pleut toujours.

         

Vers 02h00, une Jeep qui est en avant poste au Nord du village amène un prisonnier, un alsacien qui voulant se rendre est venu, conduit par le médecin de l’endroit.

         

A 03h00, nouvelle patrouille allemande : toutes les mitrailleuses entrent en action. Elle se retire. J’ai de plus en plus l’impression que les Allemands préparent une contre-attaque, cette activité ne prédit rien de bon.

         

Au matin Harry interroge le prisonnier et monte avec lui dans le clocher de l’église ; là, il donne des renseignements forts importants, montrant les positions occupées par l’ennemi, les tranchées qu’il à creusées, la composition des forces qui les occupent. Ce qui est plus important, il nous avise que des chars se massent dans les environs. Cela sent le coup dur.

         

Vers 09h00, nous quittons Domjevin, passons au PC et nous joignons au 1er Peloton, avec lequel nous devons faire une reconnaissance dans la forêt de Parroy. Passant par Marainviller nous chargeons des FFI sur nos véhicules cela nous fait de l’infanterie portée, mais de médiocre qualité, étant donné l’armement hétéroclite ; nous leur distribuons des grenades. Deux chars de la compagnie de soutien viennent nous renforcer. Nous allons nous grouper dans un pré, entre Laneuveville aux Bois et Emberménil tandis que nos chars ouvrent le feu sur un convoi allemand embourbé dans la forêt.

Il n’y a pas de routes macadamisées dans la forêt de Parroy, rien que des chemins de terre, car, après la guerre de 1870, le génie s’y était opposé, dans le but d’empêcher toute pénétration d’une armée à travers cette forêt. Ces chemins de terre sont actuellement de véritables marécages.

         

Notre team s’adjoint 5 FFI et nous prenons le chemin qui va de Laneuveville aux Bois vers la forêt. A mi-route j’aperçois deux hommes qui, sortis des fourrées, se dirigent vers nous : ce sont deux FFI qui sont restés en sentinelles tandis que le gros de leur troupe patrouille à la recherche du convoi allemand.

Nous essayons, nous aussi, de pénétrer le sous-bois, mais nous devons bientôt renoncer : il ne reste qu’une solution, laisser nos jeeps et aller à pied. D’arbre en arbre, de buisson en buisson nous faisons ainsi un kilomètre mais c’est plus fatiguant que d’en faire vingt en marchant naturellement.

Nous nous couchons, embusqués le long du chemin, à là lisière d’un abatis, attendant le retour de la troupe des FFI. D’où nous sommes nous entendons le bruit des moteurs des camions allemands essayant de se débourber et même le bruit des haches que les conducteurs manient pour couper des baliveaux destinés à affermir le sol. Le convoi n’est certainement pas à un kilomètre de l’endroit où nous nous trouvons.

Après une demi-heure d’attente, les FFI reviennent. Le chef nous dit qu’ils ont longé tout le convoi ; 25 camions sont restés embourbés et il n’y a avec eux que les conducteurs, une cinquantaine d’hommes tout au plus, car les autres viennent de partir avec une trentaine de camions qui ont réussi à se dégager.

Nous sortons de la forêt et assistons à un fort beau spectacle : nos chars ont pris sous leur feu la colonne des trente camions dès qu’ils ont débouché dans les champs et les incendient les uns après les autres.

         

Nous revenons à Laneuveville aux Bois où nous rencontrons le 2e peloton : tous les GI’s racontent la dernière aventure de Pado : la veille, en arrivant devant Laneuveville aux Bois, son peloton est  accueilli par des rafales de mitrailleuse. Après conciliabule entre le lieutenant Wolf et ses sergents, il est décidé qu’ils n’attaqueront pas, faute de savoir quelles sont les forces de l’ennemi. Sur quoi Pado leur dit :

          - « Puisque vous ne voulez pas prendre Laneuveville aux Bois, tous ensemble, eh bien ! Je le prendrai tout seul. »

On proteste, rien n’y fait. Pado part, son fusil à la main. Arrivé aux premières maisons, d’une fenêtre, une mitrailleuse ouvre le feu, mais peut-être troublés de voir un homme seul s’avancer aussi tranquillement, les Allemands le manquent. Pado épaule et abat le servant de la mitrailleuse. Les hommes du peloton, craignant que Pado ne succombe sous le nombre arrivent à la rescousse : ils n’ont plus qu’à recueillir quelques prisonniers, des Allemands qui sont restés dans les caves.

Pendant la soirée, montant la garde sur la route d’Emberménil avec son ami Vic, chacun dans un fossé, à droite et à gauche de la route, ils entendent un bruit de moteur : c’est un side-car allemand arrivant à toute vitesse. Vic épaule sa carabine, presse la détente... rien. Heureusement Pado est là : d’une balle il tue l’un des trois occupants et les deux autres disparaissent dans la nuit.

         

Le matin, nous gagnons le fort de Manonviller où se trouvent mon frère et son team. On vient justement d’emmener deux Allemands prisonniers, à moitié ivres. Mon frère les met sous la garde des FFI leur enjoignant d’empêcher les Allemands de parler et de les obliger à rester les mains croisées sur la tête. Les deux Allemands continuent cependant à parler, comme s’ils étaient dans un salon. Furieux, Hubert se précipite et à grands coups de pied dans les fesses fait taire les deux soûlards. Cette fois ils comprennent! On ne les entend plus de la nuit.

         

Nous allons nous placer en poste d’observation en avant du village de Croismare. A peine sommes-nous en position qu’une voiture chargée de FFI arrive à toute allure de Lunéville. Trois hommes en descendent : malgré le sérieux de la situation mes camarades s’esclaffent de rire en les voyant : en effet, ils sont littéralement recouverts d’armes, chacun possède une mitraillette, un révolver qui pend à la ceinture, dans laquelle sont en outre passées des grenades à manche, ils ont des grenades quadrillées dans les poches et dans les mains, et par- dessus tout ils ont dans le dos un vieux Lebel français, un de ces fusils à long canon, qui leur pend plus bas que les genoux. Ce ne sont plus des hommes mais des râteliers ambulants.

Ils viennent nous annoncer que Lunéville vient d’être occupé par les Américains. En effet nous apprenons par radio que la ville est tombée aux mains d’une patrouille à pied de notre escadron C, commandé par le lieutenant Cunningham. Au cours du combat ce lieutenant est blessé et a doit être évacué.

         

Après une heure de garde je rejoins mes camarades qui se sont confortablement installés dans des abris de transformateur désaffectés. Pendant la nuit, garde à la tourelle du 37. Tout à coup, Winkler arrive effaré, « il a entendu du bruit ».

En effet le bruit se rapproche, Jimmy arme son canon... ce sont des vaches qui ont envahi un champ de betteraves et s’en donnent à cœur joie.

         

 

Le 18  septembre 1944, au matin, nous rejoignons Thiébauménil où tout l’escadron est réuni.

Vers 10h00, une nouvelle arrive par radio : deux divisions allemandes dont une panzer, la 111e, vont nous attaquer : l’infanterie ennemie s’est infiltrée dans la forêt de Mondon, déjà occupée par des snipers.

Comme ils occupent aussi la forêt de Parroy, et maintenant en force, il ne nous reste plus que la RN4 comme voie de retraite et celle-ci une fois l’encerclement terminé, sera sous leurs feux croisés.

Nous connaissons maintenant le mystère de la forêt : le traquenard se prépare.

         

De 10 à 11h00, violente canonnade et mitraillade dans la forêt de Mondon.

A 11h30, une Jeep arrive à toute allure de la forêt ; trois GI’s et Pado en descendent, celui-ci me raconte sa dernière aventure : il était assis dans une maison de Chènevières, prenant son café, quand huit gros chars arrivent, qu’il prend pour des «Sherman ». Quelle n’est pas sa surprise de reconnaître quand ils sont tous proches des «Panther » qui ouvrent le feu sur les véhicules de son team. Un obus perforant lui frôle la figure et perce le mur derrière lui. Drôle d’impression, dit-il. Avec trois autres camarades ils grimpent sur une Jeep et s’enfuient. Il ajoute qu’il y a de nombreux chars allemands dans la forêt et qu’il ne sait pas ce que sont devenus les autres camarades. 

Tout le monde s’efforce de cacher ses appréhensions et plaisante, mais sans entrain. En tout cas il vaut mieux prendre ses précautions et nous mangeons double ration.

         

A midi nous allons prendre position à la sortie du village sur la route de Laneuveville aux Bois. Les civils veulent fuir mais nous leur interdisons de sortir du village : il ne faut pas que la route soit embouteillée par des réfugiés. Je réclame les papiers d’identité, car les Allemands envoient des espions pour semer la panique et obtenir des renseignements. Notre point d’appui est renforcé par deux automitrailleuses et un half-track avec un affût quadruple de 50.

         

A 13h00, nous abandonnons la position après avoir miné la route en plusieurs endroits et posé des fausses mines pour tromper les recherches. Les habitants nous regardent partir avec angoisse, quelques-uns pleurent, d’autres veulent à tout prix partir avec nous : c’est impossible, nous ne pouvons pas prendre de civils.      

Nous attendons que tous les véhicules du 2e Régiment soient passés. Les minutes nous paraissent interminables. J’observe mes camarades : tous ont les traits tirés, sont pâles, les mains se crispent sur les armes, mais aucun signe de peur. De temps en temps nous allons demander au radio si la route est toujours libre : il ne sait rien.

C’est enfin à notre escadron de se replier. Le PC, le 1er et le 2e peloton se mettent en marche. Au passage mon frère me fait un petit signe de la main. Enfin c’est notre tour de prendre place, en queue de la colonne. De tous côtés la bataille fait rage et nous abandonnons Thiébauménil, protégés par les chars légers des compagnies de soutien.

 

Tout se passe en ordre parfait : nous sommes le 42e Régiment, « Toujours Prêt », noblesse oblige, et puis nous avons l’habitude des coups durs, et l’habitude aussi d’en sortir, sans y laisser trop de plumes.

Tous les cent ou deux cents mètres, arrêt. A l’un d’eux les radiotélégraphistes reçoivent l’ordre... de manger leur code. Joé prend place dans ma Jeep et Sutton devient canonnier d’automitrailleuse, situation honorifique, car ordre est donné de ne pas tirer. J’admire Joé : il est aussi calme qu’une statue et fume une cigarette : je le regarde, il ne tremble pas. Quand les obus passent au-dessus de nous, nous nous courbons instinctivement, sachant bien que cela ne sert à rien, mais c’est plus fort que nous. Joé ne se courbe pas, au contraire il se soulève pour mieux voir les obus qui tombent.

Les chars allemands tirent maintenant sans arrêt ;  les obus éclatent de tous côtés... exceptés sur la route. C’est incompréhensible.

         

Nous pénétrons dans Marainviller. Le village, le matin si gai est maintenant désert, tous les volets sont clos et quelques maisons brûlent. Au moment de traverser le pont de chemin de fer des shrapnells éclatent au-dessus de nous. En même temps du moteur de l’automitrailleuse qui précède directement notre Jeep sort une épaisse fumée : un éclat d’obus a pénétré dans le moteur et enflammé l’essence. Les quatre GI’s qui l’occupent sautent sur la route, carabine en main, et prennent place dans les jeeps avoisinantes.

Le bombardement redouble de violence et nous traversons un barrage allemand : je vois les éclatements qui se rapprochent, en plein milieu je ferme les yeux. Quand je les rouvre je regarde derrière : trois gerbes de terre volent en l’air au même moment et la Jeep qui nous suit disparaît dans la fumée.

         

A 15h00 nous pénétrons dans Lunéville. Maintenant notre artillerie répond. Nous ne sommes plus seuls, avec nos petits canons de 37 et nos mortiers de 60.

A un croisement de rues, le plus beau cadeau qu’on eut pu nous faire est là : les TD, les tanks destroyers, ceux qui, avec leurs canons de 90, peuvent lutter à armes égales avec les Panther. A cette vue tout le monde se redresse et nous échangeons des signes amicaux avec les équipages des TD. Pour nous la bataille est terminée, pour eux elle commence.
Un char léger nous double à toute allure, et s’arrête à 50 mètres, devant une ambulance : on en descend un major tué : il a sous une paupière un petit trou minuscule, par où coule un mince filet de sang ; sa jambe est fracturée et pend recouverte de sang : cela serre le cœur.

         

Nous traversons la Vezouze sur un pont à moitié démoli : c’est le seul sur lequel il soit encore possible de passer. Il tombe encore quelques obus allemands, mais rien à côté de ce que nous venons de traverser.

         

Nous quittons Lunéville et suivons la RN 4, vers Nancy. Nous dépassons de longues files de Lunévillois qui s’enfuient : triste exode de vieillards qui se traînent, de femmes tirant par la main des enfants qui pleurent et trébuchent tandis que les plus grands poussent dans des brouettes ou des voitures d’enfants, les pauvres hardes de la famille. Ils nous font des signes pour que nous arrêtions, mais... impossible. C’est l’envers de la médaille : il y a quelques jours c’était la joie délirante de la libération, maintenant c’est pour eux l’exode, et je lis dans leur regard de la haine pour nous qui n’avons pas su les défendre.

J’ai vu l’exode de 1940 mais celui-ci est infiniment plus lamentable.

Mêlés à la foule, des FFI, tous armés de mitraillettes, voire de mitrailleuses, et le corps entouré de bandes de cartouches.

         

Près de Vitrimont, nous prenons une petite route et nous joignons au reste du groupement, camouflé sous des arbres dans les champs.

J’apprends que 36 véhicules appartenant principalement aux escadrons B et C et au 2e peloton de chez nous, encerclés dans la forêt, sont perdus, détruits ou incendiés par leurs équipages. Beaucoup de leurs occupants sont tués. Les autres se cachent dans la forêt de Mondon par petits groupes et rejoindront les lignes de la Division Leclerc dix jours plus tard.

Deux de nos six majors sont tués et notre colonel, le colonel Reed, est grièvement blessé. Après avoir percé avec un char l’encerclement allemand (il était avec les escadrons B et C) il se porta à l’endroit le plus menacé. Un shrapnell lui coupa trois doigts et d’autres éclats lui criblèrent une jambe. Lorsqu’un GI courut vers lui pour le secourir, il le repoussa et, sortant son Colt, il voulut se porter au-devant des Allemands pour mourir devant ses hommes. Ses forces le trahirent et il tomba évanoui.

Plusieurs GI’s s’illustrent pendant cette retraite : tel ce canonnier d’automitrailleuse, qui, se trouvant devant un char Panther, le laisse approcher, lui envois huit obus de 37 dans la tourelle et le met en feu.

 

Du côté des Allemands, il faut convenir que les tireurs des chars de la 111e Panzer, sont  mauvais. Et pourtant en ont-ils fait du battage, les Allemands, au sujet de l’entraînement ultra intensif de leurs divisions blindées. Mais je veux croire que les canonniers originaux, ceux qui combattent en Russie et en Normandie, il ne reste plus que des croix de bois, et que nous avons affaire à des « ersatz ».

Ceci pour la troupe, quant à l’état-major, ce doit aussi être un « ersatz », car il commet des fautes que les plus obtus des GI’s remarquent : il aurait suffi de faire sauter le pont de Marainviller pour nous couper toute retraite. A défaut, deux ou trois chars Panther au milieu de la RN4 aurait amené le même résultat.

 

En tout cas, cette fois encore, notre 42e Régiment a la chance pour lui, car en bonne logique, il aurait dû être anéanti. Ils auraient pu, par la suite, l’appeler la division Phénix !

De suite après notre passage, la 4e Division Blindée doit évacuer Lunéville, en partie tout au moins, mais la ville est entièrement reconquise trois jours plus tard. La 111e Panzer perd une trentaine de chars au cours de la bataille, la 4e Division Blindée à peu près autant.