Le 2e Régiment de Cavalerie US

Historique

L’actuel 2e Régiment de Cavalerie Blindée est le plus ancien régiment de Cavalerie de l’armée des États-Unis et, depuis 154 ans, il n’a jamais cessé d’appartenir à l’armée américaine active.

L’étendard du régiment reçoit 53 flammes commémoratives d’actions de guerre, une citation présidentielle[1] pour son action aux Philippines et une seconde pour sa participation à la rupture de l’encerclement de Bastogne, pendant la bataille des Ardennes de l’hiver 1944-45, ainsi que la croix de guerre belge. De plus, 20 médailles d’honneur, la plus haute décoration décernée aux seuls militaires, sont accordées à des personnels du régiment, tous officiers subalternes, sous-officiers et cavaliers. Le sergent Patrick Léonard reçoit deux fois cette distinction. Cinq militaires américains, seulement, ont obtenu deux fois cette décoration dans l’histoire de l’armée des Etats-Unis.

 

 Le régiment est créé le 23 mai 1836 par le Président Andrew Jackson. Les bureaux de recrutement, installés dans l’est des USA, obtiennent un grand succès d’engagements, notamment dans les états de New-York et de Caroline du Sud. À cette époque, son appellation de 2e Régiment de Dragons correspond, comme dans les armées européennes, à une unité entraînée au combat à cheval ou à pied. Son premier commandant de régiment, le lieutenant-colonel David E. Twiggs est surnommé “old Davey” ou encore “the Bengal Tiger” par ses cavaliers. Il commande le régiment pendant 10 ans.

En décembre 1836, les cinq premières compagnies du second Regiment of Dragoons arrivent en Floride, et sont aussitôt engagées contre les Indiens Séminoles. Le nouveau régiment découvre rapidement l’aspect infanterie de ses missions : combats dans les marécages de Floride, guérillas indiennes… et les alligators. La campagne dure cinq ans. C’est au cours de cette campagne que le régiment reçoit ses premiers revolvers Colt[2], achetés sur ses fonds personnels par le lieutenant-colonel Harney, commandant en second du régiment.

Après les guerres Séminoles, le régiment change de dénomination et devient le régiment de voltigeurs à cheval, Mounted Riflemen. Une année plus tard, il reprend son ancien nom de Dragons et part combattre les Indiens Apaches et Navajos dans les plaines du Sud-Ouest.

En 1846, quand le général Santa Anna envahit le Texas, les États-Unis déclarent la guerre au Mexique et le 2e Dragons se met en route. Il participe à tous les combats de cette campagne et en particulier à l’affaire de Resaca de la Palma. Au cours de la bataille, l’avance des troupes américaines est stoppée par une forte concentration d’artillerie mexicaine. Le capitaine May, du 2e, est désigné pour conduire la charge. Celle-ci réussit et May capture en combat singulier le général mexicain Véga.

L’ordre du jour donné par le capitaine May, avant de lancer la charge :

« Remember your regiment and follow your officers! »

“Souvenez-vous de votre régiment et suivez vos officiers ! »

Il est resté depuis cette date et jusqu’aujourd’hui la devise du 2e de Cavalerie.

Les Dragons participent ensuite au débarquement de Vera Cruz et à la prise de Mexico, le 13 septembre 1847.  Après une courte période d’occupation de la capitale mexicaine, le régiment reprend la direction des plaines de l’Ouest et assure de nouveau ses missions de protection des immigrants dans les nouveaux territoires. Il est aussi chargé des patrouilles de surveillance des réserves indiennes, récemment créées.

Le régiment poursuit ses campagnes contre les Apaches jusqu’en 1861, lorsqu’il est rappelé dans l’est, pour prendre part aux combats de la guerre civile américaine, conflit que nous appelons en France la guerre de Sécession. Il reçoit alors l’appellation de Second US Cavalry Regiment ; 2e régiment de Cavalerie des Etats-Unis.

Au cours de cette guerre, le nouveau 2e fait campagne en Virginie et lors de la bataille de Fredericksburg, il reçoit sa première médaille d’honneur du Congrès, décernée au sergent Martin Hagan. Avec une poignée de cavaliers, ce sous-officier, sans perdre un homme, ni un cheval, ni la moindre pièce d’équipement, réussit à contenir une brigade de cavalerie confédérée, permettant à l’armée de l’Union de se replier au-delà de la rivière Rappahannock, jusqu’au Nord de la ville (décembre 1862). Le régiment est présent à presque toutes les batailles de la guerre, Antietam, Chancelorsville, Guettysburg, pour n’en citer que quelques unes.

En 1865, la guerre terminée, le 2e est renvoyé dans l’ouest et reprend ses campagnes contre les Indiens. Dans les années de la fin du siècle, ses escadrons, dispersés sur plusieurs États, construisent de nombreux forts qui deviendront de grandes villes, la plus fameuse d’entre elles étant Fort Worth Texas.

En 1876, pendant la campagne d’été contre les Sioux, le 2e bataillon du 2e de Cavalerie est proposé en renfort au Général Custer, mais celui-ci décline la proposition. Deux jours plus tard, le bataillon qui a bien failli partager le sort du 7e de Cavalerie de Custer, découvre leurs dépouilles au bord de la Little Big Horn. Une grande partie des cinq années qui suivent est consacrée à la poursuite des Sioux, responsables de la mort de Custer et des cavaliers du 7e Régiment de Cavalerie.

En 1890, quand la guerre hispano-américaine éclate, le régiment est envoyé à Cuba pour combattre aux côtés des “Rudes Cavalier”[3] de Théodore Roosevelt. Dans ses lettres de l’époque, Roosevelt exprime ses sentiments à l’égard du régiment en écrivant : « les cavaliers du 2e sont partout. Tout au long des journées vous les voyez chevaucher. Tout au long des nuits vous entendez résonner les sabots de leurs chevaux ». Après Cuba, le régiment est transféré aux Philippines, contre les Moros. A son retour, l’unité reste pour une courte période aux États-Unis avant de partir pour l’Europe et pour “ la guerre qui [doit] mettre fin à toutes les guerres”. Pendant la Grande Guerre, le 2e est le seul de l’armée américaine à servir comme régiment à cheval… sur des animaux de ferme français.

Le 2e débarque en France en avril 1918 et se retrouve dans le secteur de Toul, trois semaines à peine après avoir quitté la mère-patrie. Après être fragmenté en petits détachements, il est chargé de missions peu glorieuses de Police Militaire ou de gestions des dépôts des remontes. Enfin regroupé, il participe à l’offensive alliée du 18 juillet au 6 août 1918 contre le saillant de Soissons, puis à celle de l’Aisne du 18 août au 11 septembre. Mais il reçoit les plus élogieuses félicitations pour son action lors de la réduction du Saillant de Saint-Mihiel, en flanc garde de la 1ère armée. Après la prise du Mont Sec, il s’infiltre par les bois et pousse une reconnaissance jusqu’à Vigneulles, puis au-delà jusqu’à la ligne Saint-Maurice-sous-la-Côtes, Woël et Jonville, poursuivant l’ennemi, accrochant ses arrière-gardes, capturant de nombreux prisonniers, bousculant son dispositif et retardant son repli.

Pour l’offensive finale des alliés, le 2e de Cavalerie est donné en renforcement à la 35e Division d’Infanterie américaine engagée dans l’Argonne. “La bataille dure du 26 septembre au 2 octobre 1918, autour de Varennes en Argonne et vise à faire sauter les points forts de la défense allemande, Montfaucon et Romagne. Les cavaliers accomplirent leurs missions avec intrépidité, courage et au mépris du danger et des souffrances”.

L’armistice du 11 novembre 1918 trouve le 2e de Cavalerie au Nord de Busancy, refoulant l’adversaire en direction de la frontière. Le régiment reste à l’armée d’occupation en Allemagne, à Coblence, jusqu’en août 1919. De retour aux Etats-Unis, il prend garnison à Fort Riley, Kansas.

De 1919 à 1939, le 2e accomplit ses missions du temps de paix dans le cadre de l’École de Cavalerie de Fort Riley, comme régiment de manœuvre, sous le commandement de chefs tels que les généraux Patton, Truscott, Keyes, Mattox et beaucoup d’autres. C’est là que sont expérimentées les premières unités d’automitrailleuses.

À l’approche de la 2e Guerre Mondiale, le rythme des exercices s’accélère au Minnesota, en Louisiane, en Arizona, sur la frontière mexicaine, mais le régiment conserve toujours ses chevaux.

Le 15 mai 1942, il est transformé en 2e Régiment blindé de la 9e Division, puis en juin 1943, il prend son appellation de Second Cavalry Group Mechanized. En décembre 1942, nouvelle réorganisation, cette fois définitive. Le 2e comprend désormais un état-major, un escadron de commandement et deux groupes d’escadrons, les 2e et 42e. (L’organisation détaillée est donnée en 3e partie de cette annexe).

Le 2e de Cavalerie débarque à Utah Beach le 19 juillet 1944 et prend rapidement la tête de la 3e Armée de Patton où il reste jusqu’à la fin de la guerre.

Son extrême mobilité, sa vitesse et sa souplesse d’exécution, son habileté à s’infiltrer jusqu’aux arrières de l’adversaire, lui valent de la part des allemands le surnom légendaire de Fantômes de la 3e Armée de Patton, “Ghost of Patton’s Third Army”. Le 2e de Cavalerie poursuit sa chevauchée, après les combats de Lunéville[4], à travers les Ardennes, en Alsace, en Rhénanie, en Allemagne centrale. Dans les derniers jours de la guerre en Europe, il pénètre en Tchécoslovaquie, réalisant la plus profonde opération de pénétration de toutes les forces américaines sur le théâtre d’opérations européen. Sur ordre de Patton, il exécute un dernier raid à travers les lignes russes pour aller récupérer les fameux étalons Lipizzans de l’École Espagnole d’Équitation de Vienne, sur lesquels les cosaques veulent faire main basse. Et par la même occasion, les “Fantômes” rendent la liberté aux prisonniers d’un camp de concentration.

Le 11 mai 1945, soit trois jours après l’armistice, le 2e de Cavalerie et la 35e Brigade de Chars Soviétique se trouvent face à face, ces derniers désirant poursuivre leur progression vers l’ouest.

Conformément à ses ordres, le colonel Reed refuse d’obtempérer aux injonctions russes qui lui intiment l’ordre de se replier et d’évacuer notamment la ville tchèque de Pilzen. Reed leur fait alors transmettre ce message :

« Si vous continuez, souvenez-vous, nos canons sont encore chargés ».

Le général russe n’insiste pas.

La nuit suivante, le régiment reçoit l’ordre, conformément aux accords interalliés, d’évacuer totalement la Tchécoslovaquie. Ce repli est terminé le 14 mai.

La guerre terminée, le 2e de Cavalerie fait partie de l’armée d’occupation. En mai 1946, il reçoit un entraînement spécial, puis est réorganisé et prend une nouvelle appellation : 2nd Constabulary Regiment, qui peut être traduite par le 2e Régiment Prévôtal. Ces nouvelles dispositions restent en vigueur jusqu’en 1948. Il reçoit alors la désignation définitive de Second Armored Cavalry Regiment, 2e Régiment de Cavalerie Blindée ainsi que la mission qu’il assume encore aujourd’hui.

En 1951, le PC du régiment s’établit à Nuremberg jusqu’en 1955. Il est alors renvoyé aux États-Unis où il tient garnison à Fort Meade, dans le Maryland. Mais bientôt il est de retour en Europe et retrouve Nuremberg, ses anciens quartiers des “ Merrel Barracks ” et sa mission : être les yeux et les oreilles de l’Otan, le long des 651km de rideau de fer sous la responsabilité du 7e  Corps d’Armée américain en RFA.

 

L'insigne distinctif d'unité du 2e de Cavalerie Blindée

Définition :

Écusson de fond de l’insigne
À l’origine du régiment de Dragons, l’insigne distinctif porté sur le Shako du 2e représente une étoile à 8 branches de couleur or, symbole des premières années d’existence du régiment.

La feuille de palmetto
Le palmetto est un arbre commun dans les marécages de Floride. La feuille verte, superposée à l’étoile de fond, commémore la première campagne du régiment contre les indiens Séminoles. 

La fleur de lys
Le 2e de Cavalerie est le seul régiment à participer à la première guerre mondiale, à cheval. La fleur de lys, emblème historique de la France, rappelle la première campagne du régiment sur notre sol. 

La devise
En français “toujours prêt” est inscrit sur un bandeau vert à la partie intérieure de l’insigne.

L’insigne est porté à l’épaule gauche, en tissu, de forme ronde. Le motif principal est mis en valeur par un fond noir. Les petits insignes métalliques (Crest) sont portés sur les épaulettes des tenues de sortie.

 

Organisation du 2e de Cavalerie

Le 2e Régiment de Cavalerie Mécanisé, (2nd Cavalry Group Mechanized) de décembre 1942 à mai 1946 comprend :

 

  • L’état-major du Régiment (Regimental Headquarters)
  •  L’escadron de commandement du Régiment (Regimental Headquarters troop)
  • Deux groupes d’escadrons de reconnaissance (Reconnaissance squadrons, Mechanized)
    • le 2e groupe d’escadrons de cavalerie de reconnaissance mécanisé (2nd Cavalry Reconnaissance squadrons, Mechanized)
    • le 42e groupe d’escadrons de cavalerie de reconnaissance mécanisé (42nd Cavalry Reconnaissance squadrons, Mechanized
  • Chacun des deux groupes d’escadrons de reconnaissance comprend 5 escadrons :
    • 3 escadrons de reconnaissance (A, B et C) (reconnaissance troops) à 3 pelotons
    • 1 escadron de soutien (E) (support troop) à 3 pelotons d’obusiers automoteurs M8
    • 1 escadron de chars légers (F) (lignt tank troop) à 3 pelotons de chars légers M5
  • Composition de l’escadron de reconnaissance
    • 1 peloton de commandement (HQ Platoon)
    • 3 pelotons de reconnaissance (reconnaissance Platoon)

Chaque peloton comprend :

  • 1 patrouille de commandement (HQ Team)
  • 3 patrouilles de reconnaissance (reconnaissance Team) comprenant chacune: 
    • 1 jeep mitrailleuse Cal. 30 et 3 hommes
    •  1 jeep mortier de 60 et 3 hommes
    • 1 automitrailleuse M8 et 4 hommes

Nota :

Les termes spécifiques à la cavalerie américaine n’ont généralement pas le même sens que dans les autres armées, ainsi :

  •  « Group » correspond à Régiment
  •  « Squadron » doit se traduire par Groupe d’escadrons (on retrouve le terme utilisé dans la cavalerie française où chaque régiment à cheval comprend deux groupes d’escadrons) et non par régiment comme le font certains auteurs. A titre indicatif, le « Squadron » n’a pas d’emblème, l’étendard, unique, est au groupe.
  •  « Troop » correspond à un escadron
  •  « Platoon » a le même sens que le français peloton
  •  « Team » est une patrouille qui correspond bien à la mission reconnaissance de l’unité et par analogie avec les unités de cavalerie légère blindée et de circulation routière française (patrouille de 2 engins blindés, de 2 jeeps et 2 motos).


Le Colonel Charles H. Reed

Charles Hancock Reed est né à Midlothian, en Virginie, le 25 décembre 1900. En 1918, il est admis à West Point, l’Académie Militaire des Etats-Unis. 4 ans plus tard, à sa sortie de l’école, il est nommé sous-lieutenant de cavalerie.

Il est une première fois en rapport avec le 2e de cavalerie en 1931 à Fort Riley, Kansas, à l’époque où il est membre de l’équipe d’équitation de l’armée américaine. Plus tard, il rejoint le 2e et devient un des instructeurs de l’école de cavalerie de Fort Riley. Pendant les années qui suivent, Reed se prépare à son futur rôle de chef de guerre au cours des affectations successives qu’il reçoit dans différentes unités de cavalerie, comme commandant d’escadron, officier d’opérations et commandant en second d’un régiment.

Le colonel Reed prend le commandement du 2e le 15 janvier 1943, devenant le 31e Commandant du régiment depuis 1836. Pendant 18 mois, il modèle son régiment pour en faire une unité de combat. Le 2e de Dragons (les cavaliers n’oublient jamais leurs origines) sous le commandement de Reed, a le plus faible pourcentage de pertes alors qu’il prend plus de prisonniers, qu’il occupe plus de villes, qu’il capture plus de matériels qu’aucune autre formation du niveau régiment sur le théâtre d’opérations européen.

C’est la tactique de Reed, “Hit and Run” que l’on peut traduire par “ frappe fort et disparaît”, qui fait baptiser son régiment “les fantômes de l’Armée Patton” par la Wehrmacht.

En septembre 1944, le Colonel Reed et ses fantômes libèrent Lunéville puis résistent à la furieuse contre-attaque des panzers de Manteuffel. Le colonel est d’ailleurs grièvement blessé au cours des combats du 18 septembre[5]. Il a pratiquement une main déchiquetée par un éclat et est touché à une jambe. Après avoir réussi à échapper à l’encerclement avec les escadrons B et C du 42e, le colonel se trouve place des Carmes avec son chef de 2e bureau, le major Pittman, commandant le 42e et le groupe État-major du régiment, lorsqu’un obus allemand explose au milieu d’eux, blessant le colonel et tuant le major Pittman. Au soir du combat, ses soldats, dans les bivouacs, très tristes, remarquent : « Notre colonel a perdu sa main et nous, nous avons perdu notre colonel ».

Mais le colonel reprend son commandement le 1er novembre 1944 et reste à la tête de son régiment jusqu’au 31 août 1947.

Le colonel Reed quitte le service actif en février 1949. Pendant 31 années de services, il est cité cinq fois et a reçu la Distinguished Service Cross, la Silver Star, la Legion of Merit, le Purple Heart (médaille des blessés), la Bronze Star, la Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur et la Croix de Guerre avec palme, l’ordre de la Patrie de 2e classe soviétique.

Aujourd’hui à Vienne, une plaque de bronze, placée dans le tunnel conduisant à l’école d’équitation, dédiée au colonel Reed, rappelle l’audacieux raid exécuté dans les lignes soviétiques en mai 1945 pour y récupérer les étalons Lipizzans, avant que les russes s’en emparent.

Le colonel Reed s’est éteint le 8 avril 1980. Il est alors âgé de 79 ans.

Pendant trois jours, sur ordre du colonel Wagner, le 60e commandant du 2e, les drapeaux sont mis en berne dans toutes les casernes occupées par le régiment.

 

Caractéristiques sommaires des matériels blindés équipant le 2e de Cavalerie en 1944

 L’automitrailleuse M8 (Armored Car M8)

Ce véhicule blindé léger à roues, improprement appelé en français automitrailleuse M8 (AM M8) et dont l’armement principal est un canon, est conçu en 1942. Il est construit par Ford et parfois appelé Greyhoud par les GI.

Il est “destiné à assurer un déplacement à grande vitesse, une puissance de feu défensif et une protection pour les quatre hommes de l’équipage”.

D’un poids de 7,5 tonnes, sa capacité de franchissement à gué est de 90cm. Equipé d’un moteur Hercule JxD de 6 cylindres en ligne pour une cylindrée de5.25 litres, ce véhicule à 6 roues motrices est particulièrement silencieux. Sa consommation en tous terrains est d’environ 40litres/100kms et son réservoir de 205 litres lui donne une autonomie théorique de 500kms.

Son armement en tourelle comprend un canon de 37mm, tirant des obus antichars ou des canisters anti-personnel et une mitrailleuse de 7.62mm.

Le blindage, très faible (2cm à l’avant, 1.8 cm à la tourelle), ne met l’équipage à l’abri que des projectiles d’armes légères et des petits éclats d’obus.

L’AM.M8 est l’engin de base des patrouilles.

 

 Le char léger M5 (light tank M5)

Ce char léger, construit à partir de 1942, équipe les escadrons de chars légers des régiments de reconnaissance et l’escadron du même type existant dans les régiments de chars moyens.

Fabriqué par Cadillac et par Massey-Harris, il est “destiné à fournir à l’équipage de 4 hommes la puissance de feu, la mobilité et la protection au cours des combats offensifs”

D’un poids de 15 tonnes, sa capacité de franchissement à gué est de 90cm.

Equipé d’un moteur Cadillac V8 de 5,7 litres de cylindrée, ce char peut atteindre une vitesse sur route de 65 km/h. sa consommation théorique de 120 litres/100kms et son réservoir de 340 litres lui confèrent une autonomie de 300kms.

Son armement comporte un canon de 37mm identique à celui de l’AM M8 (et aussi inefficace contre les chars allemands de 1944) et 3 mitrailleuses de 7,62mm, une en capot, une en tourelle, une troisième, extérieure et antiaérienne.

Son blindage maximum, tourelle et caisse est d’environ3 cm.

Ce char est baptisé STUART (Général américain).

 

 L’automoteur M8 pour obusier de 75mm (Selfproppelled Howitzer M8)

L’automoteur M8 ne diffère pratiquement du char léger M5 que par sa tourelle et son armement.

Egalement construit pas Cadillac, il est destiné à assurer la mobilité de l’obusier de 75mm et la protection de l’équipage.

Son armement comprend un obusier de 75mm en tourelle et une mitrailleuse anti-aérienne de 12.7mm

 


[1] Equivalent américain de notre fourragère.

[2] Colt Paterson Mle 1836

[3] The “Rough riders” qu’on peut traduire aussi par “casse-cou”.

[4] En fait, pendant deux mois, octobre et novembre, les escadrons furent “démontés” et utilisés comme fantassins dans la boue et le froid, au Nord de la Forêt de Parroy.

[5] Le colonel Reed reçut la Distinguished Service Cross. Sa citation comportait la phrase suivante : « A la tête de son régiment, a interdit la prise de Lunéville par les allemands ».